DE HAMM A E M D E N ET A NORDERNEY
De Hamm A Emden.
28 5/10 mil. Chemin de fer, 3 convois par jour. Trajet eu 7 h. 57 min. et 8 h. 10 min , pour <i th., 4 th. 3 sgr., 2 th. 18 sgr.
2 1/2 mil. Drensteinfurt et Rinkerodde, sont les deux stations où l’on s’arrête entre Hamm et
4 1/2 rail. Mûnster (Hôt. : Kœnig von England, Rheinùcher Hof, Neuham, Westphàlincker Hof), la capitale de la province de Westphalie, V. de 25,000 hab. (dont 3,000 soldats), située sur l’Aa et le canal de Munster. Charlemagne y avait fondé un évôché qui n a été sécularisé qu’en 1802, et réuni en grande partie à la Prusse, Elle est aujourd’hui le siège d’un évêché catholique. Ses anciens évêques, qui s’élaient élevés au rang de princes indépendants, avaient acquis une grande puissance temporelle. Ils entretenaient deux régiments de cavalerie et cinq régiments d’infanterie. Mais Munster doit surtout sa célébrité aux anabaptistes et îi la paix dite de Westphalie. L’histoire des anabaptiüles est trop connue, et tiendrait d’ailleurs trop de place, pour être racontée ici. Personne n’ignore q^ue les anabaptistes de Munster, s étant rendus maîtres de la ville, y fondèrent un gouvernement bizarre , mélange monstrueux de démagogie et de tyrannie; qu'ils mirent à leur tête, avec le titre de roi, un ancien aubergiste nommé Jean de l.eyde, et, qu'après avoir commis les plus abominables excès, ils furent vaincus et exterminés en 1535. Le traite de Westpiialie fut signé à Münster, le 8 septembre 1648, entre l'empereur etla Erance; celui d’Osnabrück, du 6 août, est compris sous le même titre. 11 mit fin il la guerre de Trente ans (voir l’Introduction).
La défaite et le supplice de.s
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anabaptistes n’avaient pas soumis complètement les bourgeois de Münsler, qui se révoltèrent plus tard contre leur évêque. En 1661, l'évêque Galen, appelé dans son épitaphe « hostium terror, » se vit obligé de les bombarder, nuis, après s’ôtre assuré de leur obéissance future, il bâtit une citadelle destinée à les maintenir sous le joug, leur imposa une garnison de 2,500 hommes, transféra sa résidence à Cœsfeld, et prit enfin de telles mesures qu’il remplaça le protestantisme par le catholicisme.
Les habitants actuels de .Munster sont catholiques.
Réunie à la France en 1806, -Munster fut comprise, en 1809,'dans le grand-duché de Berg; en 1810, elle devint le chef-lieu du département de la Lippe. Depuis 1815, elle appartient à la Prusse. Ses fortifications ont été détruites et transformées en promenades, mais c’est l’une des villes de l’Allemagne ([ui a le mieux conservé son caractère moyen âge. Ses maisons à arcades, comme celles de Padoue ou de Bologne, lui dominent un aspect tout particulier. Du reste ce n’est pas une ville morte. Il s’y fait un commerce considérable, et ses manufactures sont aussi prospères que nombreuses.
On peut visiter à Munster :
La cathédrale (style roman et gotique, bâtie du XIII' au xv' siècle), surmontée de deux clochers pyramidaux, avec deux transsepts et des ailes latérales très-basses. On V remarque (à l’extérieur) surtout le transsept méridional et le portail de du S. appelé le Paradis ; (à l’intérieur, qui a été saccagé par les anabaptistes) la galerie des Apôtres, entre le chœur et la nef, et ses escaliers de pierre du xvi' siècle, les fonts baptismaux en bronze, un Jugement dernier, groupe en pierre de 1692 (dans le transept); une Piété en marbre, par un artiste de la ville nommé Achtermann (18.50); une horloge astronomique de 1400; derrière le chœur, le tombeau de l’évêque Galen (•{• 1678) ;
dans la tour du chœur, le monument du prévôt du chapitre F. de Plettenberg (Christ dans le jardin des Oliviers); vis-à-vis, un groupe en marbre d’Achtermann (Descente de croix, 1859); enfin, les tombeaux d’un archevêque de Cologne et d’un archevêque de Munster, décédés, l’un en 1845, l’autre en 1847 (dans le chœur);
L’église Saint-Lambert, bâtie au XIII* siècle, dans un beau style gothique. I.cs trois cages de 1er dans lesquelles les corps des trois chefs anabaptistes, Jean de Leyde, Knipperdolling et Krecliting, furent exposés, après avoir été torturés sur la grande place, sont encore suspendues le long des parois de la tour. Sur la place du .Marché, on remarque la maison de Jean de Leyde, ornée de sculptures curiettses. Enfin on conserve, àl’Académie, le portrait de J ean de Leyde et de son bourreau;
L’église Veberxcasser ou Notre- Dame, surtout la tour gothique, dont les anabaptistes abattirent le sommet sous prétexte qu’il fallait abaisser ce qui était grand;
L'église Luageri, duxt« siècle, mélange des styles roman et ogival. Le chœur et la tour sont du xv'siècle.
Le portail est orné des statues des douze apôtres par Alard (1850).
La notivellc église des Jésuites, bâtie dans le style gothique et dépendantd’un couvent;
Le liathhaus (hôtel de ville), édifice du xiv' siècle, d'un style gothique tout à la fois singulier et beau. Sous une colonnade de rezde-chaussée. sont restées exposées jusqu’en 1850, les pincettes et les tenailles avec lesquelles on tortura pendant une heure les anabaptistes, avant leur exécution.
C’est dans le Friedenssaal, restauré en 18.54, que la paix de Weslphalie fut signée, en 1648. Cette salle contient les portraits (peints par G. Terburg) des souverains et des ambassadeurs qui prirent part au congrès : les coussins sur lesquels ils s’assirent sont encore à leur place. On y voyait aussi la main
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desséchée de Jean de Leyde (coupée avant son exécution), son bois de Ht sculpté et les souliers de sa femme;
Le Schloss (chdteau), autrefois • le palais do l’évéque, est à présent la résidence du commandant. C’est un bel édifice, mais qui menace ruine. Derrière, s’étend un joli parc sur l’emplacement qu’occupaient la citadelle et un jardin botanique ;
L’I'mversité catholique, autrefois si florissante, n’est plus qu’une académie, avec des facultés de théologie et de philosophie. Elle possède une petite collection d'histoire naturelle, un jardin botanique, un observatoire, une bibliothèque de 35,000 vol., des misselsavec des miniatures de l’école de Cologne. — Le Musée Provincial et le Kunstverin (Union des Arts) possèdent d’anciennes peintures de l’école de Westphalie (notamment un tableau du xvi' siècle, le Dieu des Armées, peint par Ludger zum Ring).
Près du Neuthor, le cimelièreUeberwasser contient beaucoup do tombeaux d'hommes intéressants ou célèbres.
Devant la porte Hœrsier, s’élève la nouvelle maison de correction, bâtie d’après le système cellulaire.
A W'esel et à Emmerich, R. 48.
6 1/2 mil. Greven.
9 3/4 mil. Rheine (Hot. : Restaurant de la Gare), V. de 2,700 hab., sur l’Ems, qui y porte bateaux, avec un château des ducs de Loos- Corswaren. On y change de voitures ; à droite , s’embranche le chemin de fer d’Osnabrück (voir R. 57).
On aperçoit, à droite, le clochér massif d’une église gothique et des fabriques. Un peu au delà, on sort de la Prusse pour entrer dans le Hanovre.
La voie ferrée traverse des landes désertes, puis franchit l’Kms, sur un pont de 5 travées avec piles de pierre, avant d’arriver à
H 14, mil. Lingen, V. de 2,800
hab., située sur le canal de l’Ems, que l’on franchit, encore une fois, sur un pont de 4 travées, à peu de distance de
10 mil. Meppeii, b. de 2,400 liab., sur l'Ems et la Hase ; on voit à g.
une fabrique ressemblant à une forteresse, et une jolie église gothique en briques rouges.
22 3/4. mil. Lathen.
23 3/4. mil. Papenburg , b. industriel et commerçant de près de
5.000 hab., sur un canal affluent à l’Ems, port de commerce dont la navigation est étendue. On y voit un grand nombre de bateaux en construction. Le pays que l’on parcourt est un paysage hollandais (prés magnifiques entrecoupés de canaux, nombreux troupeaux de vaches, etc.) — On traverie la l.éda sur un pont de fer reposant surO piles en pierre, avant d’atteindre
25 1,2 mil. Leer (Hot. ; Ko'iiig e.
Preussen, Prince d'Orange},V. de plus de 7,000 hab., sur la rive dr. de la Léda. Les chantiers de construction de cette ville sont très-importants. On y trouve des bateaux à vapeur pour Emden et Norderney.
A Aurich, 4 3/4 mil. par (1 3/1 mil.) Ilessel; — (3 mil.) Aurich, R. 30. 2 dilig. tous les jours, en 4 h. l/l, pour 23 .3/1 sgr.
28 5 10. mil. Emden (Ilôt. : Post, Sonne, Weisses Haus, Rœrse, l'an Dælen, Janssen), V. maritime d’env.
15.000 hab., située sur le Dollart, à 30 min. de l’embouchure de l’Ems, qui formait autrefois son port, et auquel la relie aujourd’nui un canal.
Avant 1277, l’Ems, faisant un demi-cercle, passait, devant la ville, sur les terrains aujourd’hui occupés par le chemin de fer. A cette époque, elle brisa sa digue, et, se dirigeant en droite ligne vers la mer. forma à g. le Dollart, laissant à sec son ancien lit. Autrefois un chemin, passant derrière Emden, traversait le golfe actuel, franchissait l’Ems sur un petit pont, et allait jusqu’à Grœningue. C’était le chemin que suivirent les légions
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lit* Germanicus. Aujounl'hiii le Dollart diminue de plus en plus, grâce aux travaux de l'hoinuie; mais la mer gagne au N.
Depuis un siècle, Eimlen a changé cinq fois de nationalité. Conquise en 1744 par la l’russe, avec la Frise orientale dont elle avait été longtemps le chef-lieu, elle devint hollandaise en 1804, française en 1810, prussienne en 1814, hanovrienne en 181.5. Elle est actuellement un chef-lieu d’Amt, mais son commerce (grains, beurre, fromage, fils, toiles, etc.) en a fait la plus importante place maritime du royaume. Son port, libre depuis 1751, possède plus de 150 navires (pèche de la morue et des harengs).
Éarmi ses édifices publics on remarque: son église (dans la vieille ville); — son hôtel de ville, 1574-1.570,
rand édifice en bois , entouré
'une galerie et surmonté d'un beffroi de bois, où l'on montre des tableaux allégoriques, des boiseries étranges, une curieuse collection d’armes et d’armures ; — le Schiesshaus, — l'e'cole de navigation, — la (reu'erhshalle, où a lieu une exposition permanente des jiroduits de l'industrie. — I.’aspect de la ville est tout à fait hollandais; elle est très - propre ; les maisons sont en briques, peintes de toutes les couleurs, disposées inégalement sur la façade: elles ont pignon sur rue et pignons à étages, arrondis, ou capricieusement ornementés.
D'énormes digues la protègent contre la mer du Nord, dont elle a toujoursàcraindre les inondations.
Des bateaux à vapeur la mettent en communication (1 th.) avec la ville hollandaise do Delfzyl, située h 4 mil. de Cfrœningue voir le Guide du Voyageur en Hollande, par A.-J. du Pays).
A Oldenbourg et à ffrème, par Aurich, R. GO.
D’Cmden à Norden et Norderney.
Service en été, f fois par jour, correspondant avec le chemin de fer, pour Norden, en passant par Aurieh. Trajet en ;f h. 40 min., pour 1 th. 4 sgr.
NüHDEKNEY. ,Koitf. 55.
4 mil. Norden (Hdt. : chez Sas- Sfii), V. de 6,000 hab., située à 1 h.
do la mer du Nord {Korderdeich), avec laquelle elle communique par un canal. Des omnibus conduisent aux bateaux à vapeur, qui mènent en 1 h., pour 10 sgr., ù l'île .Norderney. Quand lanierest basse, on peut se rendre en voiture à Norderney. La distance est de 2 mil. l.e trajet se fait en 3 ou 4 h., pour 1 th. 4 sgr. Une voiture particulière à deux rhevaux coûte de 4 à b th. On va d’abord sur la terre ferme à (3/4 mil.) Hilgenriedtr Siel, où l’on trouve un gite pour la nuit (chez le Sirandvogt} , puis on traverse ,il serait dangereux d'entreprendre cette course à pied) le banc de sable, appelé W ail, et complètement découvert ù la marée basse. Quand le Slrandvogt juge qu’il est prudent d’accompagiier les voyageurs, il a le droit d’exigerpoursacourse 20sgr.
Il y a aussi des services directs et journaliers de bateaux à vapeur d'Kmdeu à Norderney. ’l'raversant un canal boueux, on se dirige vers Delfzjd, qu’on aperçoit sur la rive g., puis on tourne nu N., laissant ii . les 2 petites îles sablonneuses e Juist, habitées env. jiar 30 familles. t’eue traversée coûte 1 th.
20 gr., et 1 th.
De Lecr à Etiidcn et d’Emdcn à Delfzyl, service régulier quand la marée le permet.
Norderney est une petite lie de sable de 3 kil de longueur; elle est (leuplée de 800 hab. Les bains de mer , établis depuis 1709, attirent tous les ans 3,000 baigneurs envirqn, et le roi do Hanovre, qui les a pris sous sa protection spéciale, enjoint à plusieurs de ses hauts fonctionnaires d'y' passer la belle saison. I.es vagues y ont une force particulière l.es bains ne se prennent que de 5 h. du matin à 2 h.
du soir, 50 minutes env. après le reflux. Car à la marée basse la mer se retire à près d’une lieue de distance. La plage devient alors la promenade des baigneurs. Le dé-
(Koutk 56 J OSNAlmUCK. 2‘5
barquement des ai rivauts présente un spectacle curieux; après avoir asse du bateau à vapeur dans une arque, et de cette barque dans une voiture, ils sont reçus par un orchestre de (lûtes et de trompettes. — On peut loger dans presque toutes les maisons particulières.
Le grand Logirhaus et les bétels Schmidt et lirethorü sont surtout fréquentés par les étrangers. D'ailleurs tous les prix sont fixés par un tarif très-modéré. Le Kurharts, où l'on peut diner et déjeuner, contient un salon de lecture et une bibliothèque; on y fait de la musique à H h. du matin. On se promène eux Damenslrand, ou grève des dames, à la marée basse. Avant 2 heures l’accès en est interdit aux hommes. On s’y rend par l’aliée des Soupirs, àdr. du Logirhaus, et le chemin des Philosophes (l’hilbsophengang), en suivant les dunes.
Près do là, on jouit d'une belle vue sur la ilanenhœke. En 185-j, dans la nuit du nouvel an , une tempête emporta, de ce côté, une partie de l’ile. On a élevé, pour la protéger contre les vagues, un grand mur en pierres de taille. — Les autres promenades sont ; le VVc.'îtslrand (du 5 à R heures du soir), et le Georgsgarten, jardin anglais au N. du Kur'haus.
On appelle Polder, la prairie au .Sud du Palais ou Logirhaus. En suivant, près de là, la .Marienstrasse,on parvientàlaSr/ianze, redoute élevée en IRll par les Français, et convertie en promenade; plus loin se trouve la rade, où une soixantaine d’embarcations sont toujours au mouillage, et la VVct.s.'îe Uühne, couverte de coquillages, et d’où l’on jouit d un beau point de vue sur l’ile et sur la mer.— (Promenades en pleine mer, 5 sgr. l’heure; aux lies de Juist ou de Ualtrum, 2 à 3 th.)
L’île de Baltrum , au N. -O. du golfe de l’Ems, quoiqu’offrant encore très-peu de ressources, attire (luelquelois des baigneurs qui veulent échapperàla vie plus bruyante de Norderney, On trouve des gîtes
chez les pêcheurs, et dansl'unique auberge de File. Trajet, en bateau à vapeur depuis Emden, en 4 h., pour 1 th., 1 fois au moins par semaine.