‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 219 sur 328 · Inconnu, Un champ de bataille · texte numérisé non relu

Inconnu, Un champ de bataille

122. Vrancks (Sébastien). Un marché hollandais — 123. Le même. Vue d’une route. — 124. Breughel (Jean). Un vase de fleurs. — 125. — Inconnu. L’assaut d’une

orteresse. — 126. Grimaldi (J. F.).

Paysage. — \Ti. Inconnu. Combat de cavalerie.— 128. Goyen (Jean van der). Une auberge. — 129. Conda (Sébastien). La vestale Tuccia. — 130. Le nUme. Cléopâtre dépose sa couronne devant Auguste. — 131. Heem(J. David de). Une assiette de fruits. — 132. Hirschli (Gaspard). Un pot de fleurs. — 133. Le même. Un pot de fleurs. — 131. .Ifryer (Georges Frédéric). Paysage. — lO'i. Jan'ssens (V. II.). Une fête. — 130. Hartmann. Paysage. — *1.')7.

Gérard {I. V.). Un soldat et une jeune fille. — 138. Inconnu. Promenade sur l'eau. — 139. Dietrich (C. W. E.). Portrait d'homme. — MO. Casanoro (F.). Un berger. — 141. Inconnu. Portraitd'homrae.

— 142. Inconnu. Vue d’un canal. — *143.

Girard (J. V.). Une femme malade. — 14t. Hartmann (J. J.). Paysage. — 14.5.

S/Hen'nx (P.). Vue du pont Saint-Michel à Paris. — ïlG.IIeem{J . David de). Deui tortues sur le bord de la mer. — 'M7.

Kgmli. Portrait d'homme. — *lfS. Le même. Portrait de femme. — 1.'9. Traiitmann (J. G.). Des bohémiens apprêtant leur souper. — 1.50. Le même. Des bohémiens partageant leur butin. — 151. Inconnu. Ruines romaines. — 152. Le même. Lu statue de Marc-Aurèle. — 153.

Klengel (J. Christian). Paysage. — 154.

Schalken. Des anges oflrent à sainte Madeleine la couronne. — 155. üietrich (C. ApV. E.). Paysage.

•• cabinet. — 156. Aldegreier . Un sopplice.— 157. Le même, Jonas sortant

de la baleine. — 158. Le même. Mort de Lucrèce. — *159. Hollein (Hans)lc jeune.

Portrait de Catherine de Bora, la femme de Luther. — *160. Wohlgemulh (Michel).

Marie-Madeleine et Lucie. — ‘161. Le même. Saint Damien et saint Cême. — '162. Hollein (Hans le jeune). Copie.

Portrait de Frobenius Amorbach. — *163.

Dürer (Albert). Hercule. — 164. Schaeuffelin (Hans). Le siège de Béthulie. — ‘165. Hollein (Hans l'aîné). Saint Jean. — *166. Cu/miacA (Hans). Saint Côme. — *167.Leme'me, Saint Damien. — *168. Cranach (Lucas). Vénus et l’Amour.— *169.

Hollein (Hans l’aîné). La mort de saint Mathieu. —*170. Cranach (Lucas).

Jean I", Frédéric III et Jean-Frédéric IV, princes de Saie. — 171. Inconnu.

Jésus-Christ à genoui. — 172. Cuhnlach (Hans).Sainte Barbe. — *173. Wohlgemulh (Michel). Saint Vit chassantle diable d’nn malade.— 174. Inconnu. La Vierge et l’enfant Jésus . — * 175. RurjIimoiV (Hans). L’adoration des bergers. — 176. Inconnu.

Une sainte tient un enfant sur le bras auquel sainte M.arie présente une poire. — ’ m . Wohlgemuth (Michel). Des prêtres païens excitant saint Vit à l’idolâtrie.

—178. Schaffner (Martin). Portrait d’homme. — 179. Alîdorfer (Albert).

Jésus-Christ en croix.— 180. Culmlach (Hans). La salutation angélique. — *181.

CronacA (Lucas). Portrait de Luther. — *182. Lemême. Portrait de Mélanchthon.

— *183. Inconnu. Portrait d'homme. — *181. Hollein (Hans l'aîné). Le couronnement de la sainte Vierge. — *185. Hollein (Hans le jeune). Portrait de femme.— ‘186. Cu/niAocA (Hans). La naissance de Jésus-Çhrist. — 187. Altdorfer (Albert). Paysage. — 188. Inconnu.

Suint Hubert. — 189. Inconnu. Allégorie, (la Vie et la Mort.)

Peinture sur verre. — *190 a. Maurer (Christophe). Les déesses de la Victoire et de la Paix tiennent les anciennes armes de la ville. — *190 l. Le même. La Justice et la Paix tiennent les armes actuelles de la ville- — *191o. Le même. Allégorie (la Justice).— *19Ii. Le même. Allégorie (la Politique.

Escalier,— 192. Inconnu. Pluton enle-

436 DK BAMBERft i

Tant Proserpine. — IB.'t. Üifpenbeclc (Abraham de). Une sainte famille. — 191.

Wefl'e (Fr. de). Saint Lazare. — 195. Cfccartfii (.Séb.;. ,\rria présente à Pætus le poignard avec leqnel elle vient de se frapper. — 196. Inconnu. Une basse-cour. — 197. Ilauer (Rupprecht). L’intérieur de l’église .Saint-Pierre de Rome. — 198. HarrafA (Fr.). X’n léopard attaqné par des chiens. — 199. Le même. Un sanglier attaqué par des chiens. — 200. Roo*(P.

H.). Un berger buvant. — 201. Le même.

Un berger endormi. — 202. Le Dominiquin. Sainte Cécile. — 203. Mannlieh (Christian). Animaux morts — 20L Le même. Deux renards canadiens. — 205.

Glæser (J. F.). Saint Jean-Baptiste.-— 206. Bys (Jean-Rodolphe). La vestale Tuccia prouvant son innocence. — 207.

Glæser (J. F.). Alexandre reçu parles prêtres indiens. — 208. Beutler (J. G.).

Des fruits sur une table. — 209. Valkenburg (Théodore de). Animaux morts. — 210. Rottenhammer (Jj.. Saint Jean prêchant dans le désert. — 211. Inconnu.

Un vieillard donnant une leçon à un jeune garçon. — 212. Verelst (Maria).

Portrait d’homme. — 213. IloMrermatin»

(Philippe;. Copie. Une dame à cheval avec un faucon .

De la place de Saint-Gilles on descend en quelques minutes soit parles ruesTuérèseet du Château, soit par la place Thérèse, la Brüder Strasse et le marché aux Fruits { Obsimarkt) à la place du grand Marché {Hauptmarkl), sur laquelle ou près de laquelle se trouvent l’église de laVierge {Fratienkirche), la Belle Fontaine et le marché aux Oies.

La Frauenkirche a été bâtie, en 1361, sur l’emplacement de la vieillesynagogue, sousTempercur Charles IV, par les architectes Georges et Fritz Kuprecht et le sculpteur Sébald Schonhover, c’est-a-dire à l’époque oit l’architecture allemande gothique brillait de son plus vif éclat. Sa petite tour, dont l’ornementation aurait si grand besoin d’être réparée, se terminait autrefois par un clocher

NUREMBERG. IRoutf. 9C.J

à jour. La chapelle située au-dessus du porche a été ajoutée par Adam Krafft. Elle renferme une curieuse horloge mécanique fabriquée en l."Û!) par Georges Heuss, et ajipelée Mænnleinlaufen, paroe que, quand les heures sonnaient, les sept électeurs passaient devant l’empereur. Cette liorloge ne fonctionne plus aujourd’hui. Le porche, surtout le côté occidental, est orné des statues de la Vierge, des patriarches, des prophètes, des apôtres et des saints. Ue curieuses sculptures décorent aussi le portail principal et les deux portails latéraux. Parmi les statues du portail principal on remarque celles d’Adam et d’Eve, de la Vierge et de l’enfant Jésus. Ces sculptures avaient été restaurées avec soin en 1821, mais elles ne sont déjà plus en bon état. L’intérieur, rendu au culte catholique en 1816, subit à cette époque une restauration trop complète ; on le surchargea de peintures et de dorures. On y remarque ; deux rclie/s d’Adam Krafft dont l’un (1498), représentant le couronnement de la Vierge, se trouve dans une chapelle latérale, etdont l’autre est à l’entrée du chœur et peint; les sculptures sur bois, les peintures sur fond d’or et le tableau du second autel latéral que fit élever lafamilleTucheren 1385; un saint Grégoire célébrant la messe en présence de divers autressaints, attribuéàMichel Wohlgemuth ; des vitraux de couleur, etc.

La Belle Fontaine (der schœne Brnnnen), située à l’angle N. -O. de la place du Marché, a été bâtie et sculptée, comme laFrauenkirche, par les frères Georges et Fritz Ruprecht et Sébald Schonhover, de 13’)5 à 1361. Elle fut ensuite couverte de peintures et de dorures, puis restaurée par Michel Woblgemuth. De 1821 a 1824 on l’a restaurée telle qu’elle était dans son état primitif. C’est une pyramide de 20 mèt. de haut, divisée en quatre parties; contre les huit piliers de la partie inférieure sont seize figu-

IKouik 9Ü.7 NUUKMBKKG. 437

res de 3 mèt'. 33 cent, de hauteur qui représentent les sept princes électeurs de l’empire germanique, Godefroi de Bouillon, Clovis et Charlemagne , Judas Machabée , Josué et David , Jules César , Alexandre et Hector. La partie du milieu renferme les statues de Moïse et des sept prophètes. La artie supérieure, que termine une èche élancée, se fait seulement remarquer par la pureté de son architecture gothique. La partie inférieure de la grille de fer qui entoure la Belle Fontaine est de Paul Kœhn, d'Ausgbourg (1580); la partie supérieure, de Pickcl.

Derrière la Frauenkirche on va visiter le m'trché aux Oies, orné d’une fontaine que surmonte le bronze délicieux d’un artiste nommé Pancrace La wenwolf. Ce bronze est appelé Gænsemænnchen ou l’Homme aux Oies, parce qu’il représente un jeune paysan portant sons chaque liras une oie qui jette del’eau par son bec ; c’est un petit chef-d’œuvre.

On peut encore visiter dans le cdté Saint-Sébald de la ville de Nuremberg ;

L’hâpital du Saint-Esprit, fondé en 1331, agrandi en 1555, et construit en partie sur un bras de la Pegnitz (non pourdes malades proprement dits, mais pour des vieillards pauvres!. L'e'glise du Saint- Esprit, quiy est attenante, achevée en 1311, agrandie en 1487, a été restaurée dans le style italien en 1662-1663, par Carlo Brentano. Elle renferme quelques tableaux de l’ancienne école allemande, un maître-autel moderne avec desornements gothiques, des monuments sculptés, et devant l’autel, le tombeau de Conrad Gross, le fondateur de l’hépital;

Le Waaggebxude ( la balance ) (Winkler Slrasse), 1498, que recommande un bas-relief d’Adam Krafft;

ha. F leischbank, la boucherie, bâtie en 1551, près de la Fleischbrücke, avec un bœuf en pierre rernarquement sculpté ;

J^a fontaine delà place Maximilien,

appelée IVasserspcier , construite en 1687, par le sculpteur Bromig, d’après un dessin de Bernini;

La maison de Hans Sachs, dans la rue de ce nom, n° 969 (elle a été rebâtie). Hans Sachs, né en 1494, mort en 1576, est le poète le plus fécond que l’Allemagne ait produit.

Ses poésies, au nombre de 6,840, formaient trente-quatre volumes in-folio, écrits de sa propre main.

Malgré son goût pour la littérature, il ne négligeait pas son métier de cordonnier. Ses poésies eurent de son vivant un immense suecès. Oubliées et même dénirées depuis, elles ont été détenues et rappelées <i la mémoire de la postérité par Wieland et Gœthe.

Hans Sachs s’est essayé dans tous les genres; il nous a laissé 56 tragédies, 68 comédies, 62 pièces de carnaval, 210 narrations bibliques, - 150 psaumes, 480 contes, 286 fables et facéties, et un nombre plus considérable de chansons. Ses meilleures pièces de vers sont ses bouffonneries, qui contiennent de curieuses peintures des mœurs de son temps ;

Le Grundherrisehe Haus, Schild Gasse, n*649, où l’empereur Charles IV rédigea les premiers articles de la bulle d Or en 1356; aussi on l’appelle sum Goldenen Schilde ;

La maison de Eaumgærtner, savant illustre, Theresien Strasse, n’599, facile à reconnaître par un beau relief d’Adam Krafft, représentant saint (îeorges qui terrasse un dragon ;

Le SchcurVsciie Haus , Burg- Strassc, n» 606, habité par l’empereur Maximilien l", le duc d’AÎbe et le cardinal Granvelle; on y remarque une petite salle appelée Burggrafenstube, et ornée de curieuses boiseries ;

La maison de Wilibald Birkheimer, Ægidienplatz, n° 758:

Lamaisotvï’uckcr, Ilirchel Gasse n» .304, dont l’architecture est un mélange des styles gothique, byzantin et oriental ;

Le IIerleishof,n\xT lePanierplatz,

«8 DE BAMDEKG

aujourd’hui uiie fabrique de cartes, et tout près, n„ G3I, la maison Toplcr avec des balcons gothiques en saillie portant la date de 1590, etc.

l>a Pegnlti, ses tles et ses ponts.

La Pegnitz, la rivière qui partagela ville deNurembcrgendeux parties à peu près égales, y forme plusieurs îles dont les deux principales sont appelées la Schùtl et l’i nse!c/ie«. où se tr» uve le trœdelmarict (la Friperie); de nombreux ponts de pierre réunissent soit ces îles avec les deux parties de la ville, soit les deux parties de la ville entre elles. Ce sont, en descendant, le pont de l’Hdpital et le pont du Schuldlhurm, le pont du Roi ou du Muséum (deux arches, 1700) , le pont de la Boucherie (FleischbrUcke, 1596-1598, une arche) que les Nurembergeoisappellent leur Ponte-Rialto, donnant le nom de pont des Soupirs au pont de bois,appeléle Henlcersteg; le pont de Charles (1728, doux arches, et deux obélisques de pierre couronnés, l’un d*un aigle, l’autre d’un pigeon); la Dœrrershrücke (deux arches), etla.'lfa.rtmi!ians6nïcl-c (trois arches). Outre ces ponts, on compte huit passerelles dans l’intérieur de la ville, dont une est un pont suspendu en chaînes de fer construit en 1824 et appelé Kettensteg.

asté Saint-Laurent.

La principale curiosité du côté Saint-1. auront est l’église (protestante) qui lui a donné son nom, la Sanct- Lorenzkirche , la plus rande et la plus belle des églises e Nuremberg. Située à peu près au milieu de la Kœnigs Strasse, cette église est bâtie en grès rouge foncé. Elle a été commencée de 1274 à 1280 par ordre de l’empereur Adolphe de Nassau, construite à diverses époques qui sont indiquées ci-dessous et restaurée avec soin il y a un petit nombre d’années. Son beau portail ogival (à l’extrémité occidentale) attire tout d’abord l’attention. Il a 8 mèt. de

NUUE.MUERG. [Route 96.j

large et 13 mèt. 30 cent, de haut. Ses deux portes sont séparées par un pilier central orné d’unc^statue de la Vierge et de l’enfant Jésus.

Parmi les sculptures entassées avec profusion sous la grande ogive qui la domine, on remarque :

la naissance du Christ, l'adoration des Mages, la présentation au temple, la fuite en Égypte; les quatre prophètes (è la naissance des voûtes); lapassion, l’ensevelissementetlarésurreciion duChrist, et le jugement dernier (dans le tympan), les douze apôtres, les douze prophètes (dans les courbes de |a voûte), et au-dessous Adam et Eve do grandeur naturelle. La rose qui surmonte la porte (10 mèt.

de diamètre) a desornements composés de fenêtres ogives géminées qui se succèdent en sens inverse et qui sont encore mêlées de petites roses. Les deux tours entre lesquelles s’ouvre le portail sont carrées, percées de rares fenêtres, et décorées à leur extrémité d’une sorte de treillage de pierre, assez fréquent en Allemagne. Commencées en 1280, elles ont été achevées, l'une en 1403, l'autre, à la toiture dorée, en 1498. Près du portail septentrional ( Urautthüre ), remarquable par son élégance, on voit une sculpture en pierre trèsancienne : Jésus-Christ au jardin des Oliviers. Près de la sacristie, un bas-relief représentant la sainte Trinité attire aussi l’attention.

L'inte'rieur de Saint-Laurent — de sacristain demeure Pfarrgœsschen, n«49; mais pendant l’après-midi il quitte rarement l’église; pourboire de 12 à 24 kr.) — mérite une longue visite. Les deux ailes sont moitié moins hautes et moitié moins larges que la nef. Le chœur, construit de 1450 à 1477, et plus élevé que la nef, est orné de magnifiques vitraux de couleur, donnés à l’église par les familles patriciennes de Nurembergqui y ont fait peindre leurs armoiries. La plus belle des onze fenêtres du chœur, celle de la famille Wolkamer, représente la généalogie du

Routk 96.1 NUKKMBEHCJ. 439

Christ. Les quatre évangélistes, qui attirent l'attention à la droite de cette admirable fenêtre, et qui ont des têtes d'animaux, sont plus modernes. Mais malgré la beauté de ces vitraux restaurés par Kellner, on regarde d'abord, dans le chœur de Saint-Sêbald, le tabernacle (Sa- (ramenlshæuxlein) d'Adam Krafft.

« Adam Krafft, dit l'auteur de l'Art en Allemagne, semble avoir voulu épuiser toutes les richesses que l'imitation des formes naturelles a permis d’accumuler dans les dernieres productions de l'époque ogivale. En effet, adossé à un Hier du chœur, le Tabernacle de aint'Laurent ressemble moins à une œuvre d'art qu'à une plante grimpante qui aurait sa racine dans le parvis, et qui, rencontrant un appui, s'élancerait jusqu'à la voûte en dessinant dans son essor les figures les plus capricieuses.

Cependant en y regardant fort attentivement, on finit par découvrir un plan fixe à travers le luxe de cette parure désordonnée ; alors on distingue d’abord une galerie à jour supportée par trois grosses figures agenouillées, dont l’une passe pour être le portrait de l’auteur lui-même; au-dessus de la galerie, le tabernacle carré avec quatre saints aux angles; au-dessus du tabernacle , qui forme comme le rez-de-chaussée, une espèce d'entre-sol composé do petites sculptures disposées en trois tableaux de façon à représenter des scènes de la Passion ; puis un premier étage composé de tiges végétales, recourbées, ernbrouill'.'Cs, entortillées de toutes les manières, qui supportent la foule des Juifs assemblée devant le Christ, au pied du tribunal de Pilate ; puis un second étage plus simple où Jésus crucifié est entouré de la Vierge, de Madeleine et de saint Jean; enfin un troisième étage, portant une figure seule, couverte par une pointe qui s’enroule en forme de crosse sous la nervure de la voûte. Tout ce monument est comme une grande

pièce d’orfèvrerie allemande, façonnée avec un goût splendide et équivoque, et traduite en pierre avec une admirable souplesse.

C’est en effet un des caractères particuliers d’Adam Krafft d'amollir en quelque sorte le grès, nonseulement par les expressioni qu'il lui donne, mais par lafacilité coulante et pourtant toujours un peu lourde des inflexions auxquelles il le soumet. » Le tabernacle do Saint-Laurent a coûté cinq années de travail (1496-1500), avec deux aides apprentis , à Adam Krafft. L'artiste reçut du bourgeois Imhofqui le lui avait commandé la somme de 770 florins.

Aussi Adam Krafft, qui a laissé dans sa ville natale un si grand nombre de belles sculptures , mourut à un âge tri s-avancé dans l’hûpital de Schwabach. Il était depuis longtemps dénué de toute ressource.

Parmi les autres curiosités dignes d’attention dans l’intérieurde Saint-Laurent, il faut mentionner :

une sculpture en bois de Veit Stoss (t518), représentant la Salutation angélique , et suspendue devant l’autel; elle tomba en 1827 et se brisa en morceaux ; mais le sculpteur Uotermundt l'a restaurée en 1836 , d’après des dessins de Heideloff ;— le crucifix du maîtreautel en bois doré, par le même artiste ; les six statues des anges en métal sont modernes; elles ont été fondues par Burgschmiet ; — en face du tabernacle , le monument d'un jurisconsulte, A. Kress (1513); — une vieille tapisserie dans le chœur ; — une vieille peinture (la Vierge et l'enfant Jésus) dans la sacristie ; — la chaire, ouvrage moderne, exécuté en 1839 par Uotermundt, dans le style du tabernacle, d'après des dessins de Heideloff, qui avait été chargé de la restauration complète de l’église;— à dr.

du chœur, te fomheait delamargrave Sophie de Brandebourg (+1639); — le tableau de l’autel Imnof, le couronnement de la Vierge-, — les volets de l'autel de Saint-Nicolas

I' : 1 Guogle

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far Hans Culmbach ; — ceux de autel Sainte-Anne, etc., etc.

La fontaine des Vierges, contruite en 1589 par Frédéric Wurzelbauer, occupe le centre de la place devant l’église Saint-Laurent. Du milieu d’un bassin en pierre s'élève une colonne autour de laquelle sontgroupées, endeux séries, douze figures de fonte, six enfants nus supportant les armes de la ville, et six vierges qui sont des emblèmes de vertus. Au sommet est laJustice, avec sa balance; près d’elle se tient une grue, symbole de la vigilance. En face de cette fontaine, à l’angle des rues Caroline et du Roi , le Nassauer llaus attire forcément les regards, par son architecture gothique allemande , ses tourelles, ses sculptures, saslatued’Adolphe de Nassau, « Laurentianæ lurris effectoris pii. » Cette curieuse maison fut bâtie vers la lin du XIII* siècle ou au commencement du xive. L'intérieur n'offre rien d’intéressant.

Derrière la place Saint-Laurent (O.), s’étend la place du Thedtre,, sur laquelle le théâtre a été bâti en

La poste occupe dans la Carolinen Strasse qui s’ouvre eu face de Saint-Laurent (E.) un bâtiment moderne construit dans le style gothique.— N. B. L’entrée de la poste aux lettres est dans l’Adler Strasse.

La banque royale se trouve au contraire située au S. de Saint- Laurent, entre cette église et la maison des orphelins (de Findel), qui borde la Pegnitz.

Enfin, au N. de Saint-Laurent, dans la Kœnigs Strasse , on remarque, sur le Hallplatz, le Hallgelæude (halle), construit en 1498 par Hans Behaim le vieux, divisé en antérieur et postérieur. L’antérieur a un beau portail gothique; ses caves sont fort belles Le postérieur est l’ancien arsenal de la ville libre impériale , dont les tours rondes ont été bâties en

A NUREMBERG. [Uoutb 96.]

Le côté Saint-Laurent est pim riche en églises que le côté Saint- Sébald. On y peut visiter la Deutscheshaus Rtrc/ie. l’église de l’ordre Teutonique , commencée en 1784 et restée inachevée. On doit, diton, la terminer et la consacrer au culte catholique. Tout près se trouve l'église Saint-Jacques, fondée au XIII* siècle, agrandie en 1500, restaurée en 1825 par Heideloff. On remarque à l’intérieur : le maître-autel (belles sculptures en bois, peintures sur fond d’or de l’école byzantine); les vitraux -de couleur du chœur, des sculptures en bois et de vieilles peintures dans les chapelles Dillherr et Egloffstein ; la chaire construite ar Burgschmiet, Rotermundt et chreiner Kraft, d’après un dessin de Heideloff ; un crucifix placé contre un pilier en face de la chaire, etc.; en 1850 on y a ajouté une sacristie dans le style du reste de l’édifice.

Parmi les autres curiosités de Nuremberg situées du côté de Saint- Laurent, il faut citer en première ligne: le Karthaeuser Kloster ou couvent des Chartreux (rue de ce nom , non loin du Kornmarkt). Il a été restauré en 1858 dans le style du xiv* siècle et transformé en musée germanique (tous les jours de 9 h. à 1 h. et de 2 à 4 h. — 12 kr. ). Ses vastes. sal les, ornées de fresques par Kaulbach et Kreling, renferment des collections d'objets de toutes sortes provenant du moyen âge. Au rez-de-chaussée , la Waffenhalle contient des armes et des armures de toutes les espèces et de tous les temps. Dans la Frauenhalle on a réuni des meubles, des ustensiles de cuisine, des objets de toilette, des travaux de femmes, tels que broderies, tapisseries, des instruments de musique, etc,, etc.

Au premier étage sont réunis, dans liisieurs salles, des tableaux, des essins, des gravures, des sceaux, des parchemins, des autographes d’hommes célèbres , des objets d’art en ivoire, en bois sculpté,

[Houtk 96.) NUREMBERG. ' 441

en terre cuite, des plAtres, etc du IX' au xvie siècle; enfin une bibliothèque d’environ 20,000 vol.

dont un grand nombre d’incunables et de manuscrits.

La chapelle renferme tous les objets ayant servi au culte, tels que vases sacrés, crucifix, chasubles, etc. Enfin dans le cimetière on voit d’anciennes sépultures, des cercueils, des haches, des plâtres, etc.

Le musée Afaximilien , Burg- - strasse, possède des reproductions en plâtre d’anciennes sculptures allemandes (12 kr. d’entrée}; et dans la Baii/iütte (l’ancienne église Sainte-Catherine, derrière Saint- Laurent) a lieu une exposition permanente des produits efe l’industrie et de l’art contemporain nurembergeois.

Les autres édifices publics ou privés qui méritent une mention sont :

La nouvelle Ilandelsgaicerbeschule (école de commerce), bâtie dans ie style gothique sur la place Saint-Laurent ;

Les Technischen Schulen, les écoles techniques, dans le Bauhof;

IjUnschlitthaus (la halle au suif), où l’on a établi une école ; une porte (dans l’Ober Wœhrd Strasse, 171) se fait remarquer par son architecture ;

La maison n" 306 de l'Adler Strasse ; *

La maison n» 346 de laCarolinen Strasse ;

La maison située en face du muséum, près du pont du Roi ;

La maison de Pierre Vischer, n’ 761 , dans la rue qui porte le nom de cet artiste ;

La maison Bestelmcier, rue du Roi, n“ 70 ;

Les maisons modernes desfrères Beckh (Kornmarkt, 999 b], et du banquier Kalb (place Saint-Laurent , 42).

OoUecUons partienUéres.

-If. Her'el. Collection d’pbjets d’art ou , d'histoire naturelle , ouverte au public, de 10 h. à midi, les

dimanches et les jours de fêtes , et les autres jours aux étrangers.

N’ 1518, Woehrderthor.

M. de Forster. Collection do tableaux , d’objets d’art, de monnaies, etc. N“ 19, Hauntmarkt.

. M. Paul Merkel. Collection de gravures et de dessins sur bois d’Albert Durer (très-intéressante) , de dessins k la main , de livres, d’objets d’art, parmi lesquels on distingue un groupe en argent de Jamnitzer. N» 97, VVeinemarkt.

M. le colonel Gemming. Musée Norique, comprenant plusde 25,000 pièces archéol. de toutes sortes (antiques , gravures , pétrifications , etc.).

Les frères Slurm. Collection d'histoire naturelle. Panierplatz,

.If . de Ilolzschuher (Ægidienplatz, n' 781 ) possède un beau tableau d’Albert Durer (un portrait dé l’un do ses a'ieux).

Enfin la collection d’antiquités de M. Pickert, ci-devant k Fürth, se trouve aujourd’hui k Nuremberg, place Albert Durer.

InsUtatiODS publiques ou privées.

Sociétés, joumauz.

Nuremberg compte un grand nombre d'établissements d’éducation et de bienfaisance qu’il est inutile d’énumérer ici. Parmi les sociétés dont le plaisir est l'unique objet nous ne citerons que celle du musfHinqui occupe une maison particulière, près du pont du Roi.

Elle date de 1810. Elle possède un riche cabinet de lecture et donne souvent des bals ou des concerts.

Le Courrier de la Paix, devenu Courrier de Nuremberg , est un des plus anciens journaux de l’Allemagne, car il compte deux siècles d’existence. Les autres journaux politiques de Nuremberg sont : le Correspondant de l'Allemagne , la Gazette de la Franconie du Centre et le frété Staatsbürger. 11 se publie en outre klNuremberg un certain nombre de journaux littéraires et scientifiques.

DE BAMBEUG

Promenade», Oimetidre», Environ».

L’une des plus agréables promenades do Nuremberg est le tour de la ville, en dehors de se.s fortifications pittoresques dont les fossés sont cultivés et dont les tours servent aujourd’hui à divers usages. Onze portes donnent actuellement accès dans l’enceinte <ie la ville. Les quatre principales , le Frauenthor , le Spiltlerthor , le Neuelhor et le Lauferthor , ont été construites par Georges Unker, de 155‘2h 15r>7. Ce sont des tours rondes de 27 mèt. de dianièire. Les deux autres grandes portes se nomment Thierqærtnerthor et T’^esfnerthor. Deux des petites ont des entrées couvertes ; ce sont le Wcehrderthor et le Ilallerthürlein.

Les trois autres s’ouvrent, l’une, le Kœnigsthor , en face de la route de Katisbonne et de la rue du Koi,à peu de distance du Frauenthor qui est la porte la plus rapprochée du chemin de fer de Bamoerg-Leipsick-Augsbourg-Munich; l’autre, en face du nouvel hôpital général; la troisième, près de l’école de natation militaire. Enfin on remarque deux portes dans l’intérieur de la ville : le Lauferschlagthurm, qui conduit de l'Aussere Laufer Gasse à l’innere Laufer Gasse, et le Weüsethurm, situé près du Deutsches Haun.

Les promenades publiques de Nuremberg sont: le Jadenoühl, au N. E., et l’Aüerioiese ou Hallenviese, h l’E., le long de la Pegnilz ; le Kühberg, entre leThiergærtnerthor et le Vestnerthor. De nombreux jardins publics et privés entourent la ville de tous les côtés, sans parler des cafés ou restaurants établis sur les principaux bastions ou sur les fausses baies des tours iZwinger). Parmi les jardins publics où l’on fait de la musique les soirs d’été, le plus fréquenté et le plus agréable est la Rosenâu (à l’O. de la ville). 11 se trouve sur une lie au milieu d’un grand bassin dont la rive méridionale est ornée d'une villa turque. On y a

A NUREMBERG. f Route 9(5.]

découvert récemment une saline.

Le cimetière de Saint-Jean, Sanct* Johanniskirchhof, mérite surtout une visite. Il est à 15 min. de la ville. On s’y rend soit par le Neuethor et la Kreuz Gasse, qui aboutit à la Johnnnis Gasse, soit par le Tbiergærtnertbor et laSeilers Gasse, qui aboutit à la même rue, soit enfin par la Uallerthürlein et la Hallerwiese. Le chemin préférable est celui du Thiergærtnerthor; car en le suivant on voit les stations, que le patricien Martin Kœtzclfit sculpterpar Adam Krafft (voir ci-dcssus ; une d'elles a été restaurée par Burgscbmict), avant le Calvaire, où Jésus-(5hrist est crucifié entre les deux larrons. A peu près à moitié chemin on peut visiter l'église gothique delà Sainte- Croix, fondée par la famille Haller, aucommencement du xiv* siècle. La fresque peinte au-dessus de la porte d’entrée a été attribuée à Albert Durer. L’intérieur renferme quelques peintures sur fond d’or, un Christ au tombeau, sculpté en bois par Veit-Stoss (sur le maitre-autcl qui est orné de tableaux par Michel Woblgemuth).

Le cimetière de Saint-Jean compte à peu près 3,CbO tombes, dominées parlemonument Münzer, deSmèt.

de haut, et toutes numérotées. Les plus dignes d’une visite sont celles de : Albert Diirer, n’ 649; Han$ Sachs, n» 503; Veit Stoss, no 268; Wilibald Dirkeimer, n« 1414 ; IVeniel Jamniher, n“ 644; Grttbel, n» 200.- — L’église gothique de Saint - Jean, 1323-1427, contient un tableau de maitre-autel par Michel Wohlgemuth, des statues en bois par Veit Stoss, d’autres tableaux d’autel par Woblgemuth et Albert Altorfer, plusieurs monuments funéraires, etc. Près de cette église se trouve la chapelle Holzschuher, dont une sculpture, représentant l’Ensevelissement du Christ, est attribuée à Adam Krafft. Cette chapelle, bâtie en 1374, a été agrandie en

Pierre Vischer est enterré (n» 90) dans le cimetière de Saint - Roch,

fRouTB 97.1 FURTH.-SCHWABACH. 445

situé au S. -O. entre les chemins de fer de Fürth et de Bamberg. L* chapelle de Saint-Roch, fondée en 1519, contient un tableau attribué à Albert Dürer, des sculptures en bois de Veit Stoss et de beaux vitraux de couleur de 1520.

Un chemin de fpr {un des premiers qui aient été construits en Europe, car il date de 1835), relie Nuremberg à Fürth. La distance.

l/2mil.,est parcourue en 15 min. Il y a un convoi par heure, de 8 h.

du matin à 8 h. du soir en été, à 6 h. en hiver. Le pris des places est de 12 et de 9 kr. Ce chemin de fer transporte plus de 500,000 voyageurs par an.

Fürth ( Hét. : Kronpnnz von Preussen , Eisenbahngasthof, Kütt], est une ville industrielle et commerçante d’env. 18,000 hab.

dont prés de 3,600 juifs. Ces derniers y ont toujours joui de grands privilèges et y possèdent un tribunal spécial et une imprimerie hébraïque.— On n’y remarque guère que son hôtel de ville, orné de fresques, sa synagogue et son église gothique avec ifn tabernacle d’Adam Krafft. Dans la gare on a élevé une statue en bronze au bourgmestre Scharrer, principal fondateur du chemin de fer ae Nuremberg. — A 30 min. de Fürth on peut allcrvisiter l’ancienne Peste, d’où Wallenstein résista, en 1632, à l’attaque de Gustave-Adolphe, oui avait établi son quartier général à Fürth, dans l’hétel de l’Arbre Vert (zum Grünen Baum). La tour qu’on a bâtie sur cette éminence offre une vue étendue.

De Nuremberg à .âupsbourg, R. VIA.; — à Bayreuth, R. 99 ; — à Donauwerth, R. 97; — à ICger, ci-dessus et R. 99; ou R. 98 B ;— à Francfort, voir ci-dessus et R. 8t ou 88; — à Gunsenhausen, R. 97; —à Hall, R.97 A et A/ffmaÿne du Sud; — à Heilbronn, R.97A ; et Allemagne du Sud; — à Munich, R. 97 A et Allemagne du Sud. — à Nœrdlingen, R. 97 ; — à Stuttgard, R. 97 et Allemagne du Sud; — à Würzgburg, R. 97 et 88, ou ci-dessus et R. 8t.

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