DE STANZ ET DE SARNEN À ENGELBERG. [ROUTE
des Anges, donné à la vallée. Un noble de Sellenburen y fonda, vers le commencement du xir» s. (1121), un couvent de Bénédictins, et bientôt la contrée voisine, jusqu'alors inculte, sauvage, inhabitée, commença à se défricher, à se peupler et à se civiliser. A dater de cette époque jusqu'à la révolution de 1798, les abbés furent seigneurs souverains d'Engelberg , sous la protection des quatre États voisins, et presque tous — surtout le respectable Leodegar Salzmann, qui s'occupa d'améliorer leur sort physique, intellectuel et moral, en fondant des écoles et des manufactures — surent se concilier l'estime et l'affection de leurs sujets, aujourd'hui leurs concitoyens, et de leurs serfs, devenus leurs fermiers. Mais, en perdant leurs droits politiques, ils ont du moins conservé leurs propriétés. Depuis 1798, les moines ne régnent plus que dans leur cloître, et leur ancien royaume fait actuellement partie du canton d'Unterwalden.
Les bâtiments actuels, construits après un incendie au commencement du siècle passé, sont spacieux et bien distribués. L'église renferme un bon tableau de maître-autel, de Spiegler, représentant l'Assomption de la sainte Vierge (1734), des tableaux de Deschwanden,de Wursch et de Kaiser; la bibliothèque, la seule du canton, possède environ 'vingt mille volumes, deux cents manuscrits précieux et une collection de vieilles cartes. Le plafond de la salle où cette bibliothèque est placée, a été fendu par un tremblement de terre. Les bâtiments du couvent contiennent encore un petit théâtre, un institut, dans lequel on enseigne la rhétorique, le latin, la géographie et l'histoire; et, enfin, un énorme magasin de fromages curieux à visiter.
A Meiringen, par le Joch, R. 159; — à Sarnen , par la Storegg et par le Jochli, V. ci-dessous; — à Altorf. par les Sure nen, R. 17*2; — à ruri-Rothstock, R, 174; — à Waaen, par le col de Grassen, R. 172.
7 à 8 h. de montée. Un guide est nécessaire, Imfanger et Amrein sont recommandé» (10 fr. et un pourboire). — On peut aller coucher à l'auberge (bonne) de l'Engstlenalp (K. R. 159) d'où 5 h. suffisent pour monter au sommet. 3 h. à la descente. — Précautions nécessaires.
Le Titlis est la plus grande montagne de l'Unterwalden dans la chaîne qui , partie du Galenstock , sépare ce canton de l'Oberland Bernois. On prétend que sa cime, haute de 3239 mèt. , et appelée Nolleny s'aperçoit l'hiver, quand le temps est serein, de 2 1. plus loin que Strasbourg. L'ascension en fut faite pour la première fois, en 1739, par un moine : en 1786, par le docteur Feyerabend ; en 1797, par l'ingénieur Mûller, qui trouva que la calotte de neige recouvrant le sommet avait, le 6 août, 56 mèt.
d'épaisseur. Depuis cette époque, un ou plusieurs voyageurs entreprennent chaque année l'ascension du Titlis, qui n'offre aucun danger, et qui n'est même pas difficile.
A 2 h. 30 min. d'Engelberg on atteint la Trûbseealp, d'où Von monte, en 2 h. 30 min^sur la Rotheck, au milieu de gazons et de débris , jusqu'à un plateau de uévé en partie transformé en glacier, à partir duquel il ne faut que l h. 1/2 ou 2 h. pour s'élever jusqu'au sommet. On peut descendre par un chemin plus court, qui, de la Rotheck, traverse le Laubersgrat.
Quand on part de l'Engstlenalp (B.
159) on gagne d'abord le col du Joch puis, tournant à dr., on descend pour traverser une flaque de neige et monter à côté du glacier de TrObsee, près duquel on rejoint le chemin d'Engelberg.
Le magnifique panorama du Titlis a été dessiné par M. H. Zeller de Zurich (1832). On découvre les sommets les plus élevés de toute la chaîne des Alpes, entre autres les Alpes Bernoises, le Sùstenhorn, le Monte-
[ROUTE 171] LA STOREGG.
Leone, etc., une partie de la Souabc et de l'Alsace jusqu'à Strasbourg, et toute la Suisse du nord.
DE SARNEN A ENGELBERÛ.
/I. Par la Storeff.
5 h. 30 min. — Chemin «le piétons assex difficile. — Un guide est nécessaire.
45 min. Flùhli. — 16 min. Ranft (R.
156). De Ranft, on monte par le Mel-
— LE JOCHLI. 561
ehthnl et un vallon latéral, en 1 h. 15 min., à l'arête de rochers appelée la Storegg. élevée de 1740 mot., située entre le VViddcrfeld (3354 m.' t.) au S. et une pointe *ans nom (IRôfi mèt.) au N.,et souvent couverte de neige en été.
— De ce col, on descend, en 30 min. , au Laulrrfte, situé à 1710 mî-t. au pied du Salisstock (1897 mèt.) La vue est limitée, mais intéressante. 1 h.
env. au-dessous de ce lac. on rejoint
F.ngelberg et le Titlis d'après une photographie de MM. Ferrier et Soulier.
le sentier qui conduit par le Jochli et la Nunalpdans le Melchthal, et, descendant à la jonction de l'Aa et «lu torrent du Trûbsee, on atteint en 45 min. Engelberg.
B. Par le Joohll.
fî h. 30 min. — Chemin de piétons. — Un guide est nécessaire.
45 min. Flùhli. — 15 min. Ranft.
î h. 30 min. Melchthal (R. 156).
SUISSE
De ce villape,on gravit, en 2 h., par dos pentes ^azonnées et roides, l'arête, du Jochli, élevée de 2170 mèt., presque en tout temps couverte de neige, et dominée an S. par le Gcissberu (2679 met A au N. par le Nunalphorn (2887 mèt.). On n'y découvre qu'une vue limitée sur les vallées de Melch et d'Enjrelberp. La descente est encore plus pénible que la montée. On rejoint en 1 h. 30 min. env. le sentier de la Storegg, et de ce