FEE
à travers un bois, un chemin taillé dans les rochers, au-dessus d'une gorge sombre où se brise un torrent.
Après avoir dépassé douze stations d'un calvaire contenant un grand nombre de petites figures sculptées, d'un travail curieux, près desquelles on remarque de belles roches polies et arrondies par des glaciers, on atteint d'abord une grande chapelle, dite des hauts escaliers, puis, par un chemin taillé en escaliers le long du torrent profondément encaissé, les charmantes prairies au milieu desquelles s'élève, avec sa belle église, Fee, v. de 217 hab. cath. (45 min.
a 1 h. de Saas).
Le torrent de la Visp de Fee s'écoule dans la vallée de Saas par une gorge étroite dont une petite colline verte masque l'entrée , de sorte que l'on se trouve dans un cirque complètement enfermé et solitaire qui offre certainement un des plus beaux tableaux de la nature dans les Alpes. Les prairies vertes traversées par le torrent, et au milieu desquelles le village s'est bâti, viennent se terminer à l'énorme glacier de Fee divisé en deux par la Gletscheralp, verte oasis qu'il entourait il y a quelques années de ses deux bras. Au-dessus de ce glacier, à une hauteur énorme et presque perpendiculaire, s'élèvent les quatre pointes des Mischal>elhœrner, le petit Mischahel, le Nadelgrat, le Dom et le Ta.'schhorn. Plus loin se dressent l'Alphubel, puis au S. l'E^giiierhorn et le Mittaghorn. Nulle part, en Suisse, le contraste de la verdure et de la glace n'est plus frappant; nulle part on ne peut approcher de plus prés la base de montagnes aussi élevées que le Dom. Pour l'ascension du Dom (r. R. 81, p. 300). Il faut monter sur les pentes qui dominent le village pour mieux voir le glacier.
De Feo, on pouvait jadis monter à la Gletscheralp en traversant l'extrémité inférieure du glacier de Fee qui s'est retiré. Un s'élève, par des prai-
ries émaillées de fleurs et peuplées de marmottes, aux rochers de la Tête qui terminent la Gletscheralp (2 h.
30 m. de Saas). On y jouit d'une vue admirable. On y est entouré d'une immense nappe de neige qui , descendue des Mischabelhœrner, va rejoindre l'Alphûbel, et on y découvre la chaîne qui sépare la vallée de Saas des vallées qui aboutissent à la route du Simplon, PAlmagellhorn, le Grundberg, le Trifthorn, le Rothhorn et le Fletschhorn.
De Fee on peut descendre à Almagell (R. 98) ou retourner à Saas par un autre chemin. De l'église on monte, à travers des prairies, à des chalets d'où Ton redescend vers une petite chapelle blanche garnie de bancs, et on regagne ensuite Saas par une forêt de sapins.
LaTriftalp offre aussi une excursion intéressante. On monte en 2 h. 30 min., par un chemin assez difficile pour les chevaux , sur le plateau gazonné situé à la base occidentale du Weissmies, au pied du glacier de Trift. De là on découvre une fort belle vue sur le cirque de Fee situé en face, le Mittaghom, le Strahlhorn, le Rimpfischhorn. l'Allelinhorn, l'Alphûbel, les Mischabelhœrner, le Balferinhorn, le Weissmies, le Rothhorn, le Laquinhorn, le Rossbodenhorn. On ne voit pas la vallée de Saas. Les pâturages de ce plateau nourrissent unr centaine de vaches pendant l'été. En montant un peu plus haut, on découvre la Gcmmi.
Enfin on peut l'aire, de Saas, outre les ascensions décrites ci-dessus, l'ascension du Mittaghom (3148 met.), et de l'Egginerhorn (3377 met.).
Aaoeasion dm l'Allaliahorn.
to h. env. d'ascension. — Guide et précautions nécessaires. — Course qui ne doit être entreprise que par des touristes éprouvés.
L'AUalinhorn est un des pics du groupe des Mischabelhœrner, qui se dresse entre la Visp de Saas, à l'E.,
DE VISP A SAAS ET A FEE. [ROUTE 92]
et la Visp de Zermatt à PO. L'ascension en a été faite pour la première fois, en 1856, par M. Ames, avec les guides Andermatten et Jean Imseng. La relation de cette expédition a été publiée dans Peaks, Passes and Glaciers. M. Aines partit de l'hôtel du lac Mattmark (R.
98) et remonta le glacier d'Allalin, que dominent les puissants sommets du Strahlhorn, du Rimpfischhorn et de l'Allalinhorn (R. 94). Arrivé (4 h.
30 min. à 5 h. de l'hôtel) au col d'Allalin (R. 94), il mit encore 2 h. pour atteindre, en gravissant une arête qui offre plusieurs passages difficiles, la cime de l'Allalinhorn (4034 m M.), d'où Ton découvre un panorama grandiose, moins beau cependant que ceux des grands pics du môme groupe et , en particulier, que celui du Strahlhorn.
Le Balferinhorn , un des pics du groupe des Mischabelhœrner, domine :
au N. le glacier de Balferin, qui s'écoule, par le Schweibbach, dans la Visp de Saas; au S., le glacier de Gassenried , tributaire de La Visp de Zermatt et le glacier de Bider, d'où sort un torrent qui se jette au-dessous de Saas, dans la Visp orientale. L'ascension en a été faite pour la première fois, le 6 juillet 1863, par R. Spenser Watson (qui a raconté son excursion dans le n° 4 de Y Alpine Journal) et M. Imseng, curé de Saas.
qui avaient pris pour guides J. Marie Claret, de Chamonix, et Franz Andermatten. Partis de Saas à 2 h. 20 min. ils franchirent la Visp en face de l'église et montèrent dans la grande forêt de pins, par le sentier que l'on suit pour aller au col de Ried ; ils traversèrent ensuite un glacier à peu près horizontal (le glacier de Bider), puis se dirigèrent vers la base d'un pic qu'une arête de neige relie au Balferinhorn, dont ils atteignirent le sommet, haut de 3802 mèt., à 10 h. 15 min. , et d'ort ils jouirent d'un immense panorama; à leurs pieds s'ouvraient, à une profondeur effrayante,
[R. 92] WEISSMIES. — FLETSCHHORN.— STELLIHORN. 337
les vallées des trois Visp de Zermatt, de Saas, de Fecj au loio, une profonde déchirure indiquait la vallée du Rhône, au delà de laquelle se dressaient les pics de l'Oberland Bernois et surtout la Jungfrau, le Finsteraarhorn , l'Aletschhorn , dominant le grand glacier d'Aletsch ; à l'E. apparaissaient, parmi d'innombrables cimes jusqu'au Tyrol, le Weissmies et le Fletschhorn ; à l'O, les pics gigantesques du Mont-Rose surpassaient à peine en grandeur le massif plus voisin des Mischabelhœrner; au delà ■ le Weisshorn s'élevait avec une telle majesté qu'il réclamait, de ce côté, la plus grande partie de l'admiration excitée par ce panorama grandiose. »
— La descente demanda 6 h. aux tou-
Le Weissmies, la sommité la plus élevée (4031 raèt.) de la chaîne qui sépare là vallée de Saas de la vallée du Simplon, s'élève au-dessus des glaciers de Trift (au N. 0.), de Laquin (au N. E.).et de Roththal (au S.). Le | sommet offre une très-belle vue pano- ; ramique; il a été gravi, dit-on, pour ! la première fois, par un voyageur, suisse; M. Hinchliff et le Rév. Leslie i Stephen en ont fait l'ascension en 1859. I — Cette course ne présente, à ce qu'il i parait, aucune difficulté sérieuse.
Le Fletschhorn est moins élevé de 6 mèt. seulement que le Weissmies (F. ci-dessus). Vu des Alpes Bernoises, ou des vallées de l'Italie, il a la forme d'un simple pic, mais il se compose en réalité de deux pics séparés, par un précipice de rochers et de glaces infranchissable : le Rossbodenhom (3917 mét.), que gravit, il y a quelques années, un touriste suisse arrivé du Simplon par le glacier de Rossboden, et le Laquinhorn (4025 met.), dont l'ascension a été faite, pour la première fois, en 1856, par M. Imseng, quatre
SUISSE
Anglais, parmi lesquels se trouvait M. Ames (qui a publié le récit de cette excursion dans Peaks, Passa and Glaciers), et quatre guides. Ces touristes couchèrent aux chalets de Trift, qu'ils quittèrent le lendemain à 3 h. du matin pour gravir des pâturages auxquels succédèrent des pentes rocheuses. Dans cette partie du trajet, ils jouirent de la vue que l'on découvre du Trifthorn. Après avoir remonté une longue moraine et traversé un glacier de peu de largeur, ils mirent 4 h. à escalader les roches qui constituent le sommet du pic; ces roches qui, vues de loin et d'en bas, ressemblent àiine muraille continue et régulière, forment, au contraire, pour ainsi dire, une série de petites forteresses en retraite l'une sur l'autre, qu'on gravit sans grandes difficultés en les tournant.
7 h. après avoir quitté les chalets de Trift, ils atteignirent la cime du Laquinhorn (4020 met.), d'où l'on découvre un vaste panorama. On admire surtout les pics de l'Oberland (M. Ames distingua même l'hôtel de l'Eggischhorn), la grande chaîne des Mischabelhorner, qui, vue de ce point, offre un des spectacles les plus grandioses des Alpes, et au-dessus de laquelle se montrent le Mont-Rose et le Breithorn. Au S. se dresse le Weissmies dominant une immense étendue de glaciers; au loin se déroulent le lac Majeur et l'immense plaine de la Lombardie, trop souvent cachée par les nuages et les brouillards. "
Ascension très-recommandée , un peu pénible, mais n'offrant pas de difficultés sérieuses aux touristes déjà habitués aux courses des grandes Alpes. — Du Stellihorn, on découvre un des plus beaux panoramas de toute la chaîne des Alpes. — N. B. Il faut aller coucher à l'auberge du lac Mattrnark, à 3 h. de Saas ou de Fee (R. »8).
En partant du lac Mattrnark , on monte parl'O/iml/ia/, vallée aux mai-
Rres et tristes pâturages, fermée par le glacier d'Ofen; à g. se dresse le SteUihorn, dont on longe la base jusqu'au fond de la vallée. Là commence k véritable ascension, de plus en plus roide sur des pierres roulantes et des blocs' de rochers. Quelques passages sont assez difficiles; près du sommet il est nécessaire de tadler quelques pas dans une épaisse croûte de glace oui descend sur le versant de la montagne : enfin, après : 6 h. de fetigtie, on atteint la Ute chenue du SteUihorn (3445 met.).
Le panorama que Ton découvre du sommet est admirable : on aperçoit toute la chaîne du Mont-Rose I