D'AOSTE A ZERMATT ET A EVOLENA. [ROUTE
inconnu jusqu'à ces dernières années.
Ce glacier se trouve compris entre la chaîne qui va du Mont- Brûlé a l'Aiguille de la Za , par les Dents de Bertoi, — qui le séparent du glacier de l'Arolla, à 1*0., - et la chaîne qui relie la Dent d'Hérens (4180 met) au Château des Dames, à l'K. « Nous remontâmes le glacier pendant plusieurs kilomètres, dit M. Fr. William Jacomb ; il se dirige presque en ligne droite vers le N. , alimenté par trois glaciers secondaires descendant de la Dent d'Hérens, et à la base desquels nous passâmes successivement; le troisième était d'une grande largeur. » A l'E, s'élève majestueusement le Château des Dames (R. 67). La partie inférieure du glacier de Zardezan étant séparée de la partie supérieure par (3 h. 15 min.) d'énormes falaises de glace, qu'il est impossible ou qu'il serait, au moins, très-long et très-pénible d'escalader, il faut quitter le glacier, traverser la moraine latérale et gravir les pentes de neige et les rochers qui s'élèvent sur la dr. et qui sont tantôt nus, tantôt couverts de charmantes fleurs des Alpes, et, en particulier, de magnifiques Cnaphalium Leontopodium.
Au dessus d'une espèce de couloir, (4 h. If) min.), mi-partie neige, mipartie glacier, nécessitant, dans sa partie supérieure, l'usage de la hache et celui de la corde , on débouche sur le vaste plateau de névé de Zardezan, plateau ondulé que domine, dans la direction du N., le sommet de la Téte - Blanche , au pied de laquelle s'ouvre le col vers lequel on se dirige.
C'est de L'extrémité de ce plateau de névé que part, à g., le chemin du col des Bouquetins (V. ci-dessous).
Il faut environ 1 h. 15 min. pour atteindre (5 h. 30 min. à 6 h. 30 min.) le col du Val Pellina, dont l'ail, est de 1 1 08" pieds anglais (3562 met.) d'après M. Buxton. M. Jacomb mit 45 min.
pour gravir, de ce col, le sommet de la Tôte Blanche (3750 mèt.), pyramide blanche de neige, située au centre de |
larges champs de neige, d'où descendent les glaciers de Zmutt, de Ferpècle et de Zardezan. « Grâce à cette position centrale , au sein de fie vaste monde de neiges et de glaces, il est peu de sommets d'un accès si facile et d'où l'on jouisse d'un plus beau panorama. » On aperçoit les pics qui se dressent, à l'O. dans la direction du Mont-Blanc; au N. E. s'élèvent, sur le premier plan, la superbe Dent Blanche et la cime aiguë du Weisshorn ; sur l'arrière-plan, les innombrables sommets de l'Oberland Bernois; la Dent d'Hérens, à l'E., ne le cède en hauteur qu'à l'obélisque colossal du Matterhorn, qui cache le principal sommet du Mont-Rose, mais la plupart des glaciers et des cimes de ce massif gigantesque se déploient aux regards dans toute leur splendeur.
La descente du col offre de nombreuses difficultés ; la corde et La hache sont nécessaires ; il faut prendre de grandes précautions sur un névé qui cache des crevasses profondes, et éviter de nombreux séracs. On atteint enfin des pentes de neige , le Long desquelles ou se laisse glisser jusqu'aux roches du Slockje (3097 met.), dont on longe la hase pour descendre sur le glacier de Zniult (R. 84).
Du glacier de Zmutt à Zermatt (même route).
10 h. à 10 h. 30 m. Zermatt (R. 81).
B. De Prarayen à Evolena, par le col des Bouquetins.
A l'extrémité du plateau de névé, dont nous avons parlé ci-dessus, au N. de la pointe de Barde/an , qui porte aussi le nom de Mont-Brûlé, s'ouvre un autre col (34 18 met.; M. Hall, dans Y Alpine Journal, trouve cette altitude trop faible) , auquel l'état major suisse donne le nom de col des Bouquetins. On descend, de ce col, aux chalets de Bricolla (R. 84), d'abord par les pentes qui relient le Mont-Mine (3339 mèt.) à la Tète-Blanche, puis, par un névé ondulé d'où l'on gagne, à travers de nombreux séracs, le