PAYER NE
des matériaux tirés des ruines de l'ancienne Arenticum, la cathédrale et une abbaye de Bénédictins qu'elle dota richement. Lors de la réformation, l'église fut métamorphosée en halle au blé et le couvent en château, puis en école. Les rois de Bourgogne, de U maison de Strœttlingen , fixèrent leur résidence à Payerne. Grâce à ses fortifications, dont il ne reste plus que quelques tours , cette ville résista , en 1233, à l'empereur Rodolphe de Habsburg, et, en 1373, aux Valaisans.
Passée plus tard sous la domination <!e la maison de Savoie, elle jouit de grandes franchises, envoya des députés aux Etats, et fit des alliances avec Berne et Fribourg. Quand Berne soumit le pays de Vaud, elle acheta la soumission de Payerne, son alliée, par la concession des biens de l'abbaye, qui fut sécularisée. En 1798, Brune y établit son quartier général , jusqu'à ce que les renforts qu'il attendait lui permissent de marcher contre la ville de Berne.
• L'église de Payerne, construite par la reine Berthe et transformée depuis en halle au blé , est précédée , dit M. Blavignac, par un porche dont la masse s'élève au-dessus du corps du bâtiment et qui porte le nom de tour de Saint-Michel ; elle offre à l'intérieur trois nefs et un transsept flanqué de chapelles sur la face orientale. Ces chapelles, ainsi que l'abside qui termine la nef centrale, affectent la forme semi-circulaire. L'église est entièrement voûtée en berceau dans la nef et en arêtes soit dans les bas côtés , soit dans les transsepts et le chœur.
L'axe ne forme point une ligne droite ; se brisant au centre sur la croisée, il fléchit du côté méridional d'une quantité qui peut être évaluée à 45 centimètres au milieu des murs de l'abside.
< Le clocher , établi sur la croisée , est une œuvre élégante du xv* s. ; la flèche du couronnement fut reconstruite en 1 645 , après un violent orage qui renversa l'ancienne.
« L'extérieur et l'intérieur offrent
plusieurs sculptures dignes d'attention; on remarque aussi dans la nef des peintures, postérieures de beaucoup à l'érection de l'église. »
Une fontaine a été construite entre l'ancienne église et la nouvelle . cello qui sert actuellement au culte et qui n'offre aucun intérêt architectural. On peut visiter, à l'intérieur de cette dernière, le tombeau de la reine Berthe, retrouvé en 1817 sous la tour Saint - Michel de l'ancienne cathédrale. Des fouilles subséquentes faites dans le chœur de la même église ont fait découvrir d'autres tombeaux assez bien conservés. On montre aussi aux voyageurs La selle de la reine Berthe. a Elle est fortement construite en bois et en fer, dit M. Simond; mais ce qui la rend plus remarquable , ce sont deux gaines spacieuses, une de chaque côté, en forme de culottes, et faisant partie de la selle. Elles étaient destinées à recevoir et garantir les cuisses de S. M., qui ne pouvait être ainsi désarçonnée. Il est peu probable qu'aucun cavalier ait jamais fait usage de semblables précautions. Cette selle était, par conséquent, à l'usage d'une femme, d'une femme de qualité, sans doute; elle est d'ailleurs pourvue d'une ouverture destinée à recevoir la quenouille. Donc c'était la selle de la reine Berthe, car la reine Berthe filait à cheval. Reste à savoir comment cette bonne reine parvenait à s'y placer. »
Du reste, les traditions de cette époque sont restées dans tous les esprits comme un souvenir de l'âge d'or, et, lorsqu'on veut parler d'un siècle heureux, on dit : C'était du temps ou la reine Berthe filait.
A .Yverdun et à Estevayer, R. 17 A.; — à Fribourg, R. 18 B.