‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 398 sur 865 · ROUTE 108] LE COL DU CRIES. — LA TOSA · texte numérisé non relu

ROUTE 108] LE COL DU CRIES. — LA TOSA

un petit lac à 2600 mèt Au S. E. , on voit un glacier hérissé d'aiguilles et flanqué de deux hautes cimes pyramidales : c'est le glacier du Gries.

A Airolo, par la Nufenen, R. 109.

1 h. 30 min. d'une montée roide et peu intéressante suffisent pour s'élever des chalets au col du Gries, situé à 2445 mèt. De ce col, on descend , mais seulement de quelques mètres, pour atteindre le glacier du Gries, qu'il faut traverser. Des poteaux de bois plantés dans la glace de distance en distance indiquent le chemin. Comme ce glacier est presque uni, les mulets le traversent sans aucune difficulté et sans aucun danger. Le plateau carré qu'il forme est flanqué, à chacune de ses extrémités, d'une haute cime pyramidale.

Au fond du glacier, au S. 0. se dresse le Blinnenhorn (3332 mèt.), flanqué au S. du Rothhorn (3294 mèt.) et au N. du Merxenbachschien (3140 mèt.). A TE., le Nufcnenstock le divise en deux bras. « Si on se retourne du côté du N. , dit de Saussure, on voit sous ses pieds le bassin couvert des pâturages que l'on a traversés; plus loin , l'étroite vallée par laquelle on est monté, et l'horizon est terminé par les cimes des Alpes qui séparent le Valais du canton de Berne.

Ces cimes découpées et couvertes de neige ressemblent aux vagues d'une mer agitée ; cette ressemblance devient toujours plus frappante, à mesure que l'on avance dans le glacier.

Mais bientôt on perd ces objets de vue; au bout d'un quart d'heure de marche, le glacier prend une pente rapide du côté de l'Italie ; là , les glaces se découvrent, et, dans une concavité, entre le glacier et la montagne, on voit un lac dont les eaux sont teintes d'un beau vert d'émeraude par la glace vive qui en forme le fond. » Dans la chaîne qui sépare le Tessin du Val Formazza, on remarque la pyramide de la Punta di Pasodan.

Après avoir quitté le glacier (20 min.)

on gagne la montagne de g. pour passer, sur un sentier roide et étroit, au bord d'un affreux précipice. Par ce sentier, on descend dans un petit vallon désert, où sont des pâturages couverts çà et là de débris.

La descente du côté du Piémont, — car le col forme les limites du Valais et du Piémont — est encore plus roide et plus pénible que la montée du côté du Valais. La partie supérieure de la vallée piémontaise de Formazza ou Fruttvald, — versant méridional du Gries, — se compose de quatre gradins aplanis en forme de vallons. Le premier (30 min.), c'està-dire le plus élevé (1935 mèt.), s'appelle Bettelmatt , et renferme les chalets de ce nom; le deuxième (30 min.) porte le nom de Morast; on y trouve les chalets de Morast et (30 min.) ceux de Kehrbœchi, en italien Rialto, où Ton commence à voir quelques arbustes à 1750 mèt.

A Airolo, par le col de San-Giacomo, R. 110-

On descend ensuite dans le troisième vallon (30 min.) au hameau de auf der Fruth (sulla Frua) (1685 mèt.) à l'extrémité duquel on trouve une chapelle et un assez bon hôtel (un peu cher) récemment construit, dont le propriétaire sert de guide pour les passages du Gries et de San-Giacomo et pour l'ascension de la belle pyramide de Pasodan.

Cette chapelle est bâtie sur le bord d'un rocher, d'où la Tosa ou Toccia dont on a côtoyé un des affluents, le Griesbach, qui descend du col du Gries , se précipite dune hauteur de 150 mèt. environ « en formant, dit de Saussure, les plus beaux accidents que l'on puisse voir en ce genre. » Elle commence par tomber perpendiculairement dans une espèce de grande coupure transversale du rocher, semblable à une immense coquille, d'où les eaux rejaillissent en gerbes d'une grandeur et .

d'une beauté remarquables. Toutes ces

382 D'OBERGESTELEN A

Page 1