LA DENT-BLANCHE
monte en taillant des pas, et enfin, on s'élève en 30 min. (7 h. 15 min. de Zennatt) sur le col d'Hérens (3480 mèt.) , qui s'ouvre dans la Wandfluh, arête couverte de neige par laquelle la Dent-Blanche (4364 mèt.) est reliée à la Tète-Blanche. On est, malgré l'altitude où I on se trouve, entouré de toutes paris de pics si élevés que la vue est peu étendue.
Au N. on aperçoit la chaîne du Valais, des Diablerets à la Gemmi : on est en face du glacier du Gelten; à TE. la Dent- Blanche et les montagnes qui séparent le Val Torrent du Val Zinal; à 10. le Mont-Miné, la chaîne qui s'étend de la Dent d'Hérens aux pics de Visivir; au S. la Dent d'Hérens et le Cery^n dont les sommets s'élèvent à peine au-dessus de la ligne de l'horizon. Un a à ses pieds, d'un coté, le grand glacier de Ferpècle, de l'autre; ceux de Stock et de Zmutt
Si l'on veut jouir d'une vue plus étendue , il faut , en quittant le Stockje, incliner plus à g. et monter à la Tôte Blanche, haute de 3750 mèt. et appelée aussi Manje (1 h.
45 min.). Là, on découvre un panorama magnifique, à l'E. et au S. le Mont-Rose , la Dent -Blanche , le Weisshorn, le Hotlihorn , les Gabelhœraer , les Nfschabelhœrner , le Matterhorn et la Dent d'Hérens, qui atteint 4180 mèt. d'alt., et au pied de laquelle s'étend le glacier de Zmutt; à l'O. le Mont-Colon , la Pigne d'Arolia , les Dents des Bouquetins , et une immense Mer de Glace que bornent à r horizon des cimes couvertes de neige (peut-être le Vélan ou le Combin) ; au N. le glacier de Ferpècle , encaissé entre des chaînes de rochers escarpés, au fond de la vallée d'Hérens, hvolena, et, au delà de la vallée du Rhône, la chaîne des Alpes Bernoises, du glacier du Gelten et du Wildhorn au Wildstrubel. On redescend de la Tête-Blanche par le glacier de Ferpècle en se rapprochant de la Dent-Blanche. Cette ex-
cursion allonge la course d une heure environ.
~ Autant le versant S. du col d'Hérens estroide, autant la plaine déneige qui en descend du côté d'Evolena a une pente douce. Laissant le rocher de la Motta-Rotta à sa g., on s'élève sur la dr. du côté de la Dent-Blanche. A l'extrémité de celte plaine de neige , on atteint le glacier de Ferpècle qui est très-crevassé, et enfin on gagne des moraines et des rochers éboulés (2 h. du col) où l'on rencontre souvent des chamois. De cet endroit , il faut 2 h. 30 min.
pour descendre à Haudères, que Ton aperçoit à une grande profondeur # au-dessous de soi. On passe d'abord aux chalets de Bricolla (2 chambres à 2 lits, prix élevés), situés sur un beau pâturage (2426 mèt.), presque à la môme hauteur que l'hospice du Saint-' Bernard. On vient y coucher lorsqu'on part d'Evolena pour passer le col d Hérens. En se retournant, on découvre une' belle vue '. Du milieu du glacier se dresse , à 4364 mèt., l'immense pyramide de la Dent- Blanche, appelée Steinbockhorn à Zmutt, et Hohvaenghom à Zennatt. M. T. S.
Kennedy, avec le guide Jean-Baptiste Croz, en a fait l'ascension , qui est pénible et dangereuse , au mois de juillet 1862. Parti à 2 h. du matin des chalets de Bricolla, il avait atteint le sommet a 1 h. 15 min., et était redescendu au chalet à 7 h. du soir. Du sommet de la Dent-Blanche, l'œil embrasse un vaste panorama de rochers , de pics , de glaciers , parmi lesquels on distingue à une grande profondeur ceux de Zinal et de Schœnbûhl. Cette ascension, qui n'est pas sans péril, ne doit être tentée que par des montagnards exercés.
(V. V Alpine Journal. n° 1.) — Au S. la vue est bornée par une arête élevée, — celle qu'on vient de traverser, — et par les rochers appelés
1. Des chalets de Bricolla, on peut aussi passer le col do Grand Cornier ou la col de Moiry (V. R. 72).