SARNEN. 5C
devenu célèbre dans les fastes de la Suisse.
Le fljs de Rodolphe de Habsbourg l'empereur Albert, y etab'it un de ses baillis, le chevalier Beringen de Landenberg, dont la colline a depuis gardé le nom. Un laboureur du Melchthal, nommé Arnold, ayant été condamné, pour une faute légère, à perdre un bel attelage de bœufs, un valet du bailli vint détacher les bœufs de la charrue, en disant: «Quand te piysan voudra manger du pain , il devra s'atteler lui-même à la charrue. » Irrité de cette offense, le jeune Arnold frappa le valet d'un coup de bâton, lui cassa deux doigts, et s'enfuit dans les montagnes. Par vengeance, Landenberg Dt crever les yeux au père d'Arnold, Henry An der Halden. Cet acte de cruauté eut pour résultat l'explosion d'une révolution inévitable.
Le premier jour de l'année 1308, au moment où Landenberg sortait du château pour aller â l'église entendre la messe, vingt paysans vinrent au-devant de lui, apportant, comme leurs présents d'usage, des poules, des chèvres, des agneaux, etc. Landenberg leur dit d'entrer au château et continua sa route. Lorsqu'ils furent arrivés sous la porte, l'un d'eux donna un signal avec sa corne ; tous alors tirèrent de dessous leurs habits des fers bien aiguisés, les mirent au bout de leurs bâtons et s'emparèrent du château pendant que trente autres paysans, cachés dans un bois, accouraient a leur secours. A cette nouvelle, Landenberg, épouvanté, s'enfuit à Alpnach; mais les insurgés l'arrêtèrent et lui firent jurer, ainsi qu'à tous ses gens, de quitter À jamais les Cantons forestiers. On ne fit de mal à personne. Quant au château, il n'en reste aujourd'hui aucun vestige. L'arsenal cantonal et la maison de tir de la commune occupent l'emplacement même sur lequel il était bâti, et c'est en cet endroit que, depuis 1646, se réunit la landsgemeinde de l'Obwald.
A dater de cette époque, 1-s habitants de l'L'nterwalden restèrent indépendants, combattirent au premier rang dans presque toutes les guerres des Confédérés, â Morgarten, à Laupen, à Sempach, à Saint- Jacques , etc. La révolution de 1798 les trouva fermement attachés à leurs anciens principes politiques et à leurs croyances religieuses. Us voulurent lutter contre les armées françaises (K Stanz ), mais ils furent vaincus. Lors de la réaction de 181 4, ils s? décidèrent les derniers â jurer le pacte de 1815, et les constitutions qui les régissent datent encore de 1816.
La séparation du canton dUnterwal-
den en Obwald et en Nidwald date de H50. — Sarnen a toujours été le chef-lieu de l'Obwald, et Stanx celui de Nidwald.
Le canten d'Unterwalden est le troisième par Tordre de son admission dans la Confédération , le treizième par son étendue (18 mil. 1/2 carres), le vingtième par sa population, ik 902 hab. (13376 hab. Obwald ; - 11 516 hab. Nidwald). Il parle la langue allemande et professe la religion catholique. Sa plus grande largeur, du Titlis au BÛrgen , est de 5 h. Sa plus grande longueur, de Haglern à la Schœnegg, de 7 h. — Il touche: —au N., au C. de Lucerne et au lac des Quatre-Cantons; — àrE , au C. d'Uri; — au S. , au C. de Berne; — à l'O., au C de Lucerne.
A Engelberg, par la Storegg et le Jnchli, R> 171 ; à Meiringen, par le Melchthal et le Laubergrat, R. 158; — à Entlebuch, par le Sattel, 6 h. 30 min. R. 127.
De Sarnen à Lucerne.
4 h. 45 min. — 2 dil. tous les jours.
Laissant à dr. la route de Stanz, on descend le long de la rive g. de l'Aa, par Kœgiswyl, à
(1 h.) Alpnach (hôt.: du Pilate, Schlùssel), v. de 1495 hab. cath., situé au pied du Pilate, dont on peut faire l'ascension en 4 h. (R. 170), et oui a donné son nom au golfe du lac de Lucerne, sur lequel il est en partie situé. — Clocher élancé de Téglise.
20 min. Stad (hôt.: Pilate, Stern), hameau situé à 440 mèt. à l'extrémité S. du lac d* Alpnach. — On y trouve des bateaux pour tous les petits ports du lac des Quatre-Cantons.
Les bateaux à vapeur y touchent trois fois par jour. Aussi les diligences, qui correspondent avec les bateaux, ne vont-elles pas au delà.
Le golfe d'Alpnach , que côtoie la nouvelle route, a une lieue et demie de long et une demi-lieue de large.
Il est borné, au N., E. par le Pilate dont la base , qui s'avance dans le lac, s'appelle Rœngg ou iopperberg (963 met.), et, au S. O., par le Mueterschwand (862 mèt.) et le Rotjberg.
Entre ces deux dernières montagnes, s'ouvre la gorge sauvage et
pittoresques du Rotzloch (bonne pension Rotxloch ou Btxtller), où le Melchbach forme une jolie cascade, et par laquelle on peut aller à Stanz. Le Rotzberg est couronné par les ruines du château de Wolfenschiess, détruit le 1" janvier 1308. Du sommet (675 mèt.), on découvre une vue magnifique. — Panorama de Relier.
A (I h.) l'extrémité du Lopperberg, le lac se resserre tellement qu'on a, il y a quelques années, construit une digue en pierres pour en réunir les deux rives. Au milieu de cette digue, qui porte la route de Stanz , un pont de 4 arches s'ouvre pour donner passage aux bateaux. En face s'est élevé un hôtel, ZurAcher-Brùcke. De l'autre côté, on voit Stanzstad (F. ci-dessous).
Quand on a contourné le Lopperberg, on découvre une vue admirable sur le lac des Quatre-Cantons , le Rigi et le Pilate.
30 min. Hergiswyl(hôt. : RœssUon Poste) , v. de 832 hab. cath. situe sur le Stcinenbach, au pied du Pilate, et dont les laiteries sont bâties sur des grottes où la température ne dépasse jamais, même pendant les plus fortes chaleurs de l'été , 4e au -dessus de zéro. A côté de l'auberge s'ouvre le chemin du Pilate (R. 170).
On continue de longer le golfe d'Hergiswyl. A (20 min.) Mûhlehof, on entre dans le canton de Lucerne.
Avant de s'éloigner du lac, on laisse à g. le chemin de Kriens (R. 170), à dr. Wirikel (hôt. Stem), v. de pécheurs et de bateliers, et on se dirige au N. par (30min.)//ortu, v. de 1228 hab. cath.
dans un beau vallon bien cultivé, sur
45 min. (3 h. 20 min. d'Alpnach) Lucerne, R. 166.
DE SARNEN A STANZSTAD ET A BEKENRIEO,