jour. — Au Grimsel ( à pied ou à mulet
6« jour. — Au Sidelhorn (à pied).
!• jour. — Aux glaciers de l'Aare (à pied.)
*• jour. — Retour à Hof (à pied ou a mulet).
9#jour. — Au col du SQsten et retour (à pied ou à mulet).
10e jour. — A Brienz (en voiture); au Giesbach (en bateau ) ; à Interlachen ( en bateau).
On le conçoit, toutes ces Restes de l'ancienne abbaye d'Interlachen. courses peuvent être variées à l'infini. D'ailleurs, il est rare qu'après avoir visité l'Oberland, on revienne au point de départ. Le plus souvent, on se rend, soit à Lucerne par le Brùnig, soit au Saint-Gothanl par la Furka, soit à Louëche par la Gemmi, soit dans le Valais par le Grimsel, soit à Amstaeg par le Sûsten, soit, enfin, par le
Joch à Engelberg (F., pour ces passages, les routes suivantes).
Quant aux promenades qu'offrent les environs d'Untcrseen et d'Interlachen proprement dits, elles pourraient être encore plus variées que les excursions; j'indique donc seulement les principales, sans y comprendre le Hœliexceg (grande route),
sur lequel s'ouvrent les portes de presque tous les hôtels.
En suivant le Hœheweg dans la direction du lac de Brienz, on arrive à un pont couvert sur l'Aare. Si, laissant à dr., au delà de ce pont, la route de Brienz, on monte à g. dans une forêt, on ne tarde pas à atteindre une hauteur appelée Hohbùhl, d'où l'on découvre une vue magnifique — plus étendue et plus belle encore à l'Unteres Bleiki, chalet situé à 45 min.
On peut redescendre du Hohbùhl par la Goldei, petite plaine couverte de grands blocs de pierre tombés du Harder. Prenant le sentier opposé à celui que l'on a suivi en montant, on passe d'abord près de la source du Hohbùhl, puis, après avoir traverse un bras de l'Aare, on atteint à dr. une petite éminence appelée Im H r and, d'où l'on découvre aussi un joli point de vue — Enfin,
468 UNTERSEEN, INTERLACHEN ET L'OBERLAND. [R. ïkk]
on peut de Im Drand aller par une belle forêt de sapins, à rentrée de la vallée de Habkcm, traverser le Lombach, monter sur les derniers escarpements du Beatenberg jusqu'à une hauteur appelée Eck, et redescendre, soit à Ncuhaus, soit à Unterseen, par un des nombreux chemins qui traversent le Bœdeli.
Une promenade non moins agréable que celles du Hohbûhl, d'Im Brand et de l'Eck, est celle du Jungfraublick et du Klein Rugen. — Le Jungfraublick (regarti de la Vierge), petite colline qui fait partie du Rugen, doit son nom au poëte allemand Baggessen. M. Frédéric Seiler y a fait construire une belle pension récemment agrandie (150 lits). On y découvre une belle vue sur les Alpes, le Bœdeli et les deux lacs, mais la vue est encore plus étendue et plus belle au sommet, haut de 735 mot. , du Klein-Rugen (Petit Rugen), où conduisent de nombreux sentiers dans une charmante forêt aux essences variée*. Si Ton ne veut pas revenir par le môme chemin, on peut redescendre, entre le Grand et le Petit Rugen, au (45 min.
d'Interlachen) château d'Unspunnen (R. 145). près duquel on rejoint la route de Lauterbrunnen (R. 145), ou celle de Thun dans une direction opposée (R. 141).
L'ascension de l'Abendberg, qui domine le Gross-Rugen (2 h. pour monter, 1 h. pour descendre), est une des excursions les plus intéressantes des environs d'Interlachen qui ne se trouvent pas indiquées dans les routes 146 et suivantes. De la maison en bois, appelé Eck, où se réunissent souvent les habitants du pays, on découvre des vues magnifiques; deux chemins y conduisent, part.tnt :
le premier, des ruines d'Unspunnen, le second, du point où l'Aare s'approche du pied du Gross-Rugen.
Sur les hauteurs de l'Abendberg, qui s'élève à 1071 met., le célèbre forestier suisse Kastofer avait cherché
à démontrer qu * , môme dans ces régions, la culture des différentes plantes est possible , et que , par conséquent, une colonie pourrait s'y fonder. En 1847, il céda son établissement au docteur Guggenbûhl, qui y éleva deux bâtiments, l'un pour trente à quarante enfants crétins, l'autre pour les mères qui voudraient apprendre à connaître le traitement appliqué à leurs enfants malades. — Le docteur Guggenbûhl avait constaté que le crétinisme en Suisse ne se rencontre pas à plus de 1000 met
L'ascension du Harder (2 h. 25 min.) mérite aussi d'être recommandée aux touristes qui séjournent à Interlachen (guide nécessaire). — 10 min. après avoir traversé le pont de l'Aare, on prend à g. un sentier roide. En 45 min. on atteint VUnteres Bleiki, chalet situé sur un rocher escarpé, d'où l'on ne voit pas encore les deux lacs à cause des arbres qui recouvrent les pentes. En suivant le sentier de g. , on entre dans un bois de mélèzes dont la traversée demande 10 min. Au delà de ce bois on trouve un bois de hêtres, puis (10 min.) une prairie découverte. Après être entré dans la forêt, où l'on risque de se perdre quand on n'a pas de guide, on gravit deux couloirs d'avalanches, d'où l'on commence à voir l'Eiger dans la direction du S. Au sortir du bois (20 min.), le sentier monte à travers des pâturages roides et glissants (50 min.) au sommet du Harder (1654 met.) , d'où l'on voit parfaitement les deux lacs de Thun et de Brienz. la vallée de lauterbrunnen , la grande chaîne de l'Oberland, et à g., comme au fond d'un abîme, la vallée rocheuse de Habkern, dans laquelle il est impossible de descendre directement.
— iY. D. Les chutes sont très-dangereuses sur les pentes rapides du Harder. Il y a quelques années, une Anglaise, miss Rowley, glissa, et, n'ayant pu se retenir, se brisa la tôle sur les rochers.
[ROUTE 144] l/ABENDBERG. — LA SCHEINIGE PLATTE. 469
On peut redescendre à l'entrée de la vallée de Habkern.
L'ascension de la Scheinige Platte
(3 h. 30 min. à 4 h. pour monter, 2 h. 30 min. à 3 h. pour descendre.
Bon chemin de mulet. Guide inutile, on trouve des enfants (1 ou 2 fr.) à Gleiswyler. Près du sommet s'élève un hôtel où l'on peut coucher) est une course nouvelle très- recommandée.
A 30 min. d'Interlachen on quitte la route de Lauterbrunnen et de Grindelwald pour se diriger à l'E. sur Gsteig où Ton franchit la Lûtschine dont on remonte la rivedr. (15 min.) jusqu'à Gsteigwyler (un poteau indique le chemin). A 10 min. on entre dans une forêt de hêtres et de sapins dont la traversée demande 1 h. environ ; au sortir de cette forêt on aperçoit un signal qu'on Laisse à g.
La Jungfrau, vue d'Interlachen. — D'après une photographie de MM. Ferrier
et Soulier.
avant d'atteindre (20 min.) les chalets de Breitlaucnen, approvisionnés de vin et de lait. Une montée en zigzag (40 min.) aboutit à une arête d'où l'on découvre une vue admirable sur la vallée de Lauterbrunnen jusqu'au Schmad ri bac h, la Jungfrau et la Sulepg; de cette arête 45 min. suffisent pour s'élever à l'hôtel (Alpcnrose) de la Scheinige Platte, construit par E. Seiler, à 2070 mèt. — On y découvre un panorama égal, si ce n'est supé-
rieur, à celui du Faulhorn. — La Scheinige Platte, plus facilement accessible d'ailleurs que le Faulhorn, a l'avantage d'être plus au centre des Alpes Bernoises, en face de l'Eiger et de la Jungfrau dont elle n'est séparée que par la Hunnenfluh et la Wengernalp. Les regards plongent jusqu'au fond des vallées encaissées de Lauterbrunnen et de Grindelwald que l'on voit dans toute leur étendue. La chaîne des Alpes Bernoises se développe du
D'INTKRLACHEN A LADT!
NNEN. [ROUTE 145]
Wetterhorn à la Blûmlisalp. Â dr. de la vallée de Lauterbrunnen, la chaîne noirâtre qui sépare les vallées de Saxeten et de Saus (le Bellenhœchst, la Sulegg, le Lobhorn, les Schwalmernhœrner, etc.) forme un contraste frappant avec la blancheur éblouissante des Alpes.
De la Scheinige Platte on peut — 1° aller visiter au N. E. (15 à 20 min.) VIsellenalp (beau bétail); — 2° monter en 25 ou 30 min. au Gumihorn (2101 mèt.), à la Daube (2064 mèt.) et à rOberberghorn (2070 mèt.), d'où l'on découvre, outre la même vue des Alpes, le lac de Brienz et les montagnes qui le dominent, le lac de Thun, le Niesen, le Stockhorn et Je Jura ; — 3° gagner le Faulhorn en 3 h. 30 min. par riseltenalp et le Sxgisthal ; — 4° descendre en 3 h. à 3 h. 30 min. à Zweilutschinen par Gundlischwand.
[Pour Wilderschyl, Gsteig, Matten, Bœnigen, Ringgenberg, Schadenburg, Goldwyl, la grotte de Saint- Béat, Weissenau, les lacs de Thun et de Brienz, Lauterbrunnen, Grindelwald , le Giessbach , MUrren , le Schmadribach, le Schilthorn, le Faulhorn, la vallée de Habkern, le Hohgant, le GUggisgrat, rAugstmattenhorn,etc, V. ces mots a la table alphabétique, ou les routes 145 et suivantes.]
Le tarif officiel pour les chars et les chevaux de selle est affiché dans tous les hôtels d'interlachen. Nous indiquerons les prix en tête de chaque route. On paye en général :
Un guide, 6 à 8 fr. par jour, y compris l'entretien ; — uncheral ou un mulet avec son conducteur, par jour, 10 fr.; — deux chevaux avec leur conducteur, par jour, 20 fr.; — undne, 1 fr. par h.; 5 fr. par jour; 2 fr. 50 c ou S fr. pour 3 on 4 h.
D'Interlachen àKandersteg et à Louëche, R. 56; — à Thun, R. 141; — à Lauterbrunnen, à Mûrren, au Schilthorn, à la Steinbcrgalp et au Schmadribach, R. 145; — à Kandersteg par les glaciers de Tschingel, R. 147; - â Xippel par le Lœthschen-
thal, R. 148 ; — à Grindelwald, R. 149 ; — au Faulhorn, R. 150;— à Langnau, R. 151; — à Brienz, R. 154 à Lucerne, R. 156; — à Meiringen et au Grimsel, R. 157; etc., etc.
D'INTERLACHEN A LAUTERBRUNNEN , A iURREN ET AU SCHMADRIBACH.
3 h. 30 min. à 45 min. à pied ; 1 h. 15 min. à 1 h. 3o min. en voiture. — Route de chars. — Voitures à volonté. A.un chev., 10 fr.; 8 fr., ai Ton reste moins de 2 heures ; à deux chev., 20 fr. avec retour le même jour ; 20 fr. et 40 fr. avec retour le lendemain. (Voir a Interlachen le tarif.) — Charmante promenade à faire à pied, une des courses les plus agréables et les plus intéressantes de toute la Suisse.
A 10 min. on traverse Mattrn (hôt.
Hirsch), situé à la base N. 0. du Rugen (T. p. 468). — A (5 min.) Kreux on laisse à g. la route de Gtteig, v. de 425 hab. réf., situé sur l'autre rive de la Lûtschine. 15 min. plus loin on laisse à dr. les ruines du château d'Unspunnen, dont la fondation remonte au delà du x* s.
Bu rk ard , le dernier rejeton d es se igneurs d*Unspunnen, avait une ûile unique, nommée Ida, et célèbre dans tout le pays par sa beauté. Waltcr de Wadenschwyl, un jeune page, fils du duc de Zebringeti, l'ennemi mortel de Burkard, devint amoureax d'Ida et s'en fit aimer; mais désespérant d'obtenir le consentement de son père, il escalada pendant la nuit les murs du château, enleva sa belle maîtresse, et s'enfuit avec elle à Berne où il l'épousa. Quelques années après, voulant réconcilier le dernier des Unspunncn et le dernier des Zœhringen, Waiter de Wadenschwyl se présenta à Unspunnen, accompagne de son fils. Le' vieux baron se reconnut dans l'enfant, se laissa toucher, pardonna et, léguant à son petit-fils ses vastes domaines, voulut que le jour de la réconciliation fût à jamais célébré dans le pays par de* l'êtes et des exercices gymnastique*.
ZWEILÛSTCHINEN
Ces jeux eurent lieu pour la dernière fois en 1805 et en 1808 , en présence d'un grand nombre de spectateurs, et Mme de Staël, qui y assista, nous en a légué la description dans son livre de l'Allemagne. Après avoir appartenu aux nobles de Wadcnschwyl durant le un* s. le château d'Unspunnen devint, au siècle suivant, la propriété de la maison d'Autriche, qui le donna aux barons de Weissenbourg; mais, en 1334, un de ces seigneurs tourmenta tellement ses sujets qu'ils se révoltèrent et détruisirent son château.
On traverse ensuite (10 min.) Wil~
derschwyl (1202 hab. réf.), puis, à (5 min.) Mulinen, hameau, on franchit le torrent de Saxeten , qui descend de la vallée de ce nom (R. 141).
La vallée se rétrécit, et la route serpente tantôt dans des prairies , tantôt dans de beaux bouquets de sapins, le long de la Lûtschine, qui se brise avec fracas contre les blocs de rochers dont son lit est obstrué. A dr. se relèvent les parois boisées du Bellenhœchst ; à g., sur l'autre rive, se dressent le Breitlauenen ( 1537
Interlachen et l'Abeudberg.
mèt.) et la Scheinige Platte (R. 144) dont on aperçoit l'auberge blanche.
Au fond de la vallée s'élève la Hunnenfluh, dominée par le M&nlichcn (2345 mèt.) . A mesure que l'on s'avance on voit successivement disparaître à la g. de cette montagne la Jungfrau, le Mœnch et l'Eiger. Au delà d'un pont sur la Lûtschine, on côtoie la Rothenfluh (roche rouge), qui a pris son nom des bandes de couleur de rouille serpentant comme des rubans à une certaine hauteur le
long de ses parois escarpées; on passe ensuite devant le Bœseslein (mauvais rocher) ou Bruderstein (rocher des frères) , parce que selon la tradition un seigneur de Rothenfluh y aurait assassiné son frère.
On découvre tout à coup le Wetterhorn avant d'arriver à (1 h. 30 min. à 45 min. d'interlachen, 1 h. de Lauterbrunnen) Zweilùtschineu (hôt.
Bar), hameau situé, à 650 met., à la jonction des deux LUtschines: la blanche (weisse), qui descend de Lanièr-
es oogle
472 D'INTERLACHEN A LAUTERBRUNNEN, ETC. [ROUTE 145]
brunnen, et la noire (schwarze), qui descend de Grindelwald.
Laissant à g. la route de Grindelwald (R. 149), on suit le cours de la Lûtschine blanche, sur la rive dr. de laquelle la Hunnenfluh s'élève perpendiculairement comme une immense tour ronde. — A dr., on côtoie la base de la Vogelfluh, où les vautours des Alpes ont leurs aires. — Presque en face de la Hunnenfluh, le Sausbach, que la route traverse (25 min.), descend en cascade du beau pâturage de la Sausalp. Un sentier, qui suit la rive g. de ce torrent, monte à (1 h.) îsenfluh (R. 141).
Si le temps est pur, on aperçoit alors la Jungfrau, et bientôt après, gravissant une petite côte, on traverse (20 min.) le Greiffenbach.
10 min. (1 h. de Zweilûtschinen), Lauterbrunnen (hôt. : Steinbock , ou Capricorne ; bons guides : Ulrich, Christian Lauener, Bischof; pension du Staubbaeh près de l'église), v. paroissial de 1767 hab. réf., situé à 757 mft. dans la vallée à laquelle il donne son nom , et qui , longue de 6 lieues, n'a sur aucun point plus d'un quart de lieue de largeur. A son extrémité supérieure on ne voit en été le soleil qu'à 7 h., et en hiver qu'à midi. On l'appelle Lauterbrunnen à cause de l'abondance et de la beauté de ses «eaux, car Lauterbrunnen signifie claires fontaines. Le climat y est froid ; les cerisiers seuls y prospèrent. La culture des pommes de terre y est généralement répandue.
Les habitants sont pauvres, peu laborieux ; ils se distinguent, du reste, dit Lutz, par leur politesse, leur esprit et le dialecte agréable qu'ils parlent.
La principale curiosité de Lauterbrunnen est le Staubbaeh (ruisseau poussière), qui, à 8 ou 10 min. de l'auberge, se précipite d'une paroi de rochers de 300 mèt. de hauteur et se résout presque entièrement en poussière avant d'atteindre le sol. Cette cascade, trop vantée, plus belle de loin que de près, est formée par le Plets-
chenbach, qui sort en sept sources sur la Pletschenalp. Plus haut, ce torrent fait déjà une prenjière chute que l'on ne peut apercevoir de la vallée, mais que Ton atteint en 1 h. 15 min., et d'où l'on découvre une belle vue sur la Jungfrau, le Silberhorn et PEiger. Le moment de la journée le plus favorable pour voir le Staubbaeh est 8 h. du matin, mais il est très-beau le soir au clair de lune. — En 1791, le Staubbaeh fit de grands ravages.
En allant au Staubbaeh on laisse à dr. le chemin de (2 h.) Mûrren, V. cidessous.
Outre le Staubbaeh, on peut visiter dans les environs de Lauterbrunnen :
(30 min.) la Chorbalm, belle grotte remplie de stalactites, et située dans la Schiltwaldfluh, rive dr. de la LQtschine. On peut la visiter en montant à la Wengernalp; — (1 h.) la chute du Trûmmlelenbach, F. ci-dessous; — (2 h. aller et retour) la chute du Mœttelibach.
De Lauterbrunnen au Schmadribach et à l'aine Bteinbera;.
4 h. à 4 h. I s min. ; 6 h. aller et retour, — Route de chars jusqu'à Stechelberg.
chemin de mulets jusqu'à TracbSellalienen, au delà sentier de piétons. — Excursion très-intéressante et très-recommandée. — On peut des chalets de TrachseJlauenen venir coucher à Mùrren, V. ci-dessous, au lieu de redescendre à Lauterbrunnen. — On peut combiner la course du Schmadribach et celle de Mûrren : D Interlachen à Lauterbrunnen en voiture, t h. 30 min. — De Lauterbrunnen à Mûrren à pied ou à cheval, 2 h. — De Mûrren au Schmadribach à pied, 3 h. 15 min. Retour aux chalets de Stechelberg, 1 h. 15 min. i pied. — Des chalets de Stechelberg, « Interlachen en voiture, 2 h. 15 min. — Total 10 h. 15 min.
On laisse successivement à dr. la cascade du Staubbaeh et celle du Spiessbach, puis, à g., celle du Sentitwaldbach, à dr., celle du Buchibaeh.
Au delà du Trûmmlctenbach, qui sort à g. de la gorge étroite par laquelle un chemin conduit dans la vallée sau-
[ROUTE 145] LAUTI RERUNNEN. — LE STAUBBACH. 473
vagc
Trtlmmleten et au col de la Wengernalp (R. 149), on remarque à dr. (45 min.) la chule du Mûr-
renbach, et à g. la Stelli/luh, ainsi que la pointe séparée du Klein ou Sehuarz-Mœnch que les plus hardit chasseurs de chamois osent seuls escalader. Enfin on traverse Wcdà et Malien un peu en deçà de (1 h. 15 min.) Stechelberg, village où finit la route de chars et où la Lûtschine fait une belle chute dans le Rufigraben.
A dr. vallée de Sefinen et sentier pour le Kienthal , par la Sefinen-Furke, R. 143; — sentier pour Murren (V. ci-dessous).
Au delà de Stechelberg, on laisse à dr. le pont qui traverse la Lûtschine, dont on remonte la rive dr., et qui fait de belles chutes entre les rochers. Le sentier monte et descend tour à tour. Bientôt on atteint (20 min.) des chalets situés sur un petit plateau, à 095 mèt. Ce sont ceux de Sichellauenen. On traverse la LUtschine.
La montée devient plus roide.
30 min. Trachscllauenen (1*263 mèt), chalet où l'on trouve des provisions et au besoin un gîte, et d'où un sentier roide conduit aux chalets de Steinberg (V. ci-dessous).
Le Staubbach.
474 D'iNTERLACHEN A LAUTERBRUNNEN, ETC. |ROUTE 145]
On y découvre une vue admirable sur le fond de la vallée. Avant d'y arriver, on laisse à g. les débris de l'avalanche du glacier de Stufenstein qui ne fond jamais complètement.
Au-dessus du hameau de Trachsellauenen que ne dépassent pas les mulets et où l'on remarque un hautfourneau de forme pyramidale, près duquel se trouvent des mines de houille et de plomb argentifère abandonnées, on voit à g. la cascade du Pèlerin, puis une magnifique chute de la Lûtschine. Le chemin , qui traverse (15 min.) un bois de pins, devient plus escarpé et plus difficile.
Il faut escalader la Nadel , à la base du Steinberg, pour atteindre au plateau, à l'extrémité duquel se trouvent (30 min.) les chalets d'Ammerten.
Un autre escarpement couvert de sapins cache de nouveau la vue du Schmadribach. Laissant à dr. un sentier conduisant aux chalets de Steinberg (F. ci -dessous), on traverse le torrent qui descend du glacier de Tschingel; puis immédiatement celui qui descend de l'Oberhorn et dans lequel s'est jeté le Schmadribach, et on monte au S. E. en face du glacier de Breitlaucnen. Mais bientôt on quitte la direction de TE. pour s'élever au S. par une pente rapide à travers des sapins et des rochers. En se retournant, on découvre une vue magnifique sur la vallée de Lauterbrunnen ; on atteint ainsi en 15 min. un plateau où l'on trouve (5 min.) un chalet appelé Levger, en face duquel le Schmadribach tombe du glacier de Schmadri, entre le Grosshorn et le Breithorn.
Le Schmadribach est une magnifique cascade de plus de 60 met. de hauteur, formée par une des sources de la Lûtschine, qui descend du glacier de Schmadri. Pour le contempler dans toute sa magnificence , il faut gravir une pente roi de à travers les rochers et les sapins et s'avancer sur le bord d'un plateau de gazon (15 min.) d'où l'on jouit d'une vue admirable sur
la cascade et sur les glaciers qui l'alimentent. En se retournant, on découvre une vue non moins belle sur la vallée de Lauterbrunnen et sur la Wengernalp. A TO. sur la montagne qui fait face au Schmadribach on voit les chalets de Steinberg (1766 mèt.) où Ton trouve un gîte en cas de besoin.
Les touristes qui visiteront le Schmadribach pourront monter soit à la Breitlauenenalp, soit à l'Oberhorn, d'où l'on découvre une vue magnifique.
Parvenu sur le plateau où se trouve un petit lac (2076 mèt.), on a devant soi les séracs du glacier de Tschingel qui se divise en deux branches séparées par une moraine et tombant à g. et à dr. de l'Oberhorn. Le dôme énorme du Mutthorn le domine. A g. entre le Mutthorn et le Tschingelhorn est le col du Lœtschenthalgrat; en face, se dressent deux pointes noirâtres de l'autre côté desquelles s'ouvre le col qui conduit à Kanders teg (R. 140). Du plateau de l'Oberhorn on peut : soit gagner le glacier de Tschingel en face du Tschingeltritt et de là se rendre à Kanders teg ou à Kippel, soit revenir à Lauterbrunnen par les chalets de Steinberg.
Mais si l'on veut jouir d'un des plus beaux panoramas des Alpes, il faut, lorsqu'on vient de Lauterbrunnen, monter des chalets d'Ammerten aux chalets de Steinberg (1 h. 30 min.) par un sentier roide dans des forêts à travers les arbres desquelles on découvre par intervalle le Schmadribach et les glaciers qui le dominent. Des chalets de Steinberg la vue est admirable. On a devant soi un immense cirque de glaciers: — à g. la Jungfrau qui est difficile à reconnaître et qui est plus élevée que les chalets de Steinberg de 2400 mèt. ; — entre U Jungfrau et l'Ebnefluh, dominé par le Gletscherhorn (3982 mèt.), le glacier abrupt de Roththal par lequel Hugi en 1830, moins heureui que M. Tyndall en 1859 (F. R. 147), essaya en vain plusieurs fois de passer sur le glacier d'Aletsch ; —
[ROUTE 145] MÛRREN. — LE SCHILTHORN. 475
à l'O. du Roththal le glacier de Breitlauenen qui est aussi exposé aux avalanches que celui du RoththaJ,
— puis le Hittaggorn (3887 met.) , et l'arête du Schmadrirûck d'où descend Le glacier de Schmadri formé par la réunion des névés du Mittaghorn, du Grosshorn et du Breithorn et d'où se précipite le Schmadiïbach , — entre le Breithorn et le Tschingelhorn la Wetterlûcke, col de névé par lequel un passage autrefois facile conduisait dans la vallée de Lœtsch 1 et d'où descend le glacier du Breithorn qui se réunit dans son extrémité inférieure à celui de Tschingel. Près de leur confluent se dressent les deux pointes du Wetterhorn, enfin, plus à droite, les beaux rochers perpendiculaires du Tschingelgratpar lesquels le Tschingeltritt conduit à la vallée de Gasteren ou à celle de Lœtsch. Audessous de ce vaste cirque de neige et de glace, les prairies et les sapins de la verte vallée d'Ammerten sur lesquels se détache la cascade écumante du Schmadribach font un contraste admirable.
De Lauterbrunnen A Mûrr«n.
2 h. à 2 h. 30 min. — Chemin de mulets. Course très-intéressante et très-recommandée; vues admirables.
Dans le village même de Lauterbrunnen on prend à dr.' un sentier qui gravit de biais le versant escarpé de la montagne dans un bois de sapins où l'on traverse le ruisseau du Staubbach au-dessus de la cascade (50min.), puis le Spitzbach (35 min.), enfin on
1. Ce col a été passé, le 22 juillet 186*, par MM. Moore avec Christian Aimer et Antoine Epgel de Blatten, en 10 h. %S min.
— Les difiicultés, très-grandes, eussent été insurmontables s'il y eût en moins de neige.
2. On peut aussi aller de Lauterbrunnen à Mûrren par Isenfluh (4 h. env.): c'est une agréable promenade, riche en points de vues. — A l'extrémité d'Isennuh on prend a g. jusqu'au Sausbach au delà duquel on trouve une montée roide; un guide est nécessaire.
atteint (35 m.) Mûrren (hôt. du SUberhorn, bon), village situé à 1630 met. Pendant la montée on découvre une vue admirable qui se développe et se modifie pour ainsi dire à chaque pas, et qui, à Mûrren même, est peut-être supérieure à celle de la Wengernalp.
Au-dessous de soi on aperçoit la vallée de Lauterbrunnen et les chalets de Stechelberg, à g. l'Eiger, le Mœnch, en face le Silberhorn dont l'énorme rocher cache la Jungfrau, le glacier du Koththal d'où tombent souvent des avalanches et par où l'on peut se rendre non sans danger jusqu'au glacier d'Aletsch (V. K. 146) , le Grosshorn, à dr. le Breithorn, le col qui conduit dans la vallée de Lœtsch , le Tschingelhorn et le Gspaltenhorn par lesquels le glacier de Tschingel est masqué.
On peut de Mûrren gagner les chalets de Trachsellauenen par le chemin suivant :
A 5 min. de Mûrren on traverse le Mûrrenbach, puis on gagne en 20 min.
Gummelicald (1382 mèt.) d'où l'on descend (près de la fontaine prendre à g.), par un bois de sapins, dans la vallée de Sefinen (25 min.) au fond de laquelle se montre la Sefinen Furke (R. 143). On passe (5 min.) à côté de la belle cascade de Sefinen et , laissant à g. le chemin de Stechelberg, puis continuant à se diriger sur la dr.
au milieu des sapins, on atteint en 1 h. les chalets de Trachsellauenen où l'on rejoint le chemin venant de Lauterbrunnen (K. ci-dessus).
Ascension du Schilthorn.
L'ascension du Schilthorn se fait généralement de Mûrren ; elle n'offre aucune difficulté, mais elle demande un guide et elle est fatigante pour les femmes qui ne sont pas habituées aux grandes courses. Après avoir monté au N. 0. sur des pâturages et des rochers, on traverse un petit torrent pour se diriger au S. 0. dans un petit vallon étroit appelé Engethal;
476 DE LAUTERBRUNNEN A L'EGGISCHHORN. [ROUTE 146]
parvenu à l'extrémité supérieure de ce vallon, entre le Schwarzgrat à dr.
(2794 met.) et le Weissberg à g. (2680 mèt.), on jouit d'une belle vue sur le Schilthorn. De ce point il faut descendre un peu et contourner au N . un it vallon rocheux qui contient un aux eaux noires. Après avoir ensuite traversé le cours d'eau, qui descend d'un petit glacier, on gravit des éboulis d'ardoises escarpés pour monter au petit Schilthorn qu'une arête rocheuse, très -abrupte sur les deux versants, réunit au Schilthorn proprement dit, dont le point culminant (4 h. env. de Mttrren) , haut de 2965 mèt. , offre un admirable panorama. En descendant, on peut éviter l'arête et le petit Schilthorn par une glissade sur les pentes de neige ; on peut aussi revenir à Mûrren par les chalets Brûcke situés au-dessus de Gûmmelwald. Ce dernier chemin est plus long d'une heure 30 min., mais plus agréable.
DE LAUTERBRUNNEN ET DE GRINDELWALO A L'EGGISCHHORN.
De Lauterbrunnon à l'Bfflaohhorn, par le Lauwinenthor.
Ce passage, très-difficile et trèsdangereux, vainement cherché par M. Hugi (voir les Naturhistnrische Alpenreise, Soleure, 1830, 1 vol. in-8) avec un personnel et un matériel considérables, a, été découvert en 1860
Îiar M. John Tyndall. On en trouvera a relation détaillée dans le volume intitulé : Vacation Tourists and Notes of Travel in 1860, édité par Francis Gallon. M. Tyndall était accompagné de M. Hawkins et des guides Christian Laueneret Kauffmann de Grindelwald. Le col qu'il a appelé Lauwinenthor s'ouvre entre la Jungfrau et le Gletscherhorn à une hauteur de 3600 mèt. env. Pour l'atteindre il faut remonter jusqu'à son extrémité
supérieure la vallée encaissée du Roththal et le glacier de ce nom dominé par des rochers si escarpés qu'ils ne peuvent être gravis; le seul point praticable est un étroit couloir tellement abrupt qu'il faut presque constamment tailler des pas dans la glace. Durant toute la montée on est exposé aux avalanches; la descente est beaucoup plus facile, mais on court le risque d'être surpris par la nuit sur le glacier d'Aletsch, car MM. Tyndall et Hawkins n'arrivèrent à l'hôtel de l'Eggischhorn que 19 h.
après leur départ de Lauterbrunnen.
En descendant du col, M. Hawkins, qui s'était un moment détaché de la corde, faillit tomber dans une crevasse.
De la Wenfarnalp à rEggiachhora,
par le Jungfl-aujoch.
Ce passage difficile et dangereux ne mérite pas d'être recommandé et ne doit dans tous les cas être tenté que par des touristes éprouvés et avec les meilleurs guides des Alpes. On est surtout exposé , comme dans les courses suivantes, à cause de la longueur du trajet, au danger de passer la nuit à une grande altitude, sans feu et sans couverture, au milieu des glaciers, après une journée de marche pénible.
Entre la Jungfrau et le Mœbch on distingue de la Wengernalp un col bien marqué. Ce col (l'extrémité supérieure du glacier d'Aletsch) est d'un accès facile quand on y monte par le glacier d'Aletsch, mais, du côté opposé, il paraît inabordable; aussi, jusqu'en 1862, aucun touriste et aucun guide n'avait-il songé à l'escalader, lorsqu'au mois de juillet de cette année, des membres de l'Alpine Club, MM. Stcphen, Hardy, Georges, liveing , Moore et Morgan , avec les guides Christian Aimer, Christian et Peter Michel, Ulrich Kaufmann, P.
Baumann etC. Bohren, résolurent d'y monter. Le premier jour leur tentative échoua; il leur fut impossible de franchir une Bergschrund trop large et trop profonde; mais ils se remirent
478 DE LAUTERBRUNNEX A
L'EGGISCHHORN . [ROUTE 146]
en route le lendemain avec une échelle de 8 mètres portée par Peter Rubi. Le récit de leur intéressante expédition qui, hâtons-nous de le dire, fut heureuse, nous entraînerait hors des bornes qui nous sont imposées. Indiquons seulement en quelques mots la direction qu'ils suivirent. Ils montèrent d'abord sur les rochers du Mônch entre les glaciers de l'Eiger et de Guggi, puis ils descendirent sur le glacier de Guggi où ils atteignirent, sans avoir rencontré d'obstacle sérieux, un plateau considérable à peine visible de la Wengcrnalp. Là commencèrent pour eux les dangers et les difficultés; ils furent surtout exposés, à ce qu'il paraît, aux chutes des pyramides de glace qu'ils durent gravir ou contourner. Une Bergschrund qui traverse tout le glacier ne put être franchie qu'à l'aide de leur échelle. Au delà s'étend un second et petit plateau, visible de la Wengernalp, et situé audessous des longues bandes de névé que domine le col , et à partir de là, les difficultés s'augmentèrent au point de devenir presque insurmontables; il fallut souvent changer de direction après avoir fait des efforts inutiles. Cependant ils triomphèrent de ces obstacles, grâce à leur échelle, et, 8 h. 45 min. après leur départ de la Wengernalp, haltes comprises, les hardis touristes atteignirent le Jungfraujoch dont la hauteur a été évaluée par eux à 3382 mèt. Un* peu au delà du col l'expédition se divisa.
MM. Georges et Moore, avec Aimer et Raufmann , descendi rent à l'Eggischhorn qu'ils atteignirent en 6 h. 1/2, haltes non comprises, tandis que leurs compagnons retournèrent à Grindelwald par le Mœnchjoch.
Le Jungfraujoch a été franchi une seconde fois au mois d'août 1863 par MM. F. W. Jacomb et Rcnnison avec les guides C. et P. Michel, C. Bohren et P. Reimert. Afin d'utiliser les degrés taillés quelques jours auparavant dans la glace pour l'ascensiondu Silbcrhorn, faite avec un succès complet par
MM. de Fellenberg et Baedeker (F. R.
162); les Michel ne suivirent pas la direction prise par la première expédition. Au-dessus du plateau du glacier de Guggi , ils inclinèrent un peu plus du côté de la Jungfrau; ils trouvèrent, il est vrai, le glacier moins tourmenté , mais les pentes se présentèrent plus formidablement escarpées. M. Jacomb constate qu'il mesura avec le clinomètre des inclinaisons de 60 et même de 72 degrés.
De la Wang «rnalp à rEfrlBchhorn, par 1 Eirorjoch.
Ce col, découvert en 1859, par le rév. Leslie Stcphen et MM. W. et G.
S. Mathcws, avec les guides Ulrich Lauener de Lauterbrunnen et J. P.
Croz et M. Charlet de Chamonix, n'a pas été repassé depuis. Les hardis touristes, partis à 4 h. du matin de la Wengernalp, n'arrivèrent à l'Eggischhorn que le lendemain matin à 9 b.
Ils durent passer la nuit sur les rochers du Trugberg ; en 29 h. ils ne s'étaient reposés que 7 h. Les difficultés avaient été telles à la montée qu'Ulrich Lauener avait dû employer cinq heures entières à tailler 580 pas dans une paroi de glace de 50 à 52* d'inclinaison. Le col ou le point par lequel l'arête de l'Kiger fut franchie, à 3747 mèt. env., ne fut atteint qu'à 6 h. du soir. On y découvre une' vue admirable. La descente sur le glacier d'Aletsch fut relativement facile.
De Orindalwald à l'Efffischborn, par lt Mœnchjoch. Ascansion du Moeooh.
Ce passage, relativement facile quand on le compare au précédent, demande au moins 15 h., même dans les circonstances les plus favorables. On peut du reste, pour abréger la course, aller passer la nuit soit au chalet du Zssenberg, soit dans une espèce de grotte située à la g. du glacier de Viesch et appelée Eigerhœhle. Si l'on part de l'tiggischhorn, on peut passer la nuit au Faulberg, ou, par un beau temps, sur les rochers situés à la base S. du
ROUTE 146] LE MŒNCH
ET I/EIGER.
Trugberg. Dans l'arrière-saison, lorsqu'il D'y a plus de ponts de neige sur les crevasses il vaut mieux partir de Grindelwald que de l'Eggischhorn , car la descente du glacier de Grindelwald serait alors difficile sans une échelle. — On peut, en passant le col du Mœnch, monter à l'Eigerjoch et même faire l'ascension du Mônch ou du Viescherhom.
Le Mœnchjoch a été découvert en 1858 par le rév. C. Hudson et MM. Birkbeck et Joad, accompagnés des guides Melchior Anderegg etVictor Tairraz. Il s'ouvre sur le versant S. du Mœnch entre ce pic et la chaîne du Vîeschergrat; c'est un plateau de névé presque uni qui tombe au S. sur le glacier d'Aletsch et au N. dans la branche S. du glacier inférieur de Grindelwald.appeléeglacierdeVicsch.
On y monte par le glacier inférieur de Grindelwald , puis , ce glacier traversé, le long de la rive g. du glacier de Viesch, par le Mittelegi, chat non haut de 3069 met. à son point culminant et qui descend de l'Eiger jusqu'au Hœrnli (2866 met.). A sa base S. se trouve une petite grotte bien connue des guides de Grindelwald, VEigerhœhle (4 h. 1/2 de Grindelwald, 2712 met.) où l'on peut au besoin passer la nuit. De ce point la montée, sans danger pour des touristes habitués aux glaciers, exige cependant le concours d'excellents guides ; elle demande 4 h. 1/2 à 5 h. selon l'état du glacier. Le col ne doit pas être éloigné du point marqué 3560 met. sur la carte fédérale. La vue y est très-belle, mais bien plus étendue encore à l'Eigerjoch que l'on peut gagner par un détour. Pour descendre on a le choix entre deux directions; en inclinaut à dr. par le col de neige qui sépare le Mœnch du Tiugberg (3636 met.), on descend, sans grandes difficultés , sur le glacier d'Aletsch où Ton rejoint le chemin du Jungfraujoch. En 7 h. 1/2 ou 8 h. on peut atteindre l'hôtel de l'Eggischhorn.
L'autre chemin passe par le glacier de Trugberg, entre le Trugberg et les
Walcherhœrner, mais la pente inférieure du glacier de Trugberg, au-dessus de sa jonction avec le glacier d'Aletsch, est très-escarpée et trèscrevassée. On doit perdre un certain temps à y chercher un passage j il vaut mieux passer le long des rochers, qui forment la base méridionale du Trugberg.
L'ascension du Mœnch (4096 met.) est une des ascensions les plus difficiles de toute la chaîne des Alpes. Elle a été faite pour la première fois par le docteur Forges de Vienne avec Christian Aimer et d'autres guides de Grindelwald. Les difficultés furent telles que le docteur Porges dut coucher deux nuits sur les rochers du Vieschergrat et employer une journée entière à monter et à descendre l'arête orientale du Mœnch. En 1862, deux tentatives échouèrent. En 1863, M. Macdonald, parti du Faulberg avec M. Anderegg et C. Aimer, atteignit le sommet à 9 h. et redescendit à l'Eggischorn à 6 h. 45 min. du soir. Six jours après, une nouvelle ascension également heureuse eut lieu; mais ces deux ascensions se firent par l'arête S. de la montagne (3 h. pour monter et 1 h. pour descendre). Le sommet, que l'on atteint par une arête de glace très-escarpée, est un petit plateau d'où l'on ne voit pas la Wengernalp.
Ascension de l'Eiger.
L'Eiger (3975 met.) a été gravi pour la première foisparun Irlandais nommé Harrington avec le guide Christian Aimer, en 1861 , par le DT Porges, en 1862 par MM. Hardy et Liveing.
C'est une ascension difficile et longue. On part de la Wengernalp pour gravir le versant N. 0. formidablement escarpé, d'abord sur le roc, puis, vers le sommet, sur une paroi de glace dans laquelle il faut tailler des pas.
Asoension de l'AImerhorn.
M. Bail et d'autres membres de l'Alpine Club ontproposé d'appeler Almer-
DE LAUTERBRUNNEN A KANDERSTEG. [ROCJTE 147]
hora la cime la plus élevée des Walcherhœrner ou Grindelwald Viescherhœrner (4048 mèt.) en mémoire du guide Christian Aimer qui en a faille premier l'ascension et qui est universellement reconnu pour un des meilleurs guides de toute la chaîne des Alpes.
Le sommet, d'où Von découvre une vue admirable, est une arête rocheuse qui domine le bassin supérieur du placier de Grindelwald.
L'ascension, qui se fait par le glacier de Trugberg , demande beaucoup de prudence et d'adresse, principalement sur les rochers escarpés qu'il faut gravir pour atteindre le point culminant.
De Grindelwald à l'Eççischhorn, par le Vieaoherjoch.
Ce passage a été découvert en 1862 par MM. L. Stephen, Hardy, Liveing et Morgan avec les deux Michel, Baumann , C . Bohren et Inœbenit pour guides. Ils avaient passé la nuit au Kastenstein , espèce de grotte située à la base occidentale du passage de la Strahlegg. Ils remontèrent d'abord un des petits glaciers qui descendent dans le glacier inférieur de Grindelwald sur le versant oriental du Gross Viescherhorn ou Ochsenhorn. Pour atteindre le sommet ils durent franchir, à l'aide d'une échelle, une large Bcrgschrund.
Un orage violent ayant éclaté, M. Stephen ne put déterminer ni la, position exacte du passage ni sa hauteur.
La descente se lit dans le bassin supérieur du glacier de Viesch à la lasc S. 0. du Finsteraarhorn où l'expédition rejoignit, au-dessous du Rothhorn, le chemiude l'Oberaarjoch. M. Stephen et ses compagnons atteignirent la Merjelenalp à 7 h. du col, mais, s'étant perdus dans l'obscurité, ils n'arrivèrent à l'hôtel de l'Eggischhorn qu'à 3 h. du matin après 22 h. de marche.
Ce passage, plus long que celui du Moench, et inférieur comme vue, ne tentera probablement plus désormais aucun touriste.
DE LAUTERBRU RNEN A KANDERSTEG,