‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 97 sur 328 · DE METZ · texte numérisé non relu

DE METZ

Prusse, of la rive g. au Luxembourg. La rivière, bordée de coteaux boisés, offre des paysages plus pittoresques que dans la partie supérieure de son cours. On laisse, à mesure qu’on la descend ;

Rive dr. Apach (douane française);

Rive g. Schlengen, joli v. de 250 bail., puis liemischen, IVintringenet Schwebsingen, Brc/i, presque en face deBe.sc/i et de IV'ics, avant d’atteindre

Rive g. Remich (Ilôt. : Sckom), V. de 2,000 hab., d'où une dil. conduit t. les j. en 3 h., pour 1-4 sgr., à Luxembourg (voir R. 25), éloignée de 21 kil. Vis-h-vis de Remich, on a découvert dans le V. de Nenuich, des mo.»aïques romaines d’une grande beauté.

Rive dr. liothenhaus (douane prussienne).

Rive g. Stadtbredivius et Greveldingen.

Rive dr. Thorn et Palsen, v. près desquels on remarque les ruines de deux chdieaux sur deux éminences ; puis VVe/ir, Wincheringen, ReJilingcn,KodUg,da.ns les environs duquel on remarque une chapelle, Niltel et Wellen.

Rive g. Lenmngen, Wormeldingen (bon vin), A/iii, Machtum et Grevenmachern (Hôt. : Post), V.

de 3,(500 hab., prise et saccagée, en 1552, par le margrave Albert de Brandebourg, en 1688 et en 1703 par les Français.

Les collines au pied desquelles coule la Moselle deviennent de plus en plus élevées. On laisse :

a dr. Temrnets (belle maison de campagne) et OberbiUig ; — à g.

Ohernun'kert et Wasserbülig (voir ci-dessous B), où la Sur ou 8auer, qui descend des Ardennes, forme les limites du Luxembourg et de la Prusse; — kg. Igel (voir ci-dessous B), il dr. iVas.ierliesch, Ueinig, et enfin — nu delà de l’ancienne C/iar(rrusesituéo sur la rive dr. — au-dessous d’ O berA'irc/i, le château .Woiiaise{rive g.), près du conlluent de la Saar et de la Moselle, et, rive dr., l’ancienne abbaye de

A TRÈVE.S. [Roctk 26.]

bénédictins de .Saint-Mathias (voir ci-dessous B).

Trêves (voir ci-dessous B).

B. PAK LCXKMBOORQ.

09 kil. et r> 3/4 mil. Cliem. de f. de Metz à Luxembourg [voirR. 25).

De Luxembourg i Trêves .

5 .3/4 mil. Chem, de fer en construction (voir pour les travaux d’art R. 28 B). 2 dil. par j.; trajet en 5 h. 1 2, pour 1 th. G sgr., et dans le coupé, 1 th. 24 sgr.

2 IT mil. Nieder Anwriler. On traverse le v. de Rodl entre celui de Nieder Anweiler et 2 mil. Grevenmachern (voir cidessus .4). La route longe la rive g. de la Moselle. Après avoir laissé h dr. Mertert (4 kil.), on atteint Wasserbillig, v. do 380 hab.), où l’on traverse la Saur (.Sura), qui s’y jette dans la Moselle et qui forme les limites du duché de Luxembüurget de la Prusse. Cette rivière prend sa source dans les Ardennes prèsdu village de Soure, entre Bastogne et N'eufchàteau.

On a trouvé h Wasserbillig des antiquités romaines. La douane prussienne est bâtie sur la rive g.

de la Saur. En face est OberbiUig sur la rive dr. de la Moselle. Plus loin on aperçoit sur la rive dr.

Wasserliesch (belle vue d’une chapelle qui couronne une hauteur) avant d'atteindre

Igel, V. de 40Ü hab., situé presque en face du conlluent delà Saar et de la .Moselle et rendu célèbre par le monument qui porte son nom. Ce monument, appelé Igelsæule ou la colonne d'igcl, est un obélisque h quatre pans, do grès rouge, haut de 26 mèt., large do 5 mèt. et do 4 mèt. et orné de bas-reliefs qui sont tellement effacés ou mutilés, quejusqu’h présent onn’apu découvrirnià^iiello époque, ni pour quel usage il avait été élevé. C’est, h ce qu’il parait, un monument romain, construit sur la route qui conduisait d’Au9»?/a Trevirorum ( rrèves) ii Durocortorum Remoru7n (Reims).

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iJ'après l’explication la plus généralement admise, deux frères de la riche et puissante famille des Secuîidiiit l'auraient érigi'', soit pour célébrer le mariage d'une de leurs sœurs, soit en mémoire de fjuelques-uns de leurs parents décédés en ce lieu. Le 13 juillet 1381, la foudre en a endommagé la partie supérieure. Jlais il a résisté depuis bien des qièclesauxdévastations des Franks, des Vandales, des Huns, des Saxons, des Normands, des Français, des Anglais et aux études plus ou moins intéressées des antiquaires et des archéologues. 11 •a été naturellement le sujet de nombreuses dissertations.

I.e IF Xcurohr en a publié un dessin lithographié , accompagné d’un texte explicatif. Voir aussi les dissertations de Wyttenbach Au delà d’Igel on passe à Zcwen, V. près duquel on remarque sur une hauteur boisée les ruines d’un vieux château (belle vue) dont l’histoire estinconnuc. On traverse ensuite Euren, riant village arrosé par un ruisseau qui descend de la fontaine d'Hélène, ainsi nommée de l’impératrice Hélène, mère de Constantin. Enfin on franchit la Moselle pour entrer à 2 1/2 mil. Trêves, en ail. Trier (Hér. : Trierscher IIof,Rothes Haus, Stadt Venedig, Lvxemburger Hof.

— Restaurants : Fischer, ‘sur le Hauptmark ; Junk, sur le Viehmarkt. — Libraires: Gall, lib. fr. et ét., Fr. Linfs), V. située dans une large et fertile vallée dont les vins sont estimés, sur la rive dr. de la Moselle, à 125 mèt. au-dessus de la mer. Neuf portesdonnententrée dans son enceinte qu’entourent de belles allées de peupliers et de noyers. Un pont de pierre la réunit à la rive g. de la Moselle qui domine une colline rocheuse (grès rouge). C’est de cette colline, et surtout du Caffeehaus de Weltendorf (voir R. 30), que l’on peut se faire le mieux une idée générale de sa position et de sa configuration.

La population de la ville proprement dite est de 17, .500 hab. En

outre, les huit faubourgs qui entourent la ville comptent environ 8,900 âmes. La population de Trêves dépa.ssedonc 26,000 habitants.

'Trêves se vante d’étre une des plus anciennes villes de l’Europe.

On lit eu effet l’inscription suivante sur le mur de l’ancien bétel de ville, devenu Thétel de la Maison rouge « Ante Romain Treviris stetit annis mille trecentis. » U’apres la tradition, elle aurait été fondée par Trebeta, fils de Ninus et de Sémiramis. Son origine est inconnue, mais elle doit évidemment remonter à une haute antiquité, commcle prouvent les deux vers latins écrits sur la tour do l'horloge à Soleure : »

In CcltUnihil estSoIoduro antiquius,unis Exceptis Treviris, quorum ego dicta soror.

L’histoire authentique deTrèvos ne commence qu’à Jules César, A l’époque où les soldats romains y arrivèrent pour la première fois, l’an 58 avant Jésus-Christ, sous le commandement de l’auteur des Commentaires, elle était la capitale d’une nation puissante, les Treviri, qui d’abord alliée des Romains, fut plus tard leur ennemie. Auguste y fonda une colonie appelée Augusta rrerironim.Résidenced’u n præfectus, elle devint le chef-lieu de la Bclgira prima -, habitée successivement par Maximien, Constantin Chlore, Constantin 1", Constantin II, 't'alentinien I", 'Valens, Gratien, Valentinien II, Maxime et 'Théodosc, elle s’éleva par 1^ suite à un tel degré de prospérité et de splendeur, que le poète Ausone, qui y vécut, l’appelait la seconde métropole de Tempire.Mais la Trêves pa'ienne mourut avec le vieux monde romain; elle fut dé- ' truite tour h tour par les Alemanni, les Franks, les Vandales et les Huns. Elle fit ensuite partie de l’empire des Franks, etCharlemane en enleva les plus beaux déris pour en orner son palaisd’Aixla-Chapelie. Enfin, au ix' siècle, les Normands vinrent encore piller et saccager ses ruines. Ce-

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jiendant, maigri' tontes cos vicissitudes, elle était destinée à un brillant avenir. En 923, elle fut réunie à l’empire germanique. Dès lors elle se rebéitit en s’agrandissant, sous le gouvernementde ses évéques qui, élevés au rang d'archevéques, de princes, d’électeurs, d’arcbichanceliers de l’empire dans les Gaules, devinrent, après les arebevéques de Mayence, les princes temporels les plus puissants de TAllemapnc. Il s’y tint des diètes impériales et des conciles, il s'y donna de brillants tournois. Les luttes qui éclatèrent à diverses reprises entre les bourgeois et les évêques n'exercèrent aucune influence l’ilcheuse sur sa prospérité croissante, mais la Réforme eut pour elle de tristes résultats. Si en 1522, Franz de Sickingen l’assiégea vainement, en 1.552, Albert de Brandebourg s’en empara et la livra aux flammes. Les XVII' et xviii' siècles lui furent également funestes. Los Espagnols la prirent en 1545, les Français en 1673 et 1688, les Impériaux en 1675, les Anglais, commandés par Marlborough, en 1701, les Français en 1734 et en 1794. De 1794 à 1814, elle appartint à la P'rance qui en fit le Chef-lieu du département de la Saar. Depuis 1815, elle a été réunie à la Prusse.

L’archevêché de Trêves a été sécularisé en 1801. f.e dernier archevêque fut Clément Wenceslas de .Saxe, q^ui avait transporté sa résidence a Coblenz ivoir R. 17) et qui avait conçu avec l’empereur Joseph le plan d’une église catholique allemande , indépendante du pape (voir Ems). 11 mourut à Augsbourg en 1812. — Trêves est aujourd’hui le siège d’un évêché. En 1844, Tévôque Arnold y a exposé « la sainte chemise de Jésus-Christ. » Cette exposition, qui attira k Trêves près de 1,. 500, 000 jèlerins, a donné naissance à 'église catholique allemande et motivé les protestations de Ronge.

Bien que déchue de ses anciennes splendeurs. Trêves mérite une

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assez longue visite, car elle possède des restes curieux de ses monuments romains et de ses édilices du moyen âge ou des temps modernes. *

Aucune ville de l’Europe septentrionale n’a conseivé un plus grand nombre de ruines romaines.

Plus remarquables, il est vrai, par leur étendue que par leur beauté, ces ruines peuvent se classer ainsi d’après leur importance (voir le plan ci-joint):

1° La porte Romaine, appelée aussi porte de Simeon, porta Martis, porta Nigra. Cette porte, dont la construction a été attribuée aux Etrusques et aux Belgês, paraît avoir été biUie par les Romains, sous le règne de Constantin le Grand, de 314 k 322. Cependant, dans l’opinion de Kugler, elle ne daterait que de la domination des Franks. La partie principale de ce bâtiment formait une porte dont les deux faces étaient séparées par un espace considérable, et dont les deux voies, surmontées de deux étages de galeries, couraient de part et d’autre entre deux tours saillantes, arrondies au dehors de la ville, carrées au dedans, et composées de trois étages.

L’évêque Poppo (1016-1047) ayant entrepris, en 1028, le pèlerinage de la terre sainte, en ramena un anachorète, nommé Siméon, qui, k son arrivée k Trêves, s’établit au sommet de la porte Noire, et s’y fit une telle réputation de sainteté, qu’aprèssa mort on le canonisa. De plus, Poppo convertit en une église le bâtiment dans lequel son ami avait mené une vie si méritoire, et qui désormais lui fut consacré. En conséquence une abside semi-circulaire dut être ajoutée à l’une de ses extrémités. Cette église qui en formait trois Tune au-dessus de l’autre, servit jusqu’à la fin du siècle dernier. Transformée en arsenal et en magasin pendant la domination française, elle est aujourd’hui un musée d’antiquités romaines dans lequel on remarque un bas-relief

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de gladiateurs irouvé à l’ampliithéàtre, des inilliaires dcBitburg, etc. Le gouvernement prussien l'a rétablie autant que possible telle qu’elle était avant d'être transformée en église. La porte Noire a 88 ntèt. de long, 22 met. de large, et 28 met. de haut. Los blocs énormes qui la composent, posés sansciment l’un sur l'autre, étaient liés autrefois par des crampons de fer dont on ne voit plus que les morsures. Elle a deux portails, deux tours et trois étages.

2“ Les bains (therma;), — (l’entrée ar la promenade, 5 sgr. de pouroire). — Il y a peu d'années ces ruines, comprises dans l'angle S.-E. des fortifications, étaient tellement enfouies, que les fenêtres du premier étage servaient de porte (la paria Alba). Le gouvernement prussien les a fait déblayer. Les savants ne se sont pas encore mis d’accord sur leur destination première. Bains, selon Wyttenbach, théâtre de pantomimes d’après le professeur Steininger, elles auraient, à en croire d’autres antiquaires, été un palais impérial .

8" La basilique ou le palais de Constantin. .Même division parmi les savants au sujet de ce bâtiment, qui a été tour à tour qualifié de palais, de bain, de théâtre, et d’hippodrome. Depuis la domination romaine, sa destination a été bien souvent changée. Palais royal sous les Franks, palais archiépiscopal jusqu’au siècle dernier, il a ensuite servi de caserne, et, de-' puis 1856, a été transformé en église évangélique. On a conservé, en la restaurant, le stvle des anciennes basiliques, et l’intérieur a été richement décoré. L’autel est placé dans une rotonde, sur l’emplacement qu’occupait autrefois la tour d’Hélène. De 1 ancienne construction romaine il ne reste que l’aile occidentale. Ces débris. adi®irablement conservés, ont 75 mèt.

de long, 30 mèt. de large, et 32 mèt. de haiit.

4° L’amphithéâtre. Situé h cinq

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