DE BAMBERG J
de transition , du gothique. La vieille chapelle de Saint-Pierre fut, dit-on, construite par saint Boniface en 715. La nef, qu’on ne saurait faire remonter au delà du xii' siècle, aboutit à un chœur qui date de la fin du xiv» siècle. Les tours, commencées l'une en 1300. l'autre en 1345, n'ont atteint leur hauteur actuelle qu'en 1182-1463.
Gn remarque à Vextcrieur de Saint-Sébald ; le portail du nord, appelé Brautthüre, la porte des fiancées, dont les sculptures représentent les vierges sages et les vierges folles ; en dehors du chœuT, au - dessus de la porte appelée SchauUiüre (côté S. près du corps de garde), un beau jugement dernier d’Adam Krafft(1483); — lapassioJi du Christ, par Adam Krafft (148.5); — le crucifix colossal, en bronze (à l’extrémité occidentale), coulé en 1482 par les frères de Slark, un des plus anciens ouvrages d'art en métal qui aient été fabriqués à Nuremberg. Il pèse, dit-on, plus de l,8001ivres; — lastatue de Christophe avec l’enfant Jésus, du sculpteur Hans Decker ; — le Schreyer’sche (irahmal, par Adam Krafft (1492); — enfin de nombreuses sculptures dignes d'attirerl’attention des amateurs.
L’intérieurmériteaussi d’être visité. Le sacristain, qui en ouvre les portes, demeure dans le Decanatsgebæude (maison du doyenné), mais il est ordinairement dans l’église.
De 12 à 18 kr. de pourboire. La principale curiosité de l’intérieur de Saint-Sébald , une véritable merveille, est le tombeau de saint Sébald, le chef-d'œuvre de Pierre Vischer(né en 1460. mort en 1529), qui est resté au milieu du chœur bien que l’église soit aujourd'hui consacrée ,nu culte réformé. Pierre Viseher était un fondeur qui fit succéder aux na'ives sculptures o’Adam Krafft des figures empreintes de la science et du style de la Renaissance, qu’il avait sans aucun doute étudiée en Italie. Il travailla pendant treize ans (1506- 1519) avec ses cinq fils à ce tom-
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beau auquel il employa 120 quintaux de métal, et ses dépenses se montèrent à 2,042 fl., 6 hellers et 21 pf., que le magistrat ne voulut pas rembourser; il se vit donc forcé de faire un appel à la générosité puhlique. Aussi a-t-il rappelé dans une inscription qu’il avait» achevé ce monument pour la gloire de Dieu seul et l’honneur de saint Sébald prince du ciel, avec l'aide de personnes pieuses, payé par des contributions volontaires. » Ce tombeau a 5 met. de haut, 2 mèt.
85 cent, de long, et 1 mèt. 55 cent, de large. « C’est une sorte de cage dont les minces et brunes colonnettes enferment et font admirablement valoir la châsse de saint Sébald, toute couverte de lames d’or et d'argent. Les pieds du monument, formés par d’énormes escargots et chargés de figures d’enfants qui jouent avec des insectes, sont tout surmontés de constructions architectoniques et de clochetons byzantins ; les colonnettes ui joignent la base au faite sont 'un goût tout à fait allemand; on retrouve encore le même caractère dans les figures d’enfants jouant avec des chiens, qui ornent la console de la châsse, dans les bas-reliefs qui entourent le socle et qui représentent les miracles attribués à saint Sébald, dans le portrait du saint portant son église sur sa main, dans celui que Pierre Viseher a fait de lui-même. Mais les douzes statues d’apôtres qui sont adossées aux colonnes, à la hauteur de l’entablement de la châsse, ont des têtes et des draperies qu’on peut comparer aux plus beaux morceaux que l’imitation des anciens ait inspirés au génie moderne; les sirènes qui soutiennent les candélabres aux quatre angles affectent les formes allongées et fuyantes que quelques années après le Primatice naturalisa en France; les figures nues qui sont assises au pied des colonnes semblent posées par Michel-Ange, et celles qui en cournnnertt le faîte ont le costume et
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la tournure des œuvres les plus élégantes que P'iorence ait produites à la tin du xiv” siècle. Ce chef-d’œuvre qui n'a point son pareil parmi toutes les sculptures allemandes, ne peut être comparé qu’aux pages les plus complexes et les plus élevées d'Albert Durer.
L’exécution, quoique faite sur de petites proportions, est tout h fait monumentale ;'elle est h la vérité inégale, comme ayant été laissée à diverses mains; mais les attitudes, où l’on sent la direction suprême du maître , sont partout d’une grande beauté. » (De l'art en Allemagne.) Dans une niche, vers l’extrémité qui fait face à l'autel, Pierre Viscner s’est représenté habillé en maçon avec un tablier et un marteau (1508).
On remarque encore à l’intérieur de .Saint-Sébald : des sculptures (1.501) d’Adam Krafft, le Christ partant sa croix ; Judas trahissant son maître; le Christ à la montagne des OlMers; la Cène; ces deux derniers ouvrages dans le chœur oriental, et, au-dessus de ces sculptures, la
fenêtre des margt-aves représentant e margrave Frédéric d’Ansbach etHayreutb, avec sa femme et ses huit enfants, peints sur verre en 1515 par Veit Hirschvogel ; — plusieurs bons tableaux d’autel, enire autres celui (ia Vierge et les Saints, avec des volets) qui se trouveplacé du côté E. de la nef et qui a été ]>eint en 1513 par Ilans Culmbach, d’après des dessins d’Albert Durer ; — un crucifix et des statues en bois de la sainte Vierge et de saint Jean, sur le maître-autel (1821) d’après des desseins de Heideloff, par V'eit Sfoss ; — dans le choeur occidental ou la chapelle Læffelholz, sous laquelle se trouve l’ancienne chapelle de Saint-Pierre, des fonts baptismaux en cuivre, dans lesquels l’empereur IVenzel fut baptisé en 13(51 ; — contre un pilier du chœur, une petite statue en bronze (la Vierge et l'enfant Je'sus), par un fils de Pierre 'Vischer ; — le tabernacle orné de sculptures ; — des tableaux de ; M. 'Wohlgennith (cruci-
fixion), Creuzfelder (Adam et Eve), Ermel (descente de croix), Merian (1659, un Christ couronné d’épines), Hans Culmbach (des saints et des saintes); — d'autres vitraux de couleur par Veit Hirschvogel et Martin Kirnaberger, etc.
Le bâtiment qui forme l’angle N.- O. de la place de l’Hdtel de Ville, l’ancien presbytère (le Pfarrhof)se fait remarquer par son architecture gothique. 11 fut la résidence de Melchior Pfinzing, chanoine de l’église, auteur du poème Theuerdank (1517) destiné à célébrer les hauts faits de l'empereur Maximilien. On remarque les vitraux du chœur.
En face du cété N. de Saint-Sébald est la Chapelle de Saint- Maurice, fondée en 1313, rebâtie en 1354 sur l’emplacement qu’elle occupe aujourd hui , par les familles Mendel et Geuder. Elle fut fermée lors de la Uéformation.
Après avoir servi longtemps à divers usages , puis de magasin de bois, elle a été restauré'e en 1829 d’après des dessins de Heideloff.
Elle renferme aujourd’hui une collection de tableaux de l'ancienne école allemande (haute et basse Allemagne).
Cette collection, ouverte gratuitement au public . du printemps h l’automne , les dimanches et les mercredis, de lü h. 1/2 à midi, et tous les autres jours aux étrangers, moyennant un pourboire de 12 à 24 kr., selon le nombre de personnes, ne peut manquer d’intéresser les peintres et les amateurs. Elle se compose de 111 tableaux. Nous avons cru devoir traduire le catalogue en entier, en ayanf soin de marquer avec une étoile les tableaux qui nous ont semblé les plus dignes d’attirer l'attention , soit par leur mérite intrinsèque, soit par leur valeur historique.
*1. Inconnu (école byzantine de la basse Alleinugne). Sainte Catherine. — *1 b. Inconnu (id.'. .Sainte Elisabeth. — '2. Un élève de ineiater Wilhelm. Saint
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Géréon Pt sa suite. —'.3. (Id.) Saint Maurice cl sa .suite. — 4. Patcnier (Juachim), 151"). La tentation de Jésus- Christ. — 5. Un maître de Cologne.
Saintes Colombe, Ursule et Agnès. — *C. Mekenen (Israël de). La naissance de la Vierge, sur fond d'or (tournures étranges, figures expressives). - 7. Inconnu. Portrait d'homme. — 8. Meister Wilhelm de Cologne (douteux . La sainte Vierge avec l'enfant Jésus. — 9. De la même éàole, L'assomption de la Vierge. — 10. Beukeær. Ecce homo.— 11 . Un élève de meister Wilhelm. Jésus- Christ et sainte Madeleine. — '^l-i.Altdorfcr (Albert). .Saint Etienne conduit au martyre. — *19. Un élève de l'un Eyck.
La résurrection de Jésus-Christ. — *14. Ecole byzantine du Bas-Hhin. Quatre apôtres.— *15. Elève d'Israël de. Mekenen. La présentation au tem2)le. — 16. Engelbrechtsen (Cornélius) Descente de croix. — 17- Jfuiusc (Jean de). La Vierge, saint Joseph et l'enfant Jésus. — 18. Mekenen (Israël de). L'annonciation (la vue de l'ange qui paraît un peu vif fait singulièrement rougir la Vierge). - 19. liless (Jean-Henri). La suite d’un roi. — 20.
Inconnu. Le couronnement de la Vierge (tableau votif).— *21. Uemskerk (Martin, van Vecn). La sainte V'ierge et l’enfant Jésus (au-dessus du donataire agenouillé).— *22. Rogiers r. d. Weyde, aine (faussement attribué à v. Eyck). Portrait du cardinal de Bourbon . —23. Ilemling (Jeun). La ré.surrection de Jesus- Christ. — 21. fl/«s (Jean-Henri). .Saint- Hubert. — 25. Le même. Pendant dun«19. — 26. Inconnu. La présentation au temple. — '27. Hemsi'erA: (Martin van Veen). Pendant du no 21.— 28. Inconnu (attribué à Qiiintin Mes.sys). La sainte Trinité. — 29.
I nconnu [Sclioreel ?). .Sifinte Catherine
*30. tlollîius (Henri). L'adoration des mages.— 31. ilahuse (Jean de). Sainte Marie et l’enfant Jésus.— 32. Ilemessen (Jeun van). Le sacrifice d'.\braham. — 33. Uemskerk (Martin van Veen).
Jésus-Christ portant sa croix. — '31. Inconnu (école d'Uraël de Mekenen).
L’adoration des mages. — *35. Messys (Quintin). Christ en croix (très-curieux). — *36. HemsAert (Martin van Veen). La
A NUREMBERG. [Route 96.] couronne d'épines.— 37. Inconnu. L’adoration des mages. — 38. Altdorfer (Albert). Saint Etienne prisonnier devant le grand prêtre. — 39. Inconnu (attribué à Quintin Messys). L’annonciation.
40. Inconnu. L’ascension de Jésus- Christ. — 11. Cramer. Des saints. — •12. Schæulfelin (Hans). Sainte Brigitte devant un crucifix.— 43. Cramer. Des saints.— 44. Vurgkmair (Hans). Saint Christophe jiortant l’enfant Jésus. — *45. Wohlgemulh (Michel). Saint Georges et saint Sébald. — 16. Holhein (Hans l'aîné). Le martyre de l’apôtre Thomas.
— 17. Le même. Le martyre de saint Jacques. — 47. Feselen (Melchior). Adoration des mages.— 49. Holhein (Hans l’aîné). Le martyre de saint Jacques. — 50. Le même. Le martyre de saint .André, — 51. Zeithlom (Barthél). .Sainte Anne, entourée de saintes. — 5S.Schaffner{'SIaTtin). Adoration des mages. — 53. TT’oIiIgemiith. Sainte Catherine, sainte Barbe, saint Luc, la Vierge et saint .Sébastien. —54. Schwarz. La .salutation angélique.
— .55. HolAein (l’aîné). Portrait d’homme. — 56. Le même. Portrait de femme. — *.57. Cu/mJrtc/i (Hans). Saint Joachim et sainte Anne.— *.58. Zeithlom (Barthel.).
.Sainte Marguerite. — *59. Schœngauer (Martin). Zébédée et Marie Salomé avec deux enfants.