‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 415 sur 865 · ROUTE 113] LE SAUT · texte numérisé non relu

ROUTE 113] LE SAUT

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Une excursion de Morteau au saut du Doubs est recommandée (12 kil.

env. V. ci-dessous).

La route du Locle côtoie le Doubs.

69 kil. Villers-le-lxtc. v. de 1593 hab., incendié en 1840. On y traverse le Doubs sur un beau pont en fil de fer, au delà duquel se trouvent les liassots.

[Pour aller au saut du Doubs, on prend à g. l'ancienne route, qui passe aux Pargots. Près de ce hameau, on s'embarque sur le lac de Chaillezon (chai, roc, et «on, lac), dans une petite anse, formée par l'embouchure de la Rançonnière, ruisseau qui sert en cet endroit de limite entre la France et la Suisse. On aperçoit à dr., sur une colline (8 kil. de Morteau) , le village suisse des BrenetS (131 8 hab.), fabrique d'horlogerie, de dentelles et d'instruments d'optique. — Le lac de Chaillezon a 3000 nièt. de longueur sur 400 de largeur; il sépare la Suisse de la France. Du milieu de ses eaux surgit un bloc de pierre, qui était autrefois surmonté d'une croix, et qu'on appelle la tête de Calvin. Ailleurs on montre la tête de Louis-Philippe, la Vierge, le Moine. On fait aussi admirer, dans la grotte de Toffière, un magnifique écho, qui redit jusqu'à sept fois le mot qu'on lui adresse.

Quant au Doubs, Auguste Demesmay l'a ainsi dépeint : «A travers les rochers, dont les parois sillonnées portent la trace de ses flots comme la borne celle de la roue qui la creuse, il court sur une pente rapide, se brisant contre des rocs entassés pèleraèle ; puis, tout à coup, furieux de ce que la terre lui manque, il bondit, comme un lion écumant et échevelé, du haut d'un roc d'environ 27 mèt., et plonge dans un gouffre dont la sonde n'a jamais atteint le fond, et qui ne rend pas même les débris de ses victimes. » On raconte en effet qu'un jour deux jeunes gens des Brenets, mariés le matin môme, se pro-

fBS. — LE LOCLE.

menant en bateau sur le lac de Chaillezon, se laissèrent entraîner, sans y prendre garde, par le courant, jusqu'au saut du Doubs. Ils ne s'aperçurent du danger qu'au moment où leur barque arrivait sur l'abîme, qui l'engloutit sans retour. Derrière la i plate-forme du haut de laquelle s'élance le Doubs, les roches s'élèvent de 165 à 200 mèt. Si l'on ne craint pas d'être mouillé, on peut contempler la cascade d'en lias; mais, pour saisir l'ensemble du specUcle, il vaut mieux se tenir sur un rocher saillant, vis-à-vis de la chute.

Chaque «année, au mois de juillet, les habitants des deux rives, Suisses ot Français, se réunissent sur la rivière, près de cette magnifique cascade, et y célèbrent une fête populaire, o fête pleine de joyeuses cl Lan sons, dit M. X. Morutier {Nouveaux souvenirs de voyage) , qui rassemble, en dehors de tous les traités de diplomatie, deux populations étrangères, mais ralliéesl'uneâ l'autre par le même sentiment de la beauté poétique. »

Des Brenets on peut gagner, par les Frètes, le point culminant de la chaîne qui sépare la vallée du Doubs de celle du Locle , et descendre de là au Locle (3 kil. des Brenets).]

Laissant à g. l'ancienne route, la route nouvelle, plus courte et plus commode, aux points de vue variés et pittoresques, monte directement des Bassots au Locle, par la Hoche- Fendue ou col des Hoches, brèche naturelle qu'ont élargie le fer et la poudre. A la frontière même , on passe dans deux tunnels, de 10 mèt.

et de 50 mèt. Près de la se sont établis, outre la douane suisse, des hôtels et des bains, et l'on peut visiter les curieux moulins construits, l'un au-dessous de l'autre, dans les abîmes creusés par les eaux du Bied qui prend sa source dans la Combe-Gi~ rard et n'a pas d'écoulement apparent.

74 kil. Le Locle (hôt. les Trois-

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