ROUTE 101] BAVENO. — LES ILES BORROMÉES
verse de nouveau la Tosa sur un pont terminé en 1865, à (25 min.) Jftgiandone, petit village a la g. duquel on remarque une petite cascade. — Belles mines de cuivre.
45 min. Ornavasso (bot. : (Vltalia, la Croix et San-Carlo) , bourg où la famille Visconti possède un vieux château, et près duquel se trouvent les carrières de marbre qui ont fourni les matériaux du Duomode Milan. On laisse ensuite à g., sur l'autre rive de la Tosa, le Monte-Orfano, au pied duquel est le petit lac de Meryozso.
1 h. 15 min. A Gravellona (hôt. de l'Europe), village industriel, on franchit sur un pont un petit ruisseau qui vient du lac d'Orta, et le long duquel une route conduit en 1 h. à ce lac (R. 102).
Auprès de (45 min.) Feriolo (hôt.
du Lion d'Or), on découvre enfin le lac Majeur et les lies Borromées.
30 min. (3 p. de Vogogua), Baveno (hôt. deBdtevue, bon et bien situé).
On peut, de Baveno, faire des excursions intéressantes aux carrières de granit voisines, de charmantes promenades sur les montagnes qui bordent le lac (belles vues, charmants sentiers, frais et sombres vallons boisés, prairies ombragées de châtaigniers), monter au Motte rone ; enfin visiter les îles Borromées. — Bateaux à vapeur tous les jours pour Locarno et Magadino, Arona et Sesto Calemle.
Les Uet Borromées.
Une barque h deux rameurs coûte 5 fr.
pour les deux premières heures.Les heures suivantes se payent à raison de 50 c. pour chaque rameur. En général, il faut 3 à 4 h. pour faire le tour des iles. — Il y a, à Vlsoln Bella, une auberge, le Dauphin, près du château. — On donne à l'Isola Bella 1 fr. au jardinier, et l fr. au domestique qui fait voir les appartements : à l'Isola Madré 1 fr. au jardinier.
Aucun pays de l'Europe n'est peutêtre plus connu que le petit groupe de ces quatre lies du lac Majeur, qui porte le nom de la famille Borromée;
mais aucun , sans contredit, n'a donné lieu à des appréciations plus extrêmes et plus contradictoires. Parmi les voyageurs, les uns les admirent et les louent, les autres les dénigrent et s'en moquent, avec une exagération injuste et ridicule.
« Pour placer mes personnages dans un séjour qui leur convint , dit J. J. Rousseau {Confessions^ p. 1 1 , liv. IX), en parlant de Julie et de Saint-Preux, je passai en revue les plus beaux lieux que j'eusse vus dans mes voyages , mais je ne trouvai point de bocage assez frais, point de j>aysage assez touchant à mon gré.... Je songeai longtemps aux tics Borromées, dont l'aspect délicieux m'avait transporté ; mais j'y trouvai trop d'ornement et d'art pour mes personnages.... »
Quelle que soit leur opinion sur ces Iles, les étrangers ne regretteront certes jamais les trois ou quatre heures qu'ils emploieront à les visiter.
« C'est surtout depuis le lac et à une certaine distance qu'il faut voir cette Ile, écrivait de Saussure, au milieu du siècle dernier; ses dix terrasses eu étagère, les unes au-dessus des autres, soutenues par des arcades et bordées de beaux orangers, ou couvertes de berceaux de citronniers chargés de fleurs et de fruits, flanquées d'obélisques et ornées de statues, ont l'air d'un ouvrage de féerie....
« Quelques voyageurs modernes ont affecté du dédain pour ces lies. En effet, ce goût-là n'est plus de mode; et moi aussi j'aimerais mieux passer mes jours dans un vallon retiré entre des rochers, des bois et des cascades, que d'arpenter toujours ces terrasses rectilignes; mais c'est pourtant une idée vraiment belle et noble , c'est une espèce de création , que de métamorphoser en superbes jardins un rocher qui était absolument nu et stérile, et d'en faire sortir les plus belles fleurs et les meilleurs fruits de l'Europe, à la place des mousses et des lichens qui rampaient à sa surface ; et certes, les voyageurs qui admirent ces pro-
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diges de l'art, et même ceux qui les critiquent, doivent aimer mieux que le comte Vitaliano Borromeo ait eu, il y a cent vingt ans (1671), cette superbe fantaisie, que s'il avait enfoui l'argent qu'il y a consacré, ou qu'il l'eût employé a ce genre de luxe dont il ne reste aucune trace....
« J'avoue donc que j'ai eu un singulier plaisir à me promener sous ces berceaux d'orangers et de citronniers qui, plantés en pleine terre, ont l'air
naturel et presque la hauteur qu'on leur voit dans les environs de Naples et de Païenne. D'ailleurs, il y a, dans 1 Isola Bella, un bois épais de lauriers d'une rare beauté, et des grottes en rocailles d'une grandeur et d'une fraîcheur précieuse dans la saison où l'on vient visiter ces jardins. Enfin la plate-forme qui couronne toutes les terrasses, et d'où l'on saisit tout l'ensemble de l'île, du beau lac qui baigne ses bords, des montagnes qui ren-
Isola Bella. — D'après une photographie de MM. Ferrier et Soulier.
ferment le bassin de ce lac, et d'où l'œil s'élève par gradation jusqu'aux cimes neigeuses des hautes Alpes, présente un des plus beaux points de vue que l'on puisse imaginer.
«< Une autre île voisine d'Isola Bella et qui se rapproche plus du goût des amateurs de la simple nature, c'est celle qui porte le nom d'Isola Madré (rile-Mère ou de Saint- Victor). Kl le est plus grande et il y a moins d'art, moins de terrasses, et en revanche
un beau verger dans une prairie qui descend en pente douce jusqu'au lac, et, comme cette !le est plus rapprochée de la rive septentrionale du lac, le»
hauteurs qui bordent cette rive la tiennent à l'abri du vent du nord :
aussi le climat en est plus doux . et les orangers n'y ont besoin d'aucun abri, au lieu que ceux de l'Isola Bella doivent pendant l'hiver être garantis par des planches.
« A côté du luxe aristocratique et