‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 384 sur 865 · DE BRIEG A DOMO-D'OSSOLA · texte numérisé non relu

DE BRIEG A DOMO-D'OSSOLA

14 1. 5/8. — 10 p. Zjk. (Postes suisses de Brieg à Bérisal, 1 p., renfort avec réciprocité— De Bérisal à Simplon, 1 p. 6/8, renfort avec réciprocité. — De Simplon à Isclla, 1 p., renfort au retour.— DIsella à Domo d'Ossola, 2p. 1/2.— Dil.t. 1. j.,en 19 h. ho min. pour 16 fr. 25 c et 1 % fr. 15 c. (Avec des chevaux de poste, on peut aller en 2 jours de Brieg à Milan.) —Voitures à volonté à Brieg.— On peut louer de Brieg a Domo-d'Ossola une voiture à 1 cheval contenant trois personnes pour 60 fr. Le trajet se fait en un jour.

N. B. Très-beau passage. — Les piétons pourront prendre l'ancien chemin de mulets, qui est plus court de deux heures, mais aussi beaucoup plus pénible et moins intéressant. Il suit la rive dr. de la Saltine jusqu'auprès du hameau de Tafernen, et de ce hameau monte par une pente roide au point culminant du passage (13 h. env. de Brieg). - On ne doit aller à pied que jusqu'à Domo d'Ossola.

Au commencement de ce siècle, les cols ou passages les plus fréquentés des Alpes de la Suisse n'étaient encore praticables que pour les piétons et les bêtes de somme. Ce fut Napoléon, alors premier consul, qui, peu de temps après la bataille de Marengo, conçut l'idée de faire construire une route de voitures sur la montagne du Simplon, située entre le Valais elle Piémont , dans la chaîne des Alpes cen-

traies. — Commencée au moisde février 1801, la route du Simplon fut livrée aux voitures en 1807 ; elle a 8 mètres de largeur et 6 centimètres de pente par mètre dans les endroits les plus rapides. Elle avait coûté 18 millions.

Il est question depuis plusieurs années de construire un chemin de fer sur le Simplon, mais aucun projet n'est encore arrêté.

Le ftlmplon (en ail. Simpelen, en ital. Sempiotte, en latin Sempronius) rappelle quelques souvenirs historiques. Selon plusieurs antiquaires, son nom lui vient de celui du consul romain M. Servilius Coepio, qui l'aurait traversé avec son collègue Manlius (M7 av. J. C), pour conduire les légions romaines contre les timbrée. En 1487, les Valaisans remportèrent une victoire sur les Milanais à rentrée du Val Vedro. Trois siècles plus tard, en 1799, les Français chassèrent les Autrichiens des postes qu'ils occupaient sur le Simplon, et descendirent jusqu'à Domo d'Ossola. d'où ils ne tardèrent pas à être chasses à leur tour. L'année suivante, tandis que l'armée française passait le Grand Saint-Bernard, sous le commandement du premier consul (le 27 mai), le général Béthencourt fut chanté d occuper les passages d'isella et de Domo d'Ossola, avec une colonne de mille hommes. Mais une avalanche avait emporté un pont-, le chemin se trouvait interrompu par un abime épouvantable de 20 mèt. de largeur. Un volontaire plein d'intrépidité s'offrit de passer sur l'autre bord, au risque de sa vie. en s'aidant, pour descendre et pour remonter, de trous qui avaient servi à recevoir les poutres du pont. Il réussit, et une corde qu'il avait emportée avec lui, fat tendue sur les rochers. Le général Béthencourt passa le second, suspendu à la corde au-dessus de l'abîme; ses mille soldats le suivirent, chargés de leurs armes et bagages.

A 20 min. de Brieg, après avoir laissé à dr. la route peu fréquentée de Glys qui traverse la Saltine sur un pont couvert, la route monte en zigzags à travers de belles prairies au (35 min.) Calvarienberg d'où on découvre déjà, en se retournant, le Sparrenborn, l'Eggischborn, la Bellalpet le Nestborn.

25 min. I" refuge. — On jouit de

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belles vues sur les précipices de la Saltine,le Glyshorn (2478 mèt.) qui s'élève de l'autre côté de la vallée, Brieg et la vallée du Rhône, surtout (20 min.) près d'une chapelle et (20 min.) près du V refuge, d'où l'on aperçoit la vallée de la Ganter, le Bortelhorn, le Wasenhorn,le Maderhorn et le Monte-Leone.

Au delà du ' (40 min.) pont de la Ganter, exposé pendant l'hiver aux avalanches , un sentier fort roide monte directement à l'auberge que l'on aperçoit sur le versant opposé , mais la route décrit quelques zigzags.

25 min. (2 p. 1/2, 1 p. suisse) Bérigal ou Persal, auberge située à 1549 mèt. et consistant en deux bâtiments réunis par un pont.

On traverse (20 min.) le Frombach, puis (20 min.) le Wcissbach avant d'atteindre le (15 min.) 4e refuge. On va bientôt dépasser les dernières limites des magnifiques forêts de sapins au milieu desquelles serpentait la route. Au-dessus de Brieg et de Naters, que l'on revoit, on décourre de mieux en mieux la belle chaîne des Alpes Bernoises, qui s'étendent et semblent grandir à mesure que l'on s'élève. On remarque surtout le Bietschhorn , la Jungfrau et le Mœoch, au-dessous desquels descend le glacier d'Aletsch. — Au-dessus du col duSimplon, dans la direction opposée, se montre le Fletschhorn.

On passe (25 min.) dans la Galerie de Schalbet, longue de 30 mèt., à 1195 mèt. au-dessus de Glys, et au sortir de laquelle on aperçoit le glacier de Kaltemvasser. 15 min. plus loin est le 5* refuge. Entre ces refuges et les galeries, il existe dans cette partie de la route, sur 3000 mèt., six abris contre la tourmente. La 2' galerie ou galerie de Kaltemtasser (8 min.) a été construite en partie en maçonnerie, sur une étendue de 50 pas ; elle est percée de 1 1 ouvertures. Le torrent et les avalanches passent par-dessus. Elle est dominée par la belle pyramide du

Schœnhorn (3202 mèt.). Ce passage, souvent fortifié, est très-dangereux en hiver. Les avalanches ont détruit toutes les fortifications qui y avaient été élevées.

La y galerie (5 min.) , longue de 130 pas, n'est qu'à 5 min. de la 4* galerie, construite pour l'hiver, car en été la route passe à côté. A 2 min. de la sortie se trouve le 6* refuge, à 5 min. duquel (22 kil. de Glys) s'élève la croix de bois qui marque le point culminant du passage, 2020 mèt. On découvre au N. unepartiede la chaîne des Alpes Bernoises et le glacier d'Aletsch; à TE., le Montc-Lconc avec ses trois pointes; au N. E. , le glacier de Kaltenwasser et le Maderhorn dont M. Forbes et le chanoine Alt ont fait l'ascension ; au S. E. , le Schœnhorn; au S., le Weissmies et le Fletschhorn.

10 min. , le Nouvel Hospice, fondé par Napoléon, laissé longtemps inachevé par manque de fonds, a été terminé aux frais des religieux du Saint-Bernard, qui, en 1825, achetèrent 15 000 fr. les constructions existantes. C'est un vaste édifice aussi solide que simple, renfermant quelques chambres à coucher très-propres, un salon avec un piano, un réfectoire, une chapelle, avec environ trente lits pour les voyageurs pauvres. Il est habité par huit frères de l'ordre de Saint-Augustin, membres de la môme communauté que les chanoines du Grand Saint-Bernard, et plusieurs domestiques. — De gros chiens vont , pendant le mauvais temps, à la rencontre et à la recherche des voyageurs. — Le nombre des voyageurs qui y sont reçus varie chaque année de douze à quinze mille.

— Les voyageurs aisés déposent une offrande dans le tronc de la chapelle pour payer leur dépense.

Ascension du Monte-Leone.

On peut partir pour cette belle ascension, faite pour la 1" fois, le 9 août 1850, par M. O. Studer, MM. Ulrich et Siegfried,

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