‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 305 sur 865 · PAR LE COL DE COLON · texte numérisé non relu

PAR LE COL DE COLON

2 jours. — 18 à 20 h. — D'Aoste à Prarayen , chemin de mulets, 9 h. ; — de Prarayen a Evolena, chemin de piétons, io à il h., dont 5 h. sur les glaciers. — Guides et précautions nécessaires. — Voir Evolena (.R. 66) pour les tarifs.

2 h .:i0 m. à 3 h. Val Pellina (R. 58).

Laissant à g. la vallée dOllomont, par laquelle un chemin conduit au col de la Fenêtre (H. 58), on remonte au N. E. la belle et pittoresque vallée appelée Val Pellina, dont le torrent, le Buttier, sert au flottage des bois qui alimentent les forges de Val Pellina.

1 h. 45 min. Oyace (on peut loger chez le curé) village situé au-dessus d'une paroi de rochers qui semble intercepter tout passage.

[D'Oyace on peut se rendre à Chermontane par le col de Crète-Sèche (R. 58) et à Saint-Barthélémy par le col de Vesoney. Si l'on veut aller k Saint-Barthélémy , on descend d'abord, au milieu des arbres, par un sentier roide, au fond d'une gorge où on traverse le Buttier sur un pont de pierre construit en 1688. Le torrent coule à une grande profondeur, après avoir fait une chute au dessus du pont. Ce passage franchi, on s'élève, à travers une forêt de mélèzes et des prairies verdoyantes alternant avec des bouquets de pins, sur une sorte de plateau qui ressemble à un lac desséché, et au delà duquel on entre dans une forêt de magnifiques mélèzes croissant au milieu d'énormes blocs de rochers. On atteint ensuite des chalets situes à 1 h. 30 min. du col de Veaonay. il faut pour arriver à ce col (27 oo mèt. env. d'alt.) gravir des pentes de neige roides. On y découvre une belle vue sur la chaîne du

D'ÀOSTE A

EVOLENA.

Mont-Blanc, le Mont-Gclé, le Cervin, le Mont-Faroma, etc. Une descente facile, dans un vallon boisé , aboutit au village de Saint-Barthélémy où on loge chez le curé.]

Au delà (POynce, le chemin s'élève à une grande hauteur au-dessus de la vallée qui, à (1 h. lômin.)Biona,à 1817 mèt., le dernier village possédant une église (on peut y loger chez le curé),— prend le nom de Val Riona. Suivant alors un bon chemin construit par les Jésuites, on s'élève, dans un bois de pins, au-dessus du torrent qui coule au fond d'une gorge pittoresque. De ce point, on jouit en se retournant d'une belle vue sur 1 1 vallée. Devant soi on voit se dresser les derniers escarpements de la chaîne qui sépare le Val Riona du Val Tornanche.

En face du ham. des Puillay, on découvre le Passage de Montagnaja (3280 mèt. environ), par lequel on peut se rendre aux chalets de Baravei dans le Val Saint-Barthélemy. A La Léchère (1 h. 30 min.) le chemin redescend dans la vallée qui s'élargit et devient moins abrupte. Enfin, après avoir passé près de l'endroit où les gens du Val Biona battirent jadis les Suisses et qui porte chez les premiers le nom de Champ des lionmorts , chez les seconds celui de Champ des Malmorts, on atteint (2 h.) les chalets de Prarayen, situés à 2058 mèt., sur de beaux pâturages, à l'extrémité septentrionale du Val Biona, à l'entrée de la Combe d'Oren, et appartenant aux Jésuites d'Aoste. C'est là qu'on passe la nuit sur le foin. Si on y arrive de bonne heure, on peut encore aller visiter le glacier (1 h.) qui remplit au N. E. le fond de la vallée.

Des chalets de Prarayen on peut gagner : 1° le Val Saint Barthélémy par le Pas de Lexomea ou de I.uscney (3300 mèt. d'alt. env.) ; 2" Val Tornanche ou le Breuil par le col de Vacornère (R. 87) ; 3° Zermattpar le col de Val Pelîina (R. 66); 4° Evolena par le col des.Bouqueuns. (R. 66.)

En partant le lendemain des chalets de Prarayen, on revient un peu sur ses pas ; puis, après avoir suivi un aqueduc, on tourne brusquement à dr.

S'enfonça nt alors dans une gorge profonde, entourée de glaciers (elle s'appelle Combe d'Oren), on arrive au pied d'un glacier qui descend à g. et qui a non -seulement couvert la vallée d'une immense moraine, mais abandonné au delà de cette moraine des terres marécageuses. Parvenu de l'autre côté, on se dirige à dr. ayant en face un autre glacier qui descend du col de Colon , et à g. un troisième qui semble devoir se réunir dans sa p irtie supérieure à celui de Chermontane. Après une montée pénible mais nullement dangereuse sur des rochers, on atteint ce glacier qui est uni, et l'on ne tarde pas à apercevoir le col. 11 y a peu de crevasses; cependant, si le glacier est couvert de neige, on fera bien de prendre quelques précautions. 11 faut 3 h. pour monter des chalets de Prarayen au col de Colon (3130 mèt ), situé à la base S. E.

de la montagne colossale dont il a pris le nom. Une petite croix de fer, trèsutile aux contrebandiers, s'élève sur un rocher au-dessus du col. La vue est bornée, car on est entouré de tous côtés de rochers et de pics. A dr., ou à l'E. , se drèssent en face du Mont-Colon les Becs de Zardezan , (3097 mèt.) séparés par un glacier des Dents de Bertol (3:83 et 3556 mèt.), d'où se détache la ramification qui sépare la Combe d'Arolla de la Combe de Ferpècle, et dont les principales sommités s'appellent en allant du S. au N., la Becca de la Maja, la Dota- Blanche, l'Aiguille de la Za, la Dent Perroc, les Dents, la Pointe de Yi~ shir et SixviaL Au S. 0. on remarque dans la chaîne au N. de la pointe de Zardezan une dépression qui forme le col de Zardezan ou du Mont- Brûlé.

A mesure que l'on descend sur le glacier d'Arolla, le Mont-Colon (364 ï mèt.), dont on contourne la base E., parait grandir encore. On remarque

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