‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 88 sur 328 · OK MAYENCK · texte numérisé non relu

OK MAYENCK

la bourgeoisie. Les Chambres sont convoquées chaque année. La Constitution, singulièrement restreinte en 1851, garantissait aux citoyens la liberté de la presse, la liberté individuelle, le droit de pétition, l’admission à tous les emplois publics. La maison deNassau prétend descendre d’un frère de Conrad I*''; Walramc 1*'' (f 1020) en commence la famille souveraine q^ui s’est souvent divisée en plusieurs lignes dont l’une, l’othonienne, régne aujourd’hui sur la Hollande. Depuis 1816, la lignewalramienne qui a fourni un empereur à l’empire ( Adolphe de Nassau) a réuni sous un seul chef (Nassau-Weilburg) les possessions des deux derniers rameaux (Nassau-Usingen et Nassau-Weilburg).

Le débarcadère du chemin de fer se trouve situé presque k l’angle que forment les deux rues-boulevards, appelées Rhein Strasse et Wilhelms Strasse. En face s’élève VhStel du Taunus. Si, laissant k g.

la Rhein Strasse qui monte k la rue du Marché, k la place Louise, k l’eglise catholique et k la caserne d’artillerie, on suit la Wilhelms Strasse, on arrrive en quelques minutes au Wilhelms Platz, formé k l'ü. par l'kote! des Quatre-Saisons, Vhûtel Zais, le Nassauer Hof et le théâtre, au N. et au S. par îles colo7inades couvertes, transformées en bazar pendant la saison des eaux, et k l’E. par le Kursaal. Au milieu de cette place, ornée de deux jolies fontaines, doit s’élever bientôt la statue équestre de l’empereur Adolphe de Nassau. Au-dessus de l’entrée principale du Kursaai, dont le portique est soutenu par six colonnes de l’ordre ionique, on lit celte inscription : Fontibus Mattiacis , MDCCCX, caries eaux de Wiesbado ont'été connues des Romains qui les avaient appelées Forites Mattiaci du nom de la tribu germanique dos Mattiaci , établie en ce pays. « Sunt et Mattisci in Germanià fontes calidi, etc.. > dit Pline le naturaliste,!

liv, al. chap. 2. Tout le milieu du I

A WIESBADE. [Routk 19.j

bâtiment est occupé par le grand salon ou salle de bal, orné de colonnes de marbre de Limburg, de bustes et de statues, et assez richement meublé. On y joue k la roulette (Le mercredi, le prix d’entrée aux bals publics, pour les cavaliers, est de 1 fl. 21 kr.; le.s réunions dansantes du lundi et du samedi sont plus agréables et mieux composées que les bals publics.) A dr., en entrant, sont le cabinet de lecture, des salles de bal plus richement meublées, et des salons de jeu (le trente et quarante); k g., on trouve des salles à manger et la restauration (table d'hôte et k la carte). Quand le temps est beau, on peut se faire servir k dîner ou prendre des rafraîchissements devant la façade qui donne sur le jardin et près du kiosque-orchestre où l’on fait de la musique (de 4 à 6 h,). Ce jardin, conquis par l’art sur la nature qui s’y montre assez chétive, est bien dessiné et entretenu. A dr., en regardant la pièce d’eau, peuplée de canards et de carpes, on a élevé un joli kiosque d’où l’on découvre une vue étendue; sur la g., on est dominé par le palais et les jardins de la duchesse douai- I rière de Nassau. Si l’on remonte le ruisseau qui alimente la pièce d'eau, on ne tarde pas k trouver la Dielenmühle (15 rnin.), et 15 min.

plus loin le château ruiné de Son~nenberg (voir ci-dessous).

Après le Kursaal et son jardin, c’est le Kocbbninneu, que visitent d’ordinaire les étrangers. Pour s’y rendre, il faut suivre laTrinkhalle, longue galerie en fer construite en 1854, qui met le Kurgarten en communication avec cette source.

Le kochbrunnen jaillit sur le Kranzplatz, petite place plantée d’arbres (hôtels de la Rose et d’An-

?leterre), entre le Rumerbad et hôtel de l'Europe; c’est celle des dix-huit sources de Wiesbade, qui est la plus abondante, la plus riche en principes salins, la seule qui soit publique. Elle s’échappe d’une doubV coquille de fonte

(Rot'te 19. WIESBADK. 1C3

dans une sorte de. petit bassin qu’entoure un pavillon découvert, et bouillonne comme de l'eau en ébullition. Toutefois, bien qu’on l’appelle bouillante (Koch), elle n’a qu’une température do G9 degrés cent. De ce bassin, des tuyaux la conduisent aux hôtels qui ont des établissements de bains. L’eau est claire, limpide, ne répand qu’une légère odeur, mais elle a un goût peu agréable et ressemble à du mauvais bouillon do poulet. C’est celle que l’on boit cependant, aussi chaude que possible, le matin de 6 à 8 h., en ayant soin de se promener un quart d’heure entre chaque verre.

Un reste, elle est facile à digérer. .Mais ce senties bains qui, à AViesbade, constituent la partie essentielle du traitement. En général on les prend à 33 ou 35“ cent., eC quoique l’eau ait perdu de. sa force en se refroidissant, ils font monter le sang k la tête. Il faut en user avec modération et prudence. (Voir pour plus amples détails les Bains d'Europe, par Adolphe Joanne et le I)'' Le Pileur.)

.Sur le Kran/.platz s’élève le groupe d'IIygit, exécuté à Rome en 1853 par M. Hoffmann, de Wiesbade.

Les autres sources do Wiesbade jaillissent dans les hôtels particuliers,auxquels cl les appartiennent.

Composées des mêmes éléments que le Kochbrunnen, elles sont seulementmoins chaudes etmoins minéralisées. Ce sont des eaux salines muriatiques. Celle du jardin de l’hôtel de l’Aigle, où l’on peut aller boire également, est la plus importante. Elle a 65 degr.

cent. — Quoique les habitants de M'iesbade attribuent à leurs eaux une efficacité à peu près universelle, on les recommande surtout pour la guérison ou le soulagement des rhumatismes et de la goutte.

La saison commence en mai et ne finit qu’en septembre.

Outrele K'ursaal etle Kochbrun-

nen, on peut visiter à AViesOade :

Le palais du Grand-Duc, bâti par Moller, de 1835 k 18.38, près de la place du Marché ;

Le palais ducal, ou Schlcesschen, que l'on remarque à l’angle de la rue Guillaume et de la rue Frédéric. Ce palais contient, entre autres curiosités : J" une htbliothèque de 25,000 k .30,000 vol. et de curieux manuscrits, parmi lesquels on remarque les visions de sainte Hildegarde. ornées de miniatures du xiie siècle, celle de sainte Elisabeth de.Schœnau, un manuscrit de Salluste, etc.; 2° un musée d'antiqtiités romaines et du moyen âge.

Parmi les antiquités romaines, on doit signaler surtout k l’attention des amateiirs un bas-relief trouvé en 1842 k Haddernheim, près de Francfort, et représentant le dieu Mythra, qui, coiffé d’un bonnet phrygien, sacrifie un bœuf abattu, entouré de figures symboliques et surmonté des douze signes du zodiaque, et la partie supérieure en bronze de l’étendard d’une cohorte de la 22 légion. Les antiquités du moyen âge les plus curieuses, sont : 1* un autel en bois, sculpté et doré, de plus de 8 met. de long sur .3 mèt. de haut, provenant de l’abbaye sécularisée de Mariensladt, près de Ilachenburg, et datant du xiiie siècle : 2“ les monuments de Diether et Eberbard de Katzenclnbogen ( du couvent de Sainte-Claire), des vitratta: de couleur, etc.; 3o un cabinet d'histoire naturelle (la collection géognostique du duché de Nassau offre de l’intérêt) ; 4“ une collection d'insectes-, .5“ une galerie de tableaux assez médiocres, bien qu’attribués pour la plupart k des peintres célèbres.

On y trouvera quelques toiles de la vieille école allemande, et, entre autres, une sainte Famille, par Albert Durer, une sainte Famille, par Schoreel, les saintes femmes, par Rogier A’an der Velde, etc. Les écoles allemande et flamande modernes y sont représentées par :

un beau paysage de Swanewelt, un déjeuner de Heem, une morinr de

164 DK MAYKNCE

Van der Velde, De'daie et Icare de G. Flink, deux paysage* de Kobell.

Les tableaux de lYjcolc italienne sont moins nombreux et moins remarquables encore. On cite surtout le saint Chrysostome et la samte Cécile du Doniiniquin, une sainte Famille de l’école au Corrége, une esquisse (expédition d’Attila contre Home) Je Jules Romain ;

Le Ministerium, ou palais du gouvernement, situé à l’angle de la rue Louise et de la rue du Jlarché;

L’églîse catholique, bâtie par Hoffmann, sur la place Louise, et possédant une Madone de Steinle et un Saint-Boniface de Rethel;

La nouvelle église réformée, commencée en 1853 par Boos, construite en briquesetsurmontée de 5 tourspercées de fenêtres à ogives élégantes.

La Wiesbade romaine fut détruite au III» siècle par les Barbares. Chaque fois que l’on v creuse la terre pour y construire une maison, on y trouve encore, surtout sur le Rœrnerberg, des ossements, descendres, des tuiles, des pièces de monnaie, etc., etc.; mam il ne reste aucun vestige apparent au-dessus du sol ni de la ville romaine ni du palais (sala) que Charlemagne se lit plus tard bâtir sur ses ruines. Mais dans la rue Heidenborg, derrière l’hôtel de l’Aigle, on peut voir encore un fragment de muraille de pierre, appelé la Heidenmaner ou la muraille des Païens. C’était là probablement que s’élevait la forteresse romaine, car la rue Heidenberg est plus haute de 20 à 26 mèt.

que les beaux quartiers de Wiesbade voisins du Kursaal. Enfin, à peu de distance de la ville, les antiquaires vont visiter le Pfahlgraben ; on donne ce nom .à des débris encore existants delà muraille fortifiée que fit construire l’empereur ProDus, pour mettre l’empire romain à l'abri d’une invasion des Barbares.

« Vers le règne d’Adrien , dit '

A WIESBADE. [Route 19.]

Gibbon (ch. xii),lorsqu’onimagina un pareil moyen de défense, les forts ou postes, construits du Rhin au Danube, communiquaient l’un à l’autre par un retranchement d’arbres et de palissades. A ces remparts informes, Probus substitua une muraille de pierre d’une grande hauteur, fortifiée jiar des tours placées à des distances convenables. Elle commençait dans le voisinage de Neustadt etdeKatisbonne, sur le Danube; elle s’étendait à travers des collines, des vallées, des rivières et des marais, jusqu’à Wimpfen, sur le Neckar ; enfin elle se terminait aux bords du Rhin, après un circuit de deux cents milles environ.»

I Lesenvironsde Wiesbade offrent quelques promenades agréables (voitures, chevaux et ânes à volonté; les prix sont tarifés ). En gravissant les hauteurs peu élevées du Taunus, qui sont pour la plupart boisées, on découvre des

fioints de vue étendus sur la valée du Rhin, le Westerwald, le .Spessart, l'Odenwald (où l’on remarque la tour du Melibocus) et le mont Tonnerre. On distingue surtout aux bords du Rhin, Mayence, ses clochers et son pont de bateaux. Les promenades ou excursions les plus fréquentées, qui d’ailleurs se relient toutes par des sentiers, sont :

1" Derrière le Kursaal la Dietenmiihle (15 min.), moulin tres-fréquenté pendant la belle saison, et, 15 min. plus loin, le château ruiné du Sonnenberg, qui domine le v.

du môme nom. Plus loin encore est le V. de Ramhach, dont la chapelle domine la vallée ;

2" Le nouveau Geisberg (jardincafé restaurant, belle vue), et l’ancien Geisberg (15 min.), où l’on a fondé en 183.5 un Institut agricole ;

3“ Le Neroberg, colline où l’on voit encore les débris d’une ancienne construction romaine qui, selon la tradition, aurait été un château de Néron. Lavallée qui y conduit s’appelle le Nerothal, et le vin que l'on y récolte porte le

[Route 19.) LE MAUSOLÉE

nom de vin de Xéron. A l’entrée de cette vallée se trouve un bon restaurant, et au fond, une grotte appelée Leichtweiserhœhle. Au pied de la colline est un établissement hydrothérapique. A moitié chemin de la montée on trouve

4“ Lemausoiée(43min.). Ondonne ce nom à une ehapelle grecque en marbre, que le duc de Nassau a fait élever en 1852 en mémoire de la duchesse Elisabetha Michaelowna, morte en 1845, et dont la statue de marbre, sculptée par Hopfgarten, repose sur un sarcophage orné des douze apétres et des quatre vertus théologales. Le^ monument, terminé en 1855, est en grès; il a la forme d'une croix latine et est surmonté de cinq coupoles dorées. Des peintures russes sur fond d’or décorent les murs intérieurs. Service grec tous les dimanches à 10 heures. — 15 min.

plus haut est un petit temple ouvert, d’où l’on jouit d’une vue panoramique ;

5" Le couvent de Clarenthal et la Faisanderie (30 et 45 min.]. Le couvent do Clarenthal a été fondé par l’empereur Adolphe de Nassau, en 1296. 15 min. plus loin est l’ancienne Faisanderie, d'où l’on peut, soit monter à travers les bois au Chaussée Haus (voir R. 20) — 1 h. de Wiesbade — où l’on rejoint la route de Schwalbach, soit gagner, par VAdamsthalerhof, la route de la Flatte. La Walkmühlc, moulin restaurant (15 min ), se trouve aussi entre les routes de la Flatte et de Schwalbach;

6» La Flatte (1 h. 30 min. par la route de voitures; un chemin plus court y conduit les piétons par le Geisberg et le Saule pleureur). De ce château de chasse, bâti .a 460 mèt. sur la lisière de la forêt qui couronne la montagne, on jouit de la plus belle vue des environs.

Il a été construit en 1824 par le duc Guillaume. On peut en visiter l’intérieur, quand le duc n’y est pas.

La plupart des meubles sont en bois de daim ou de cerf. Les deux cerfs placés à l’entrée ont été fon-

.— LA PLAT'rE, 165

dus sur des modèles de Rauch.

N. B. La maison du garde-chasse, située vis-k-vis du château, est un bon restaurant. — De la Flatte on peut descendre directement k Sonnenberg (1 h. 1/4). On distingue parfaitement le sentier du haut de la plateforme. On peut aussi de Ik visiter le couvent de femmes de Clarenthal et la Faisanderie (voir ci-dessus 5). — Du sommet du Trompeter, qui s’élève k 520 mèt. nu N. E. de la Flatte, on découvre une belle vue. Cette montagne doit son nom k un trompette de l’électeur de Mayence qui, surpris par des voleurs, leur demanda et en obtint avant de mourir, de jouer un dernier air sur son instrument favori.

A Frauenstein, 1 h. 15 min.. R. 17;— k Eberbar.h, 4 h-, R. 17; — kRüdesheim, K.

17, 4 1/4 mil , 2 dilig. t. les j., en 3 h 35 min., pour I fl. et 1 fl 15 kr.; — a Eppstein, 3 h. R. 21; — k Francfort, R. 14 et 19. — àSchwalbach et à Schlangenbad, R. 20; — à Coblenz, par Nassau et Ems, R. 20; — à Limburg, 0 mil., t. les j. 2 dilig. en 5 h. 1/4 pour 1 fl. 45 kr. et 2 fl. dans le coupe, par la Flatte, — (2 mil.) Xeuhof— (2 14 mil.) Kiràerg — (1 3/f mil.) Limburg.

IdE 'WIESB.kDE A LANGEN- I SCHWALB.ACH,

NASSAU, EMS ET COBLENZ, ET A SCBLANOENBAO, BIEBERICH OU BLTVILLE.

A. de Wiesbade à Ooblens par Langensobwalbaob et Emi .

10 1/2 mil. dilig. 2 f. p. j. en 8 k 9 h. p. 3 fl. 30 kr. — A Schwalbach, 2 mil. en 2 h. p. 42 kr.

En sortant de Wiesbade, on laisse k dr. la route qui monte k la Flatte (R. 19) pour prendre au N. O. celle de Coblenz. On laisse ensuite k dr. le couvent de Clarenthal et la Faisanderie ; puis, après avoir dépassé le Chaussée Haus (belle vue), on s’élève, k tra-

16Ü L)E WIESUADE

vers des bois, presque jusqu’au sommet de la HoheWursd, haute de 533 met., qui domine la route à dr. On aperçoit, en montant, le Rhin et le mont Tonnerre. Enfin, au delà de l’Alte Schanze, on laisse à g. la route quieonduità Rieberich par .Scblangenbad (voir cidessous), en descendant à 2 mil. Langen - Schwalbach, (H(5t.; Allee Saal (hdtel de la Promenade), le plus grand et le mieux situé, ainsi appelé d'une avenue d’arbres voisine, t. les j. table d’hôte à 1 h. Bal t. les dimanches soir, cabinet de lecture. Nassa%ier Hof, hôtel de l'Europe, Post, Herzog von Naxsau. — Maisons garnies; Panser Hof, hôtel Royal, Engliseher Hof, etc. N. H. Dans les maisons amies il n’y a pas de table 'hôte, mais on peut s’y faire apporter son dîner des autres hôtels.

Dans les hôtels le prix du dîner est de 1 il. 12 kr.; celui des chambres varie.)

Schwalbach, appelé Langen ou le Long, piour le distinguer d’au- .tres pays du mémo nom, a été élevé en 1819 au rang de ville. On y compte environ 2,000 liab. Mais en réalité ce n’est qu’un village composé presque entièrement d’hôtels et de maisons garnies. On n’y vient guère que pour y prendre les eaux, car il est situé au fond d'un vallon supérieur dominé de toutes parts par des collines plus cultivées quo pittoresques. Le climat y est rude et si froid que la saison des bains n’y commence qu’au mois de juin et finit au mois d’août. Pendant l’été il y fait une chaleur accablante.

Ses eaux, qui attirent chaque année environ 2,000 baigneurs, sont en ctfet très-etlicaces dans un certain nombre de maladies. Toutefois, les touristes bien portants qui , après avoir lu les Tiuhbles from ihe Brunnens of \assau, viendraient a Schwalbacli pour en admirer les beautés naturelles, seraient singulièrement désappointés.

Près de l’extrémité supérieure de la longue rue de Schwalbach

A COBLEiN/. [Kou'ik2ü.|

sont groupés les meilleurs hôtels, les promenades, les sources et la maison i^es bains. Les sources principales sont;

1“ Le Weinbriinnen ou la fontaine du Vin. Elle doit son nom à la saveur piquante de l’acide carbonique qui la sature. C’est la plus anciennement connue et la plus ferrugineuse. Elle jaillit au milieu d’une prairie, près de la route de Wiesbade et de Schlangenbail ;

2“ Le Paulinenbrunnen ou la fontaine de Pauline, ainsi nommée en l’honneur de la grande-duchesse de Nassau. Elle n'a été découverte qu’en 1828, et renferme un peu moins de fer, mais plus de nitre et de gaz acide carbonique que les autres. Sa saveur est agréable, sa digestion facile. Elle se trouve à 15 ou 20 min. du Weinbrunnen.

Les sentiers tracés de chaque côté de la prairie qui les séparent sont, aux heures où l’on boit, la promenade la plus fréquentée des baigneurs ;

3“ Le Staliîèrumicn ou lafontaine d’Acier. Cette source fut découverte en 1740 par un médecin de Wetzlar. Malgré .son nom elle contient un peu moins de fer que les précédentes; mais, comme elle est moins chargée do gaz acide carbonique, le goûtdu fer est plus prononcé. Une colline la sépare du vallon dans lequel jaillissent le Weinbrunnen et le Paulinenbrunnen.

Schwalbach possède un certain nombre d'autres sources, le liosenbrunnen (pris du Paulinenbrunnen), le Neubrunnen, V Ehebrunnen, etc.; mais elles ont été peu employées jusqu’à présent, les autres suffisent. Toutes ces eaux se prennent plutôt en boissons qu’eu bains. — On les boit surtout le matin, en SC promenant et en écoutant de la musique, à la dose de cinq ou six verres, et môme davantage. Cependant, depuis 1829, on a construit à .Schwalbach un établissement thermal où l'on administre des bains et des douches.

Cet établissement, dont la colon-

iKocth iO.l SCHWALBACH.— SCHLANGEXBAD. Iti/

nade ouverte sert de promenade

f>ar le mauvais temps, et de gaerie aux marchands ambulants, contient plus de quarante cabinets vastes et bien aérés. On se baigne :

au premier étage dans l’eau du Paulinenbrunnen ; au rez-dechaussée dans celle du Stahlbrunnen et du Weinbrunnen. Ces eaux sont chauffées artificiellement, car elles n’ont que 10* cent. Un bain coûte 48 kr., plus 6 kr. de pourboire.

C’est surtout pour réparer ses forces perdues que l’on vient prendre les eaux de Langen-Scnw'albach. « Elles étaient autrefois réputées si efficaces contre la stérilité, dit M. Constantin James, que les bourgeois de Francfort avaient la précaution de stipuler dans leurs contrats de mariage que leurs femmes n’iraient pas plus de deux fois en leur vie aux eaux de Schwalbach, de peur qu’elles ne devinssent trop lécondes. Ces craintes sont dissipées aujourd’hui, ajoute-t-il, bien qu’on cite encore des grossesses tout à fait inespérées. »

Il s’expédie cl»aque année, en Allemagne et à l’étranger, de 30,000 à 40,000 cruchons goudronnés des eaux de Schwalbach. Ce nombre était autrefois beaucoup plus considérable. Ces eaux se conservent bien (voir les Hains d'Europe, par Adolphe Jeanne et Le Pileur).

Les collines qui dominent Schwalbach sont sillonnées de chemins conduisant à leurs points culminants, d’où l’on découvre des vues plusou moinsétendues. (iV.B. Pour toutes les promenades ou les excursions, le prix des ânes, des chevaux et des voitures, est fixé par un tarif. Un âne se paye 36 kr. l’heure). La plus fréquentée est celle qui porte un pavillon de bois rustique à 20 met. env. du Paulinenbrunnen, du eûte de la route de Wiesbade. On va aussi visiter la forge de fer appelée Eisenhammer, et (30 min.) au N.

Adnlphnerk, château bâti, selon la

tradition, par le comte Adolphe de Nassau, avant qu’il fût empereur, pour y cacherune religieuse qu’il aimait et qu’il avait enlevée de son couvent. Enfin, 1 h. plus loin, en remontant la jolie vallée de l’Aarde (la route de voitures est monotone et poudreuse), est le château de Hohenstein. Cette ancienne forteresse féodale, construite au sommet d'un rocher, appartenait aux comtes de Katzenelnbogen. Elle a été détruite dans la guerre do 'frente ans. Elle domine un petit hameau, à l’auberge duquel on peut se procurer quelques rafraîchissements.

A Bieberich et à Eltrille par Schlangenbad, voir ct-dessoas B. — LLorch, R.

17, 7 h. à pied, par le 'Wisperthal.

Au delà do Kernel, on descend presque constamment jusqu’à

2 mil. flolzhausen auf der Heide, V. situé sur un plateau qui n’est rien moins que pittoresque et qui parait à peine peuplé, les villages et les habitations étant cachés dans les ravins et les vallons.

1 1/2 mil. Singhofen, v. près duquel on remarque quelques beaux bois. On jouit d’une jolie vue en descendant dans la vallée de la Lahn à Nassau (voir K. 35).

2 mil. Ems (voir H. 35).

2 1/2 mil. Coblenz (voir R. 17'.

B. de Wieebaden i Sohlansenbad, Bieberich ou EUville par Langenachwal-

bach.

5 1/4 mil. Bieberich, 2 dilig. p. j. pour Schwalbach, en 2 h. 1/4, pour 42 kr. — De Schwalbach à Bieberich ou EUville,

2 omnib. p. j. (du 15 juin au 19 sept.) en

3 h. pour 1 û.— (Aller et retour 1 fl. 1;3.)

2 mil. Schwalbach (voir ci-dessus A).

La route Je Schwalbach à Schlangenbad descend presque continuellement.

En deçà de Wambach on laisse à g. la route d’Eins (ci-dessus ,1) et do mémo plus bas, le llulhe Kreus .

1 1/2 mil. Schlangenbad (Iféi.:

168 DK WIKSBADE

Victoria. C’cBt le seul hôtel proprement dit. Les autres établissements, qui se donnent ce nom, sont des maisons garnies où l’on ne re(,'oit que des baigneurs. Tels sont le Hessischer Hof, le TV’t’esbadener Hof, leNassauerHof, quiappartient au duc de Xassau ; le prix de chaque chambre, de -S6 kr. à 3 fl. et au-dessus, est marqué sur la porte ; table d'hôte à 1 h. : 1 fl.; un dîner particulier, 1 fl. 45 kr.), V. de quelques maisons, situé à micôte au milieu des collines boisées du Taunus.ün l'appelle le bain des Serpents, parce (^u’on y trouve une grande quantité de ces aninaux {Schlangen). D’après une tradition assez généralement répandue , mais erronée, jl’onctuosité de ses eaux dépend d’une matière animale que viennent y déposer ces reptiles. En effet, ses eaux quand on les touche, ressemblent à des eaux savonneuses, mais on ne sait à quel principe attribuer cette propriété qui leur est particulière.

Les sources de Schlaiigenbad ont été découvertes, il y a environ deux siècles, par un berger qui v retrouva un jour une vache qu’il avait perdue et qui venait y chercher la santé. On en compte huit ; des noms et des nuinéro’s d’ordre servent à les distinguer. Amenées par groupes de quatre dans deux établissements thermaux bâtis l’un au-dessus de l’autre et appelés .supérieur et inférieur ou Ancien, et nouveau, elles y remplissent de larges et spacieuses baignoires, dont la plus grande, tout en marbre, est celle des électeurs. On ne boit que l’eau de celle qui se trouve sur la place au pied de la terrasse. Claires, transparentes, limpides, sans saveur, à peine gazeuses, ces eaux, d’une teinte légè rement bleuâtre, ont une température de 27 1/2 degr. cent., aussi est-on obligé de les chauffer ; elles ne contiennent par litre que quelues centigrammes de carbonate e soude et des sels insignifiants.

Assez semblables aux eaux de Néris, en France.- elles sont re-

A COllLE.N/. [ItocTi: 20. ^

commandées et efiicaces dans les maladies provenant d'un affaiblissement général, ou plutôt d’une grande irritabilité nerveuse. Essentiellement calmantes, leur onctuosité les rend fort agréables, môme pour les personnes bien portantes, c Dans ces bains un devient amoureux de soi-même, * disait un Français à l’auteur des Bubbles from the Brunnens of Nassau, livre exagéré, mais rempli d’esprit et de sentiment, s Vous sortez des eaux de Schlangenbad, écrivait le D' Fenner, rajeuni comme un phénix, la jeunesse y devient plus belle, plus brillante, et l’âge y trouve une nouvelle vigubur. » Inutile d’ajouter, après ces éloges emphatiques, que les femmes sont en grande majorité à Schlangenbad, comme à Saint- Sauveur dans les Pyrénées. Un bain coûte de 48 kr. à 1 fl., et le nombre des baigneurs varie chaque année de 700 à 800. La saison, ne se prolonge giù-re au delà du mois d’août. On peut aussi y faire une cure de petit-lait (voir les Bains d'Europe).

Le séjour de Schlangenbad ne convient qu’aux personnes qui aiment le calme ut la solitude.

On n’y jouit pas de plaisirs bruyants et variés comme a Bad<^ ou àWiesbade. Un peu de musique sur la terrasse qui domine la vallée, un air excellerit, trop vif peut-être pour les personnes dont la poitrine est délicate, et de jolies promenades sur des hauteurs boisées, telles sont les seules distractions que ce bain peut offrir. Pour ces promenades, on trouve toujours des ânes sur la place. L’une des plus fréquentées est celle de Georgenbot'n, petit V. situé k 1 h., sur le chemin de piétons qui conduit k Wiesbade et d’où l’on découvre une vue étendue sur le cours du Rhin, de Wormsk Bingen, et celui du Mein, dé Francfort k Mayence. On peut aller en 2 h. k Uauenthal (voir cidessus) ou à Kidcrich (voir R. 17 :

en 3 h . k Eberbach (voir R. 17), et<-.

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,Ko(:ik 21.1 NOJ)KX. Ifio

A Xeitdorf la route se bifurque.

Celle de droite descend à 3/4 mil.) Eltville (K. 17). Les piétons feront bien de faire un détour d'une 1/2 b., et de passer par Rauenthal (hét.:

Nassauer Hof), village situé sur la crête de la montagne et possédant une ancienne église. Env. 5 min.

avant d’atteindre Ncudorf, un indicateur leur désignera le chemin qui tourne k droite. A 15 min. du village, beau point de vue du haut de la Rauenthaler-Hœhe- Laroutequi.de Neudorf, continue k descendre k gauche, conduit k 3/4 mil. Scbierstein, où l’on prendra le chemin de fer qui vous transportera k 1 mil. Pieberich (voir R. 17).

N. R. Les voyageurs qui montent ou qui descendent le Rhin, et qui voudraient visiter directement Schlangenbad et Langenschwalbach, devront quitter le bateau k Xiederwalufî ou à Eltville.

LE TAÜNUS,

fODEN, CRONTH.IL, CBONBERG , KŒNIO- STEIS, LK FELDBERG ET l’aLTEOSNIO, EPPSTEIN, BOFIIEI».

Le Taunas.

On donne le nom de Taunus (de Dun, hauteur, ou de 2'aun, haie, enceinte) k cette chaîne de montagnes qui s’étend entre le Mein, le Rhin et la Lahn, de Friedberg k Wiesbade et du Rheingau k Oberlahnstein. Sa plus haute sommité, le Feldberg (voir cidessous), a 8Ü8 met. au-dessus du niveau de la mer. Ses belles forêts et les sites pittoresques qu’il offre y attirent chaque année un grand nombre d’étrangers. Les touristes qui aiment k marcher y passeront au moins deux agréables journées.

Ou reste, on peut visiter en voiture ses principales curiosités. Un chemin de fer, celui de Soden, conduit en 30 min. de Francfort jusqu’k sa base, et une route parcourue quotidiennement par une diligence , celle de Francfort k

Allemagke du n.

Limburg (voir R. 39), le traverse dans toute sa largeur.

Kœnigstein , Falkenstein et le Feldberg, les trois principales curiosités du Taunus, peuvent être aisément visités on un jour. Si on veut voir aussi Eppstein et le Lorsbacherthal, il faut coucher k Kœnigstein, après avoir fait l’ascension du Feldberg, et le lendemain gagner Hatlersheim par Eppstein et Hofheim. Dans ce cas, les deux journées sont divisées ainsi ;

I®''jour. \ Soden, en chem. de fer, 30 min.; à Kœnigstein, 1 h. 30 min.; au Feldberg Pt à Falkenstein, aller et retour, 4 h.

2«jour. A Eppstein, 1 h. 4.* min.; d’Eppstein k Hattersheim, 2 h. 30 min.; retour à Francfort ou à Mayence, en chem.

de fer, en 30 min.

De Francfort à Soden.

1 3/t mil. Chem, de fer; 9 conv. par j.; trajet en üô et 30 min,, pour -18 kr„ 30 kr. et 21 kr.

A Ilœchst (1 14 mil.) on laisse la ligne principale, qui conduit de Francfort k Mayence, pour prendre k dr. l’embranchementmenant en quelques min. à

1 3/1 mil. (do Francfort.) Soden (Hôt. : Franz, HoUændischer Hof, Frankfurter Hof , Europæischer Hof, Englischer Hof, Kurhaus, etc./, v.

de 9U0 hab., situé, dans la plaine, au pied du Taunus, qui le met si bien k l’abri des vents froids du nord qu’on y jouit presque toujours d’une température égale et douce. Depuis quelques années, de beaux bétels et de charmantes maisons meublées s’y sont élevés autour du Kurhaus, bel établissement, qui se compose de trois chalets réunis par deux corps de bâtiments, dansun joli jardin anglais où jaillissent plusieurs sources minérales, près desquelles on fait de la musique tous les matins. Les environs les plus rapprochés sont trop cultivés pour être pittoresques; mais en s’éloignant un peu,

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les excursions deviennent plus intéressantes.

Les iource.t de Soden sont au nombre de vingt-trois , disséminées de distance en distance dans le village et les promenades. On les désigne chacune par un numéro d'ordre. Leur température varie de 11 à 2d degr. cent. Elles sontlimpides etincolores, les unes ont un goût salé et désagréable, les autres sont agréables à boire, comme le u“ 19, appelé la fontaine de Champagne, à cause du gaz acide carbonique qu’elle dégage ; on les prend en bains et en boissons, mais elles ne sont pas toutes employées en médecine. Elles guérissent ou soulagent surtout les maladies de poitrine, les scrofules, les chloroses, etc. (voir les Bains d'Europe, par Ad. Jeanne et Le Pileur).

De Soden, on va se promener :

au Dachberg, dont on voit de loin le petit temple; — par le Chemin des philosophes, dansla. petite vallée d'AUenbain ; — au Moulin rouge ; — à Hornau; — aux trois Tilleuls (drei Linden) près de Neuenhain; — au Bats en-Hæusch en; — hMammolsh ain; — à Cronberg ; — à Crontbal ; — à Kœnigstein; — à Eppstein; — à Hofheim (voir ci-dessous). Pour toutes ces courses, on trouve k louer des ânes et des chevaux ; moyennant 1 fl. on va, k son choix, k Cronberg, à Cronthal, k Kœnigstein ou k Falkenstein, et il n’en coûte que 1 fl. 36 kr., et 1 11. 24 kr. pour aller à Eppstein par Miederhofheim , Munster, Kelkheim et Fischbach (2 h. env.), et k Hofheim par Niederhofheim (1 h. 30 min.)

D.'; Soden à. Uombourg, R. 13, 3 h.

par Cronthal.

De Soden i Koenigsteln.

A. PAR NECKNHAIN.

I h. 30 min. Omnib. plusieurs fois par jour, en 30 et 10 miu., pour 21 kr.

Cne bonne route de voiture, celle de Francfort k Limburg, qui oflfre de beaux points do vue d’un

coté sur le Taunus, de l’autre sur la plaine, monte de üoden par Neuenhain (k dr.) k

1 h. 30 inin. Kœnigstein (Hdt. :

Stadt Amsterdam, Lœwe), v. de ],130hab., situé sur le versant S. O.

du Taunus, dans une vallée alpestre, entre deux éminences d'inégale hauteur, couronnées, l’une (Est) par les débris du Falkenstein, l’autre (Ouest) parles ruines du Kœnigstein.

Après avoir appartenu k divers seigneurs, le Château de Kœnigstem fut en la possession de l’electeur de Mayence, jusqu’à la fin du siècle dernier. Il servit souvent de prison d’Etat. Gustave- Adolphe s’en empara dans la guerre de Trente ans; les Français le prirent et le firent sauter en 1796 ; en 1819, le feu du ciel détruisit les derniers débris qui en étaient restés. C'était une forteresse moderne. Par ses ruines si pittoresques et si peu entretenues, on pieut juger de son importance. Los armoiries de l’électeur de Mayence se voient encore sur la porte d’entrée. On y jouit d’une belle vue, beaucoup moins étendue toutefois que celle de Falkenstein. Au Ni. O. s’étend la vallée solitaire, où le D'' l'inglcr a fondé un établissement hydrothérapique.

30 min. suffisent ‘pour monter de Kœnigstein k Falkenstein. f.e sentier, qui décrit des zigzag.s dans un joli bois, passe d’abord au Darrr’s-Hseuschen, construction en bois, élevée au sommet d’un rocher kpid, d’où l’on jouit déjà d’une fort belle vue sur Francfort (en face), Hombourg (k g.), Cronberg (k ses pieds), et la plaine.

10 min. plus haut, se dressent, au milieu des arbres qui les cachent k demi, les ruines du château de Falkenstein. Après avoir eu pour maîtres les comtes de N'uringen, ce château fut reconstruit au xiii" siècle par le comte Philippe I»' de Falkenstein, qui lui donna le nom de N’eufalkenstein , pour le distinguer du berceau de sa fa-

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