‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 489 sur 865 · ROUTE 157] LE REICHENBACH · texte numérisé non relu

ROUTE 157] LE REICHENBACH

Le chemin, qui commence à monter, tantôt serpente au milieu de

bois d'essences divreses, tantôt est

taillé dans le

roc. On remarque à dr.

YEssigstein, rocher isolé ilans l'Aare, et traversé par un petit pontde bois qui conduit sur la rive opposée au hameau d'Unterstoek.

Après s'être élevé à une grande hauteur au-dessus de l'Aare, qui se brise en écumant au fond d'une gorge étroite et profonde, on redescend presque jusqu'à son niveau, et on le traverse près de (1 h.) Urtoeid, hameau dominé par le Benzlauistock ('2531 mèt.). De là une mon tée

Chute inférieure du Reichenbach.

Schlafplatte (796 mèt.), d'où l'on aperçoit les cascades du torrent de Benzlaui. On passe ensuite à (10 min.) Im Boden, petit hameau entouré de riches prairies, et près duquel l'Aare se fraye un chemin au travers d'énormes blocs de pierres ; et enfin (5 min.), au delà de l'ancienne maison de péage (15 min.) , on franchit le Spreitbach.

25 min (3 h. 15 min. de Meiringen), Guttannen ( hôt. Hirsch ) , pauvre village de 505 hab. réf., situé à 1049 mèt., partage en deux parties, celle de l'ombre et celle du soleil, par l'Aare, que traverse un pont de bois de sept mît. de longueur, incendié en 1803 (la partie de l'ombre) et en 1812 (la partie du soleil), ravagé par l'inondation de 1834.

A Gadmen, par le Furtwang, R. 160.

A mesure que l'on s'élève , la vallée devient plus sauvage. Aux pâturages et aux forêts succèdent des roches éboulées -, les sapins eux-mêmes sont plus rares et mo*ns vigoureux ; la grande voix de l'Aare se fait seule entendre dans le désert.

Le pont de Tschinqelmatt (15 min.) avait ramené , à 1160 mèt. , le chemin» sur la rive dr. de l'Aare. Le pont des Schwarzenbrunnen (25 min.) le fait repasser, à 1212 mèt., sur la rive g., et bientôt on atteint la chute appelée Stœubenden , à cause de la poussière d'eau qu'elle lance dans l'air. Puis on gravit, dans la forêt de Breiten, la Handeck Kehren (1 h.).

On entend de loin le bruit de la chute de la Handeck, que l'on cherche en vain à travers les branches des arbres. Il faut quitter le chemin et prendre un petit sentier à g.; on ne tarde pas à atteindre l'extrémité d'une paroi rocheuse, d'où l'on découvre une des plus belles cascades de toute la Suisse. L'Aare se précipite de 70 mèt. de hauteur avec un Tracas épouvantable, entre deux murs de rochers à pic couronnés de sapins, dans un profond abîme , où tombe

en même temps que lui un torrent appelé rErlenbach. L'hiver, cette énorme chute d'eau est réduite à un simple filet à peine visible.

Revenant sur ses pas, on traverse (15 min.) VErlenbach, et on arrive en 8 à 10 min. (5 h. 10 min. de Meiriugen) au chalet de la Handeck transformé en hôtel, situé, à 1417 mèt. , au pied de l'Eiienhorn. On ne doit pas manquer d'aller voir (5 min.} la cascade sur le pont solide et sûr (50 cent.) qui la domine.

[A l'O. s'ouvre le Riruierthai entre le Stampfhorn (2558 mèt ) au N , et l'Erlenhorn (2554 mèt.) au S. — On peut monter, en I h., par un chemin si escarpé que des échelles ont été placées contre des rochers, au guider de Gruten qui descend de l'Hûhnerihœlîhorn.

A TE., on peut monter au petit lac Gtlmer (1829 met.), dominé au S. par le Schaubborn 1268 1 mèt.) et au N. duquel remonte le Dicchtemthal, vallée solitaire dont l'extrémité supérieure est fermée par le S trahi horn (2605 mèt.), le G'waechtenhorn (3218 mèt.) et les Diechterhôrner (3389 et 3331 met.).]

Au-dessus de la Handeck , la vallée change une troisième fois de caractère. On ne voit même plus de pâturages couverts en partie de débris de rochers et de sapins rabougris. On laisse bientôt les derniers arbres derrière soi pour s'élever dans une des gorges les plus désolées des Alpes, entourée de tous côtés d'immenses roches rondes, polies par les glaciers,, dont quelques petites plantes alpines, des rhododendrons et des lichens, couvrent seules çà et la les flancs an des et nus.

Le chemin passe (10min.), en montant, sur une immense roche arrondie nommée le dernier mauvais pas {die base und Utile Scite) , d:ms laquelle ont été taillés des degrés. 5 min. plus loin, on trouve une autre pierre non moins curieuse, non la Uœllenplatle, ou Pierre de l'Enfer, comme dit Ebel, mais la Hellenp atte , ou Pierre claire, pierre luisante, de toutes les surfaces polies des Alpes la

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