‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 287 sur 865 · DE SI ERRE ET DE SUSTEN A THUN. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE SI ERRE ET DE SUSTEN A THUN. [ROUTE

3° (2 h. 30 min.). Le Guggerhu- I bel, hauteur qui intéressera vivement le botaniste et le géologue : on y monte soit à pied par le sentier roide du Pas du Loup, soit à mulet, par (1 h. 30min.)Chermignon(1430nièt.), d'où l'on jouit déjà d'une belle vue; la distance est la môme. On y découvre la vallée du Rhône et les Alpes Pennines.

4° (3 h.) — 45 min. de la Guggerhubel, vue plus étendue), le Galmhorn (2463 ma.).

5° (4 à 5 h. pour monter, 3 h.

pour descendre). 1^ Torrenthom ou Mainghorn (2950 mét. ). Le sentier qui conduit au Torrenthom s'ouvre à quelques pas de l'hôtel des Alpes, et s'élève en zigzag vers l'E. Bientôt, tournant à dr., on suit la direction du S. 0. , à l'ombre de bois touffus. On gravit ensuite des pentes gazonnées. Peu à peu toute végétation cesse. En arrivant au sommet, sur une arête que les mulets ne peuvent gravir, on aperçoit tout à coup un immense précipice que l'on ne voyait pas en montant. Du point culminant, on découvre un panorama magnifique sur les deux chaînes des Alpes Bernoises et des Alpes Valaisannes, de la Dent de Mordes à l'Aletschhorn . et du Fletschhorn au Mont - Blanc. — S. B. Cette ascension mérite une recommandation particulière.

On peut du Torrenthom descendre en 4 h. à Ferden (R. 57) dans le Lôtschenthal. En contournant le Torrenthom à l'E. on gagne en 2 h. le col de Faldum situé entre le Rothhorn et la Laucherspitze, et d'où l'on descend en 2 h. à Ferden.

6a Pour les ascensions du Rinderhorn et de PAltels, V. ci-dessous.

DES BAINS DE LOUÈCHE A KANDERSTEO.

6 h. 30 min. — Bon chemin de mulets. Un guide n'est nécessaire que quand le temps n'est pas sûr. — V. ci-dessus Je tarif.

Une paroi verticale de plus de 800 mèt. domine au N. 0. les Bains de

I Louèche. Cette paroi appartient à la Gemmi, haute montagne de la chaîne des Alpes Bernoises qui sépare la vallée de Leuk de celle de la Kander, et dont les formes ne sont pas moins extraordinaires que les couleurs. — 30 min. env. après avoir quitté les Bains , on arrive au pied même de cette paroi , où l'on entend un écho magnifique, et sur laquelle on hésite à croire qu'il soit possible de monter.

Au milieu du xvnr* s., un sentier difficile et dangereux traversait déjà la (femmi; mais, de 1736 à 1741, es gouvernements de Berne et du Valais firent construire à frais communs la route actuelle par une compagnie d'ouvriers tyroliens. Cette route, en zigzag, praticable pour les bétes de somme , présente un développement d'environ 3280 mèt. des Bains au col.

Sa largeur varie de 1 à 2 met. , et elle est, en diverses places, garnie de garde-fous. Klle n'offre aucun danger, mais les voyageurs sujets aux vertiges feront bien, en certains endroits, de prendre la main de leur guide. On nomme Grande galerie l'endroit où le roc surplombe. De l'autre côté de la gorge, on aperçoit un trou taillé dans le rocher, auquel conduit une échelle, et qui servit, dit-on, d'ermitage et de corps de garde.

11 faut 1 h. 45 min. env. pour monter du pied de celte paroi jusqu'à son sommet, situé à 2302 mèt., c'est-àdire à près de 900 mèt. au-dessus des Bains de Louèche, et à 1000 mèt. audessus de Kandersteg. On y trouve souvent de la neige au milieu de l'été. Parvenu enfin au col , le voyageur jouit, en se reposant, de la vue ma* gnifique qu'il a déjà admirée en détail pendant la montée. A ses pieds, s'étendent la vallée de Louèche , le ravin de la Dala, une partie de la vallée du Rhône, et, au-dessus des montagnes qui dominent la rive g. de ce fleuve, se dressent les plus hautes cimes de la chaîne des Alpes du Valais et du Piémont. On y remarque surtout les Mischabelhœrner, le

[R. 56] LA GEMMf, — LE RINDERHORN. — L'àLTELS. 257

Weisshom.- qui cache le Mont-Rose, le Brunegghorn, le Schwarzhorn , le Mont-Cervin, la Dent de Ferpècle, la Dent Blanche, le Colon, la Pigne (l'A roi la, etc. Du sommet du Daubenhorn, on voit le Mont-Blanc et le Combin.

Le col de la Gemmi ou Daube est

dominé à l'O. par le Daubcnlwrn 2880 mét.), et par le Ltemmernhorn.

(31 15 met), au N. 0. par le Strghorn (3149 mèt.) et le WildstruUel (3258 mèt). Entre le Daubenhorn et les escarpements du Steghorn ou du Schneehorn . s'étend le glacier de La>mniern . que l'on peut traverser pour se rendre (V. ci-dessous), à An der Lenk et à Adelboden. — Les sommités qui s'élèvent au N. E. sont : les Platlenhœrner ('2849 mèt.) ;— le Rii\tlnhorn (3 MA mèt.) ; — ï Miels (3634 nu* t.) et le Dadelishorn (2509 mèt.).

Au delà du col , le sentier traverse des rochers nus, stériles, polis, recouverts anciennement d'un grand glacier, et bientôt on atteint (lô min.) l'extrémité S. du petit lac de Daulen (2200 mèt.). Ce lac, foriué par les eaux du glacier de Laemmern, n'a pas d'écoulement apparent; profond de 3 ou 4 met., larjtçe de 2 à 300 mèt. et long de 800 mèt, il est gelé pendant neuf ou dix mois de Tannée. Mien de plus triste, de plus nu, de plus sauvage dans toutes les Alpes que cette partie du passage.

Arrivé à (25 min.) l'extrémité N.

du lac, on descend, à travers des débris, à l'auberge isolée du

(15 min). Schicarenbach , située à 2065 mèt. (8 lits). On y paye 30 cent, par mulet et 5 cent, par piéton pour l'entretien de la route. C'est dans cette espèce d'auberge que le poète allemand Werner a placé la scène d'un drame bien connu, intitulé le 24 Février. A l'O., s'élève le Felsenhom (2796 mèt.), derrière lequel s'étend le glacier Rothe-Kumm, à la base du Steghorn 13149 mèt), et du Thierhcernli (2904 mèt).

SUSSE

Ascension do Rlnderhorn (9 Ji.).

Les hardis touristes qui entreprennent cette course pénible, pour laquelle un guide est absolument nécessaire, vont généralement passer la nuit à l'auberge de Schwarenbach. En quittant Schwarenbach, on doit revenir sur ses pas jusqu'au lac de Dauben, puis monter dans un vallon latéral vers la muraille granitique qui réunit le grand et le petit Rinderhorn. Ce dernier, qui se dreise à g . couvert de débris de rochers éboulés, présente l'image de la désolation. En 5 h. env., on atteint, sans danger et sans grande fatigue, le sommet de la muraiile de rochers d'où

1 on jouit d'une vue magnifique sur les glaciers de l'Altels et du Balmhorn. Il faut ensuite gravir péniblement, à l'aide de la corde et de la hache, une haute paroi de glace au haut de laquelle on débouche sur une plaine de neige où l'on se repose d'ordinaire pour déjeuner. La dernière partie de l'ascension n'offre de difficulté qu'au point culminant, car les pentes redeviennent abruptes et il faut de nouveau tailler des degrés dans la glace. — A 6 h. île Schwarenbach , on atteint enfin le sommet du Rlnderhorn (3466 mèt), plateau de 30 à 40 pas de longueur. On y découvre un vaste et beau panorama. On aperçoit la vallée de la Kander, le lac de Thun, la vallée de la Dala, celle du Rhône, le Rhône lui-même, la chaîne qui sépare le Valais du Piémont, le Mont-Blanc, les Alpes de l'Oberland Bernois.

Ascension de l'Altels.

L'ascension de l'Altfcls (3634 met.), faite assez souvent pendant ces dernières années, mérite d'être recommandée aux touristes éprouvés, elle exige, outre un pied solide et une tète sûre, de bons guides, des cordes et des haches, car les pentes qu'il faut gravir sont si roides qu'une chute serait mortelle ; du reste « lie n'offre pas d'autres difficultés. M. Buxton, cite par M. Dali , donne les indications suivantes : de l'auberge de Schwarenbach au pied de la montagne, 1 h. 3o min.; à la limite des neiges, '2 h. 30 min ; au sommet,

2 h. (6 h.); pour la descente, 3 h. suffisent. Le chemin suivi varie selon l'état des neiges. La vue est très -grande et très-belle. Parmi les relations les plus intéressantes des ascensions de l'Altels, nous citerons celles de M. Hiuchliff (Summer Mjnlht among /ne Alps) et de M. Edmond de Felleuberg (juillet 1862;, publiée avec

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