‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 502 sur 865 · DU GRIMSEL AUX GLACIERS DE L'A ARE. [ROUTE · texte numérisé non relu

DU GRIMSEL AUX GLACIERS DE L'A ARE. [ROUTE

traverse, et dont on remonte la rive g. jusqu'à sa sortie du glacier. Sur tout cet espace (1 h. env.), nomme Aarbodm, la vallée est un fond plat , marécageux et tourbeux, du milieu duquel s'élèvent plusieurs collines en dos d'âne, que l'on prend volontiers de loin pour d'anciennes moraines, mais qui ne sont que des contre-forts de l'arête principale, composés, comme celle-ci, de granit à gros cristaux.

Le glacier inférieur de l'Aare (Vorder et Unler-A argletscher) ne ressemble à aucun autre, et on peut se trouver en face de son extrémité sans se douter que Ton a un glacier devant soi. On dirait plutôt un amas de décombres, car sur la tranche terminale la glace est à peine visible. Il n'y a pas non plus de voûte bien caractérisée, et le torrent sort à 1877 mèt., tantôt i l'un des angles, tantôt à l'autre. Tout près de l'extrémité du glacier, sur la rive dr., le torrent du glacier supérieur (K. ci-dessous) descend par une gorge profonde. La ramification des Zinkenstœcke (2620, 2916, 3044 mèt.) les sépare.

L'abord du glacier (1 h. 30 min. de l'hospice) est assez pénible. Après avoir franchi le laïus terminal, on marche encore 15 min. sans apercevoir la glace à la surface, tant les débris rocheux qui la recouvrent sont serrés. Peu à peu cependant, elle commence à percer entre les blocs, et enfin on atteint la glace pure, qui s'étend sur une longueur de 2 h. et une largeur de 1 h., jusqu'au fond de cette grande vallée, à l'Abschwung, où le glacier se sépare en deux branches, dont l'une est le glacier du Finsteraar, et l'autre celui du Lauteraar.

Les crevasses y sont rares - on y remarque de belles tables, des entonnoirs, des cônes graveleux, des canaux, etc. {V. l'Introduction). Mais ce qui frappe le plus, c'est la hauteur extraordinaire de la moraine médiane, qui, tout en se rétrécissant, s'élève toujours de plus en plus à mesure que l'on monte.

Jusqu'à VAbschwung, le glacier inférieur de l'Aare est enclavé à g. ou au S., par les Zinkenstœcke, le Grûnberg (3158 mèt.), KErzberg et le Thierberg (3173 mèt.); à dr. ou au N., par les Bromberhœrner. A l'Abschwung, il se divise en deux branches. Au N., remonte le glacier du Lauteraar, entre le Lauteraarhorn , les Schreckcerner, le Berglistock et le Schneehorn; au S. 0. , s'étend le glacier du Finsteraar, entre le Lauteraarhorn, le Mittelgrat ou la Strahlegg, le Finsteraarhorn et l'Oberaarhorn.

C'est au pied de l'Abschwung que Hugi avait construit, en 1827, une cabane pour faire des observations scientifiques sur les glaciers. C'est sur la moraine médiane (792 met. de l'Abschwung), qu'en 1840, M. Agassiz fit bâtir à son tour une hutte pour se livrer avec d'autres savants à des travaux de même genre [V. l'Introduction). UHôtel des Neuchdtelois, ainsi s'appela cette cabane, reçut de nombreuses visites. Mme Agassiz y conduisit elle-même son tils Agé de moins de cinq ans. « On voit par là, dit avec raison M. Desor, le savant historien de ces expéditions, que les dangers de la course ne doivent pas être bien grands. • Une nuit on y coucha trente et une personnes. M. Desor parle même d'un bal qui y fut donné en 1842. L'hôtel des Neucbâtelois n'existe plus. Il a été remplacé par une cabane construite sur le flanc droit de la montagne par les soins de M. D. Dollfus-Ausset, qui y passe un mois ou deux tous les étés. [V. Matériaux pour Vétude des glaciers.)

B. Le flecier supérieur.

4 h. env.

Le glacier supérieur de l'Aare

[Ober) s'étend entre le Sidelhorn, l'Ulrich erstock (2835 mèt), le Lœffelborn (3090 mèt.), le Rothhorn (3439 mèt.), les Strahlhœrner au S., l'Oberaarhorn à TO., le Grûnenhorn (3518 mèt.) au S. 0., le Scheuchzerhorn (3494 mèt.),

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[ROUTE 162] LE SIDELHORN. — LE JUCHUSTOCK. 525

le Thierberg et les ZinkenstœckeauN.

Le chemin qui y conduit est difficile et peu intéressant. On peut le traverser pour aller à Viesch par le col de l'Oberaar (R. 163). — Dans les flancs desZinkenstoecke s'ouvrent des grottes ou cavernes à cristaux qui ont été en grand renom au commencement de ce siècle pour les beaux cristaux que Ton en retirait. Aujourd'hui elles sont encore tapissées de nombreuses géodes de quartz, mais tous les beaux cristaux ont disparu.

ASCENSIONS DU SIDELHORN,

DU JUCHUSTOCK, DU WETTERHORN, DU SCHRECKHORN, DU FINSTERAÀR- .

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