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BERNE
mort, et cette petite colonie, faible, isolée, entourée d'ennemis nombreux et redoutables, cette petite ville sans commerce et sans industrie occupait le premier rang parmi les États de la Confédération , au triple point de vue de la richesse , de l'étendue et de la puissance.
Durant le xmc s., Berne, ayant reçu au nombre de ses bourgeois des Zurichois, des Fribourgeois, des habitants des campagnes et des gentilshommes de son voisinage, se défendit contre la haute noblesse, qui employait les moyens les plus | violents pour la subjuguer. En 1236, elle contracta des alliances avec Fribourg. av< c Laopen. avec le Valais, Bienne, la vallée de Hasli et des villes du Rhin; durant les troubles de l'Allemagne, elle se mit sous la protection des comtes de Savoie et de Kyburg. Assiégée en 1288 par l'empereur Rodolphe de Habsbourg, elle triompha à la Schafsbalde. En 1291, elle battit encore l'empereur au Donn»rhûhl. En 1339, elle anéantit près de Laupen (V. p. 106) une coalition formidable de princes et de nobles. En 1353, elle entra dans la confédération helvétique; on lui assigna le second rang, et, jusqu'à la fin du xiv« s., elle agrandit considérablement son territoire, soit par des achats, soit par des conquêtes. En 1415. sur la sommation du concile de Constance et de l'empereur Sigismond, elle déclara la guerre au duc Frédéric d'Autriche et s'empara de l'Argovie. A partir de cette époque, et pendant une longue suite d'années, ses soldats ne déposèrent point les armes et s'acquirent une haute réputation militaire contre Zurich, contre le Valais, contre la Savoie, la Bourgogne et le duc de Milan. Enfin, i aux guerr.s de la Réforme (f">28) et a la conquête du pays de. Va ud 153«), succédèrent plus de deux siècles et demi de paix , de *tntu quo et d'une prospérité toujours croissante.
L'histoire de Berne, durant cette longue période, ressemble à celle de la plupart des autres villes de la Suisse. Démocratique dans son origine, le gouvernement devint peu à peu aristocratique. En 1536, la commune cessa d'être consultée, et la touveraineté fut le privilège exclusif d'un petit nombre de familles. Les opprimes murmurèrent souvent contre l'autorité héréditaire de leurs oppresseurs. Une seule fois, en 1749, ils tentèrent de regagner leurs droits par la force; mais la conjuration fut découverte, et son chef, nommé Henzi, mourut sur l'échafaud.
On trouvera dans l'Introduction un ré-
sumé des événements principaux qui amenèrent la ruine de l'ancienne confédération suisse. Lorsqu en 1798 les pays sujets de Berne. l'Argovie et le pays de Vaud se déclarèrent indépendants, sous la protection des armes françaises, Berne fit un dernier effort pour maintenir son ancienne domination. Malgré les succès de ses troupes à Neueneck, malgré leur vive résistance dans le Grauholx, elle dut, le quatrième jour de la guerre, ouvrir ses portes au général Schauenbourg, qui s'était avancé par Langnau et Soleure, et qui avait battu l'armée ennemie à Fraubninnen (5 mars 1798\ Dans cette journée , Uerne perdit non- seulement son riche trésor, qui fut envoyé à Paris, mais une partie de ses anciennes possessions territoriales, l'Argovie, le pays de Vaud, a vallée de Moutiers, etc.
En 1814, l'aristocratie bernoise recouvra, sinon ses possessions, du moins une partie des privilèges politiques que lui avait enlevés la révolution de 1798. Mais son second règne ne fut pas long. Après les journées de juillet 1830, une nouvelle lutte éclata entre les deux partis, et . le 31 juillet 1831, elle se termina par le triomphe définitif de la démocratie, e'e«*tà-dire par l'acceptation d'une constitution qui proclamait le principe de la souveraineté du peuple, l'égalité des droits, les libertés de la presse , individuelle . d'industrie, etc
La constitution qui régit aujourd'hui le canton de Berne est du 31 juillet 1846.
La constitution fédérale du 12 septembre 1848 {V. Y Introduction), a décidé que le siège du gouvernement fédéral, qui était i transporte tantôt à Berne, tantôt à Zurich, tantôt à Lucerne, serait fixé à Berne, devenue depuis lors vit !t fédérai? et capitale de la Suisse.
Le canton de Berne est le huitième par l'ordre de son admission dans la Confe dération, le premier par son étendue (124 mil. carrés), et le premier par sa population (467 141 hab., dont 4o5 727 réf., 58 319 cath , et 820 israélites). Il parle les langues allemande et française. — Sa plus grande longueur est de 33 h. 30 min. ; sa plus grande largeur de 20 h. Il touche au N. aux cantons de Soleure et de Baie, et à la France ; à l'O. à la France et aux cantons de Neuchàtel, de Fribourg et de Vaud; au S. au canton du Valais; a l'E. aux cantons d'Uri, dlnterwalden, de Lucerne. d'Argovie et de Soleure.
Berne a donné naissance à un grand nombre d'hommes distingues. Il s ffira
de mentionner ici les capitaines Henri et Adrien de Bubenberg, Ulrich d'Krlach, Gaspard de St»in, Hans de Hallweil, Nicolas de Dicsbach ; les historiens Bernard Tscharner, Emmanuel de Haller, Haller de Kœnigsfelden , F. L. Haller, Gottlieb Wolther, Sinner. ctc ; l'économiste Tschifïœli -, les philosophes ou moralistes do Bonstctlen, Weiss, Ch. de Haller, Stapfer, etc. ; les artistes Joseph Heins, élève de Paul Veronèse, Joseph Werner, Weber, qui accompagna le capitaine Cook dans ses voyages ; enfin le grand Haller, mort à Berne en 1778.
Monuments publics. — Curiosités.
La cathédrale, du style gothique, a été construite de 1421 à 1502 par Matthias Heinz, fils de l'un des architectes du Mùnster de Strasbourg, les Œnsinger, frère et fils, Etienne Abrûgger et d'autres mattres, et restaurée en 1850. La voûte ne fut achevée qu'en l'année 1573. On remarque à l'extérieur : les curieuses sculptures du portail , attribuées à un nommé Brhard Kûng, et représentant des scènes du Jugement dernier, entre autres, un pape en enfer, et le parapet sculpté de la double galerie qui règne tout autour du toit. la four, inachevée, sous laquelle se trouve le grand portail, a 62 mî t.. 5(i met. seulement jusque sous le toit, qui est couronné d'une étoile et d'un croissant formant une girouette. Dans les deux tourelles à jour dont elle est flanquée se trouvent les escaliers qui conduisent , par 223 marches, a l'habitation du guet, sur une galerie d'où l'on découvre une vue magnifique.
La cloche est la plus grosse de toute la Suisse.
Comme celui de tous les temples protestants, l'intérieur de la cathédrale de Peine, long de 52 met. et large de 26, est peu intéressant. On n'y voit d'autres ornements que les armoiries de quelques familles bourgeoises, h plupart éteintes. Le long des murs sont inscrits sur des tablettes les noms des 18 officiers et des 683 soldats qui périrent en combattant contre les Français, en 1798. Des |
deux côtés du chœur, séparé de la nef par un mur, s'élèvent deux tombeaux : l'un est celui du ducdeZaehringen, fondateur de la ville; l'autre, celui de Frédéric de Steiger, qui était avoyer de Berne à l'époque de la Révolution. — .Le chœur est la partie la plus soignée de l'édifice. Les vitraux des fenêtres, peints vers la fin du xv#s. et, par conséquent, antérieurs a la Réformation, offrent une représentation burlesque du dogme de la transsubstantiation. On y voit un pape versant les quatre évangélistes dans un moulin, et le moulin rendant une multitude d'hosties, qu'un évôque reçoit dans un calice surmonté du Christ;
le peuple agenouillé autour de cette scène en paraît tout ébahi. Il n'y a pas jusqu'aux dossiers et aux accoudoirs des stalles des chanoines qui n'offrent des satires contre les mœurs du clergé, entre autres un capucin ouvrant un trictrac qui a la forme d'un missel. Dans Tune des pièces de la sacristie sont conservés, parmi une multitude de tapis d'autels, de tentures, etc., quelques vêtements de Charles le Téméraire pris par les Confédérés dans les batailles de Grand son et de Morat. — V orgue, construit de 1727 à 1747 par Th. Leuw, a été refait et agrandi de 1847 à 1851 par Haas, du Petit- Laufenbourg. 11 est comparé à celui de Fribourg; il a 66 registres et 3294 tuyaux dont l'un long de 10 met. et ayant 2 met. 1/2 de tour, et pèse 12 quintaux. Depuis le mois d'août 1852, on le joue tous les soirs à 6 h. 1/2 (1 fr. d'entrée par personne); une séance extraordinaire coûte 12 fr.
Sur la place de la cathédrale s'élève la statue de Rodolphe d'Erlach, le vainqueur de Laupen; elle a été modelée par Volmar, de Berne, et coulée à Aarau par Jacob Rûetschi.
V église fran çaise , Pred i gerk i rche , église des prédicateurs ou des Dominicains, fondée en 1265, est située dans la me de l'Arsenal (Zeughausgasse) . On y célèbre actuellement le
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service catholique romain, et cependant ce fut dans cette église, ancien couvent des Franciscains, que le célèbre réformateur Zwingle soutint la fameuse discussion de 1528 avec tant de succès, que le sénat résolut d'introduire la religion réformée dans le canton. — V église du Saint-Esprit ou de l'Hôpital (Heiliger Geistkirche ou Spitalkirche), — à l'extrémité 0. de la rue de l'Hôpital, — aétéMtie dans le style moderne, de 1 722 à 1 729, par Nicolas Schildknecht.— Véglise de la Nydeck, à l'extrémité orientale de la ville, occupe remplacement de l'ancien château de Nydeck. — La nouvelle église catholique, construite près de la maison de ville sur les plans de MM. de Perthes et Maréchal, dans le style romano-ogival de la fin duxirs., a été bâtie entièrement à l'aide de dons et de souscriptions qui ont produit plus de 500000 fi*.; elle coûtera environ 800000 fr. — Véglise anglicane est située près de la porte de Morat.— La synagogue, élevée en 1 855, sur le boulevard intérieur, se fait seulement remarquer par sa simplicité.
Le palais fédéral, bâtf de 1852 à 1857 sur les plans de l'architecte Ferdinand Stadler et sous la direction de M. Frédéric Studer, a coûté près de 2 000 000 de fr. Sa longueur est de 1 31 met. L'aile orientale renferme la salle des séances du Conseil des Etats ; le conseil national siège dans l'aile opposée : les deux salles ont été -ornées de fresques par le peintre Hœfmeyer de Munich. Les débats de la diète sont publics. Le nombre des pièces s'élève à une centaine environ. A l'étage supérieur, quelques-unes ont été réservées aux expositions de La société artistique bernoise. De la terrasse du palais, mais principalement du belvédère, on jouit d'une vue magnifique sur les Alpes Bernoises.
En 1863 a été érigée, devant le palais fédéral, la statue en bronze doré de la ville de Berne (Berna), fondue à Munich sur le modèle exécuté par M. Christen, sculpteur bernois.
L'Hôtel de ville (Rathhaus), bâti de 1406 à 1416, se trouve placé a l'extrémité de la Kreuzgasse qui coupe transversalement les trois grandes rues parallèles de la ville. On y remarque l'ancienne salle des séances du Grand- Conseil, où les professeurs de l'Université donnent maintenant des leçons publiques pendant l'hiver. La Chancellerie renferme des archives précieuses pour l'histoire de Berne et de la Suisse.
Les Tours de la Grande Rue attirent surtout l'attention des étrangers. Le Zeitglockenthurm , la tour de l Horloge, est actuellement située presqu'au milieu de la ville, bien qu'à l'époque de sa constniction , en 1491, elle défendît les murailles extérieures. A côté du cadran se trouve placée une mécanique faite par un nommé Gaspard Brunner, et qui a longtemps passé pour un chef-d'œuvre. Une minute avant que l'heure sonne et une minute après qu'elle a sonné, un coq de bois chante deux fois, et, tandis qu'un mannequin, coiffé d'une marotte, frappe l'heure avec de petits marteaux sur une clochette, on voit passer une procession de petits ours devant une statue qui , assise sur un trône, désigne l'heure en ouvrant la bouche et en abaissant son sceptre. — La Tour des prisons, Kaefichtthurm , s'élève entre la tour de l'horloge et la tour de Christophe , appelée aussi tour de Goliath, parce qu'elle est ornée du portrait d'un immense géant. Cette dernière tour doit être prochainement démolie.
L'Arsenal ou Zeughaus (visible tous les jours de 7 h. à midi , et de 2 h. à C h.) n'a pas moins souffert que le trésor de Berne «le la présence des Français : il a perdu ses anciens trophées. Parmi les objets qui lui restent, on remarque une collection de boucliers et de hallebardes, les glaives des bourreaux de Berne , les 780 cordes auxquelles Charles le Téméraire avait menacé de faire pendre la garnison de Grandson, de vieilles
bannières autrichiennes et bourguignonnes. Au milieu de ces trophées républicains, on est etonne.de voir un drapeau pris sur les insurgés de Messine, en 1848, par les Suisses au service du roi de Naples. Dans la grande salle sont aussi exposées 30 peintures représentant des épisodes de la fondation de Ber ne et de son histoire; elles se trouvaient autrefois à l'hôtel de ville.
Dans les autres salles sont rangés en bon ordre tous les objets d'équipement nécessaires à la mise sur pied de 50 000 hommes de toute arme.
Les autres •Mi fiées publics de Berne sont : YBÔtel du Stift, situé sur la place de la Cathédrale, et contenant une galerie de tableaux ; Vttôfef des Monnaies ( 1790- 1 793 ); le Grand - Gre nier, construit de 1711 à 1716, et renfermant aujourd'hui des objets appartenant aux hôpitaux militaires ; au-dessous est la Grande Cave, brasserie renommée; Yhôtel d'Erlach; VhÔtel de ta Police; le Théâtre (ou l'hôtel de Musique); le Casino; la maison de correction (Zuchthaus),
Tourelle et arcades, à Berne.
Parmi les Fontaines, on remarque celles de l'Ogre (Kinderfresserhrunuen), de la Justice, de Samson.
de TOurs, de David, de Moïse, de la Cigogne , des Quatre - Tuyaux , des Tireurs, etc.
Berne est célèbre par le nombre et la supériorité de ses institutions
ch a ri ta Mes. On
y trouve en effet un grenier public ( Kornhaus ) ; des instituts d'aveugles et de sourdsmuets (ce dernier à 3 heures de la ville, près de Frieiiisbortf ) ; un Institut de sourdes -muettes; deux maisons tforphelins; deux caisses d'épargne; des cotise* des bourgeois, des domestiques, des veuves et des orphelins, des malades, lie* ouvriers ; wi hôpital des domestiques; un établissement de bienfaisance où se distribue de la soupe aux indigents ; une vaste infirmerie qui forme à elle seule presque tout un côté de It rue de llsle, et appelée l'Hôpital de l'Isle. De nombreuses donations ont mis cet établissement en état de s'agrandir considérablement et de recevoir chaque année à peu près 2200
«onii
bâtie de 1825 à 1834, près de lai malades, et d'envoyer à ses frais les porte d'Aarberg (550 détenus par an). | convalescents ou même certains m»-
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lades aux eaux de Gurnigel, de Baden, de Schinznach, etc. La succursale de l'hôpital de l'Isie, la Maladrcrie, à 1 h. de Berne t près de Waldau , soigne en outre plus de 1000 malades par an. L'hospice nommé le Grand-Hôpital, ou V Hôpital des bourgeois, est l'un des plus vastes et des plus beaux édifices de la ville. Il se 'trouve situé à son extrémité occidentale, près de la porte de Morat. Il a été bAti de 1734 à 4739. Audessus de l 'entrée sont gravés ces mots :
Christo in paupe-
ribus: «Au Christ dans la personne des pauvres. »
Cet établissement est destiné .i servir de retraite à des bourgeois de Berne indigents.
Mais les voyageurs dénués de ressources et les ouvriers pauvres que leur métier conduit à Berne, au nombre de plus de 15000 par an, y trouvent un bon gîte, et reçoivent le lendemain quelques légers secours pour continuer leur route.
L'Hospice des Aliénés, situé à la Waldau (30 min. de la ville) sur la route de BoUingen, F. ci-dessous page 429, a été construit de 1850 à
Tour de l'Horloge, à Berne.
frais de construction se sont élevés a près de 1 million de francs.
La Bibliothèque de la ville (ouverte de 2 h. à 4 h. en hiver, et de 3 à 5 h. en été; vacances du 15 août au 15 octobre), située à l'extrémité occidentale de la rue des Chaudronniers, compte plus de 54 000 volumes et 3300 manuscrits. A Tune des extrémités de la grande salle, s'en trouve
une plus petite, où est placé le buste du grand Haller.
Outre un cabinetdes médailles qui renferme quelques pièces curieuses et fort rares , la bibliothè que possède des antiquités et les p o rtraits des avoyers de Berne.
Le Mu sée , qui commun t que avec la bibliothèque par un corridor, est ouvert au public le mardi, le samedi et le dimanche, de 3 h. à 5 h. en été, de 2 h. à 4 h. en hiver, mais les étrangers peuvent le visiter tous les jours à toute heure. Les salles du rez-dechaussée, qui ont issue sur \e jardin botanique, orné d'un buste de Haller, contiennent des collections de minéraux, de fossiles, de céréales, de graminées, d'antiquités. La col-
1855 : il peut loger '2.V* aliénés. Les ! lection mineralogique, placée depuis
peu dans le rez-de-chaussée du bâtiment de la bibliothèque, est particulièrement riche en fossiles, dont elle possède plus de 40 000 échantillons.
Tout l'étage supérieur ne forme qu'une salle de quarante pas de long. On y voit une collection d'oiseaux indigènes ou passagers avec leurs nids ou leurs œufs, et, hormis les animaux domestiques, la plupart des quadrupèdes suisses empaillés avec beaucoup d'art. Le musée de Berne offre un égal intérêt aux savants et aux simples curieux. On y remarque surtout : la dépouille de Barry, un des chiens dresses par les religieux du Saint - Bernard (cet animal, après avoir sauvé la vie à quinze personnes, fut tué par un voyageur qu'il cherchait à tirer de son assoupissement, et qui prit son sauveur pour un ennemi) ; deux petits ours empaillés, de huit et vingt et un jours ; le lynx des Alpes et le bouquetin, qui ont presque disparu de l'Europe ; un chamois à trois cornes; un sanglier sauvage d'une taille gigantesque ; des plans en relief de diverses parties de la Suisse; les portraits desavoyers de la république; des antiquités romaines; le prie-Dieu de Charles le Téméraire, et quelques parties des tapisseries qui formaient sa tente et qui furent prises par les Bernois à Grandson ; les curieux souliers pointus que portaient les nobles bernois au xvr s.; les armures et les costumes des habitants des îles de la mer du Sud, que le capitaine C.ook avait rapportés de ses voyages, et dont un de ses compagnons, nommé Weber, fit présent à la ville de Berne, sa patrie.
La salle des antiques, située dans le bâtiment de l'Université, contient, outre des plâtres des plus célèbres statues antiques, quelques statues et quelques modèles de statues d'artistes contemporains.
La galerie de tableaux (ouverte tous les jours, excepté le samedi, de 8 h. du matin à 4 h. de l'après-midi) occupe une jwirtie de l'ancien chœur
de l'église française. On y remarque de beaux paysages de Calame (la Handeck, cascade près de Meiringen), Diday ( chalets ) , Lory père et fils (Scheidegg, Jungfrau), Juillerat (la Scheidegg), Meyer, Aberli, Koller, Karl et Bdouard Girardet; des dessins originaux; la collection des costumes suisses de Meyer; etc.
L'amphithéâtre d'anatomie, rue des Greniers, a été construit de 1834 à 1835. Les collections renferment 4000 préparations diverses.
L'Université, inaugurée le 15 novembre 1834 (45 professeurs, ordinaires et extraordinaires, et 160 étudiants) , occupe l'emplacement de l'ancien couvent des Franciscains, fondé en 1225. — Les autres établissements d'instruction publique à Berne, sont : Le Gymnase supérieur ; VÉcole ordinaire; le Jardin botanique près du pont du chemin de fer, l'Observatoire, le plus élevé de toute l'Europe, point central des calculs trigunométriques de la Suisse; une route neuve y conduit , et on y découvre une belle vue; de nombreuses écoles, etc. Les principales Sociétés savantes sont : la Société économique, fondée en 1759; d'histoire naturelle, rétablie en 1815; de médecine, créée en 1798; historique suisse, fondée en 1841, qui publie des mémoires trèsintéressants (2 vol. par an) sur l'histoire et l'archéologie de la Suisse, etc.
Industrie et commerce.
Il règne à Berne une assez grande activité industrielle. On y trouve :
des manufactures d'étoffes de coton et de soie ; des fabriques de chapeaux de paille; des tanneries; des imprimeries; des lithographies; une papeterie hors de la ville, etc. Le commerce y consiste surtout en marchandises fabriquées dans le canton, en vin et en fromages. Deux grandes foires s'y tiennent chaque année, après Pâques et au mois de novembre. Les marchés du mardi sont toujours très-fréquentés.