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de glace aux formes fantastiques, la montée du col du Géant ; la partie supérieure n'offre pas les mêmes difficultés, et M. Mathews en traversa, sans l'aide de la corde, les nombreuses crevasses sur des ponts de neige.
A 5 à 6 h. de l'hôtel , on atteint le grand plateau de neige , d'une surface presque plane, qui s'étend, sur une largeur de près de 2 kil., entre la Suisse et l'Italie, « à une hauteur supérieure à celle du Finsteraarhorn; tout autour se dressent les pics les plus élevés de la chaîne du Mont- Rose, qui ressemblent à des collines de neige relativement basses interrompues par de petites chaînes de rochers. »>
Le col de Lys, Lysjoch ou Silberpass, le plus élevé des Alpes, s'ouvre, sur l'arête qui forme la limite S. du Grand Plateau , à 4344 mèt. , entre la Parrotspitze (4443 mèt.) à l'E., etlaLudwig'sHœhe (4538 mèt.) à l'O. « 11 y a, dit M. Bail, deux cols que divise un petit dôme de neige, mais celui des deux qui est le plus rapproché de la Ludwigs Hœhe est , le plus souvent , séparé du Grand Plateau par une bergschrund infranchissable, de telle sorte qu'il faut, de toute nécessité , prendre à g. l'autre col, qui s'ouvre entre le dôme de neige et la Parrotspitze. »
Du col de Lys, inférieur seulement de 294 mèt. au Mont- Rose et de 46G mèt. au Mont-Blanc, la vue est assez limitée au S. par la Vincent -Pyramide; au N. entre le Mont-Rose et le Lyskamm, on aperçoit, outre uu certain nombre des glaciers et des pics du Mont-Rose , quelques-unes des montagnes les plus hautes et les plus belles du Valais, de l'Oberland Bernois : mais, parvenu un peu plus bus, on découvre une vue admirable : sur la chaîne qui court entre la France et l'Italie , et de laquelle s'élance , à une distance considérable, la noble pyramide du Mout-Viso ; sur la grande plaine du Piémont où l'on distingue, dit-on, les maisons de Tu-
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rin ; on aperçoit môme les Alpes Maritimes, et, par un temps parfaitement clair, la Méditerranée (?).
En 1 h. 30 min. d'une descente, qui ne présente pas de difficultés sérieuses, sur le glacier de Lys, principal réservoir qui alimente le Lys , tributaire de la Doire Baltée, entre une ramification du Lyskamm à dr. et les pics qui relient la Ludwig's Hœhe à la pyramide de Vincent à g., on atteint la base N. du Hoiies Licht (35-46 mèt.), pic rocheux que domine au N. la pyramide de Vincent à laquelle le rattache une arête de neige séparant le glacier de Lys du petit glacier de Garstelet. Du pied de cette montagne , près d'une cabane de mineurs ruinée, bien connue des premiers explorateurs du Mont-Rose, on jouit, vers l'O., d'une vue très-belle et très-étendue sur le Grand Combin, le Vélan, le Mont-Blanc et les principaux sommets de la haute vallée d'Aoste; à dr. , du côté du S., le glacier de Lys occupe tout l'espace compris entre le Hohes Licht et le Felikhorn. 11 est formé par la réunion de deux glaciers. Le bras oriental descend de l'arête qui relie le Mont-Rose au Lyskamm , le bras occidental de celui qui rattacho le Lyskamm aux Jumeaux. Ces deux bras sont séparés par la ramification rocheuse que le Lyskamm envoie au S. et qui se ter mine par le Nez (die Nase) , haut de 3030 mèt. et offrant dans la belle saison, malgré son altitude, un certain nombre de fleurs alpines. On peut en faire l'ascension par le versant E. on traversant le glacier à partir de la base du Hohes Licht.
On descend facilement du Hohes Licht par des pentes de neige, puis sur des rochers , jusqu'à l'extrémité inférieure du glacier de Garstelet, d'où partent trois sentiers qui mènent également dans le Val de Lys.
Le premier, celui de dr., va passer près du lac de Salsia, traverse, au col de Salzia, l'arête qui relie le Hohes Licht au Telchenhorn , descend
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le Vorder Salzebach jusqu'à son embouchure dans la vallée de Lys , près de la hase du beau glacier de Lys qui s'est considérablement retiré depuis 1820 , et du chalet de Cour de Lys (2066 mèt. ; bon lit).
La partie supérieure de la vallée de Lys, comme celles des vallées voisines de Sezia et d'Anzusca est habitée par des Allemands (F. R. 83). Dans la partie «inférieure vivent des populations qui parlent le dialecte français de la vallée d'Aoste.
Un peu au-dessous du chalet de Cour de Lys, s'élève « la belle maison du baron Peccoz, né dans la vallée, et qui, après avoir fait fortune en Allemagne et avoir été anobb' par Pavant-dernier roi de Bavière, s'est retiré dans sa patrie pour s'y livrer à la chasse du chamois. • On traverse le torrent de Lavez, dont le second sentier — qui mène du Hohes Licht dans la vallée de Lys par le glacier de Garstelet et la Gabietalp — descend la vallée. Le troisième sentier .qui doit être le plus court, passe près du lac de Gabiel et suit la vallée de Netsch, dont le torrent se jette dans le Lys à (1 h. 15 min. du chalet de Cour de Lys par les hameaux de San Pietro et de San Giacomo), Gressoney- la -Trinité, village situé à 1622 mèt. et d'où se détachent, à l'O., le sentier de San Giacomo d'Ayas par le col de Betta Furke (R. 82) , a PE. celui d'Allagna par le col d'Ollen (môme route).
La route descend la vallée du Lys sur la rive dr. duquel se montre .Votre™ ou Noversch, hameau qu'habite M. Zumstein, appelé aussi M. Delapierre (V. R. 83). La vallée est admirable : grands et noirs sapins, rochers ahrupts, déniés étroits, riches prairies, belles maisons, torrent impétueux, rien n'y manque de ce qui peut charmer la vue.
A Cas tel, on remarque la petite chapelle de Notre-Dame des Neiges, but de pèlerinage. On traverse ensuite les hameaux de Chamonal et de Brcsal.
Lys, Saint- Jean de Gressoney (hôt. Delapicrre, bon, hôte complaisant, bonne cuisine, bons vins, bons lits; hôt. Chianale ;bon guide, Peter Beck), groupe de maisons allemandes entourant un clocher italien, dans la partie la plus fertile de la vallée, sur la rive dr. du torrent que franchit un pont de pierres de deux arches et qui coule dans de riches prairies. La plupart des habitants émigrent, mais ils reviennent jouir dans leur pays natal de la fortune qu'ils ont acquise à l'étranger. Les femmes portent un costume remarquable, surtout les jours de fête. De ce point, celui des vallées italiennes du Mont-Rose où l'on trouve le plus de ressources matérielles et les meilleurs guides, on peut faire d'intéressantes excursions parmi lesquelles nous recommanderons : une visite au glacier de Lys (6 à 7 h. aller et retour), l'ascension du Grauhaupt (3262 mèt.) , qui domine le col de Pinta (R. 91. celle du Telchenhorn (même route. A) et celle de laCombetta (R. 91). Ces trois montagnes,mais surtout la première et la dernière, offrent , de leur sommet, un admirable panorama sur le groupe du Mont-Rose, les vallées et la plaine du Piémont.
A Riva par le col de Valdobbia (R. 01 ); —à Brussone par le col de Ranzola (même route).
De Gressoney à Saint-Martin on compte env.26 kil. ou 5 h. de marche.
A1500 mét. au-dessous de Gressoney, on passe, par un défilé, de la vallée supérieure dont les habitants parlent l'allemand, dans la vallée inférieure, où cette langue n'est plus parlée. Audessous de Samsil, au delà de la jolie cascade du Loo, on traverse Trina, où d énormes blocs de rochers sont semés sur les deux rives du torrent, Gaby,Sertfia (petite église bâtie à l'imitation du Sacro-Monte «le Varallo) , Jssime (église, au clocher du xi" s. , dont l'extérieur offre de singulières fres-
2 h. 45 min. du chalet de Cour de ' ques) , où la vallée s'élargit ; tous ces
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hameaux occupent une situation ravissante, dans des bassins où la riche végétation particulière aux vallées dépendantes de la vallée d'Aoste s'allie aux scènes de montagne les plus imposantes. En se détournant un peu de la route on peut visiter le curieux pont de Guillemort jeté sur le torrent qui coule à une grande profondeur en formant une série de belles cascades. D'issime à Fontaine More la vallée se resserre. Ce dernier village, dont la position est charmante, possède un vieux pont, et, dans l'église, une fresque intéressante. La vallée , ombragée par des bois de châtaigniers et de noyers, devient de plus en plus belle.
On rencontre les premières vignes à Ullianes, village ruiné qui possédait autrefois une mine d'or célèbre. Plus loin, dans une mer de feuillage, se montrent, à une très-grande hauteur au-dessus de la rive dr. du Lys, les églises et les maisons de Perlox et d'Antey, puis le château de (18 h.
15 min. à 19 h. 30 min.) Pont-Saint- Martin (R. 63).
B. Par le ool des Jumeaux.
Le passage du col des Jumeaux demande environ 1 h. de plus que celui du col de Lys ; il a été découvert (en sens contraire; par MM. Mathews et Jacomb, avec les guides Michel et Jean-Baptiste Crox. de Chamonix, le 21 août 1861.
Quand on est descendu sur le glacier de Gorner,on le traverse de manière à laisser à g. les rochers d'Aufder Platte (V. ci-dessus ^),puis, remontant l'extrémité inférieure du glacier de Grenz, que les rochers d'Auf der Platte et d Auf'm Fels séparent de celui du Mont-Rose, on atteint le glacier des Z willinge ou des Jumeaux, qui offre d'abord des crevasses et des séracs nombreux, mais dont la partie supérieure ne présente pas de difficultés.
[Le 31 juillet 1863, M. Winkworth, accompagné par Jean-Baptiste Crox et J. J. Bennen, s'est rendu, en 6 h. 30 min., de l'hôtel du Riilel au col des Jumeaux
par le glacier de Schwcrze (R, 86) et les pentes septentrionales de Pollux (même route); il propose d'appeler ce col, qui domine le glacier de Verra, col de Verra.)
Le col des Jumeaux s'ouvre de 3962 à 4119 mèt. entre Pollux à TO.
(4094 mèt.) et Castor à l'E. (4230 mèt.) De ce dernier sommet, dont MM. Mathews et Jacomb ont fait l'ascension , on jouit d'une vue magnifique sur presque tous les pics de l'Oberland Bernois, sur les Alpes de la Savoie, la chaîne du Mont-Viso , les Alpes Cottiennes et Maritimes et la chaîne des Apennins de Ligurie.
Au delà du col , on descend sur le glacier de Verra (R. 86), en évitant d'incliner trop à g. parce que ce glacier,de beaucoup plus élevé que celui de Lys, se termine, de ce côté, par de dangereux précipices rocheux. Arrivé au pied du Felikhorn, on gagne, en descendant des pentes herbeuses, une ravine qui se dirige vers le S. E.
et mène à la moraine occidentale du glacier de Lys : à l'extrémité de cette moraine, le sentier traverse le Lys et gagne (9 à 10 h. de l'hôtel du Riffel) le chalet de Cour de Lys (F. cidessus A).
Du chalet à Pont-Saint-Martin ( T.
ci-dessus A ).
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