SOLEURE
calier de trente-trois marches, devant lequel sont deux fontaines, conduit à la façade, décorée de douze colonnes corinthiennes et d'un nombre égal de statues. L'intérieur a 64 met. de longueur et 44 mèt. de largeur. On y remarque plusieurs tableaux de Corvi et de Joseph Esper, onze autels, l'orgue de Bossart, de Zug (il a quarante registres), les bas-reliefs du chœur, le trésor qui renferme de beaux missels des V, xl*, xiiic et xvi" s., la bannière que Léopold a donnée à la ville, etc. De la tour (60 met., 249 marches), on jouit d'une belle vue.
Véglise des Professeurs, jadis des Jésuites, terminée en 1689, possède un tableau de Corvi et un Christ attribué à Holbein. Louis XIV a contribué pour 100000 fr. à sa construction.
La Tour de l'Horloge [Zeitglocken- Thurm) , sur la place du Marché, dont une inscription allemande fait remonter la construction cinq siècles après J. C, date de l'époque bourguignonne. C'est une grosse tour carrée, sans fenêtre ni aucune autre ouverture, sur une hauteur de 26 mèt.
env. A en croire deux vers latins écrits sur cet édifice, Soleure est, après Trêves, la plus ancienne ville du N. O. de l'Europe :
In Celtis nihil est Soloduro antiquius.unis Exteptis Treviris, quorum ego dicta soror.
Les figures de l'horloge doivent être regardées aux heures et aux quarts d'heure.
A l'Arsenal (Zeughaus) , situé près de la cathédrale, on voit une riche et curieuse collection d'armures anciennes : deux drapeaux et une arquebuse pris à la bataille de Morat:
un portrait de Charles le Téméraire, par Van fcyck ; deux bannières prises à la bataille de Dornach; deux autres prises au Bruderholz , et deux du temps des Croisades; six à sept cents armures diverses; des pièces d'artillerie pour la défense des forteresses, etc. Au deuxième étage, un automate placé en sentinelle saisit son
arme et tourne la téte au moment où l'on ouvre la porte. A l'étage supérieur un groupe très-curieux (figures de grandeur naturelle) représente la réconciliation des confédérés à la diète de Stanz.
Le Muséum, près du pont de l'Aare, dans la maison des Orphelins, possède une magnifique collection des fossiles du Jura et des roches des Alpes, réunie et mise en ordre par le célèbre professeur Hugi.
Lllôtel de ville (Bathhaus) est un ancien édifice irrégulier, avec plusieurs tours. On y remarque des inscriptions romaines, le bas- relief de Cléobis et Biton, les bustes de Nicolas de Fluë et de plusieurs avoyers de Soleure, par Eggenschwyler; un escalier tournant, construit en 1631, par le célèbre architecte Gibelin, etc.
— La caserne était autrefois l'hôtel de l'ambassadenr de France. — La place du Marché est ornée de fontaines. — Lit maison de Kozciuszko, dans laquelle il mourut, est le n° 5, Gurzelengasse. Les restes de ce grand homme avaient été inhumés dans le cimetière du village de Zuchwyl, sur l'autre rive de l'Aare. La pierre qui les recouvrait portait cette inscription :
VISCERA THADDEI KOZCIUSZKO.
Mais ils ont été depuis transférés à Cracovie et déposés religieusement dans les caveaux de la cathédrale parmi les sépultures royales. — La bibliothèque de la ville renferme 15000 vol., un bas- relief du Saint- Gothard, de belles peintures sur verre, des antiquités; — les bibliothèques de la cathédrale, des professeurs, des étudiants, etc., sont riches en manuscrits et en imprimés. — Dans la rue des Écoles, un monument de l'an 129 de l'ère chrétienne, où Soleure, est désignée par l'épithète de Vicus} est enchâssé au milieu d'un mur.
Un grand nombre de Soleurois se sont fait un nom dans les arts et les sciences. On cite surtout les chroni-
queurs Hafner et Wagner ; le poète latin Barzaus, l'historien Hermann, l'écrivain populaire et puhlieiste Gassniann, le poète populaire Glutz, le sculpteur Kggenschwvler, l'historien Glutz Blotzheim, le jurisconsulte Conrad Meier, MM. Hugi, Propst, Brosi, Disteli, Sesseli, etc.
Les environs de Soleure offrent de nombreuses promenades. — On peut aller visiter la promenade construite en 1824 autour de la ville, sur les ouvrages extérieurs, et qui, plantée de mûriers, communique avec le Wasserplals, autre promenade où ont lieu les exercices militaires; — le Kreusacher, sur la rive dr. de l'Aare ; — la promenade qui conduit à la Treibenkreuz, sur la route île BOren (croix de Treiben, 1390); — les carrières de marbre; — les bains d\4ftisholz, de Grcnchen, iï.immansegg (V. ces mots).
Mais, de toutes les excursions des environs, la plus intéressante est celle qui embrasse tout à lafoislVrmitage de Sainte-Vêrène, le Wcngistein et le Weissenstein.
A 30 min. au N. 0. de Soleure (près de la brasserie Bargezzi un poteau indique la direction à suivre) se trouve situé le v. de Saint-Sicolas (230 hab.) , à l'entrée d une gorge souvrant à l'O. et arrosée par le Kreuzenbach. A dr. on remarque le château de Waldegg. \je charmant sentier qui remonte cette gorge fut établi au commencement de la Révolution par un émigré franc us nommé de Breteuil, répare, embelli et entretenu depuis par h ville de Soleure. On aperçoit, aprè s avoir marché pendant 5 à 6 min., un monument simple élevé à la mémoire de l'historien Glutz Blotzheim. Passant ensuite devant une petite cascade, et entre deux parois de rochers élevés, on découvre, à l'extrémité de la g< rge, la demeure de Termite ainsi que les deux petites églises de Sainte-Vèrène et de Saint Martin, et, entre les deux rochers qui semblent leur servir d'abri,
les prairies du Wydlisbach et le Weissenstein. Derrière l'autel île l'église, à laquelle le rocher surplum bant sert de toit, est la grotte qu'Arsenius, ermite venu d'Égypte, s'occupa a creuser, dit-on, pendant trente ans. Cette partie de la grotte a 6 mh\. de profondeur, 4 de largeur et 3 de hauteur. Elle se rétrécit à son extrémité. Le Saint-Sépulcre est représenté avec trois soldats romains d'un côté et les trois Maries de l'autre. Une niche, à dr. de l'autel, renferme l'image de sainte Vérone qui , ayant fait partie de la légion thèbaine, se réfugia dans cet endroit suivant la légende, puis A Zurzach et à Baden, soignant partout les pauvres. L'ermite de Sainte-Verène montre, près du Sépulcre, un trou dans lequel, à en croire la tradition, la sainte aurait reposé sa tête, et un autre, plus petit, où elle aurait placé sa main. — — A g. de la chapelle on voit, dans le rocher, un petit trou qu'elle fit pour se cramponner lorsqu'elle était poursuivie par Satan. — Sa fête est célébrée le 1er décembre.
En montant le long du flanc droit du vallon, on voit, dans une grotte bien voûtée, la statue, de grandeur naturelle, de la Madeleine pécheresse; puis, après avoir passé devant un ancien sarcophage qui représente le tombeau du Sauveur, ou atteint bientôt l'église de Zu Kreuscn, près de laquelle sont, à dr., les Steinbrùcke, belles carrières de marbre. De là, un sentier conduit au Wengistein (pierre de VVengi) élevé en 1813 par la ville de Soleure. Une colonne de granit |>orte deux inscriptions en mémoire de deux événements célèbres de l'histoire sole u roi se : le sié^re de Soleure en 1318, et l'action héroïque de l'avoyer Wengi, qui, en 1523, empêcha les catholiques de canonner les réformés pour les contraindre à l'abjuration (belle vue).
Les touristes , qui de l'ermitage de Sainte-Verène iront au Weissenstein, tourneront à g., et, traversant une
LE WE1SSENSTEIN.
prairie ou une forêt, rie tarderont pas à rejoindre le chemin décrit cidessous.
De Soleure à Neuchâtel, R. iliî — à Bienne, R. itl ; — à Morat, R. 22; — à BAIe, R. 191 ; — à Berne, R. III et 123; — à Lucerne, R. l li et 1 6 > •, — à Aarau, R. 111 et 191 ; — à Fribourg, R. 22.
Le Welasensteln.
LeWeissenstein, en franc. Pierre blanche , est une sommité du Jura qui s'élève au N.
O. de Soleure, en faceducçntre des Alpes Suisses, à 857 met. aunlessus de Soleure et 1283 met. audessus de la mer. On y découvre un admirable panorama , le plus beau et le plus étendu assurément de tous ceux que peuvent offrir les pri n c ipales sommités du Jura. La remarquable gravure qu'en a faite Keller contient les noms de cent quarante montagnes appartenant à la Savoie et à seize des cantons de la Suisse, de sept lacs, de trois rivières, de douze villes, de plus de quarante bourgs ou villages. D'après les calculs d'Ebel, on voit toute la chaîne des Alpes se développer, de TE. à l'O., sur une ligne de plus de 130 à 140 1. de long, depuis les confins du Tyrol jusque) bien au delà du Mont-Blanc au S. O. On remarque surtout le Sam-
Ermitage de Sainte-Vérène
tis, à TE.; le Glaemisch avant le Rigi; le Tœdi, entre le Rigi et le Pilate; le Titlis et le Sùsten, puis, eu face de Soleure, le Wetterhorn, le Schreckhorn, le Finsteraarhorn, l'Eiger, le Mœnch, la Jungfrau, laBlûmlisalp, l'Altels, le Gelten, les Diablerets, le Mont-Blanc et enfin la Dent-du-Midi. Au-dessus du lac de Neuchâtel s'élèvent la Dôle, le Mont- Tendre et la Dent-de-Vaulion.
Du sommet de la Rœthi- /to/i,1398mèt.
( à 40 min.
env. de l'aub., à TE.) la vue est encore beaucoup plus étendue. Outre le panorama gravé par Keller, on y découvre en effet plusieurs vallées du Jura, une partie de la Foré t-No ire et des montagnes des Vosges et de la Côte-d'Or. Un sentier conduit aussi de l'aul>erge au sommet de la Hasenmatt (1 h. 30 min. ), plus élevé de 51 met. que la Rœthifluh ( 1440 met.), et dToù l'on peut aller visiter la vaste cavité appelée Niedlenloch, profonde de près de 500 met., et redescendre en 2 h. 1/2 à Soleure par Lommiswyl ou gagner Court par le chalet Stallberg. (K. ci-dessous, C).
On fait des cures de petit-lait à Yhôtel du Weissenstcin (bon et recommandé), où les touristes ne trouvent pas toujours une chambre, tant
SOLEURE ET SES ENVIRONS. [ROUTE 122j
est grande l'affluence pendant la belle saison ; le prix de la pension varie de 4 fr. à 6 fr. de France par jour.
Divers chemins, dont les principaux sont indiqués ci-dessous, conduisent à l'hôtel du Weissenstein.
En général, il vaut mieux monter par les chemins du Jura et redescendre par celui de Soleure, car on se ménage ainsi, pour la vue, le plaisir de la surprise.
A. De Moutiers. (R. 189.)
4 h. env. — Route de chars. — Voitures, 20 à 25 fr.
On va d'abord passer la Birse sur un pont situé près de l'entrée de la gorge qui conduit à Delémont, et, remontant la vallée de la Rauss, on traverse les villages de (45 min.) Grandval, en ail. Grandfeldcn, et de (15 min.) Crémine. Tournant à dr., on monte, au delà de la fabrique d'horlogerie de M. Perret, dans une gorge sauvage au (1 h.) village soleurois de Saint-Joseph— en ail. Gxnsbrunnen, fontaine des Oies — (aub. Poste) situé à la base N. du Weissenstein. Le Gaensbrunnen sort au-dessous d'un rocher. — A Gaensbrunnen, on laisse à g. le chemin de Batlstall (F. ci-dessous), pour monter en 1 h. 45 min. à l'hôtel du Weissenstein par le versant N. de la montagne.
B. De BaUsUU. (R. 190.)
6 h. 25 min. — Route de voitures et de chars.
A (15 min.) Innere Klus, on laisse à g. la route de Soleure, pour remonter à dr. la vallée de la Dûnneren; — (30 min.), Laupersdorf, — belle vue près de la chapelle de Ilœngen; — (20 min.), Matsendorf, à dr.; — (30 min.), Uerbetswyly village en face duquel on peut aller visiter, dans une gorge boisée, l'ermitage de Horngraben: — (1 h.), We'schenrohr (Rosière), village situé à la base N. du Balmberg, et d'où l'on peut monter à pied au Weissenstein en 1 h. 45 min.
par le Krûtlisberg et le Balmberg; — (1 h.), Gœnsbrunnen, où I on rejoint la route .4 ; — (1 h. 45 min.), le Weissenstein.