A. PAR CHAM0N1X
14 h. environ: 8 h. pour monter, 6 b. pour descendre. De Chamonix à Argenture , a h.; d'Argentière à la Pierre à Bérard, 3 h. ; de la Pierre à Bcrard au Buet, 3 h. 15 m (par le col de Salenton, 4 h.). — Guide nécessaire. (Par la Pierre à Bcrard, en un jour, 15 fr. ; en deux jours, avec retour facultatif par Villy et le Brevent , '20 fr. ; avec descente sur Sixt, eu un jour, 15 fr. ; en deux jours, 20 fr.; retour du guide à Chamonix, en plu», 8 fr. -. descente sur Martigny , retour du guide compris , '26 fr. ; chaque journée du guide en plus , t> fr. — Pour le mulet, si la course est faite dans la même journée, le mulet restant à la Pierre à Bérard , U fr. ; en deux jours, \'2 fr. — On peut aussi , afin de rendre la journée moins fatigante, aller coucher à Argentière ou s'y faire conduire en char. — Les deux tiers du chemin sont praticables à mulet. — N. B. On peut aussi monter au Buet par le B ré vent. (V. ci-dessus le Brévent.)
L'ascension du Buet — une des plus belles courses des Alpes de la Savoie — n'est ni dangereuse ni môme
difficile. — Elle peut se faire de Çhamonix, de Servoz et de Sixt.
2h. deChamonixà Argenuère. R.43.
Au delà d'Argentière, le chemin monte à g. par le ham. de Tréléckent, d'où l'on découvre une belle vue avant d'atteindre la gorge solitaire des Montets (1445 mèt.) : on descend ensuite, en laissant à dr. le chemin de Valorsitie (R. 43), au ham. de Poyas (1316 mèt.), puis vers le ham.
de la Coûterait, on commence à côtoyer de près le torrent de l'Eau Noire ou Eau de Bérard. A 15 min.
env. ce torrent forme une belle cascade qu'il faut aller visiter de près.
Non-seulement elle est fort belle, mais le sentier pittoresque qui y conduit passe dans des cavernes formées par d'énormes blocs de granit qui sont tombés du Mont-Lognia. (F. R. 42, col de Genévrier). Un Pavillon y a été construit. Un peu au-dessus de ce pavillon on franchit le torrent de Bérard pour s'élever entre des blocs énormes de rochers tombés du mont Oreb, dans une vallée étroite et tortueuse qui, courant de l'E. N. E. à l'O. S. 0.. entre la chaîne des Aiguilles-Rouges à g. et le Mont-Lognia à dr., va aboutir, sur le versant N. E. du Buet, à un passage conduisant dans la vallée de Sixt. Le chemin gravit tantôt des pentes de pierres éboulées ou de gazon, tantôt suit le fond de la vallée jusqu'à (2 h. env. de la cascade) la Pierre à Bérard (1930 mot.), grand rocher plat détaché de la montagne, et sous lequel avait jadis été établie une laiterie. Un chalet (cher), renfermant quatre lits, y a été construit. Là, on était obligé de laisser les mulets et de faire le reste de la montée à pied. GrAce aux travaux entrepris, les mulets vont jusqu'au-dessous du col de Salenton, à 1 h. de la Pierre à Bérard, au pied des éboulements appelés périère de Salenton. — Gravissant alors des plateaux de ueige très-inclinés, on laisse à g. le coi de Salenton , dominé par l'Aiguille de ce nom (2681 mèt) , au-
dessus duquel se trouve un rocher dont la base présente des sièges naturels qui semblent inviter le voyageur à s'y reposer. Ce singulier rocher à reçu le nom de Table au charUre.en mémoire de M. Bourrit, chantre de la cathédrale de Genève, qui s'y arrêta pour dîner lors de sa première course au Buet. On continue de monter, soit en suivant de longues arêtes de rochers calcaires détruits et brisés à la surface, soit en marchant sur les neiges qui remplissent les intervalles de ces arêtes. Près du sommet, on trouve le Château Pictet, petite cabane bâtie en dalles d'ardoises par M. A. Pictet, qui la construisit pour se mettre à l'abri du vent et pour attendre que les brouillards fussent dissipés.
Le sommet du Buet (3 h. 15 min.
de la Pierre à Bérard ) , connu aussi sous le nom de la Mortine et haut de 3109 mèt. (3039 mèt. le signal), présente l'aspect d'une calotte ovale coupée à pic à une grande profondeur du côté du S. (où ses rochers se montrent à nu et recouverts de couches de neige durcie, entassées les unes sur les autres), et se terminant à TE., au N. et au N. 0. par des murs de glace qui lui ont fait donner le nom de Glacier (il faut bien se garder de s'avancer jusqu'au bord) .
Le panorama du Buet est, après celui du Mont-Blanc, le plus beau et le plus extraordinaire rte toute la chaîne des Alpes. Voici, selon de Saussure, les noms des principales montagnes qui bordent l'horizon : le Mont-Blanc, les montagnes de la Savoie, et peut-être du Dauphiné, la Tournette, l'Écluse, le Jura, la Dôle, la Dent du Midi, la Gemmi, la Jungfrau et les autres cimes de l'Oberland bernois, le Grimsel, la Furka,le Saint- Gothard. le Simplon, le Mont-Vélan,le Mont-Rose, le Combin, au N. E. du grand Saint-Bernard, l'Aiguille et le glacier du Tour, le glacier d'Argentière, l'Aiguille d'Argentière, et, àdr., au-dessus d'elle, l'Aiguille du Dru, le Mont- M aile t ou le Géant, les Aiguilles
de Chaînerait. Au second plan, on remarque les Aiguilles Rouges, la vallée de Mégève, au deh de SaHanches, la chaîne des Fiz, la vallée île l'Ane et Bonneville, le Môle, Genève, les Voirons, une portion du Léman entre Rolle et Morges, les Dents d'Oche et les montagnes d'Abondance ; la vallée du Rhône, entre Brieg et Sion ; le col de Balme, le Mont-Lognia ou de Chesnay; la vallée de Bérard. par laquelle on est monté ; les pâturages des Fonds et la vallée du Giffre, où est la ville de Tanninges.
On peut descendre, en 2 h. ou 2 h.
30 min., au chalet, et du chalet, en 2 h. 30 min., à Argent iL-re.
B. PATI SLHVOZ.
2 jours. — On couche le premier aux chalets de Villy.
Servoz. (F. ci-dessus, p. 161.)
De Servoz, plusieurs chemins conduisent aux chalets de Villy. L'un (4 h. 30min.) passe par le village du Mont el suit le sentier du col d'An terne entre la montagne de Pormenaz, à dr., et les rochers élevés des Fiz à g., puis, quittant le chemin du col d'Anterne et laissant à dr. les chalet* de Moëde (1878 mèt.), traverse les chalets de VÉcuelle (188C mèt.), pour atteindre ensuite ceux de Villy.
Le deuxième (,r> h.) passe par le hc et les chalets de Pormenaz et rejoint le premier aux chalets de rficuelle.
Le troisième (8 h. env.), plus intéressant pour un naturaliste, gravit, en partant de Servoz, la base du Grèvent, liisse à g. le torrent de la Dioza et la montagne de Pormenaz, traverse (1 h. ) le hameau du Mout-Vautier.
laisse à dr. (I h.) le lac du Brévent, puis gagne, en 3 h. 30 iniu. env., un bassin fort irrégulier, environné de rochers et qu'on nomme le lac Cornu (2 261 mèt.) à cause de sa forme {F.
p. 176). De ce lie, il se dirige au N., et vient passer (1 h. 30 min.) aux chalets de la Barme(\ 774 mèt.), situés près d'un énorme rocher sous Tune des faces duquel s'ouvre une
sorte de caverne (Banne dans le patois du pays), au débouché d'un vallon dont l'extrémité supérieure est terminée par un petit gheier qui descend du pied des Aiguilles Rouges et qu'on appelle le Dard. Près de ces chalets ou rejoint le chemin qui conduit (45 min.) à ceux de Villy.
Les Chalets de Villy, régis par une association de propriétaires, sont situés, à 1 833 mèt., dans un vallon que domine le Buet. On y trouve une espèce de gîte pour la nuit ; mais il faut avoir soin d'y apporter des provisions, sous peine d'y souffrir de la faim. Apr.'s avoir remonté (1 h.
.30 min.) ce vallon jusqu'au col de Salentonqui s'ouvre à 2 475 mèt. (les mulets ne montent pas plus haut), on s'élève, par des pentes escarpées et couvertes de flaques de neige, au sommet du Buet (2 h. à 2 h. 30 min.).