‹ Itinéraire descriptif et historique de l'EcosseChapitre 65 sur 75 · SKYE · texte numérisé non relu

SKYE

On petit aller visiler Skye soit par les bacs d’Arisaig(7'r. route 50), de K.yle Rhea et de Kyle Altin [V, route 52), soit par les bateaux à vapeur qui partent de Glasgow et d’Oban (V . les Time Tables ) et qui touchent, quand le temps le perrael, à Toberraory, Craignure,

ROUTE 46. — SKTE. 419

T.orlialen, Salin, Arisaig, Armadale, Oronsay, Glcnclg, Balmacaira, Kyle Akin, Broadford cl Portrce {V. ci-Uessous pour la traversée tl’Oban à Porli ce).

Skye, la plus grande des Hébrides, forme une partie considérable du comté d’Inverness. Elle a 50 m. de long; sa largeur varie de \ 0 à 20 m . , et ses rives sont tellement dentelées, qu’il n’y a pas une seule de ses localités qui soit éloignée de plus de 3 m. 1 / 2 de la mer. Elle possède plusieurs ports sûrs et commodes, Snizort et Follart, sur la côte septentrionale; Portree, sur la côte orientale, et Bracadale, sur la côte occidentale. Ses principaux caps sont, au S., la Point of Sleat; au N., la Point of Aird; à l’O., la Point Vaternish. Sa surface est trèsirrégulière, et le sol offre, en général, un aspect marécageux. Cependant, on y trouve des terres cultivables et de bons pâturages , mais elle manque d’arbres. Ses montagnes , qui forment des groupes plutôt que des chaînes, présentent des caractères variés. Le groupe le plus important occupe à peu prés le milieu de File et se voit de toutes ses parties. On le nomme Cuchullins. Ses nombreux lacs nourrissent de nombreux poissons, et on pêche le long de ses côtes beaucoup de harengs, de saumons, d’huîtres et de coquillages. Enfin, le gibier y est assez abondant, et, bien qu’il soit très-variable et très-pluvieux, son climat n’est pas insalubre. Cependant, malgré toutes ces ressources naturelles, la population de Skye, qui s’élève à 20,000 habitants, ne parvient-elle pas à se procurer des moyens suffisants d’existence. Quant la récolte des pommes de terre manque, une partie de ses habitants meurent de faim, à moins que des souscriptions recueillies en Angleterre et en Écosse ne leur permettent d’émigrer à temps. Ceux d’entre eux qui peuvent s’acheter assez d’aliments pour vivre, doivent cette heureuse chance aux profits qué

leur rapporte l’élève du bétail; mais ils ne mangent jamais de viande : du poisson, des pommes de terre et du lait, telle est leur seule nourriture. Cette terre âpre et inféconde, où la théorie si justement controversée de Malthus est devenue un fait incontestable, mérite pourtant d’être visitée par les touristes, car elle peut leur offrir un certain nombre de paysages sauvages et pittoresques.

Le bateau à vapeur qui fait un service régulier entre Glasgow et Portree, le chef-lieu de Skye, touche à Oban (K. route 19) , puis à Tobermory (d’Oban à Tobermory, V. route 45). Après être sorti du Loch Sunart, on commence à s’apercevoir qu’on entre dans l’Atlantique, surtout quand, laissant, à l’O., les îles Coll et Tiree, on double le cap Ardnamurehan ; plus d’un passager souffre du mal de mer. Longeant la côte, à une certaine distance, on aperçoit successivement, — à gauche, l’ile Muck, l’ile Eig, et plus loin, l’île Rump et l’île Canna; — à droite, le Loch Moidurt, près duquel on remarque les ruines du château Tyrim, ancienne résidence de Clanranald, et que son possesseur incendia lui-même en 1715, avant d’aller se joindre au comte de Mar, pour que ses ennemis, les Campbells, ne s’en emparassent pas pendant son absence ; — puis les Lochs Aylort et Nuagh, avant de relâcher à Arisaig (K. route 50), au delà du promontoire de ce nom. On aperçoit depuis longtemps déjà les montagnes de Skye, lorsqu’on entre dans le détroit de Sleat. En face du Loch Nevish, à droite, on remarque, sur la côte de Skye, Armadale Castle , résidence de Lord Macdonald, le plus riche propriétaire de Skye. Plus loin, les ruines de Knock Castle (Skye) se dressent vis-à-vis de l’entrée du Loch Hourn ( V . route 51). que domine Ben Screel, et en s’approchant de K.yle Rhea (V. route 52), on aperçoit, sur la côte écossaise, les casernes

ruinées de Bernera (V. route 52). Au delà du détroit, qu’on ne peut franchir qu’avec la marée, à cause de la violence du courant, et de chaque côté duquel sont deux auberges, on atteint le Loch Alsh, autre bras de mer qui, se bifurquant, forme les Lochs Long et Duich ( V . route 52). Dépassant alors Castle Moil, on vient jeter l’ancre dans le petit port de Kyle Akin, dont la jetée a été construite par Lord Macdonald et les commissaires du Parlement, et on gagne ensuite Broadford (|), petit village où l’on trouve une auberge et où débarquent d’ordinaire les voyageurs qui désirent visiter les principales curiosités de l’île.

Il y a 24 m. 1/2 par terre de Broadford à Portree. A Sligachan inn (15 m.), la route se bifurque. — L’embarn chôment de droite conduit à Portree (9 m. 1 /2), de Portree à Kinloch Snizort (6 m.), de Kinloch Snizort à Coushletter (6 m.) et, de Coushletter (1 0 m.) à Dunvegan Castle, vieux château bien entretenu et résidence de la famille Macleod de Macleod. Il est situé sur un rocher qui s’avance dans la mer, et défendu, d’un côté par un ruisseau , de l’autre par un marais. L’une de ses tours date, dit-on, du ix« siècle. On y a fait, depuis quelques années, de grands embellissements, et on y conserve des curiosités historiques. Il y a une bonne auberge à Dunvegan. L’embranchement de gauche, plus intéressant, mène également à Dunvegan, par Bracadale (24 m.). Les distances de la route qui fait le tour de la presqu’île septentrionale sont indiquées ci-dessous ( V. page 428).

Les principales curiosités de Skyo sont la Grotte Spar, Scavaig, le Loch Coruisk, le Glen Sligachan et les Cuchillins.

(1) On compte d’Armadale, par terre, à Broadford 16 m.; de Kyle Rhea à Broadford, 12 m,, et de Kyle Akin à Broadford, 8 m. 1 /2.

C’est deBroadford qu’il faut partir pour aller visiter la Grotte Spar de Strathaird. On doit se munir de chandelles à l’auberge, car on en a besoin pour visiter l’intérieur. En quittant Broadford, on remonte le ruisseau, qui vient s’y jeter dans la mer, jusqu’au hameau de Torrin (6 m. à l’O.) où l’on prend une barque pour se faire conduire à la grotte, située sur la rive orientale du promontoire que forment les Lochs Slapin et Scavaig. Une barquo à quatre rameurs met deux heures pour parcourir ce trajet. On remarque au S. Ben Blaven, dont le point culi minant est presque aussi élevé que le sommet des Cuchullins, et dont l’ascension, qui peut être faite deBroad» ford ou de Sligachan demande un jour entier (aller et retour), et ne doit pas être entreprise sans garde. A peü de distance du rivage, on aperçoit Kirkibost , puis, après avoir dépassé la ferme de Kilmarie, et côtoyé les rochers de la rive orientale du Loch Slapin, on arrive en face d’une ouverture de 6 mètres de large sur 30 mètres de haut, c’est la Spar Cave. On monte par ce vestibule naturel jusqu’à un arceau de forme ogivale, et, après avoir allumé les chandelles , on pénètre dans un passage complètement obscur de 3 mètres de largeur sur une hauteur de 4 à 6 mètres. On avance environ 25 pas sut un sol horizontal , puis on gravit une galerie fort roido de \ 6 mètres de longueur , au haut de laquelle est une sorte de palier. Les parois de la grotte sont dans cet endroit d’un noir opaque; mais au bout d’une seconde montée de 8 mètres , elles deviennent d’une blancheur * éblouissante , et si transparentes que l’on pourrait se croire dans une crevasse de glacier. Un pilier de formé gothique, saillant aux trois quarts de la muraille, soutient la voûte , d’où descendent une multitude de stalactites. Le passage s’élargit graduellement , et bientôt on entre dans un salon presque circulaire de 6 mètres dé

BOUTE 46. — SKÏE. 423

diamètre et tapissé de cristallisations qui joignent l’éclat du diamant à la blancheur de la neige. Au centre est un bassin rempli d'eau que l’on dirait taillé dans un bloc de marbre. Un grand nombre de stalagmites de formes bizarres s’élèvent à l’entour et correspondent à un nombre égal de stalactites suspendues à la voûte.

Il faut trois heures en bateau pour aller de Spar Cave au Loch Coruisk. Après avoir doublé Strathaird Point, on entre dans la Baie de Scavaig où l’on découvre un magnifique spectacle : auS.-O. les îles de Muck, d’Eig, deRump, de Canna et de Soa sortent du sein des flots; au N., tout autour de la baie ou du Loch Scavaig se dressent des montagnes noirâtres, escarpées , d’un aspect métallique et presque toujours enveloppées de brouillards. Ce sont les Cuchullin Hills. A gauche on remarque trois pics isolés , Garbshen, ou la Montagne bruyante, Scuir-nan - Eig , le Pic entaillé, et Scuir Dhu, le Pic noir. Sur la rive opposée s’élève Scuir-nan-Stree, la Colline de contestation, à la base de laquelle est la petite île des Eilannan-Lice, l’île du pas glissant. On débarque à l’embouchure d’un ruisseau qu’on remonte sur l’une ou l’autre rive, et \ ji de m. environ après avoir quitté le bord du Loch Scavaig, on atteint leloch Coruisk, lac étroit de2 m. de long, encaissé de tous côtés entre des rochers escarpés et nus que sillonnent de nombreuses ravines, et parsemé de petits îlots rocheux en partie couverts d’herbes « et d’arbustes et où viennent nicher une grande quantité de mouettes, les seules créatures vivantes que l’on aperçoive dans ce désert de pierres. A l’aspect du Loch Coruisk , on ne peut manquer de se rappeler l’exclamation que sa vue arracha à Bruce :

St-Mary ! what a scene is here !

I’ve traversed many a mountain strand ' Abroad and in my native land,

And ithas ben my lot to tread Where safety more than pleasure led ;

Tlius matiy a waste I’ve wandered o’er,

Clombe many a crag, — cross’d roany a moor, —

But, by my halidome,

A scene so rude, so wild as this,

Vet so sublime in barrenness,

Ne’er did my wandering footsteps press Where’cr 1 bapp’d to roam,

(Le Lord des Iles, ch. ni, stance 13.) t

Sainte-Marie! quel spectacle que celui-ci! J’ai traversé bien des montagnes dans ma patrie et dans les pays étrangers, car ma destinée m'a fait voyager longtemps, non pour mon plaisir, mais pour mettre ma vie en sûreté 1 Aussi j’ai erré dans plus d’un désert, gravi plus d’un rocher, franchi plus d'un marais ; mais , par le toit de mes pères, jamais, dans ces excursions forcées, je n’ai contemplé un paysage aussi âpre, aussi sauvage, aussi sublime dans sa nudité que celui-ci.

A la tète de ce lac, décrit longuement ensuite par le poète, s’étend une petite plaine couverte d’arbres et à travers laquelle serpente tranquillement le ruisseau qui forme le Loch Coruisk , dont il n’est pas si difficile de faire le tour qu’on pourrait le croire au premier aspect, et que donnerait à le penser la description de Walter Scott. Cependant les pentes de Strona-Stree qui le domine à l’E. sont très-abruptes, et, bien que le lac n’ait que 3 m. de circonférence , il faut presque une heure et demie pour côtoyer ses bords. On rencontre souvent des daims sur la plaine qui le termine au N.-O.; il nourrit d’excellentes truites, et il n’est pas rare devoir des aigles planer au-dessus des pics arides et escarpés des Cuchullin Hills.

Si on a amené un guide de Torrin, on peut se rendre du fond du Loch Coruisk au Glen Sligachan par le passage appelé Hart-o-Corry ; sinon, il faut se rembarquer pour aller débarquer de nouveau à Camusunary,

d’où un sentier conduit à Sligachan Inn (8 m,). Ce trajet demande, à cause des difficultés du chemin, trois à quatre heures de marche. On laisse, à gauche, deux petits Lochs — Loch-na-Creach et Loch-na-Nain ; — à droite, on remarque Blaven ; puis on aperçoit, à gauche, l’entrée de Hart-o-Corry. C’est de ce point qu’on découvre la plus belle vue des Cuchullin. Parmi les nombreux pics de ce groupe célèbre : Scuir-na-Gillean (le Rocher des Jeunes Gens) est généralement regardé comme le plus élevé. M. Forbes en a fait l’ascension, en 1836, avec un guide qui avait tenté vainement plusieurs fois de parvenir au sommet, et il a évalué sa hauteur à 966 mètres. Bruchna-Fray n’a que 12 mètres de moins; Scuir-na-Banachttch (à l’O.) parait presque aussi élevé. En descendant le Glen Sligachan le long du ruisseau qui l’arrose, on ne tarde pas a atteindre Sligachan inn où l’on trouve une petite auberge; mais comme le trajet de Sligachan Inn à Portree n’offre rien d’intéressant, on peut prendre soit un char, soit un poney pour aller à (9 1 /2) Portree, la capitale de l’ile de Skye. Ce village, situé sur la rive septentrionale de la belle , sûre et commode baie de ce nom qui s’ouvre en face de l’ile de Rasay, possède un bon hôtel, deux banques, une église, un tribunal et une prison ; son promontoire boisé , appelé Fancy Hill, offre une agréable promenade , et on peut trouver dans son port soit un bateau à vapeur, soit des navires à voile pour l’Écosse , à moins que l’on ne veuille aller visiter les parties occidentale et septentrionale de l’ile indiquées ci-dessous :

Les rochers de la côte.

La grotte où le prince Charles-Édouard a été quelque temps caché (4 m. de Portree).

La pyramide naturelle appelée le Storr (8 m. plus loin), à 1 m. 1/2 du rivage.

KOUTE 46.— SKYE.

QuJraing (9 m .4/2 plus loin. — 1 7 m . 1 /2 de Portree), plate-forme couverte de gazon, assez large pour contenir six ou sept régiments, en d’autres termes, ayant 1 00 pas de long et 60 pas de large, entourée de tous côtés de colonnes basaltiques et de blocs de rochers presque inaccessibles entre lesquels on aperçoit la mer, et dont l’entrée est gardée par un rocher pyramidal isolé, appelé Needle {['Aiguille).

...Through thedark and through the cold.

And through the yawning fissures old,

Lct tourist boldly press his wav.

De Quiraing, si on ne veut pas revenir par le même chemin, ni faire le tour du cap Aird, on peut aller rejoindre près d’Uig (6 m.), en ligne droite, la route qui va être décrite. A 3 m. 1/2 de Quiraing, on atteint Aird dont les falaises, vues de la mer, offrent un coup d’oeil aussi curieux que celles de la chaussée des Géants. Leurs colonnes basaltiques ont moins de symétrie, mais elles sont plus grandes. Près du cap Aird on trouve un petit cabaret au hameau appelé Killmaluack. 1 m. 1 / 2 au delà de ce hameau , on passe auprès du château de Duntulm, l’ancienne résidence des Macdonalds. 3 m. plus loin on laisse, à gauche, Killmuir Church, dans le cimetière de laquelle est enterrée Flora Macdonald, la libératrice du prince Charles. 2 m. plus loin encore, on aperçoit, à droite, Monkstadt House, la résidenco de Hugh Macdonald , un des plus grands fermiers de Skye , et le petit-neveu deFlora Macdonald, qui possède les vêtements do Charles Édouard lorsqu’il était déguisé en servante irlandaise. Uîg, village de 600 hab. environ, est situé au fond de la baie du même nom, à 3 m. 1/4 de Monkstadt. Do Uig à Portree on compte 15 m. 1/4 et la route n’offre rien d’intéressant, si ce n’est Kingsburgh où

route 47. — d’oban a inverness. 427

Charles-Édouard fat reçu dans sa fuite et le Loch Sni tort qu’elle laisse à droite.

ROUTE hlm

D’OBAN à EWERNES9 Par le canal Calédonien.

93 m — Bateaux à vapeur tous les jours pendant la belle saison, —Trajet en un jour (V. les Time Table»).

En s’éloignant d’Oban , le bateau à vapeur dépasse successivement, sur la rive de l’Écosse, Dunolly Castle , à l’entrée de la baie d’Oban ( V. route 19), Dunstaffnaye Castle, à l’entrée du Loch Etive ( V route 24 , p. 272), le Fort vitrifié, l’emplacement supposé de Berigonium, la capitate des Pietés, sur la côte d’Ardnamucknish (V. route 24 , p. 275), et, sur la côte de Mull, Duart Castle , avant de longer la côte de lismore , une des plus grandes îles du Loch Linnhe, car elle a 10 m. de long et 2 de large. A l’E. s’élèvent les coteaux d’Appin, à FO. se dressent les montagnes de Morven. Lismore* appartenait autrefois aux évêques d’Argyle et des îles, qui s’appelaient souvent Episcopi lismorenses. On voit encore près de la côte occidentale des débris de leur palais d' Auchindown. En face de l’extrémité septentrionale de cette île calcaire qui exporte son sol, s’ouvre, à l’E. , le Loch Creran, ^traversé par le bac de Shean et sur la rive septentrionale duquel on remarque Airds. On passe ensuite devant les ruines de Castle Stalher, File Shuna , Appin House, et on aperçoit Ardshiel à l’entrée du Loch Leven que traverse le bac de Ballachulish ( V . route 43, p. 394), et que dominent lesalpes de Glencoe ( V. rçute 43). Bon Nevis commence à attirer les regards. Le Bac de Connei (Connel Ferry) sépare le Loch Linnhe du Loch

428 BOUTE 47. — d’oban a ijîverness.

Eil qui en est le prolongement. A l’angle que forme le Loch Eil en prenant la direction du midi, entre le village de Maryburgh et l’embouchure du Lochy, s’élève

48 m. — Le Tort William. ( Hôtels : The Caledoniau. The George. The Argyle Arms) , fort construit primitivement par le général Monk, et rebâti sur une plus grande échelle sous le règne de Guillaume III, contenant un magasin à l’épreuve de la bombe et des casernes pour 400 hommes. Quelques soldats composent aujourd’hui sa garnison inutile. Le village de Maryburg , qui compte 4,500 hab., possède plusieurs églises, des banques et un tribunal. Un monument y a été élevé récemment à la mémoire de Maclachan d’Aberdeen , célèbre linguiste gaélique et compilateur du dictionnaire gaélique, né dans ce pays.

C’est au Fort William que s’arrêtent les voyageurs qui veulent faire l’ascension de Ben Nevis qui serait la plus haute montagne de l’Écosse si Ben-Mac-Dhui (F. route 42) ne lui disputait pas cet honneur. Ben Nevis « Beinmanh Blathais , la montagne qui embrasse les nuages, » se dresse à l’E. du Fort William, à 4,34 4 mètres au-dessus du niveau de la mer. A sa base , sa circonférence est de 24 m. Il est complètement isolé. On y monte,du côté du nord. L’ascension, qui demande de trois heures à trois heures et demie, est divisée en deux parties par un petit plateau sur lequel se trouve un petit lac situé à 510 mètres et au-dessus duquel toute végétation cesse. Un guide est presque nécessaire. On peut s’en procurer au Fort William moyennant 6 ou 7 sh. Le sommet offre , quand le temps est clair , — ce qui est rare, surtout le matin, — un admirable panorama. On découvre dans toutes les directions jusqu’à 420 m. de distance. Au S. et à l’E. s’élèvent Ben Oruachan, Ben Lomond , Ben More , Ben Lawers , Schehallion et Cairn-

ROUTE 47. — D’OBAN a INVERNES8. 429

gorm, et un grand nombre d’autres sommités. Des deux autres côtés les regards embrassent tout l’espace compris entre les collines du comté de Caithness et les montagnes des Hébrides les plus éloignées. Il serait trop long d’énumérer ici tous les Glens et tous les Lochs qu’on découvre , outre les deux mers , du sommet de Ben Nevis presque toujours couvert de neige et qui, du côté du N.-E., se termine par un précipice à pic de 450 mètres environ.

A 4 m. du Fort William, entre la route et leLochy, on peut aller visiter le vieux château d'Inverlochy , appartenant à Lord Abinger, et près duquel Montrose défit, en 4645, les Campbells commandés par le ducd’Argyle. D’après la tradition , il servait de résidence aux rois Pietés, lorsqu’ils venaient chasser le daim sur les routes parallèles de Glen Roy. Un beau pont suspendu traverse le Lochy (F. route 49).

Dn Fort William i Arisaig ( V route 50). — A Kingussie, parle Loch Laggan et lea routes parallèles de Glen Roy ( V , route 49). — A Oban. par terre ( V . route 48). — A Oban, par le lac Lomond (f7-. route 24). — A Stirling [V. route 31). — A Perth ( V . route 43'.

Après avoir débarqué ses passagers au Fort William, le bateau à vapeur se dirige vers Bannavie, où un excellent hôtel a été établi à l’entrée du Canal calédonien c’est-à-dire au delà de sa troisième écluse.

Une des particularités les plus frappantes de la géographie do l’Écosse est, sans contredit, cette grande vallée appelée généralement Glen More nan Albin , le Great Glenof Scotland , qui divise en deux parties bien distinctes et à peu près égales les Highlands et qui s’étend, dans la direction du S. -O. au N.-E., de l’Atlantique à la mer du Nord. En effet, la plus grande partie de cette vallée est occupée par deux bras de mer, le Loch Linnhe et le Moray Firth, et par des lacs d’eaux douces.

430 doute 47. — d’oba.n a inverness.

Évidemment, à une époque inconnue, les deux mers s’étaient réunies dans cette vallée. Le canal que la nature avait créé et fermé elle-même et que l’homme a rouvert pour faire communiquer l’Atlantique et la mer du Nord et éviter ainsi à un grand nombre de navires une longue et périlleuse navigation autour du nord de l’Écosse, s’appelle le Canal calédonien. Son intéressante histoire remplirait presque un volume entier. Le défaut d’espace ne permet pas de lui donner ici les développements qu’elle demanderait et qu’on trouvera dans l’ouvrage de M. Anderson ( Guide to the Highlands). Commencé dans les premières années de ce siècle, il fut terminé au mois d’octobre 4822. Sa longueur est de 60 m. dont 38 m. 4 /2 naturels et 22 m. artificiels ou creusés par la main de l’homme. Il a une profondeur moyenne de 5 mètres 45 cent. Le point culminant des eaux est le Loch Oich élevé de plus de 30 mètres au-dessus d’Inverness et du Fort William. Les différences de niveau sont rachetées

par vingt-huit écluses dont plusieurs sont contiguës et qui ont 54 mètres de long et 42 mètres de large. Ces remarquables travaux , confiés à l’habileté éprouvée d.u Célèbre ingénieur Telford, avaient coûté, de 4 803 à 4 827, 973,274 liv. st., plus de 24 millions de francs. Après la mort de M. Telford, M. Walker fut chargé de les terminer. Mais leâ résultats ne répondaient pas aux espérances et le Parlement hésitait à consentir à do nouveaux sacrifices. Ce ne fut qu’en 4 843, à la suite d’un rapport favorable de Sir W. Edward Parry, que le gouvernement couclut un traité avec deux entrepreneurs qui, moyennant 200,000 liv. st., s’engageaient à faire en trois années toutes les réparations et améliorations jugées nécessaires. Le canal, fermé pendant quelque temps, fut rouvert au mois d’avril 4847, et la navigation, interrompue un moment à la suite de la terrible inondation

ROUTE 47. — d’oban a inverness. 434

de <849, mais reprise dès que les principaux dégâts eurent été réparés, est devenue de plus en plus active. De mai 4 850 à mai 4854 , le nombre des traversées a été de 2,282, etlesrecettesse sont élevéesà4, 994 liv. 4 6 sh.; mais la dépense totale était alors de 4,333,382 liv. 4 4 sh. 9 4/2 p.

On compte 8 m. du Loch Eil au Loch Lochv. Dans ce trajet on remonte, outre les trois écluses de Corpach, huit écluses appelées Y Escalier de Neptune { Neptune’s Staircase), et on laisse, à droite, le village de Corpach, et, à gauche, l’église de KihnailUe près de laquelle un obélisque a été élevé à la mémoire du colonel John Cameron. L’inscription est de Walter Scott. 3 m. plus loin en remarque, à droite, les ruines de Tor Castlc, l’ancienne résidence du chef du clan Chattan, et, à gauche, les fermes de West et East Moy, en face du confluent de la Spean et du Lochy.

Le loch lochy a 4 0 m. do long et 3/4 de m. de largo ; près de la baie où il reçoit l’Arkaig qui descend du Loch et du Glen de ce nom, sa largeur est presque double. A l’O. de cette baie on aperçoit Achnacarry, la résidence de Cameron de Lochiel, chef du clanCameron. Elle est entourée d’arbres. Sur la rive opposée, Glenfinlay House attire de loin les regards.

Le Loch Lochy n’est séparé du Loch Oich que par une distance de 2 m., et le petit village de laggan se trouve situé entre ces deux lacs. Le loch Oich a 3 m. 4/2 de long, et sa largeur varie de 4/4 à 4/6 de m.; il com tient deux ou trois petits îlots boisés. Sur sa rive N.-O. il reçoit lo Garrv près de l’embouchure duquel se voient encore les ruines du château A' Invcrgarry , la résidence du chef du clan Macdonald, brûlée en 4745 par le duc do Cumberland. Au-dessus s’élève lo Craggan an Phi thick (le Rocher du Corbeau), dont le nom servait de cri

432 ROUTE 47. — D’OBAN a INVERNES9.

de guerre à ce clan. Une roule qui part d’Invergarry Inn conduit à Loch Iiournhead (K. route 51).

Du Loch Oich on descend au Loch Ness par huit écluses ; la distance est de 5 m. 4/2. A l’extrémité orientale du Loch Oich on a laissé une maison isolée nommée Aberchalder où les troupes du prince Charles-Édouard se réunirent avant de traverser Corryarick pour descendre dans les basses-terres. A l’extrémité occidentale du Loch Ness s’élève le Tort Augustus , bâti après l’insurrection de 474 5 entre l’Oich et le Tarff; il peut loger 300 hommes, mais sa garnison actuelle se compose de six soldats et d’un sergent. Un chemin de montagne conduit du fort Augustus à DaKvhinnie Inn [V. route 41).

Le lioch Ness a de 23 à 24 m. de longueur, et sa largeur varie de 3/4 de m. à 4 m. 4/4 ; il est très-profond et il ne gèle jamais. Ses rives sont encore moins variées et moins pittoresques que celles des lacs Lochy et Oich. Vu de la terre, il offre un aspect moins monotone. A peu de[distance du fort Augustus, on passe devant Invermoriston House, situé à l’ouverture du Glen Moriston, par lequel une route de voitures conduit aux bacs de Skve ( F. route 52) ; quelques rnhles plus loin, à droite, Foyers House , se fait remarquer près de l’embouchure du Foyers. Le bateau à vapeur s’y arrête pour donner à ses passagers le temps d’aller visiter les célèbres Chutes du Foyers, chantées par Bums, et éloignées d’un quart de mille environ de l’auberge appelée General’ s Hut et de Boleskine. Ces Chutes sont au nombre de deux : la Chute inférieure , la plus belle, tombe de 48 mètres; la Chute supérieure, qui est divisée en deux, n’a que 9 mèt. Un pont d’une seule arche réunit les deux rives. Le point le plus favorable pour bien voir ces jolies cascades est le lit même du torrent, au-dessous du pont. Des rochers qui dominent la Chute inférieure, on découvre une belle vue

nouTE 47. — d’oba.x a inverness. 433

sur le Loch Ness, au-dessus duquel s’élève, à près de 900 mètres, le dôme de Mealfourvournie. On nomme Stratherrick la rive droite du Loch Ness, et Suchumin la partie montagneuse qui sépare le Fort Augustus de la petite auberge de Whitebridge , située sur la route de terre, à 4 m. en deçà des chutes du Foyers.

Des chutes du Foyers à Findhorn, par le Findhorit (P~. route 53;.

2 m. au delà de l’embouchure du Foyers, sur la même rive, on passe devant la gorge d’ Inver farigaig, que domine le Black Rock, colline qui a la forme d’un lion, et qui est surmontée du fort vitrifié de Dun Jardil. 2 m. plus loin, se montrent, sur la rive opposée, les ruines du Castle Urquhart , le dernier château de l’Écosse qui se rendit à Édouard 1er. Derrière ce château s'ouvre le Glen Urquhart, qui renferme un grand nombre de propriétés seigneuriales, et à l’entrée duquel on trouve le bon hôtel de Drumnadrochet. En approchant do l’extrémité N.-E. du Loch Ness, on aperçoit Aldourie House, qu’habite M. Fraser Tytler, et où est né Sir James Macintosh.

A 8 m. 1/2 de Drumnadrochet, un petit détroit d’un quart de mille de long réunit le Loch Ness au loch Dochfour, sur les bords duquel on remarque Dochfour House. Après avoir traversé ce petit lac, le canal Calédonien longe la Ness, qui arrose la fertile vallée de ce nom, et laisse successivement, à droite, Ness Castle et Ness Side, puis, à gauche, Craig Phadrick, au delà duquel s’étend le Loch Beauly. Enfin, passant entre les éminences de Torvain et de Tomnahurich, formées par les eaux, le bateau à vapeur s’arrête, à 1 m. d’Inverness, dans les Ecluses de Mwrtown (6 m. 3/4 du Loch Ness), près desquelles stationnent des voilures qui conduisent ses passagers aux principaux hôtels de — 93 m. — Inverness (F. route 40, page 362).

ROUTE 48. — D’OBAN A INVERNESS.

D’OBAN à INVERNESS par terre.

102 m. — Houle de voilure [V. les roules 24 cl 47).

5 m. — Connel Ferry (F. route 24, page 272).

10 m. — Shean Ferry (cabaret), bac où l’on traverse le Loch Creran.

14 m. — Fortnacrosh (cabaret).

18 m. — Durar (petite auberge) .

25 m. — Ballachulish Ferry (F. route 43, page 394).

39 m. — Fort William (F. route 47, page 428).

47 m. — Spean Bridge, pont où on laisse à droite la route du Loch Laggan (F. route 49).

55 m. — retterfmiay (petite auberge).

62 m. 1/2 — invergarry (F. ci-dessus route 47).

70 m. — Fort Augustus (F. ci-dessus route 47).

84 m. — General’* Hut, petite auberge, ainsi nommée, parce quo le général Wade s’établit dans le voisinage lorsqu’il fit construire cette route.

102 m. — Inverness (F. route 40, page 362).

Du Fort Augustus, une route, préférable pour les piétons, conduit à Inverness par la rive gauche du Loch Ness. On compte 7 m. du Fort Augustus à Invermoriston (bonne auberge), où l’on laisse, à gauche, la route qui conduit à KyleRhea et à Kyle Akin (F. route 52), 13 m. d’Invermoriston à Drumnadrochet, et 1 4 m. de Drumnadrochet à Inverness. Si on suit cette route, et si on veut visiter les chutes du Foyers, on trouve à Ruisky, près d’Invermoriston, des bateaux pour traverser le lac. Ruisky est presque en face des chutes du Foyers.

ROUTE 49. — Dü FORT WILLIAM A KINGISSIK. 435

[ROOTE ƣ>.

Du FORT WILLIAM à KIXGUSSIE

Par le Loch Laggan. — Excursion aux routes parallèles du

Gleu Roy.

54 ni. — Excellente route de voilure.

Cette route s’embranche sur celle du Great Glen au (7 m.) spean Bridge, etremonte la rive droite de la Spean, qui descend du Loch Laggan. A 3 m. plus loin, elle traverse le Roy, qui descend du Glen Roy au

40 m. — Bridge of Roy (bonne auberge) , d’où l’on peut aller visiter le s routes parallèles du Glen Roy , routes horizontales, formées de sable et de gravier, larges de 48 mètres et situées à des hauteurs différentes de chaque côté du Glen. Quoique des antiquaires aient prétendu qu’elles avaient été construites par les anciens Fingaliens pour pouvoir chasser plus facilement, il paraît certain qu’elles sont l’œuvre des eaux de la mer ou d’un soulèvement. On trouve de semblables curiosités naturelles dans quelques-unes des vallées voisines ; mais les routes du Glen Roy sont, sans contredit, les plus belles de celles que possède l’Ecosse. Le point où on les voit le mieux est à 4 m. de l’auberge, car on a sous les yeux une partie du Glen longue de 6 ra. Les piétons qui remonteront le Glen Roy, et qui ne voudraient pas revenir sur leurs pas , pourront aller rejoindre l’auberge de Laggan (K. ci-dessous), par la source et la vallée supérieure de la Spev, ou gagner le Loch Lochy (F. route 47), par le Glen Turrit et les montagnes. On compte 10 m. du pont de Roy à la ferme de Glen Roy, et de cette ferme 47 m. environ au pont de Laggan, et 6 m. au Loch Lochy.

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