ROUTE 111] LE LAC DE BIENNE. — NIDAU
sortes de culture». On y trouve des ch amps, des vignes, des bois, des vergers; de gras pâturages ombragés de bosquets et bordés d'arbrisseaux de toute espèce, dont le bord des eaux entretient la fraîcheur. Une haute terrasse, plantée de deux rangs d'arbres, enlaee file dans toute sa longueur, et, dans le milieu de cette terrasse, on a bâti un joli salon, où les habitants des rives voisines se rassemblent et viennent danser les dimanches durant les vendanges.
Une de mes navigations les plus fréquentes était daller de la grande à la petite Ile, d'y débarquer et d'y passer raprès-df née , tantôt à des promenades très-circonscrites au milieu des marceaux, des bourdaines, des persicaires et des arbrisseaux de toute espèce; tantôt m'étab lissa rit au sommet d'un tertre sablonneux couvert de gazon, de serpolet, de fleurs, même d'esparcettes et de trèfles, qu'on avait vraisemblablement semés autrefois.
m Quand le lac agité ne me permettait pas la navigation, je passais mon aprèsmidi à parcourir nie, m asseyant tantôt dans les réduits les plus riants et les plus solitaires, pour y rêver à mon aise, tantôt sur les terrasses et sur les tertres, pour parcourir des yeux le superbe et ravissant coup d'oeil du lac et de ses rivages, couronné d'un côté par des montagnes prochaines, et de l'autre, élargi en riches et fertiles plaines, dans lesquelles la vue s'étendait jusqu'aux montagnes bleuâtres plus éloignées qui la bornaient. »
Deux mois s'étaient â peine écoulés depuis que Rousseau jouissait enfin d'un bonheur suffisant, parfait et plein, lorsqu'un matin, M. le bailli de Nidau, dans le gouvernement duquel était l'Ile Saint-Pierre, lui intima de la part de Leurs Excellences l'ordre de sortir de l'Ile et des États de Berne. L'infortuné proscrit demanda comme une faveur d'être enfermé dans quelque vieux donjon.
On lui répondit « de quitter le territoire médiat et immédiat de la république dans l'espace de vingt-quatre heures, et de n'y rentrer jamais, sous les plus grièves peines. » Il obéit, et partit pour l'Angleterre.
A 20 min. de Bienne se trouve Nidau (bôt. Hôtel-de-ville), V. de 957 bab. réf., située sur la rive dr. de la
Thièle qui sort du lac de Bienne. Du château des comtes de Nidau, aujourd'hui résidence du préfet du district, on jouit d une belle vue.
Des antiquités romaines (faucilles, couteaux, pointes de lances et de javelots, bracelets, boucles d'oreilles ) en bronze , et des fragments de vases d'argile ont été découverts à Nidau. En outre, il existe à 200 mètres environ de l'embouchure de la Thièle une espèce de colline souslacustre appelée Steinberg et regardée comme artificielle. Cette colline communique avec la rive par une digue à demi détruite, et son sommet aplati, de deux à trois arpents en surface, n'est ordinairement recouvert que de 2 mèt. à 2 mèt. 50 C.
d'eau, tandis que la profondeur du lac atteint 7 mèt. près de sa base.
Elle est encore hérissée de pieux qui ont été jadis plus nombreux, régulièrement espacés et liés par des poutres horizontales, dont on retrouve des fragments. Des briques romaines, recueillies à peu de distance, avaient porté les riverains à regarder ces restes de constructions comme les débris d'une forteresse ou d'un phare romain, mais des recherches faites en 1854 par M. le colonel Schwab et M. Mûller, notaire à Nidau, ont prouvé que le Steinberg avait été couvert d'habitations bâties sur pilotis (V. R. 16, Concise et Meilen, R. 211). Leurs collections renferment, parmi les objets en pierre : des meules, des pierres à broyer, à aiguiser et à polir parfaitement semblables à celles de Meilen, des cailloux percés destinés à faire descendre les filets, des disques fort bien travaillés en quartz rougeâtre, et munis d'une rainure à la périphérie, ce qui les a fait à tort considérer comme destinés à être lancés au moyen de la fronde.
De Bienne à la Chaux-de-Fonds par Saint-Imier, R. 116; — à Porrentruy par Bcllelay, R. 119 ; — à Baie par Soleure et Olten, V. ci-dessous et R. lut ; — à Mie
Digitiz&d byJoOOgle
DE PARIS
A BERNE
par le Val Moutiers, R. 1W; - à soleure, V. ci-dessous.
Le chemin de fer traverse la Thièle à (33 kil.) Brugg, puis, contournant le Jensberg, incline au S. pour venir franchir PAare sur un pont en treillis à peu de distance de {38 kil.) Biisswyl, et longer alors la route de Fribourg à Soleure (R. 22) jusqu'à
41 kil. Lyss , v. de 1628 hab. réf., d'où, se dirigeant au S. E., il remonte la vallée de la Lyss par (44 kil.) Suberg; — (48 kil.) Sehùpfen, qu'il laisse à dr. ; — (51 kil.) Mùnchenbucfisee.
— A (54 kil.) Zollikofen on rejoint la ligne de Bâle-Olten-Zurich-Lucerne (F. ci-dessous et R. 191).
62 kil. Berne. R. 125.