ASCENSION OU MONT-BLANC
17 h. pour monter, 3 h. pour descendre. — Tarif des guidés pour l'ascension du Mont-Blanc, soit par les Grands Mulets, soit par l'Aiguille du Goûter (1 guide ; V. p. 165 le nombre exigé), 100 fr.; — si l'on n'atteint, dans le cours de cette ascension, que les Grands-Mulets ou la cabane de l'Aiguille du Goûter, 40 fr.; — si l'on n'atteint que le grand Plateau ou le Dôme du Goûter, 60 fr.;— si l'on n'atteint que le Corridor ou la Bosse du Dromadaire.
80 fr. ; — la course des Grands Mulets, seule et en un jour, 20 fr. ; — en deux jours, 30 fr.; — la course de l'Aiguille du Goûter par le Pavillon de Bellevue, 30 fr. ; — la course au grand Plateau ou au Dôme, soit par les Grands Mulets, soit par la cabane de l'Aiguille du Goûter, arec séjour, et vict t>er*d, 50 fr.
Tarif des porteurs. — Pour chaque porteur, dans les courses extraordinaires,
le poids des bagages des voyageurs ne dépassera pas 15 kilog. et 10 kilog. depuis le grand Plateau pour atteindre le sommet du Mont - Blanc ; — la course des Grands Mulets, 10 fr. ; — la course du grand Plateau, 20 fr.; — pour atteindre le Corridor, 30 fr. ; — au sommet du Mont-Blanc, 4o fr.; — à la cabane de l'Aiguille du Goûter, 15 fr.; — au Dôme du Goûter, soit par les Grands Mulets, soit par l'Aiguille du Goûter, 20 fr.
— Tarif des mulets : Pour la course au Mont-Blanc, le mulet montant au chalet de la para, 6 fr.; — à la Pierre-Pointue, 9 fr.
« Quoi qu'il en soit, dit M. Markham Sherwill, en terminant la relation de son voyage au Mont-Blanc, je ne conseillerais à personne une ascension dont le résultat ne peut jamais avoir une importance proportionnée aux dangers qu'on y court et qu'on y fait courir aux autres.... »
L'ascension des Grands Mulets et même du grand Plateau doit être au contraire très-recommandée à tous les touristes déjà habitués aux courses des glaciers.
Sans aller jusqu'aux Grands Mulets, on peut monter à la Pierre de l'Échelle (4 h. 30 min.), d'où Ton découvre une vue magnifique.
JV. B II est très-nécessaire, lorsque l'on fait l'ascension du Mont-Blanc, d'emporter des vêtements très-chauds, des voiles et des lunettes de couleur. V. les conseils aux voyageurs. Les provisions que les guides font emporter sont toujours en trop grande quantité et inutiles.
Le Mont-Blanc , la plus haute montagne de l'Europe (4810 mM. d'après les Wavaux de l'état-major français (capitaine Mieulet) , a été gravi pour la première fois, en 1786, après plusieurs tentatives inutiles, par Jacques Bal mat, et le docteur Paccard. — L'année suivante, le célèbre naturaliste de Saussure y monta avec dix-sept guides, et y fit des observations scientifiques importantes.
Depuis cette époque, un grand nombre de voyageurs de toutes nations (môme des femmes) sont parvenus jusqu'au sommet. Mais les ascensions scientifiques de MM. Bravais , Martins et Le Pileur (29 août 1844) et Pitscbner (30 août 1861) méritent seules une mention spéciale.
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En 1820, le docteur Haniel, Russe, M. Durnford, un autre Anglais et douze guides, parvenus au-dessus du Grand- Plateau, sur la pente qui conduit de là aux Rochers-Rouges, furent atteints par une avalanche qui emporta une partie de la caravane, et trois guides périrent dans cette horrible catastrophe. — Julien Devouassoud et Joseph Couttet purent être retirés d'une crevasse dans laquelle ils étaient tombes. Tout récemment (1863 et 1864) des ossements et des débris de vêtements appartenant aux guides qui avaient péri dans cette avalanche, ont été retrouvés à la partie inférieure du glacier des Bossons.
L'ascension du Mont-Blanc parChamonix et les Grands-Mulets exige en général deux journées. Quelques touristes l'ont faite en un seul jour. Le premier jour on va coucher aux Grands- Mulets, le second on monte au sommet et l'on redescend àChamonix.
De Chamooix aux Orands-Muleit.
On traverse l'Arveau sortir de Chamonix eomme pour aller au Montanvers, et, tournant à dr., au delà du pont, ou gagne (:10 min.) h1 hameau des Pèlerins, qu'une forêt de sapins protège contre les avalanches du printemps. On monte ensuite par des pâturages escarpés. A dr. on domine le glacier des Bossons, dont on est séparé par un grand couloir au fond duquel s'entassent des neiges et des glaces , débris des avalanches. Continuant à s'élever le long des moraines, on atteint en 1 h. ;$() min. le chalet de la Para, où Ton trouvé du lait excellent (1605 mèt.).
Du chalet de la Para un chemin établi par les soins «le M. Venance Payot, alors maire de Chamonix, conduit a (1 h.) la Pierre -Pointue ('2U49 met.), où un pavillon a été construit.
Là cesse le sentier praticable aux mulets. La vue que l'on découvre de ce point est déjà très-belle, mais le sentier devient de plus en plus dif-
MONT-BLANC. [ROUTE Zk]
ficile, et bientôt on domine les moraines.
A 1 h. 15 min. de la Pierre- Pointue, se trouve la Pierre de l'Échelle, bloc de granit d'environ 12 à 15 mèt. de haut, et qui forme une caverne sous laquelle on abritait jadis l'échelle qui servait aux ascensions du Mont-Blanc.
On s'y arrête habituellement pour déjeuner, car on y est parfaitement en sûreté contre les pierres qui descendent quelquefois de l'Aiguille du Midi.
— On y jouit d'une vue magnifique.
— Un coup de pistolet tiré à cet endroit est répété par un écho très-remarquable.
En quittant la Pierre de l'Échelle, on tourne à dr. pour gagner le bord du glacier des Bossons, dont l'entrée est presque toujours difficile. On marche environ un quart «l'heure sur des blocs inclinés en divers sens, sur des dos d'Ane, bordés de crevasses larges et profondes ; puis on arrive au couloir de l'avalanche de l'Aiguille du Midi, qui a près de 200 mèt. de large. On le traverse en marchant le plus vite possible ; car quelquefois en revenant on y trouve les traces d'une avalanche récemment tombée. C'est là le point le plus dangereux jusqu'aux Grands-Mulets. Alors on s'attache à la corde pour marcher sur une vaste plaine «le neige, légèremeut ondulée, sous laquelle d'immenses crevasses s'étendent <lans tous les sens. Quand les crevasses sont trop larges pour être enjambées en sautant, on les franchit à l'aide «l'une échelle posée d'un bord à l'autre et servant de pont. Le guide qui inarche le premier sonde avec précaution, et à chaque pas, devant lui et sur les côtés; il a soin de diriger la route de manière à ne pas longer les crevasses indiquées par les ondulations de la neige, mais à les couper autant que passible à angle droit. On avance ainsi lentement, et Ton arrive bientôt à la région des séracs. Ce sont d'énormes blocs de glace d'une forme à peu près cubique, et qui out quelquefois !0 mèt.