‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 40 sur 865 · DE LUCERNE A ZURICH · texte numérisé non relu

DE LUCERNE A ZURICH

Cette compagnie a ouvert sa ligne en 1864. Les indicateurs suisses ne contenant aucun renseignement sur les distances, je ne puis constater ici •la distance de Lucerne à Zurich par le chemin de fer.

D'autres concessions ont été faites à diverses compagnies :

D'Augst à Brugg par Frick (ligne du Bœtzberg). — De Bâle à Augst. — De Baie au petit Honinguc par Hom. - De Porrentruy à la frontière française. — De Rorschach à Lindau par Bregenz.

Enfin parmi les lignes en projet et à l'étude , nous mentionnerons encore celles :

De Brisaago à la ligne qui doit traverser le Lukmanier. — De Chia&so à Bellinzona. — Du Toggenburg (de Wyll à Neaslau). — De Baie à Delémont. — De Liestall à Waldenburg. — De Genève à, Annecy. •

Toutes les concessions qui viennent d'être énumérées forment un réseau total de près de 330 lieues suisses (la lieue suisse a 4 800 mèt.) soit près de 1600 kilomètres.

Le Réseau suisse se relie ou se reliera :

A. Au réseau français, sur six points : r à Genève; 2° aux Verrières; 3* à Jougne; 4" à Délie, ou sur un autre point: 5Qà Thonon au chemin de fer de Paris-Lyon- Méditerranée; 6° à Annecy; 7° enfin à Bdle, au chemin de fer de l'Est.

B. Au réseau allemand : 1° à Bàle , à Waîdshut, à Constance et à Shaffhoxue, aux chemins de fer Badois; 2° à Friedrichshafen et à Lindau, aux chemins de fer Wurteml>ergeois et Bavarois.

C. Au réseau italien , par le Simplon, le Saint-Gothard et le Lukmanier, si jamais les chemins de fer traversent les Alpes.

L'itinéraire proprement dit contiendra, — sauf les heures de départ qui varient souvent, — toutes les indications nécessaires pour se rendre en Suisse par les chemins de fer français, allemands, sardes et lombards, ou pour en sortir par les chemins de fer suisses '. A la courte statistique qui précède, je me bornerai donc à ajouter ici quelques renseignements généraux sur les voitures, la composition des trains et le service.

Les voitures destinées au transport des voyageurs suisses ne ressemblent pas, si ce n'est sur le chemin de l'Ouest-suisse, à celles des chemins de fer français. — Elles sont plus hautes et beaucoup plus longues; elles contiennent donc un plus grand nombre de voyageurs. On n'y entre ou Ton n'en sort que par les deux extrémités. Les portes s'ouvrent au milieu (dans le sens de la largeur) sur une petite plate-forme, à laquelle on monte par un escalier garni d'une rampe, et que de solides amarres rattachent à celle de la voiture qui précède ou qui suit. Les fauteuils, banquettes ou bancs, placés près des fenêtres, se trouvent séparés par un couloir assez large pour rendre la circulation facile. On peut donc se promener, le chapeau sur la téte, dans un

1- Un Indien teur des chemins de fer, diligences, bateaux à vapeur, etc., est indispensable maintenant à tous les voyageurs qui parcourent la Suisse. Il s'en publie plusieurs, qui te modifient chaque mois, selon les changements de service (30 cent.). On les Vrouve généralement dans les gares.

XXX AVTS ET CONSEILS AUX VOYAGEURS

wagon, entre les deux portes; et les employés de service passent sans cesse d'une voiture à l'autre, contrôlant les billets des voyageurs qui viennent de monter dans le train, ou prenant les billets de ceux qui vont en descendre. Aussi, rarement les conducteurs annoncent-ils à haute voix au dehors les noms des stations, puisqu'ils ont averti au dedans, en leur demandant leur ' billet à l'avance, les personnes arrivées au terme de leur course.

Les voitures de troisième classe, dont les bancs sont en bois, mais qui sont fermées avec des vitres, n'ont qu'un seul compartiment, malgré leur longueur. Les voitures de seconde classe sont généralement divisées en deux compartiments, un grand et un plus petit; ce dernier est spécialement réservé, comme le promet une affiche, aux voyageurs qui ne fument pas et que la fumée du tabac incommode; mais où ne fume-t-on pas maintenant en Suisse comme en France? Ces voitures sont aussi propres et aussi confortables que les voitures de première classe des chemins de fer français. Quant aux voitures de première classe, il n'y*ena pas sur les chemins de fer suisses. Seulement la plupart des voitures de seconde classe sont terminées, à Tune de leurs extrémités, par un compartiment de première classe, c'està-dire par un petit salon, blanc et or, orné de glaces et de tapis, garni de petites tables en acajou et de fauteuils en velours à une ou à deux places. Ces voitures ont leurs avantages et leurs inconvénients. D'une part, le service y est plus commode; l'hiver on les chauffe avec un poêle; l'été on les aère plus facilement que les voitures du système français ; enfin les voyageurs y voient mieux le pays qu'ils traversent, et peuvent, quand ils sont fatigués d'être assis, se lever et faire même une petite promenade. Mais, d'autre part, on s'y trouve trop souvent exposé à des courants d'air désagréables ou dangereux dont il est impossible de se garantir; une famille nombreuse ou une société ne peuvent pas y jouir, comme dans les voitures françaises, des petites douceurs d'un compartiment réservé ou entièrement occupé; enfin en cas d'accident, il deviendrait d'autant plus difficile d'en sortir que le nombre des voyageurs y serait plus grand, car les deux portes seraient certainement obstruées.

Les prix des places sont modérés dans les chemins de fer suisses. Il y a. comme en France, une différence de moitié entre la première et la troisième classe. Les employés se font en général remarquer par leur bonne tenue, leur complaisance et leur politesse.

Il y a peu de buffets, et ceux qui existent sont généralement dépourvus de tout ce que pourrait désirer un voyageur français. (Le plus important est celui d'Olten.) On n'y trouve guî re — outre cette abominable décoction noirâtre dont les Allemands persistent à se régaler, avec la conviction qu'ils boivent du café — que de la bière, du vin. des cervelas et du saucisson, quelquefois une de ces soupes phénoménales que l'Allemagne seule sait composer. Ce manque presque absolu de buffets s'explique du reste. Les lignes de chaque compagnie sont si courtes que l'on peut toujours les parcourir en entier entre deux repas.

Sur certaines lignes il n'est accordé aucune franchise pour les bagages enregistrés.

Les touristes pourront profiter dans certains cas des avantages offerts par les billets d'aller et de retour, valables pendant plusieurs jours, ou d'excursions (voir les indicateurs des mois et surtout les affiches, car ces conditions exceptionnelles changent souvent).

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