ASCENSION DU CHATEAU DES DAMES
6 à 7 h. de Prarayen au Breuil ou à Val TornaiiCtie , moitié pour la montée , moitié pour la descente; il faut ajouter S à 6 h. pour l'ascension du Chateaudes-Dames, faite pour la première fois par M. R. W. Jacomb, accompagné de J. Kronig, de Zermatt. — Ce passage n'offre pas de difficultés pour un touriste éprouvé, seulement les pentes sont fort roides. — Guide nécessaire.
Après avoir franchi le Duttier sur une planche, entre Prarayen et le
chalet le plus élevé du Val Pellina, on remonte par une gorge, ombragée de sapins, dans un vallon latéral dont le torrent descend du col de Vacorn-Jie. 11 faut ensuite gravir une pente roide, où les roches alternent avec les gazons et les débris , avant d'escalader le long et abrupt couloir de neige (couloir que l'on descend très-facilement par une glissade), montant au col de Vacornère , ou col du Val Courgnier, ouvert à 3 150 mèt., sur la ligne de faite qui sépare le bassin du Buttier de celui de la Tornanche.
Ascension du Château-dea-Dames.
De ce col on peut faire l'ascension du Château des Dames, ascension difficile , mais qui dédommage le touriste de ses fatigues, car le sommet offre un panorama d'une rare beauté. On se dirige d'abord vers le N.E., à travers des champs de neige, d'où s'élèvent,de distance en distance, des rochers, puis on gravit une chaîne de roches dentelées qui se succèdent comme les degrés d'un escalier. M. Fr. W. Jacomb prit tour à tour chacune de ces roches pour le sommet principal. 11 faut éviter avec soin les pentes de glace escarpées qui vont se perdre , à TE. , dans d'énormes précipices. Un autre danger plus sérieux, c'est la chute fréquente des débris qui se détachent de ces roches pourries. Ou atteint enfin la cime de la dernière falaise rocheuse, séparée seulement du sommet du Château des Dames par une « arête de neige très- étroite, qui serait dangereuse s'il faisait un grand vent. »
Le Château des Dames (3 h. 1/2 à 4 h. du col.), haut de 3t>57 mèt., a pour cime un petit groupe de rochers aftleurant au milieu des neiges.
<« Grâce à sa position centrale , dit M. Jacomb, cette montagne commande une vue très - étendue , surtout du côté de l'O, où l'on découvre une ligne de pics couverts de neige s'étendant à plus de 60 kil. jusqu'au Mont-Blanc lui-môme. » On remarque surtout le
DE SION A EVOLENA.
Vélan, le Grand Combin et,plusprès, le Mont-Gclé , l'Otemma , la Pigne de l'Arolla, le Colon, etc. : plus prts encore, se montrent la Dent d'Hérens et le vaste glacier de Zardc/an; au S., et très-rapprochée du château des Dames, se dresse une montagne conique couverte de neige. — Redescendu à la base du pic, on pourra se dispenser de revenir jusqu'au col , dont on est éloigné d'une heure environ; contournant le versant N. des peutes escarpées qui dominent l'extrémité supérieure d'un vallon sauvage, on gagr.era directement le col de Dza (V. ci-dessous).
Du col de Vacornère, on descend sur un petit glacier, puis sur des rochers escarpés, des pentes de neige, des débris et des pâturages, dans un vallon sauvage, fermé en apparence, dans la direction du Val Tornanche, par une chaîne qui s'étend du N. au S, De ce vallon , on descend a dr. sur une espèce de plateau sui lequel on trouve les chalets de Ckignane. L'n sentier de mulets conduit de ces chalets au point où le torrent qui arrose ce plateau se jette dans la Tornanche , à une petite distance au-dessous de (C à î h.) Val Tornanche (R. 85).
Le sentier du Breuil, se détachant au pied du col «le celui de Val Tornanche conduit à. TE. au col de Dza, et il se dirige vers le N. E., traverse des pâturages, deux torrents, et franchit la Tornanche, sur une planche, à 1 k il. 1/2 au-dessous de la bonne auberge du Giomen au (6 à 7 h.) Breuil (R. 85).
DE SION A EVOLENA.
6 h. — Bon chemin de mulets.
La vallée d'Hérens (en ail. Eringer(hal) s'ouvre au S. de Sion , et court, sur une longueur de 10 à 12
lieues, jusqu'aux glaciers qui la séparent de la vallée d'Aostc. A 3 h. de son entrée , elle se partage en deux bras : l'un (l'occidental) arrosé par la Dixence ou Vesonce , et nommé le Val d'Armcnci ou d'Héréraence,d'Orsiera et de la Barraa; l'autre (l'oriental) arrosé par la Borgne , et connu sous le nom de vallée d'Hérens, de Borgne ou d'Evolena. Ses beautés naturelles, ses gorges, ses cascades, ses prairies et ses glaciers ne sont pas moins remarquables que lesmœurs simples, hospitalières et patriarcales de ses 40ô0 hab. , exclusivement occupés de l'éducation du bétail.
Quelques auteurs suisses et allemands ont prétendu que les habitants de ce district presque inconnu jusqu'à nos jours étaient d'origine Scandinave, mais lien ne prouve cette assertion. «Les nécessités de leur position, dit M. Bail, ont presque fait de ces braves gens (ainsi que de ceux du Val d'Aniuviers) une population nomade. La même famille possède souvent des pièces de terre labourable dans la partie inférieure de la vallée, des pâturages dans la partie supérieure, et une alpe dans les hautes régions de la montagne (sans compter parfois un petit vignoble daus la vallée du Rhône). Ces diverses propriétés se trouvant à quelques heures de distance Tune de l'autre . les cultivateurs sont obligés do changer de demeure à certaines époques de l'année. Aussi rencontre-t-ort souvent des mayens . groupes de maisons grands comme des villages et inhabités , excepté dans les premières semaines de Tété et en automue, lorsque les troupeaux changent de pâtu.rages. »
A. De Sion à Evolena par Bramols.
Chemin plus long et plus fatigant que ctlui de Vex.
On traverse le Rhône et la Borgne pour atteindre (35 m.) Bratnois , t.
de 381 hab., cath., situé à 502 mèt.,