‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 515 sur 865 · LE LAC DES QUATRE -CANTONS. [ROUTE · texte numérisé non relu

LE LAC DES QUATRE -CANTONS. [ROUTE

vaut mieux ne pas se confier à de petites barques non pontées, ne fût ce que pour s'épargner des émotions désagréables.

Les touristes, qui n'ont pas l'intention de passer le Saint-Gothard , feront bien d'aller de Lucerne en bateau à vapeur jusqu'à Fluelen, et de revenir soit à Lucerne, soit aux ports intermédiaires. — Celte promenade ne saurait être trop recommandée. — Du reste, en partant le matm et en revenant le soir, on voit les montagnes et le lac sous des aspects entièrement opposés.

Le lac de Lucerne ou le lac des Quatre-Cantons forestiers (Vierwaldstaïtter-See) , ainsi - appelé des quatre cantons forestiers d'Uri, d'Unterwalden, de Schwyz et de Lucerne, auxquels il appartient, est formé par la Reuss, qui y entre près de Seedorf, et qui en sort près de Lucerne. De tous les torrents qui s'y jettent, la Muotta, la Seewen, les deux Aa et le Melchbach sont les plus considérables. Sa plus grande longueur est de 8 lieues , sa plus grande largeur de 4 lieues env. de Kussnacht à Alpnach ; sa plus grande profondeur dépasse 324 met. et son élévation au-dessus de la mer est de 437 à 450 met. Sa forme est très- irrégulière : elle ressemble à une espèce de croix brisée ; on nomme KreustriclUer la partie où se réunissent les trois baies de Kussnacht, d'Alpnach et de Lucerne. Toutes les baies portent le nom de la ville ou du village principal situé sur leurs !

bords. Ainsi celle de l'O. s'appelle le i lac de Lucerne, celle du S., le lac d'Alpnach; celle du N., le lac de Kussnacht; celle du milieu, le lac de Buochs, et enfin celle qui court du N. au S. , le lac d'Uri. — Les poissons les p us estimés sont ceux que les .

habitants nomment balle {salmo lavaretus) et rœttcln (salmo salvelli- j nus). On y pèche des saumons, des perches, des truites, des carpes, des brochets, des tanches, des anguilles, etc. Il nourrit aussi des loutres et des castors. — Il a été gelé en partie dans l'hiver de 1830; des traîneaux chargés allèrent de Slanzstad à Her- [

giswyl et à Winkel; des patineurs vinrent de Lucerne à Stanzstad. Cette année-là, le lac d'Uri, ce qui était sans précédent , fut plusieurs fois couvert d'une couche de glace assez épaisse pour gêner le passage des bateaux. — Les vents y sont singulièrement capricieux et variables; ils soufflent parfois au même instant de divers points opposés. Le plus violent de tous, le vent du S. O. ou Fœhn, excite de tels orages dans la baie d'Uri, que les barques ne peuvent lui résister.

Après avoir jeté un dernier regard sur Lucerne, on remarque à g. les belles collines dMn der Halden, couvertes , surtout dans le voisinage de la ville, de maisons de campagne et de jardins, — Dielscfienberg, SeeBurg, Wartenfluh , — et à dr. les villas de la Birchegg. Le Rigi à g. , — le Pilate à dr. , — le Biirgeustock et la Blumalp ou Stanzerhorn en face, attirent principalement l'atteution.

Bientôt on dépasse la pointe d'un promontoire situé à l'E., et appelé le Meggenhorn , près duquel est une petite lie, la seule que possède le lac, l'Ile d'Alslad, où se voient encore des ruines d'un ancien bâtiment qui servait autrefois de dépôt pour le> marchandises.

Le lac de Kussnacht s'ouvre à g., et celui d'Alpnach à dr. On traverse la croix \Kreuilr\chter) que forme le lac. Sur la rive g. du lac de Kussnacht, on aperçoit les ruines du nouveau château de Habsburg, au sommet d'un rocher, et au fond le village qui lui donne son nom. La rive dr.

est entièrement dominée par la masse colossale du Rigi. La langue de terre qui s'avance au milieu du lac. et qui dérobe à la vue le village de Weggw, s'appelle la '/inné ; et le promontoire, le Tansenberg En face du Kreuxtrichter, au S. E. on voit les Naasen; au S. 0., le Pilate apparaît dans toute sa grandeur» de sa base à son som met, réfléchissant parfois avec un*'

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admirable netteté, dans les eaux du lac, ses champs et ses vergers, parsemés d'habitations, ses forêts, ses pâturages, ses cimes sombres et déchirées, presque toujours entourées de nuages lorsque le temps doit être beau ; car, d'après le proverbe :

Wenn Pilatus tregt sein Hut, Dan n wird das Wetter gut.

Si le Pilate met son chapeau, C'est que le temps deviendra beau.

Entre le Rigi et le Pilate, s'élèveut, du sein du lac, le Bùrgenstock (1134 met), au pied duquel brille le clocher blanc du petit village de Kerteiten, la tourdeStanzstad(R. 156), le Rotsberg et le Lopperoerg : au-dessus se dresse la Blumalp ou Stanzerhorn (1900 mèt.), et au-dessus de la Blumalp, se montre le sommet du Titlis.

Enfin, entre la Blumalp et le Pilate, on aperçoit les montagnes de Sachseln, de Sarnen et du Melchthal, le Wetterhorn, le Schreckhorn, PEiger, le Mœncb, la Jungfrau.

De l'autre côté du Tanzenberg, se trouve le château de Herienstein.

Weggis (hôt. : la Concorde, Lcewe, tous les deux près du débarcadère), v. de 1259 hab. cath., entouré d'arbres fruitiers, port d'embarquement ou de débarquement des touristes qui descendent du Rigi ou qui se proposent d'y monter (R. 169). En face de Weggis, s'élèvent , sur la rive opposée, les parois escarpées du Bùrgenstock , dont les rochers appartiennent au canton, d'Unterwalden et les prairies au canton de Lucerne.

Au pied du Vitznauerstock, à 1 h.

30 min. env. de Weggis, est Fitxnau ou ViUnau. v. de 608 hab.

cath., d'où un sentier conduit au Rigi (R.169). Une grotte, appelée Waldisbalm, et longue de 320 mèt. , s'ouvre dans la paroi rocheuse qui le domine

Deux promontoires de rochers, formés par le Vitzsnauerstock, d'un côté, et le Bùrgenstock, de l'autre, et appelés \esNaasen , paraissent fermer pour i ainsi dire le lac au S.; mais, à mesure, |

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que le bateau s'avance, on découvre, entre ces deux promontoires, un détroit large à peine d'un quart de lieue. Après avoir franchi ce détroit, on entre dans un autre bassin ovale sépare par de hautes montagnes de ceux avec lesquels il communique, et nommé le lac de Buochs, du village de ce nom (R. 156), que l'on remarque tout d'abord sur une petite éminence de la rive S., au pied du Buochserhorn. — De Buochs à Stanz (R. 156).

Sur la même rive, on aperçoit la chapelle de Riedli, puis Bekenried (R. 156), où le bateau à vapeur débarque les voyageurs qui se rendent à Stanz et à Sarnen pour passer le Brûnig (2 h. et 4 1/2 h. V. R. 156).

4 h. 30 min., promenade très-recommandée.

Il faut 1 h. env. pour monter (belles vues) de Bekenried à Emmetten , v.

de 603 hab. cath., situé à 790 mèt., dont les maisons sont disséminées sur un charmant plateau entre deux coteaux couverts de pâturages et de bois. Près de l'église on remarque un tilleul qui date de 1416. Les montagnes voisines sont percées d'ouvertures par lesquelles sort , pendant l'été, un vent d'autant plus froid que le temps est plus beau. On a établi des laiteries à l'issue de ces grottes, surtout dans le versant septentrional de Niederbauen, dont on peut atteindre le sommet par des pentes de gazon assez douces, en 2 h. 30 min.

ou 3 h. (vue magnifique).

C'est dans cette montagne que s'ouvrent les Hœllenlœcher (soupiraux de l'enfer) , deux gouffres où le bruit des pierres que l'on y jette se fait entendre pendant seize secondes.

A peu de distance d' Emmetten, on traverse le St&ubibach, appelé aussi Wildenbach , qui descend du vallon de Kohi , et qui , avant de se jeter dans le lac, forme une jolie cascade.

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