‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 382 sur 865 · ROUTE 98] L'ALPE DE PEDRIOLO. - LE PIZZO BIANCO · texte numérisé non relu

ROUTE 98] L'ALPE DE PEDRIOLO. - LE PIZZO BIANCO

L'ancienne église, de style italien, dont le clocher porte la date, de 1 580 , semblerait remonter, d'après les fenêtres du chœur, du style flamboyant, à une époque antérieure et probablement à celle même où les émigrants du Valais allemand vinreut se fixer dans la haute vallée d'Anzasca. L'énorme et vénérable tilleul du cimetière, dont les dernières branches sont aussi hautes que le clocher, parait avoir été planté par les premiers colons.

Bien que Macugnaga n'offre pas encore le comfort désirable, nous ne saurions trop recommander aux touristes qui y passent de s'y arrêter, ne fût-ce qu'un jour, pour explorer le glacier de Macugnaga, faire l'ascension du Pizzo Bianco, ou monter au moins à VA Ipe de Pedriolo, d'où l'on découvre une vue admirable sur le cirque du Mont-Rose.

Le glacier de MaeufiMf a , le Belvédère et l'Alpe de Pedriolo.

6 h. cnv. aller et retour. — Fort belle course, très-recommandée. — Guide né-

On gagne en 15 min. le hameau de Pecetto, en ail. Zertannen. 15 min.

plus loin le sentier se bifurque, on laisse à g. le chemin qui conduit (2 h. de Macugnaga) au Belvédère situé entre les deux bras du glacier 1 (belle vue) , mais où il est presque inutile d'aller lorsqu'on monte à l'Alpe de Pedriolo. On monte à dr. en 1 h. par la belle cascade du Rogo Staffel à l'alpe de ce nom (belle vue). 15 min. plusloin on franchit les débris d'une avalanche annuelle au delà de laquelle on atteint en 20 min. les chalets de Jazsi, puis, en longeant le torrentde Fillar, ceux de Fillar qui en sont peu éloignés (vue de plus en plus belle) . Après avoir gravi pendant 30 min. la moraine du grand glacier de Macugnaga

1. Si l'on passe par le Belvédère, on traverse lei bras 0. du glacier pour rejoindre le chemin des chalets de Jazzi.

jusqu'aux derniers sapins, on descend sur le glacier où viennent aboutir tous les glaciers qui tombent de ce versant du Mont-Rose dans la vallée de Macugnaga. Près de deux moulins (V. l'introduction) que l'on atteint en 45 min., on découvre une vue d'une inexprimable beauté. « On se trouve en eflet, dit M. Thureau, au milieu d'un immense amphithéâtre de glace dont les parois , d'une blancheur éblouissante, ont près de 2300 mèt. de hauteur et que dominent le Pizzo Bianco, la Cima del Pizzo, la pyramide de Vincent, la Signalkuppe, la Zumsteins Spitze, la Dufour Spitze, le Nordend, la Cima di Jazzi, le Neu- Weissthor, le Monte-Moro. « Du glacier on gagne en 20 min. VAlpe de Pedriolo (2119 mèt.) , d'où l'on découvre aussi une fort belle vue, et sur laquelle on admire les rochers gigantesques tombés du Pizzo Bianco, dont l'un a, dit-on, 166 mèt. de circonférence et 33 mèt. de hauteur. De l'Alpe de Pedriolo on descend aisément, en 2 h. 30 min. ou 3 h., à Macugnaga par Borfecco, situé au-dessous du Belvédère. De ce point le paysage admirablement composé est plus pittoresque, quoique moins grand que sur le glacier.

lu PJ»o

9 à 10 h. aller et retour. — Course un peu difficile mais nullement dangereuse. — Guide nécessaire.

Le Pizzo Bianco, haut de 3106 mèt. est le dernier promontoire de la ramification qui, partie à l'E. de laSignalkuppe , se bifurque au Monte délie Loccic pour aller se terminer, au N. E. , au Pizzo Bianco et, au S. E., au Turlo. De Saussure en avait fait l'ascension en couchant à l'Alpe de Pedriolo. Aujourd'hui on y monte en 5 ou 6 h. de Macugnaga et la descente demande seulement 3 ou 4 h. On y découvre une vue admirable sur le Mont-Rose et sur les plaines de l'Italie. « On pourrait, dit de Saussure,

DE MACUGNAGA A VOGOGNA. [ROUTE 99]

assimiler le Mont-Rose, dont toutes les couches sont horizontales ou inclinées au plus de 30 degrés, tandis que celles du Mont-Blanc sont verticales, à use raquette dont les montagnes qui bordent le Val Anzasca formeraient le manche. Le chef-lieu de la paroisse de Macugnaga serait situé dans l'intérieur de la raquette, mais auprès du manche, et les pâturages de Pedriolo à l'extrémité opposée. »

De Macugnaga à Zermatt par l'Ait Weissthor, R. 89, A ; — par le Neu-Weissthor, R. 89, B: — à Allagna par le col délie Loecie et le col du Turlo, R. 91 ; — à Vogogna, R. 99.

DE MACU&NAOA A V0&0ÛNA.

9 h. env. — De Macugnaga à Ceppo-Morelli, chemin de mulets; — de Ceppo- Morelli à Vogogna, route de voitures qui sera continuée jusqu'à Macugnaga; voitures publiques de Ponte Grande à Vogogna. — En parcourant cette route dans le sens opposé , on jouit presque constamment de la tue du Mont-Rose.— N. B Le Val Anzasca est une des plus belles vallées italiennes des Alpes.

On descend le Val Anzasca sur la rive g. del'Anza.A (30 min.) Borca, d'où part le sentier qui conduit à Allagna par le coi du Turlo (R. 91) , l'allemand fait place à un dialecte où domine déjà l'italien. En face de Borca, Qharatxa se montre au confluent de l'Anza et du torrent de Quarazza, que remonte le sentier du col du Turlo.

45 min. Pestarena (aub. des Mineurs, alber go dei M inieri, bonne, prix modérés), exploite, depuis les Romains, des mines d'or dont la production annuelle est d'env. 300000 fr.

dont 25000 fr. de bénéfices nets.

D'après « Le Alpi che cingono Vltaita, » p. 163, les principaux filons sont : sur la rive dr. de l'Anza , ceux '

de Minerone et Pozxone; sur la rive g. , Peschiera et Acquavita. Les ouvriers sont au nombre de 200 à 300 :

Allemands , Italiens , Piémontais , Lombards.

[Un sentier relie Pestarena à Garcoforo et Rimasco par le col délia Moriana. R. 91].

La vallée a pris dans x cette partie un aspect triste et désolé depuis qu'elle a été dépouillée de ses antiques forêts. Le chemin passe (30 min.) au ponte di Vaud, sur la rive dr. de l'Anza, gravit le M orgen, contre-fort rocheux du Monte delkt Caccia qui a opposé de grands obstacles au tracé de la joute et au pied duquel le torrent mugit dans une gorge profonde. Une descente roide conduit (30 min.) au hameau de CampioUi, où l'on traverse l'Anza sur un beau pont d'une seule arche, jeté sur des rochers que recouvre, au commencement de l'été, un tapis de beaux saxifraqa cotylédon. Plus loin (15 min.), à Prequartero, s'ouvre, au N. O., la vallée de Prebenoneou Monthey, qu'on peut suivre pour se rendre à Saas par le col de Mondelli (passage plus court mais moins intéressant que celui du Monte-Moro, car on ne voit pas le Mont-Rose) , qui s'ouvre à 2841 mèt.

d'altit. au N. du Joderhorn et du glacier de Thaelliboden (R. 98). Les noyers commencent à se montrer à Ceppomorelli (petite auberge , vue magnifique sur le groupe du Mont-Rose), hameau où se terminait en 1865 la route de voitures, et d'où part un sentier par lequel on peut se rendre à Saas en rejoignant, dans la vallée de Prebenone,le sentier qui part de Prequartero. A (15 min.) Borgone froissent les premières vignes de la vallée. Plus bas (30 min.), de la terrasse de la vieille et solitaire église allemande de Ufm Grupe (Croppo) où s'élève un vieux tilleul, rejeton de celui de Macugnaga, on jouit d'une vue admirable sur la vallée et sur le Mont- Rose.

20 min. (3 h. 30 min. env. de Ma-

LE VAL ANZASCA.

cugnaga) Vanzone (hôt. : des Chasseurs, tenu par les Albasini,qui habitaient jadis Borca; Sole, Moro), ch.-l.

de la vallée , charmant village italien , aux rues étroites, mais propres, aux belles maisons de pierre, couvertes de fresques. Les deux églises sont contiguês Tune à l'autre et dominées par un clocher carré ; dans l'une d'elles, récemment restaurée et peinte à fresque, on remarque, sur un autel, une jolie statuette de sainte Catherine, en marbre de Carrare.

La route de voitures continue de descendre la rive g. de I'Anza. A peu de distance de Vanzone se trouve la mine d'or dei Cani assez importante pour alimenter un établissement considérable de broyage et d'amalgamation, situé à Batigio (15 min.

de Vanzone).

Au delà de (30 min.) San-Carlo, se trouve (15 min.) Ponte Grande (hôt.

dî Ponte Grande, bon, grande maison, vastes chambres), petit village bien situé entre deux montagnes boisées, dont la base est occupée par des jardins et des vignes , sur î'Anza , qu'y franchissait un pont de pierre, d'une seule arche, étroit, élevé, remplacé, à la suite d'une inondation, par un pont de bois. Le chemin qui passe sur ce pont conduit à Bannio, ch.-l. du mandement ou canton formé par le Val Anzasca, et de Bannio, par le Val Oloccia et le col d'Eigua,à Carcoforo et à Varallo (H. 104) ou par le col de Baranca dans la vallée du Mastallone (R. 100, À).

La route franchit (15 min.) le torrent de Bianca qui forme une jolie cascade, en descendant d'une petite vallée à l'extrémité supérieure de laquelle le Passo di Lavazsaro ou Passo di Cava verde (1786 mèt.) conduit dans le Val Antrona (R. 97. A). — En face de (30 min.) Calasca ou CaUasca {albergo délia Gurta, bon), on remarque une belle cascade formée par le torrent de Segnara qui se jette dans I'Anza, sur la rive dr.

On s'élève peu à peu au-dessus de

I'Anza (belle vue). Au delàde (45min.) Castiglione (aub.), situé à 550 mèt.

env. , la route , qui traverse deux tunnels taillés dans le roc, de 33 mèt. et de 25 mèt. de longueur, ofTre à tous ses tournants des vues magnifiques sur la vallée d'Ossola, où Ton va descendre, la gorge sauvage de I'Anza que l'on domine, et le fond de la vallée dont on s'éloigne. Le versant septentrional des montagnes qui forment le Val Anzasca est couvert d'une végétation luxuriante; sur le versant méridional, plus aride dans certaines parties élevées, des berceaux de vigne ou de belles forêts de châtaigniers, de noyers, de frênes et de tilleuls, les plus magnifiques qu'on puisse admirer, mettent presque constamment à l'abri des rayons du soleil le voyageur qui , cheminant sous ces dômes touffus, à travers les mille accidents des rochers et des cascades, aperçoit de temps à autre, par quelques éclaircies, soit I'Anza qui se déroule comme un long ruban d'argent au fond de la vallée, soit le Mont-Rose qui se dresse dans toute sa splendeur entre deux chaînes de montagnes parallèles dont les teintes vigoureuses ajoutent encore à son éclat.

Laissant à g. l'ancien chemin qui montait à Ci ma m ulera , on débouche, à Piè di Mutera (à 244 mèt. d'altit.), dans la large et fertile vallée de la Tosa. La route longe la rive g. de I'Anza, qui se divise en plusieurs bras, et dont les digues n'arrêtent pas toujours les débordements; puis, avant de franchir (40 min.) la Tosa sur un pont près de Mesone, on rejoint la route de Paris à Milan par le Simplon, à 20 min. de (9 h.) Vogogna (R.

S. B. Si l'on veut se rendre à Domo d'Ossola, au lieu d'aller à Vogogna, il faut, à Pic di Mulera, gagner directement au N. la route du Simplon à Pallanzeno.

Page 1