‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 220 sur 865 · ROUTE 32] SÀLLANCHES. — AIGUILLE DE VARAN · texte numérisé non relu

ROUTE 32] SÀLLANCHES. — AIGUILLE DE VARAN

sure, du lac de Flaine, situé sur la montagne. — On y entend aussi un écho magnifique.

Au delà d'Oez, hameau (1 h.), on laisse â g. la cascade du Nant ou torrent d'Àrpenaz, qui se précipite, en vapeuT le plus souvent, de 260 met. le long d'une paroi verticale de rochers.

A dr., de l'autre côté de l'Arve, s'élève la longue muraille calcaire, dont l'extrémité sud est la Pointe d'Arreu (2468 met.), pyramide avancée de la vallée de Doran. Au fond de la vallée , qui s'élargit de plus en plus, le sommet du Mont-Blanc commence à se montrer en deçà de

40 min. (6 h. de Bonneville, 11 h.

de Genève), Saint-Martin (hôt. : du Mont-Blanc (cher), de la Croix-Blanche; chevaux, chars, mulets pour Chamonix et les environs), village situé au pied de la helle Aiguille de Varan (2692 met.), sur la rive dr. de l'Arve. S. B. Les piétons qui ne veulent pas séjourner à Sallanches vont directement à Chède.

Traversant l'Arve sur un pont qui offre un beau point de vue, on se dirige en ligne dr. sur

15 mm. Sallanches (hôt. : Beltctue et Léman), V. de 1943 hab., complètement réduite en cendres le 19 avril 1840. Une ville neuve, à rues droites et larges et aux maisons de pierre s'est élevée sur (et près de) l'emplacement qu'occupait l'ancienne ville, aux rues étroites et tortueuses et aux maisons de bois. — C'est le point le plus favorable pour voir le Mont-Blanc et pour bien jouir de son illumination au coucher du soleil. En portant les regards du S. E. au S. 0., on découvre successivement l'Aiguille Verte, l'Aiguille du Midi, le Mont- Blanc du Tacul et l'Aiguille sans nom, confondues à Chamonix, sous le nom de Monts- Maudits, le sommet du Mont-Blanc, le Dôme et l'Aiguille du Goûter, les Aiguilles de Bionnassay, de Miage et île Trélatête. — Du reste, les environs offrent un grand nombre de promenades et d'excur-

sions intéressantes. Si les horreurs de la brasse ont perdu leur caractère, les montagnes boisées de Domenci, de Combloux, de Cordon et de Saint-Roch méritent d'être visitées. Entre Saint- Gervais et Sallanches, notamment audessus de Domenci, une ancienne moraine attire l'attention des géologues.

On peut aller à Saint-Gervais (F. cidessous), — à Combloux et à Mégève (R. 8), — au Mont-Joli (R. 8). — au lac de Flaine (R. 35). — Du sommet de la Téte-Soire (1693 mèt.), une des cimes de la Montagne-des-Tétes qui domine Sallanches (2 h.) , on jouit d'une vue admirable. Pour y monter, on prend le chemiu de Cordon, village qu'on laisse à g. — Plus loin vers l'Ouest s'élève la cime de la Végey, qui domine la Montagne-des-Tétes, d'un accès difficile du côté de la vallée de l'Arvé, mais très -facile par l'autre versant, et au S. de laquelle un col, le Juillet, permet de passer de la vallée de Sallanches à la Giétaz et aux Aravis ou à Saint-Nicolas et à Fluraet. — On découvre un panorama encore plus étendu et plus beau sur la chaîne du Mont-Blanc, les montagnes du Dauphiné, le Jura et les glaciers de la vallée de Sixt , du haut de la Pointe d'Arreu (4 h.), à laquelle on monte par la vallée de Doran et la Forcle et d'où l'on peut descendre dans la vallée du Reposoir. Cette course est un peu difficile.

Enfin on*peutfallerde Sallanches ou de Saint-Martin visiter le désert de Platey, et faire l'ascension de l'Aiguille de Varan, ainsi nommée du lieu dit vers Haon que l'ou prononce en patois Varan (cette excursion, qui va être indiquée, demande au moins une journée). 8 min. \Relinges; — 15 min. le Preillos, passage taillé dans le roc; — 5 min. chalets du Crand-Arvey, au-dessous du rocher le Vané-ugay (prononcez Vanuguct); — 15 min. torrent de Crèvecœur, appelé plus bas Nant-de-Luzier ; — et 35 min. chalets de Vange. Tournant alors à dr., on entre dans la val-

lée d'f/aon ou de Varan, au fond de laquelle coule le torrent qui va former la cascade d'Arpmax. On traverse ensuite la magnifique forêt de sapins et de platanes de Vange ou de Meute*, et on atteint, en 40 min., les pâturages et les chalets de Varan (1606 mèt.), au tond d'un cirque formé de rochers à pic continus qu'on escalade par la cheminée de Monthieu et un mauvais pas. 35 min. plus haut sont les pâturages de Monthieu, aboutissant à un col situé entre la pyramide de la Croix de Fer, à g. (2311 mèt ), et le Colnel à dr. : seule ouverture praticable dans cette partie de la chaîne de Varan. — Là commence le désert de Platey, plateau calcaire de plusieurs lieues d'étendue, et crevassé par l'action dissolvante des eaux à la maniîre des glaciers; il s'étend depuis le col de Monthieu, à PO., jusqu'aux Pointes Pelouse, du Griffon et de Sales, à l'E., et depuis le lac de Flaine jusqu'aux degrés de Platey, du N. au S. — Remontant pendant 40 min. cette gorge aride, on arrive à la hauteur d'un rocher situé à g. et nomme VÉpoule. De là, ou peut, soit gagner la Pointe Pelouze, soit descendre à g., en 45 min., au lac de Flaine (R. 35); — ou bien , s élevant à dr. par une suite de dômes, gagner eu 1 h. 45 m. les chalets de Platey (K. 39); — ou gravir, en appuyant encore plus à dr., l'aiguille la plus é;evée de la chaîne, la Colonne (2692 mèt.), désignée par une pyramide qu'y ont construite les ingénieurs sardes; — ou enfin faire l'ascension de l'Aiguille de Varan qui, haute de 2611 met., offre un admirable panorama ( 10 à U h.

de Sallanches, aller et retour); et, plus au S., atteindre la Pointe et les chalets de Barme-Rousse.

On peut aussi monter à l'Aiguille de Varan par les dernières maisons de Passy, les chalets de la Charbonnière, les escaliers et le désert de Platey (R. 39).

De Sallanches à Albertville, par la vallée de Megève, R. 8 -, — à Sixt, par les lacs

de Flaine et de Gers, R. 3S; — anx Bains de Saint-Gervais , V. ci-dessous; — au Mont-Joli , V. ci-dessous Saint-Gervais, et R. 8.

De Sallanches A Chamonix , par Saint- Martin et Servos.

6 h. l.î m. de Sallanches-, 6. h. de Saint- Martin. — Bonne route de chars qui doit être rectifiée. — De Saint-Martin on de Sallanches à Chamonix , on paye 5 fr.

par personne pour monter et 4 fr. pour descendre. Les touristes feront bien de s'adresser directement aux messageries.

Cei tains guides et les sommeliers prennent parfois des courtages exorbitants.

Après avoir repris à Saint-Martin (15 min.) la route de Genève à Chamonix, on traverse en ligne droite la plaine de Sallanches tristement ravagée, notamment en 1852, par les débordements de l'Arve (de grands travaux ont été faits pour les prévenir), et, laissant à g. (45 min.) les escarpements inférieurs de l'Aiguille de Varan, puis le village de Passy, dont l'église renferme quelques inscriptions romaines hien conservées et deux ex-voto antiques en l'honneur du dieu Mars (de Passy à Sixt par les Escaliers de Platey et la Portettc, R. 39) on gagne eu 1 h. le hameau de Chède, où finit la vallée de Sallanches, et où l'Arve, qui fait plusieurs chutes entre les rochers de son lit, ne permet plus de suivre ses bonis trop escarpes (de Chède aux Bains de Saint-Gervais, à dr., 50 min. F.

ci -dessous).

A g. de Chède (15 min. env.) on aperçoit la jolie cascade du même nom, qu'il faut aller visiter de près.

Un charmant sentier y conduit. A dr., le village de Saint-Gervais couronne la crête d'une colline fort élevée, appuyée à la montagne de Vaudagne, que termine en cet endroit la sommité appelée Tête de Mont-Fort. Le joli lac de Chède, situé à 15 min. du hameau de ce nom, et dans les eaux pures et tranquilles duquel se réfléchissaient les glaciers du Mont-Blanc,

[ROUTE 32] SERVOZ

GHAMONIX.

a été comblé par une avalanche de pierres vers la fin de l'été de 1837.

La route en côtoie le lit, s'élève à dr. au-dessus des chutes de l'Arve que traverse le pont aux Chèvres (d'où un sentier plus court que la route conduit au pont Pélissier en 1 h. 10 min. environ par le hameau le Chatelard), et franchit (15 min.), au fond d'un ravin creusé dans un sol d'ardoise, le Nant ou Torrent-Noir, qui, après de fortes pluies, grossit au point de" rendre pendant quelque temps toute communication impossible. Au delà de ce torrent la vallée s'élargit.

30 min. Servoz (hôt. de V Univers), v. de 453 hab., situé à 800 met. et divisé en deux parties, éloignées l'une de l'autre de 10 min. env. Le Bouchet (la deuxième partie) renferme l'église et un cabinet de minéralogie au delà du pont de la Dioza. — On y découvre une belle vue sur le Mont- Blanc.

Au - dessus de Servoz , s'élève la chatne des Rochers des Fiz, dont une partie s'écroula en 1751 avec un si grand fracas et une telle poussière, que les habitants des vallées voisines envoyèrent dire à Turin qu'un volcan venait de faire explosion dans les Alpes. Entre les Aiguilles d'Ayer à l'O.et d'Anterne à TE., on remarque l'éboulement désigne sous le nom de Dérochoir; à l'E. et au S. se dressent le Pormenax, le Chaillod et la Montagne-de-Fer.

A Sixt, par le col d'Anterne et le Dérochoir, R. 40. — au Buet, R. 33.

A g. du pont de la Dioza un petit monument a été érigé à la mémoire de F. A. Eschen, qui périt, en 1801, sur le Buet, parce qu'il refusa de suivre les conseils de son guide. La route longe la base de la Montagnede-Fer, renommée par ses beaux fossiles végétaux. Adr., sur le haut d'un rocher, se voyaient jadis les ruines du château de Saint-Michel, non loin desquelles (Î5 min. de Servoz) on

SUISSE

traverse l'Arve sur un pont de bois, nommé le Pont Pélissier.— La cime du Mont-Blanc se cache derrière le Dôme du Goûter, pour ne reparaître qu'aux environs de Chamonix. — La route, qui doit être rectifiée, et qui sera encore plus pittoresque, gravit, sur le roc vif, la côte des Montées, dominant la gorge étroite au fond de laquelle l'Arve se brise en écume. On peut remarquer à chaque pas l'action des anciens glaciers qui ont poli et arrondi les roches et déposé çà et là de gros blocs erratiques de protogine descendus des hauteurs du Mont-Blanc. Le torrent appelé Nant de Naxjen marque la limite supérieure de ce dé61é, qui a environ 40 min. de long. Tournant alors à g., on ne tarde pas à entrer dans la vallée de Chamonix (R. 33). On y traverse d'abord (15 min.) les Oitches ou Houclws (hôt. des Glaciers, d'apparence modeste) , l'une des trois paroisses de la vallée de Chamonix, d*où l'on aperçoit déjà le l*rieuré.

« Le fond de la vallée, en forme do berceau, dit M. Pictel, est couvert de prairies, au milieu desquelles passe la route, bordée de petites palissades.

On découvre successivement les différents glaciers qui descendent dans cette vallée, au milieu des bois et des riches moissons; on n'aperçoit d'abord que celui de Griax et celui de (30 min.) Tacconay, suspendu sur la pente d'une ravine, dont il occupe le fond; mais bientôt les regards sont attirés par (20 min.) celui des Bossons, qui descend des sommités voisines du Mont-Blanc; on découvre enfin, de loin, le grand glacier des Bois. La grandeur des objets trompe sur les distances. »

10 min. au delà du glacier des Bossons, on franchit l'Arve sur le pont de Pérolataz, près duquel sortent, au pied des rochers, de belles sources, (l'écoulement du lac du Brévent), et, 30 min. au delà de ce pont, on arrive au Prieuré ou Chamonix, ch.-l. de la vallée de ce nom (R. 33).

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