‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 470 sur 865 · ROUTE 148] LE COL DE · texte numérisé non relu

ROUTE 148] LE COL DE

vaste plaine ondulée. Les crevasses y sont nombreuses, mais petites. Au milieu de cette plaine de névé s'élève une montagne de glace en dôme surbaissé, appelée Mutthorn ovtMittelhorn (3035 mèt.) , et séparée : à g., du Tschin gelhorn. par une vallée de neige, le Petersgrat d'après Hugi, qui en évalue la hauteur moyenne à 3316 mèt. (en la remontant, on peut se rendre dans la vallée de Lœtsch ( V. ci -dessous) ; et à dr., de la Blumlisalp, par une autre vallée aboutissant au col de Tschingel, au-dessus duquel on voit bientôt poindre le sommet de l'Altels. La Blûmlisalp se trouve réduite à une espèce de pyramide enfoncée dans les neiges du plateau. Entre la Blumlisalp et la base de la Bùttlassen est une large ouverture par laquelle se précipite le glacier de Gamchi.

« On se trouve alors sur un haut plateau, étendu sur ces cimes alpestres, dit M. A. J. Du Pays, comme un blanc linceul, à quatre pans opposés pendant dans des vallées différentes; une première ramification, celle par laquelle on vient de monter, occupant le fond de lAmmertenthal , une seconde en face, par liquellc on va descendre, occupant le fond de la vallée de Gastcren, et, dans une direction transverse à celle-ci, bs ramifications tombant dans la vallée de Lœtsch et le glaciez de Gamchi descendant dans le Kienthal. *

Au pied de la Blumlisalp, on remarque une dépression rocheuse appelée Gamchilucke (2826 mit.) ou Kienthalcr-Furke par les habitants du Loetschenthal. On peut la laisser à dr. et gagner directement le col; mais, en suivant ce chemin, plus court de 30 min., on perd une vue magnifique sur les glaciers d'un côté, et de l'autre sur la plaine suisse. De la Gamchilucke (1 h. 30 min.), on voit en effet : au N., les al pes des vallées de Frutigeu et de Kien . et la plaine suisse jusqu'au Jura; au S., la mer de glace de Tschingel, et, du Tschin-

Sl'lSSE.

On suit jusqu'à Wyler (15 min.) le chemin conduisant au fond du Loetschenthal; puis, à Wyler môme, on prend à g. un sentier qui monte en

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1 h. à Wystenried (1740 met.), d'où rochers, où se trouve un mauvais pas, Ton gagne en 30min., par un bois de le Tschingeltrit (2172 mèt.), au delà sapins, les chalets de Telli (1798 mèt.); duquel on rentre de nouveau sur le

dans le Tellitbal, petit vallon trèscourt, terminé et dominé par le glacier de Telli., A quelques pas des chalets, on traverse le torrent, pour continuer à remonter le vallon au-dessus duquel on s'élève bientôt à dr. par des rochers escarpés jusqu'au glacier (1 h. 50 min.) en passant au-dessous des Telli-Spitzen (2960 mèt.). Lorsque Ton est parvenu sur le glacier, qui est assez uni , on se dirige, toujours à dr., sur une immense plaine de neige, et on atteint (1 h. 30 min.), le col du Lœtschenthalgrat , qui s'ouvre , ;\ 3217 mèt. environ presque au pied des derniers rochers du Tschingelhorn. On y jouit d'une vue admirable. On découvre à TE. le Tschingelhorn (3580 met.), le Breithorn (3774 mèt.); au S., le Bietschhorn, la chaîne qui s'étend du Nordend au Mont-Blanc et les montagnes de la Savoie : le Ruiloret le Grand-Paradis au dernier plan; à PO., le Schildhorn (3297 mèt) ; au N.,les hautes murailles de la Blùmlisalp (3670 mèt.) et du Gspaltenhorn (3452 met.), et, à travers la Gamchilûcke (2826 môt.) , la plaine suisse.

Du col, on peut, soit rejoindre directement le chemin que l'on suit d'ordinaire pour aller de Lauterbrunnen à Randepsteg (R. 147), et qui passe entre le Mutthorn (3035 mèt.) et la Gamchilûcke, soit descendre entre le Mutthorn et le Tschingelhorn. Par ce dernier chemin, qui est plus court, mais qui traverse une partie plus 'crevassée du glacier, 1 h. 30 min.

sont nécessaires jusqu'aux moraines; dans ce trajet, on a sur sa dr. le Tschingelhorn , le Breithorn, dont

glacier, pour le suivre jusqua sa partie inférieure (1 h. 20 min.). La commence un sentier qui conduit, en 20 min., aux chalets de Steinberg situés à 1766 mèt. (R. 145). - Des chalets de Steinberg, on descend en 1 h. aux chalets de Trachseliauenen.

et de là, en 1 h. 45 min. , à Lauterbrunnen (R. 145).

O'INTERLACHEN A GRINDELWALD.

A. Par la route de voitures.

4 h. 20 min. a pied , 2 h. 30 min. env. en voiture. —Route de voitures. Très-belle et très-intéressante promenade; mai»

tous les touristes qui peuvent marcher, ou monter à cneval, devront passt-r de préférence par la Wen.ernalp (V. cidessou» B.) Voiture à un cheval et retour, 12 fr.; à deux chevaux, 25 fr. (V.le tarif à Interlachen).

t h. 45 min. d'Interlachen au pont sur la Lûtschine (R. 14ô).

Laissant à dr. la route de Lauterbrunnen, et traversant la Lûtschine blanche à Zweilûtschinen, on remonte la vallée de la Lutschi ne noire, et on franchit ce torrent près de

10 min. Gùndlischwand, v. ée 301 hab. réf., situé, à 663 mèt., au pied S. de la Scheinige-PIatte et de l'Iseltcnalp, dominées par les S*gisthalhœrner. — Les gros blocs de rochers dispersés dans la vallée sont les débris d'anciens ébouleruents. Le Wetterhorn ne cesse pas d?attirer au fond de la vallée les regards ebarmés.

En se retournant , on jouit aussi de

l'ascension est facile; le Grosshorn ; très-belles vues à mesure que l'on s'e- (3763 met.) et les deux tours noires du Wetterhorn (3143 mèt.). Près des moraines, on rejoint le chemin de Lauterbrunnen à Kander^teg (R. 147). tenberg, où se trouve, à 897 mèt.. Après lesavoir traversées et avoir laissé 1 h. 10 min. Burglaurnen, village le glacier à dr., on descend sur les ' entouré de beaux arbres fruitiers.

lève. — La montée du Riedlistalden.

assez roide, mais entrecoupée de descentes, conduit ensuite sur le Wat'

GRINDELWALD

— Tschingelberg, situé sur l'autre rive du torrent, ne voit pas le soleil du 28 octobre au 8 mars.

15min. plus loin, la vallée se rétrécit, et commence le défilé qui forme la véritable entrée de Grindelwald. — Au S. 0. s'élève le Maenlichen; — au S., l'Eiger; — à l'K., le Wetterhorn et la Scheidegg; — au N., le Burg, le Simelihorn et le Faulhorn. — A dr. , une jolie cascade tombe du Daim.

A (15 min.) Schtcendi, od laisse à g. un sentier qui monte au Faulhorn et l'on découvre, à dr. , une vue délicieuse sur les versants du Wergisthal, qui s'étendent au pied de la Wengernalp, couverts de maisons et de chalets. — On traverse le Dufthach et le hameau de Se Muet il . en montant à travers de belles prairies à

45 min. (2 h. 15 min. de Zweilutschinen); Grindelwald (hôt. : Bœr

Grindelwald et le Wetterhorn.

(l'Ours); Adler 'l'Aigle), bains et pension ; le Grand - Eiger (hôte complaisant) ; Hôtel des Glaciers pour les touristes économes. Bons guides :

Christian Aimer, le meilleur guide de la Suisse; Peter Bohren, Peter et Christian Michel, J. et P. Baumann, P. Inœbenit, Ulrich Kaufmann, Peter Rubi, Ch. Roth) ou Gydisdorf, est une commune contenant, avec les hameaux voisins, 2871 hab. réf., située à 1057 mèt. au-dessus de la mer. La

vallée à laquelle elle a donné son nom a une longueur do quatre lieues et une largeur d'une lieue et demie; elle court depuis Zweilutschinen, dans la direction du S. 0. au N. E., entre deux chaînes parallMes. et, au sortir du défilé que forment ces montagnes, se déploie en éventail. Le climat y est froid, et les cerisiers seuls y donnent dos fruits ; aussi la population estelle entièrement adonnée à la vie pastorale et à l'élève du bétail. On compte

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pendant L'été jusqu'à 6000 têtes de bétail sur les alpes de la vallée.

Les montagnes qui entourent la vallée de Grindelwald sont : — au S.

et à TE., le Wellhorn, le Wetterhorn, le Schreckhorn, le Finsteraarhorn , les Vicscherhœrner , le Mettenberg entre les deux glaciers, le Berglistock, TEiger et le Mœnch; — ail N., le Faulhorn, le Rothhorn, la Genisenfluh et le Schwarzhorn; — au N.

E., le Hasli, la Scheidegg; — au S.

O., la Wengernalp, le Laubhorn, le Tschuggcnhom, le Maenlichen; ces dernières pointes sont souvent frappées de la foudre.

Les deux glaciers de Grindelwald, presque p irallèles l'un a l'autre, sont séparés par le Mettenberg (2873 met.) , petite ramification du Schreckhorn. En général , on visite le glacier supérieur (chevaux et chaises à porteurs), soit en montant à la grande Scheidegg (R. 152), soit en en descendant. Le glacier inférieur (guides inutiles; chaises à porteurs; un cheval se paye 3 fr. ) , appelé aussi kleinere (Petit) , bien qu'il soit quatre fois plus grand que le glacier supérieur, s'appuie d'un côté sur le Mettenberg et de l'autre sur l'arête de Mittelegi, promontoire de l'Eiger. Son vaste bassin supérieur est compris entre les cimes du Schreckhorn, du Finsteraarhorn , des Viescherhœrner, du Mœnch et de l'Eiger. Du Mœnch au Schreckhorn, il a 2 h.

30 min. de largeur, et, du Finsteraarhorn jusqu'à son extrémité, à peu près autant de longueur. La partie inférieure où ce glacier se termine, au N., entre la Ortfluh et la base du Mettenberg, au S. O., entre le Kalhberg ou Hœrnli, le Bonernlaui et le Wildschloss, et qui a env. 30 min.

de long, formait, au commencement du xvnc s-, un ravin assez étroit où se trouvait un bois de pins alviers ou pins cembro; à cette époque, un sentier qui montait au plateau de Kalli, sur la rive dr. du glacier, conduisait dans le Valais par le Viesch-

joch. En 1605, une noce entière y passa; mais, au xvn* s., le glacier intérieur s'accrut tellement, qu'il boucha ce passage, força la Lûtschine d'abandonner son lit et menaça plusieurs maisons de la vallée.

Il faut 30 min. environ pour descendre de Grindelwald à la grotte de glace du glacier inférieur, d'où sort la Lûtschine noire, et qui a été agrandie artificiellement ( entrée :

50 cent.); on pénètre sans danger dans l'intérieur du glacier inférieur, dont la base, noire de débris et exploitée par des entrepreneurs, n'offre aucun intérêt. La grotte est fort belle.

On peut monter, en 20 min., à la Nellenbalm (grotte de Sainte -Pétronille), qui s'ouvre dans les escarpements inférieurs du Hœrnli, et qui est large de 22 mèt., haute de 34 met. à son entrée, profonde de 25 mèt. De ce point, on découvre une belle vue sur le glacier, le Mettenberg, la vallée, le Wetterhorn et la grande Scheidegg.

N. B. — De la Nellenbalm, on peut, sans revenir à Grindelwald, aller rejoindre le chemin de la petite Scheidegg aux (1 h. 25 min.) chalets Alpiglen (R. 149).

Deux accidents graves ont eu lien flj^r le glacier inférieur de Grindelwald. L'tubergiste Christian Bohren, qui, depuis cinquante années, parcourait ces montagnes, glissa un jour, près de la Benisegg dans une crevasse, et se cassa un bras ce tombant. Revenu à lui , il reconnut qu'il était resserré entre deux murailles d« glace et dans une obscurité profonde; mais, sentant de l'eau couler au-dessous de loi, il suivit son cours et parvint ainsi à regagner la terre ferme.

L'autre accident eut, au contraire, u ruissue fatale. Le 31 août 1821, M. Mouron, ministre protestant, né à Chardonne dans le canton de Vaud, examinant un trou du glacier rommé Valchiloch, se pencha tre peu trop sur l'abîme. Son bâton , mal arrêté, glissa, et il tomba avec lui au toni du gouffre. On retira son ca lavre mutile sur des rochers, à une profondeur de 40 met.

Pour bien voir le glacier inférieur

Glacier inférieur de Grinddwald. — D'apris une photographie de MM. Disson.

D'INTERLACHEN A GRINDELWALD. [ROUTE 149]

de Grindelwald, il faut mooter à la Baenisegg. car la Baenisegg est le Montanvers, ou plutôt le Chapeau des Alpes Bernoises, et cette magnifique excursion , très-recommandée (S à 6 h.

aller et retour) . peut se faire en j>artie à mulet ou à cheval ou en chaise à porteurs (F. le tarif).

On descend d'abord à travers de belles prairies, puis (10min.), traversant la Lut «chine , qui descend du glacier supérieur, on laisse, à dr., le sentier du glacier inférieur, pour gravir en zigzag, à la base du Mettenberg, des pâturages et des bois escarpés. On atteint en 1 h. 30 min. la Vliielenegg , rocher qui surplombe , puis (15 min.) un plateau d'où Ton découvre, en se retournant, une belle vue sur la vallée de Grindelwald, le glacier inférieur ot les montagnes qui s'étendent du Gumihorn au Schwarzhorn. Le Faulhorn est caché par le Rœthihorn. Là on laisse ordinairement les chevaux. — De l'autre côté du glacier se relove, au pied de YEiger. une paroi abrupte <:ue dominent les pointes du Hœrnli, et dans laquelle s'ouvre le Heitirlach, trou où quatre fois par an passent des rayons de soleil qui viennent éclairer l'église de Grindelwald. En face, presque au niveau du sentier, on remarque une excavation de forme singulière et semblable à celle que pourrait laisser dans de l'argile un homme nu qui s'y serait assis. Mais , comme cette empreinte est dans du marbre et qu'elle a d'énormes proportions, ne pouvant l'attribuer à un homme, on en a fait honneur à uu saint et on l'a nommée Martinsdruck (empreinte de saint Martin).

Enfin, à 2 h. 30 min. de Grindelwald, après avoir laissé à g. le chemin des chalets de la Stieregg, on atteint à la base S. 0. duG'waechten (3 109 met.) la Bœnisegg d'où Ton découvre une vue admirable sur la mer de glace supérieure de Grindelwald et les grands pics qui la dominent. La plupart des touristes font une excursion plus uu moins longue sur le glacier

dont l'entrée, assez difficile, est rendue possible, même pour les dames, par des ponts mobiles, mais nous ne saurions trop les engager à le traverser entièrement dans la direction du S. jusqu'au chalet du Zœsenberg, situé à 1844 met. , sur un pâturage, à la base d'un promontoire rocheux des Vieschcrhôrner, entre le glacier de Viesch et le glacier de Grindelwald proprement dit. Cette traversée n'offre aucun danger. Un guide est nécessaire. Au Zàsenberg, ou est, comme au Jardin, entouré de tous côtés de glaciers, de pics et d'aiguilles.

L'ascension du Mettenberg (2875 met.) facile pour des touristes déjà exercés aux grandes courses, intéressera surtout les géologues. Pour y monter, on suit le chemin de la baenisegg que l'on quitte à 2 h. env. de Grindelwald. On monte alors à g. aux chalets delà Stieregg (1705 mèt.) d'où l'on s'élève jusqu'au sommet par îles pentes herbeuses et des rochers. Du point culminant (6 h. de Grindelwald, guide 10 fr. ) on jouit d'un beau panorama.

L'ascension du Maenlichen (2346 mèt.) demande 4 à ,r> h. retour uon compris. On y découvre une belle vue.

Pour le Faulhorn (R. 150); — le Mœnchjoch et l'ascension du Mœnch (R. 146) ; — le Viescherjoch (R. 14G).la Strahlegg et l'ascension du Schreckhorn , le Hnsteraarjoch , le Lauteraarjoch (R. 151) ;— Pascensiou du Wetterhorn (R. 162); — la grande Scheidegg, Rosenlaui et Meinngeii (R. 152).

R. ParlaWençernalpou petite Scheldetf

t> h. à 6 h. 3u min. — Lue des plus belles courses de l'Oberland. tres-recommandee à toutes les personnes qui peuvent marcher ou monter & cheval. — Chemin de muîeU, mai entretenu. — Un fui*!* n'est pas nécessaire. Les mulet» coûtent 10 fr. pour monter. {V, le tarif qui c*i fort cher.)

« Cette Scheidegg, dit Tœpfter, est exploitée sur les deux revers par les pâtres;

[ROUTE 149] LA WENGERNALP OU PETITE SGHEIDEGG. 487

l'entrée ressemble au chœur d une église, et qui renferme des cristaux de spath calcaire, des stalactite*, etc.

Au-dessus du Stauhl>ach, dont on aperçoit eu se retournant la chute supérieure, s'élèvent la Sulegg, la Vogelfluh et une arête de rochers (Vreneli) qui ressemble aux ruines d'un ancien château. Plus bas, on remarque le hameau d'Eisenfluh. Au N. E. et à TE., au-dessus du village de Wengen, se dressent le Wengenberg et le Biren; et plus haut le Mœnlichen, le Heimeckhorn, le Tschuggen, le Lauberhorn qu'il faut contourner pour aller à Grindelwald.

Mais c'est surtout la gorge étroite et profonde de la vallée de Lauterbrunnen, la chaîue de la Jungf.nu, le Tscningelhorn et le Mittaghorn, qui attirent les regards ravis.

Après avoir dépassé (4f> min.) un hameau de chalets, ou laisse à dr.

un ravin sauvage tout noir de sapins, puis on monte (15 min.) aux chalets de la Wengernalp, situés au milieu d'un vaste pâturage. On entre ensuite dans une forêt de sapins, au sortir de laquelle (30 min. on aperçoit la vallée de la LOtschine jusqu'à Interlachen. Enfin eu 30 min. (à 3 h.

de Lauterbrunnen), on atteint l'hôtel delà Jungfrau, contenant '20 lits et souvent encombré de voyageurs qui n'ont pas toujours à se louer de leur hôte. — De cet hôtel on découvre une vue admirable sur le ravin du Trûmmletenbach, par lequel on peut y monter également en 2 h. 30 min. env., le Giessenbrrg et la Stelli/Juh, les glaciers de Guggi, de l'Eiger et de Giessen, le Schneehorn (3415 met.) le Silberhorn (3690 met.) qui cache la plus haute sommité de la Jungfrau (4167 niM.) et le Schwarx Mœnch (2644 mèt.)

Les avalanches d'été (^l'Introduction) sont très-fréquentes sur la Jungfrau; il ne se passe pas d'heure sans qu'on n'en entende ou qu'on n'en voie tomber. Jusqu'à ces dernières waldflub, la Chorbaltn, caverne dont ' années les touristes s'étaient conten-

ce côté-ci, an pitre d'esprit a eu l'heureuse idée de tenir d'excellent thé tout prêt pour les voyageurs. Plus haut, nn autre pâtre tire le canon à trois batzen le coup; plus haut encore c'est un long cor des Alpes dont un enfant se sert pour (sire chanter les échos. Cette musique est charmante. Le cor entonne par tierces ou par octaves, et ces sons successifs, réfléchis à plusieurs reprises par les rochers, se rencontrent et forment ensemble des accords d'une parfaite justesse. Sur le revers opposé, ce qui abonde aussi, ce sont les lutteurs, les vendeurs de fraises et les chanteuses. Qui donc compose ces airs, ces ballades que chantent ces femmes? où se forment ces orpbees de montagnes? Et n'est-ce pas un trait bien intéressant de ces vallées, que la façon dont s'y sont développés et dont s'y entretiennent, parmi des patres ignorants d'ailleurs, ce goût et cette aptitude pour l'art musical ? A la vérité, ces mélodies sont simples, peu variées, d'un mouvement paisible et régulier, qui n'admet aucune expression dramatique ou passionnée; mais c'est pour cela justement qu'elles reflètent si bien le caractère des gens et de la contrce , et qu'entendues sur les lieux, fortuitement en lace de ces doux pâturages couronnes de pics immobiles et resplendissants, elles ont un charme si vif et si plein.» (Voyagt$ en zigzags.)

On se dirige vers le fond de la vallée, et, avaut d'être parvenu au Staubbach, laissant l'église à dr. . on descend à g. au bord de la Lûtschine, que l'on traverse (5 min.) , puis, au delà du hameau de (10 min.) îm Stock, on gravit en zigzag une pente très-roide, d'où l'on découvre, à mesure que l'on s'élève, de belles vues sur le Staubbach et sa chute supérieure , le Plst&chbach, la vallée de Lauterbrunnen, le Schmadribach, le Breithorn, le Tscningelhorn, la Jungfrau et le Grosshorn. Parvenu (46 min.) sur un plateau ombragé d'arbres magnifiques, et où la montée devient moins roide, on traverse un hameau dépendant de Wengen, Sehiltwald, situé au pied de la Schiltwaldfluh ; près de là, le Schiltbach fait une jolie cascade. On remarque dans la Schilt-

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