‹ Itinéraire descriptif et historique de l'EcosseChapitre 12 sur 75 · DE L’ÉCOSSE · texte numérisé non relu

DE L’ÉCOSSE

De BERWICK-ON-TWEED à EDIMBOURG Par Dunbar.

58 m. Chemin de fer. 5 départs par jonr, trajet en 2 h. 40 mm. par les trains ordinaires, et en I h. 40 min. par le train express. Prix : Express. 12 sh.. — lre cl. H sh. 6 p. — a® cl. 8 sh. 6 p. — 3* cl. 6 sh. — 4e cl. 4 sh. 10 p.

Berwick-on-Tweed, — V. l'Introduction — ( Hôtels . The red Lion . The King’s Arms. The Salmon), petite ville bien bâtie, aux rues larges et propres, d’environ 40,000 habitants, est située sur une éminence, à l’embouchure de la Tweed dans l’Océan. On a cessé depuis quelques années seulement d’entretenir ses fortifications. Son port fait un commerce considérable. Après avoir été souvent prise et reprise par les Anglais et les Écossais, elle fut cédée aux Anglais en 4482, et à dater de cette époque, bien que formant un territoire distinct, elle resta soumise aux lois de l’Angleterre. Elle nomme deux députés au parlement. Son château, si souvent mentionné dans l’histoire primitive des deux royaumes, n’est plus qu’une

ruine informe. On peut visiter son hôtel-de-ville, sa prison, son église de la Sainte-Trinité, sa jetée; mais sa principale curiosité est le pont élevé que traverse le chemin de fer au-dessus du vieux pont de pierre de 15 arches et d’où l’on découvre un beau point de vue.

A 3 m. environ de Berwiek on laisse à gauche les ruines de l’église de lamberton, où, en 1 503, Marguerite, fille de Henri VII, fut mariéo par procuration à Jacques IV : — mariage qui eut pour résultat l’union des deux royaumes d’Angleterre et d’Écosse. Au delà de

6 m. — Bummouth, joli village de pêcheurs, situé au fond d’un ravin profond, le chemin de fer s'éloigne de la mer ; on ne tarde pas à traverser Y Eye qui arrose une jolie vallée et à l’embouchure duquel est bâtie la petite ville de Eyemouth.

7 m. 4f2. — Ayton, où l’on s’arrête ensuite, n’a rien de remarquable que Ayton House, à l’E. du village.

11 m. 1/2. — Reston est la station, où vient aboutir l’embranchement qui conduit par Chirnside (4m.) à Dunse (8 m. 1/2), jolie petite ville industrielle, située au pied des montagnes de Lammermuir, près de la rive droite du White Adder qui l’entoure de trois côtés. Au N. s’élève le Cockburn Lau\ dont la pointe conique sert de signal aux bâtiments qui naviguent dans la mer du Nord. Dunse possède un bel hôtel-de-ville. Le château qui porte son nom, construit sur l’ancienne forteresse, mérite d’être visité. Il contient quelques beaux portraits, et on y a conservé en le rebâtissant la salle où dina avec son état-major le général Leslie en 1639, quand l’armée écossaise campa sur le Dunse Law qui porte encore des traces de son séjour.

A droite de Reston part une route qui conduit au village ou bourg de Coldingham, 2,700 hab., environ ( hôtel the Anchor ) , situé sur une colline, au centre d’une

jolie vallée, à peu de distance de la mer. On y remarque les ruines de son prieuré si célèbre dans l’histoire des frontières, fondé par Saint-Abb au vu® siècle, mais dont les habitants des environs ont pillé les débris pour se construire des maisons. A 2 m., auN.-E. de Coldinghara est le fameux promontoire appelé Saint-Abb’ s Head : il se compose de 2 collines : l’une, l’occidentale, couronnée par un observatoire, l’autre, l’orientale, appelée Kirkhill, portant encore des débris d’un monastère et (l’une église. Le paysage environnant a un caractère sauvage. Le cap voisin de Fast Castle doit son nom à une ancienne forteresse baroniale, bâtie à son extrémité. Fast Castle est le WolFs Crag de la Fiancée de Lammermoor. Au moyen âge il servit souvent de retraite aux comtes de Home. Il fut souvent pris et repris pendant les guerres des frontières ; et, vers la fin du xvie siècle, le fameux Logan de Restalrig, qui joua un rôle si important dans la conspiration Gowrie, s’y enferma pour s’y défendre ; car c’était dans ce château que les conjurés avaient résolu d’enfermer le roi, après s’être emparés de sa personne. Il appartient aujourd’hui à Sir J. Hall de Dunglas. Les rochers escarpés de cette côte sont peuplés d’une immense quantité d’oiseaux de mer, dont les jeunes gens des villages voisins vont, au risque de leur vie, prendre les œufs dans leurs nids, construits parfois sur des anfractuosités en apparence inaccessibles. Au delà de

16 m. 4/2 — Grant’s House, le chemin de fer traverse un petit tunnel, puis un plateau élevé, sillonné de distance en distance par de profondes ravines où coulent de petits ruisseaux qui vont se jeter dans l’Océan. La plus remarquable de ces ravines se nomme les Peaths. En 1786, on y construisit, pour la route de poste, un pont appelé Pont de Peaths ou de Pease, et

qui a 37 mètres de hauteur, 94 mètres de longueur et 5 mètres de largeur. Autrefois les Peaths étaient un important défilé, et, dans sa dépècho au parlement, après la bataille de Dunbar, Olivier Cromwell disait quo c’était un passage « où un seul homme pour le défendre valait mieux que dix pour l’attaquer. » Un peu plus loin, à gauche, est une autre ravine dominée par l’ancienne tour de Cockburnspath. Après l’avoir dépassée on arrive à

21 m. — Cockburnspath, village à gauche duquel on peut visiter Dunglas House , la belle propriété de Sir John Hall de Dunglas, bâtie sur l’emplacement du vieux château, qui était jadis une forteresse des comtes de Home, et qui donne encore leur second titre à cette famille. Détruit par Somerset en 4548, ce château avait été reconstruit et agrandi ; mais en 4640 il sauta avec la poudrière à laquelle un page mit le feu par trahison. Le comte de Iladdington et un certain nombre de personnages périrent dans cette catastrophe. Ce qui reste des ruines de ce vieux château est conservé avec un goût remarquable. — Au delà de cette station, le chemin de fer se rapproche de la mer, dont il cotoio le bord parallèlement à la route de terre. Avant d’atteindre

24 m. 4/2 — Inncrwiclc, on laisse à gauche les ruines du château du même nom, situé au sommet d’un rocher à pic, en face de la tour de Thornton. Le château d’innerwick, qui appartenait à M. Hamilton, fut brûlé par les Anglais, et dans son expédition, Somerset fit sauter avec de la poudre la tour de Thornton. Après avoir dépassé cette station , on remarque à droite Broxmouth Parle , où Cromwell tint son quartier général à la bataille de Doonhill, et qu'embellit maintenant le château moderne du duc de Roxburgho.

29 m. de Bervvick, et 29 m. d’Édimbourg, — Dunbar.

ROUTE 1. — DE BEnWïCK-ON-TWEED A EDIMBOURG. 5

(Hôtel : the George), petite ville maritime de 3,000 hab. environ, doit son nom à deux mots celtiques, signifiant le château sur l’extrémité, ou la pointe. Elle n’a qu’un seul édifice digne d’une mention , son église, bâtie en 4 81 9, et renfermant un beau monument en marbre élevé à Sir George Home, créé comte de Dunbar et de March par Jacques VI. Malgré tous les travaux exécutés depuis Cromwell, qui donna 300 liv. st. pour la construction de la jetée orientale, jusqu’à ces dernières années, son port est d’un accès difficile et même dangereux , car la côte voisine est hérissée d’écueils où un grand nombre de navires se sont déjà perdus. A l’extrémité septentrionale de la rue principale, on remarque Dunbar House, la résidence du comte de Lauderdale , au nord de laquelle se dressent sur un rocher qui s’avance dans la mer, les ruines pittoresques du célèbre château de Dunbar. L’époque de la fondation de ce château est inconnue. On sait seulement que dès 1070 il fut donné avec le manoir adjacent, par Malcolm Canmore, à Patrick, comte de Northumberland, qui avait quitté l’Angleterre lors de la conquête, et qui devint l’aïeul de la famille des Cospatricks, comtes de Dunbar et de March. L’épisode le plus brillant de son histoire est sa défense par la comtesse de March contre le comte de Salisbury, qu’elle contraignit à se retirer après un siège de six semaines. Georges X, comte de Dunbar et de March, s!étanf querellé avec Alexandre, duc d’Albany, frère de Jacques III, s’enfuit en Angleterre, et ses biens immenses furent donnés avec le château de Dunbar au duc d’Albany, qui chercha plus tard un asile dans ce château après s’être échappé de celui d’Édimbourg. En 1 567, Marie Stuart confia la garde de cette importante forteresse àBothwell,etelle s’y réfugia deux fois : la première, à la suite de l’assassinat de Riccio ; la se-

conde, lorsqu’elle se vit obligée de s’enfuir du château de Borthwick, déguisée en page. Quand elle se fut rendue à Carberrv Hill aux nobles insurgés contre elle, le château de Dunbar fut pris et détruit complètement par le régent Murray. Ses ruines appartiennent aujourd’hui au comte de Lauderdale.

Les environs de Dunbar furent le théâtre de deux batailles perdues par les Écossais. En <296, l’armée d’Édouard Ier y battit Baliol ; en <650, Olivier Cromwell y défit à Doonhill l’armée écossaise commandée par le général Leslie. Un massacre horrible suivit cette victoire, qui livra tout le sud de l’Écosse à Cromwell, et les prisonniers qui obtinrent la vie sauve furent vendus comme esclaves dans les établissements anglais de l’Amérique. Les paysans écossais ont conservé le souvenir traditionnel de cette déroute, qu’ils appellent la course de Dunbar (Race o f Dunbar), ou la chasse du mardi ( Tyesdays Chase ), car la bataille se livra un mardi.

Aucune partie des côtes de la Grande-Bretagne n'offre un plus vif intérêt aux géologues, que celle qui est comprise entre Belhaven et St. Abb’s Ilead. Les simples touristes remarquent surtout entre le port et le château de Dunbar une sorte de chaussée de basalte qui s’avance à 200 mètres dans la mer, et que les habitants appellent The Isle.

On découvre de Dunbar une belle vue, à l’E., sur St. Abb’s Ilead ; au S., sur les Lammermuir llills qui bornent l’horizon; à l’O., sur les Garleton llills et le North Berwick Law; au N., sur le Firth of Forth, les côtes de Fife, Bass Rock et l’ile de May.

En quittant la station de Dunbar, on laisse à gauche Spott , Bower House et Lochend Home ; puis, à droite, une vieille tour appelée Knocken hair, l’église do Belhaven, Winterfield , Belhaven (bains de mer très-fréquen-

ItOliTE 1. — DE BERWICK-ON-TWEED A EDIMBOURG. 7

lés et eaux sulfureuses). West Barns et Beltonfort. On remarque ensuite, à gauche, Belton Place et Nineware Housc; puis à droite, près de l’embouchure de la Tyne, Tijningham Housc, qui appartient au comte de Haddington, et dont le parc est entouré d’une haie qui a 7 mètres de haut et 5 mètres de large. Enfin, on passe devant Phantassie (à droite), où résida le célèbre ingénieur John Rennie, et on traverse la Tyne avant d’arriver à

34 m. 1/2 — l*inton (Hôtel: Red Lion), village à droite duquel, sur la rive gauche de la Tyne, on aperçoit Preston Kirk et Smeaton House.

40 m. 1/2. — Drem est la station d’où part l’embranchement qui conduit à North Berwick (4 m. 1/2), bourg de 1,700 hab. (Hôtel : Mac Donald’s), à 2 m. 1/2 duquel on peut aller visiter les ruines du château de Tantalion, dont Walter Scott a fait une description si complète dans le chant v de Marmion.

TantallOu vast

Broad massive, high and stretcbing Car,

And lield impregnable in war,

On a projecting rock it rose.

And round thrce sides the Océan flows,

The fourth did battled walls enclose And double inound and fosse ;

By narrow drawbridge, outworks strong,

Through studded gates, an entrance long,

To the main court they cross.

Tantallon était un château vaste, large, massif, élevé, qui s'étendait au loin et qui passait pour imprenable. Il couronnait un rocher en saillie, dont trois côtés étaient battus par l’Océan, et dont le quatrième était entouré de murs crénelés, d’un double retranchement et d’un double fossé. Pour parvenir & la cour principale, il leur fallut passer par un pont-levis éiroit, des ouvrages avancés très-bien fortifiés, des portes solidement ferrées, et une longue galerie...

Tantallon était jadis la principale forteresse de la famille Douglas. Jacques V l’assiégea en vain en 4526;; il fut obligé, pour s’en rendre maître, de traiter avec le gouverneur. Les Covenantaires le détruisirent, parce que le marquis de Douglas, son propriétaire , soutenait la cause royale. Il appartient aujourd’hui à Sir H. Dalrymple, Bart, aux ancêtres duquel le marquis de Douglas le vendit au commencement du xvnie siècle.

A 2 m. au N. s’élève, à 420 mètres au-dessus du niveau de l’Océan, Vile Bass (Bass Rock). Ce rocher, d’un m. environ de circonférence, conique d’un côté et à pic de tous les autres, n’est accessible qu’au S. O.; encore ne peut-on y débarquer qu’à l’aide d’échelles et de cordes. Au sommet se trouve une source d’eau vive. Une galerie naturelle qu’on peut parcourir en entier à la marée basse, le traverse dans toute son épaisseur de l’E. à l’O. Il n’est habité maintenant que par des oiseaux de mer, surtout par des Solan Geese (oies d’Écosse), qui s’y multiplient tellement, qu’au printemps on ne peut faire un pas sans fouler un nid aux pieds. Mais il fut jadis la forteresse d’une famille nommée Lauder, qui, en 4 674 , vendit 400,000 fr. à Charles II le château, dont on remarque les ruines au sud. Transformé en fort royal, ce château devint une prison d’État, où furent enfermés les principaux Covenantaires. A la révolution de 4688, la garnison se déclara en faveur de Jacques II ; il fallut bloquer l’île pour la contraindre à capituler, et ce fut la dernière place forte qui résista à Guillaume III. Bass Rock appartient aujourd’hui à Sir Hew Hamilton Dalrymple, Bart. Pendant l’été on y fait de nombreuses parties de plaisir. On se procure des barques pour y aller, soit à North Berwick, soit à Canty Bay, près de Tantallon.

En allant de la station de Drem à celle de Longniddrv, après avoir dépassé Ballencrieff, on laisse à gauche un embranchement qui va aboutir — à 18 m. d’Edimbourg, — Haddington ( Hôtels : The George, the Black Bull), petite ville d’environ 4,000 hab., située sur la rive gauche de la Tvne, qu’on y traverse sur deux ponts, bourg royal, et chef-lieu du comté de ce nom plus connu sous le nom de Lothian. On suppose que Jean Knox, le fameux réformateur, est né dans une maison voisine do l’église. Elle possédait autrefois une église gothique, aujourd’hui en ruines. Ses marchés de grains sont les plus importants de l’Ecosse. Du reste, elle n’offre rien de remarquable, mais on peut visiter dans ses environs, à 1 m. au S., Lennoxlove ou Lethington, résidence de lord Blantyre, qui renferme quelques beaux tableaux, et, entre autres portraits, celui de Francis-Theresa Stuart, duchesse de Lennox, la beauté la plus admirée de la cour de Charles II, par Lely. — Coalstoun, résidence du comte de Dalhousie, — et au N. le petit village de Athelstaneford , qui, dans la première moitié du siècle dernier, eut successivement pour ministres deux poètes, Robert Blair, l’auteur de The Grave , et John Home, l’auteur de Douglas. La route de terre de Haddington à Linton (route de Londres), beaucoup plus courte que le chemin de fer, passe à Amisfield, et laisse à droite les ruines du Hailes Castle, qu’habita Marie Stuart pendant sa liaison avec Bothwell, et au midi duquel s’élève TraprainLaw , colline rocheuse appelée autrefois Dunpender Law. Entre Haddington et Tranent (F. ci-dessous) on traverse Gladsmuir , patrie de George Heriot, le fondateur de l’hôpital de ce nom à Edimbourg (F. Edimbourg). Le docteur Robertson fut le ministre de cette paroisse, où il composa son Histoire d’ Écosse.

Avant d’arriver à l’embranchement de Haddington ,

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on aperçoit à gauche une colonne qui couronne le sommet le plus élevé des Garleton Hills. C’est un monument élevé par ses compatriotes reconnaissants , à la mémoire du 4e comte de Hopetoun. On remarque ensuite au N., près de la côte, Gosford Home, résidence du comte de Wemyss. Près de

44 m. 1/2 — JLongniddry , village dont le laird , zélé réformateur, donna John Knox pour précepteur à ses enfants, on montre aux étrangers les ruines d’une chapelle privée où prêcha John Knox ; plus loin , on laisse à droite Seton //ouse, bâtie sur l’emplacement qu’occupait le palais princier de Seton , qui fut pendant des siècles la résidence des Sétons , comtes de Wintoun , l’une des familles les plus illustres et les plus anciennes de l’Écosse. Le dernier comte mourut à Rome en 1749 ;

11 s’y était réfugié après s’être échappé de la tour de Londres, où il avait été enfermé, en attendant son exécution, pour avoir pris part à l’insurrection de 1715. L’église collégiale de Seton , joli édifice gothique , est tout ce qui atteste aujourd’hui l’ancienne splendeur de cette puissante famille dont les descendants mâles étaient, d’après Walter Scott, devenus par alliances, les représentants des grandes maisons de Gordon , d’Abovne et d’Eglinton. Ce fut dans le château de Niddry, qui appartenait au 5 e lord Seton , que Marie Stuart se réfugia après son évasion de Lochleven ( V . l’Abbé, t. 1). Marie Stuart, pour récompenser lord Seton, lui offrit un comté qu’il refusa ; alors elle lui écrivit les deux vers suivants :

Sont comités, ducesque, alii sunt denique reges ;

Sethoni dominum sit satis esse mihi.

Un peu au delà de Seton Ilouse, on aperçoit à droite Preston Tower , ancienne résidence des Hamiltons de Preston et le village de Prestonpans, près duquel , lo 21

ROUTE I BERWICK-ON-TWEED A EDIMBOURG. Il

septembre 1745, l’armée du prince Charles Stuart défit complètement les troupes royales commandées par Sir John Cope.

48 m. — La station de Tranent est un peu éloignée du village de ce nom, situé à gauche [hôtel : The Plôugh) , et près duquel on remarque Bankton House. On laisse ensuite à gauche le village de Dolphingston , avec son château en ruines, et à droite Preston Grange, sur le bord de la mer, puis Ptnfcî'e&urn où, en 4547, l’armée écossaise fut battue par l’armée anglaise, que commandait le duc de Somerset. Au S., c’est-à-dire à gauche, s’élève Carberry Hill où, en 1567, Marie Stuart se rendit prisonnière aux nobles écossais qui s’étaient insurgés contre elle.

51 m. 4/2. — Au delà d’Inveresk on traverse l’Esk, qui va se jeter dans la mer à Musselburgh ( hôtel : The King’s Àrms) , ancien bourg royal qui , avec Portobello, Leith et Newhaven, nomme un député au parlement. Sa population est de 6,366 hab. 3 ponts, dont le plus ancien est attribué aux Romains, le réunissent à Fisherroic. Il est desservi par un embranchement du chemin de fer qui part de la station do Niddrv (6 convois par jour 4" cl., 8 p.; 2e cl., 6 p.; 3e cl., 4 p.). C’est sur la plaine qui le sépare de la mer qu’ont lieu maintenant les courses d’Edimbourg. En 4 638, le marquis de Hamilton, général de Charles Ier , s’y battit avec les covenantaires et en 4 650, Cromwely fit bivouaquer son infanterie, tandis que sa cavalerie était logée dans le bourg. A l’extrémité E. de Musselburgh est Pinkie House, résidence de sir John Hope, Bart , ancienne maison de campagne de l’abbé de Dunfermline.

55 m. — Portobello doit son origine à un marin qui s’y bâtit une maison et qui l’appela Portobello, parce qu’en 4739 il avait assisté à la prise do la ville de ce nom, dans l’Amérique du Sud. C’est maintenant une grande ville

dont les larges rues sont bordées de belles maisons. Les familles riches d’Edimbourg viennent y passer la belle saison et y prendre des bains de mer. Ses établissements de bains froids et chauds sont justement renommés; on y trouve aussi des papeteries, des briqueteries et d’autres manufactures. Un embranchement du chemin de fer le met en communication directe avec Leith.

Peu de temps après avoir quitté Portobello on aperçoit à gauche Àrthur’s Seat et à droite Calton Hill , puis on s’enfonce dans un tunnel au sortir duquel le convoi s’arrête au centre même de

58 m. — Edimbourg ( V . route 4).

ia©tyj7i ê.

De BERWICK-ON-TWEED à EDIMBOURG Par Kelso et Melrose.

73 m. Chemin de fer,

23 m. — De Berwick à K.el*o (P. route 8).

11 m. 1/2. — De Helso à New-Town-Junction (P. route 8).

40 m. 1/2. — De New-Town-Junction à Edimbourg.

(V. route 5).

|R©OTS g.

De CARLISLE à : a EDIMBOURG , b GLASCOVV.

a. — A ÉDUBOURG.

100 m. — Chemin de fer calédonien : 6 convois par jour, 2 les dimanches; express en 3 h.; trains ordin. en 5 h. — Prix : Exprès*,

21 sh.; trains orilin., — 4r* classe, IC sh. 8 p.; —2* classe, 12 s h, 6 p. trains parlement-, 3e niasse, 8 sh. 4 p.

Au sortir deCarlisle, on traverse sur un viaduc YEden qui va , à peu de distance , se jeter dans le Solway Firth qu’on aperçoit à gauche.

4 m. — Rockcliffe. Après avoir franchi YEsk , sur un beau viaduc, on passe la Sark qui forme les limites de l’Angleterre et de l’Écosse, à

8 m. 4/2 — Gretna Green, hameau de quelques maisons , dont le nom a acquis une célébrité européenne. Personne n’ignore que les Anglais qui veulent se marier, sans remplir aucune des formalités exigées par les lois de leur pays , vont à Gretna Green où la bénédiction nuptiale leur est donnée, dès qu’ils le désirent, par le premier venu; mais, ce qu’on ne sait pas généralement, c’est que cette singulière union serait contractée aussi valablement dans tout autre des villages écossais de la frontière. Il n’y a pas encore 400 ans, on pouvait se marier partout , en Angleterre , comme on peut se marier aujourd’hui en Écosse, sans justifier, ni du consentement de ses parents, ni de la publication d’aucun ban. Le consentement mutuel, manifesté en présence de témoins, suffisait. En 4754, le lord chancelier Hardwicke fit voter, par le Parlement, une loi qui mit un terme à ces abus. Cette loi, appelée le Marriage Act, a subi, depuis cette époque , diverses modifications ; mais elle existe toujours , malgré les attaques incessantes des partisans de la liberté absolue des mariages , et l’opposition de Fox qui était né d’une union clandestine : — on appelait ainsi ces sortes de mariages. Comme elle n’est pas applicable à l’Écosse , il en résulte que les Anglais , qui ne peuvent point ou ne veulent point s’y soumettre , passent la frontière , afin de se soustraire à ses obligations. Ils vont de préférence à Gretna Green , parce

14 ROUTE 3. — DK CARL1SLE A EDIMBOURG.

que ce hameau se trouve situé tout près de la frontière , sur la route la plus fréquentée; mais ils pourraient aller partout ailleurs. En 1849, une tentative a été faite, dans le Parlement , pour établir en Écosse la législation matrimoniale de l’Angleterre ; la proposition a été repoussée à une assez forte majorité. Les certificats de mariage de Gretna Green sont ainsi rédigés :

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