‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 533 sur 865 · OE SCHWYZ A GLARIS, A ALTORF, ET A STACHEL8ER · texte numérisé non relu

OE SCHWYZ A GLARIS, A ALTORF, ET A STACHEL8ER

A. A Olaris, par le Pr«f«L

11 h. à 1*2 h. — Course intéressante de Schwyz à Muotta, et du Klœnthal à Glaris. — Chemin de chars jusqu'à Muotta ; chemin de mulets de Muotta i Vorauen. — Route de voitures de Vorauen à Glaris. Un fiuide est nécessaire, surtout quand la neige n'est pas entièrement fondue, de Muotta au Klœnthal.

— 5 fr. de Muotta au Klœnthal. On recommande, à Muotta, Dominic Rédiger et Jacob Blaser.

A Ihach (20 min.), on laisse à dr.

la route de Bruunen (R. 175). pour se diriger à g. vers l'entrée resserrée du Muottatbal, vallée arrosée par la Muotta, et courant dans la direction, d'abord, de l'E. S. K. ; puis du S. E., sur une longueur de 4 ou 5 lieues, jusqu'au Pragel. On y compte 1680

[ROUTE 176] LES MYTHEN. — MUOTTA.

hab. Le lin y prospère, ainsi que le chanvre ; quelques arbres fruitiers y végètent çà et là; mais les céréales n'y sont pas cultivées. Quant à la Muotta, qui lui donne son nom, sortie du Glattsee sur la Glattenalp, elle reçoit sur ses deux rives de nombreux affluents, dont plusieurs forment de jolies cascades, et parmi lesquels on remarque le Starzlen, qui descend du Pragel. — On y pèche quelquefois des truites de six et même de huit kilogrammes.

30 min. Schœnenbuhl, hameau près duquel les Russes repoussèrent les Français sans pouvoir forcer le passage (F. ci-dessous).

L'ascension de la rrohnalp mérite d être recommandée. (7 h. — * h. pour monter, 3 h. pour descendre : bon guide à Brunnen : Baumann ). On monte à travers des prairies et des bois de sapins jusqu'à une maison située à 2 h. de Brunnen, sur un plateau d'où l'on découvre déjà de très-belles vues. On ne trouve plus dès lors que des pâturages aux pentes roides à travers lesquelles il n'y a aucun sentier frayé. — Parvenu au sommet, on jouit d'un magnifique panorama ; on remarque surtout — à l'E., le Sœntis, le Glaernisch, le Hausstock, le Selbstanft, les Clarides, les Windgelle, le Ruchi, leBristenstock et le lac ; — au S. le Crispait, le Wallenstock , le Finsteraarhom (?), le Hoch-Rigi-Dalstock, l'Uri-Rothstock ; — au N., le Pilate, le Rigi, etc.

A 15 min. de Schœnenbuhl la route franchit la Muotta. Les Russes et les Français se battirent pendant deux jours sur ce pont, qui fut plusieurs fois pris et repris. La Muotta était teinte du sang des deux nations ennemies, et porta jusqu'au lac de Lucerne les cadavres de leurs soldats, qui avaient un moment arrêté le cours de ses eaux.

[Un sentier plus court et plus intéressant conduit directement de Schwyz au pont de la Muotta, sans quitter la rive dr. du torrent. On traverse d'abord de charmants jardins fruitiers, puis on s'élève par une pente assez roide au bord d'un précipice à pic, le long des flancs boisés de la Fallenfluh, qui, de ce côté, forme

l'entrée de la vallée, et que l'on contourne (belles vues).

45 min. Bied, hameau qui renferme la chapelle de Saint-Jean, et au delà duquel on traverse une gorge boisée dominée par de beaux rochers aux formes variées. A g., la cascade du Staubbach (Gstûbtbach) tombe d'abord perpendiculairement, puis glisse le long d'un rocher nu. Plus loin, le Mettelbach fait aussi une chute remarquable. On franchit deux fois la Muotta sur des ponts pittoresques.

1 h. (2 h. 45 min. de Schwyz, 8 h.

de Glaris), Muotta, v. de 1664 hab.

cath., situé sur la rive dr. du torrent qui porte son nom, et près du point où la vallée, se dirigeant au S. E., prend le nom de Bisithal. On y trouve une bonne auberge (Hirsrh) près de l'église de Saint-Sigismond, lieu de pèlerinage très-fréquenté par les habitants des cantons primitifs.— Parmi les cascades des environs on remarque celle de ïm Kesseltobel. — Le couvent des Franciscaines de Saint- Joseph a été fondé en 1280. Le bâtiment actuel date du xvm° s. Il eut beaucoup à souffrir pendant la campagne de 1799. Souwarow y établit son quartier général et le grand-duc Constantin y logea. — y. B. Quand l'hôtel est plein, on peut loger au couven .

Durant la nuit du «27 au 28 septembre de l'année 1799, les habitants de la solitaire et paisible vallée de la Muotta forent étrangement surpris par l'arrivée de l'armée d'une nation que la plupart d'entre eux ne connaissaient pas même de nom.

Après avoir passé le Saint-Gothard (R.

177), Souwarow, arrivé à Fluelen, au bord du lac des Quatre-Cantons, n'y trouva pas une embarcation, et se vit enfermé dans une vallée épouvantable. C'était le 4 vendémiaire (26 sept-), jour où il avait essuyé un désastre général sur toute la ligne; il ne lui restait d'autre ressource que de se jeter dans le Schœchenthal, et de passer par le Kinzigcrkulm à travers des montagnes où il n'y avait aucune route tracée, pour pénétrer dans la vallée delà Muotta. Il se mit en route le lendemain.

574 DE SCHWYZ A GLARIS,

Il ne pouvait passer qu'an seul homme de front dans le sentier qu'on avait à soi» vre. L'armée employa deux jours à faire ce trajet de quelques lieues. Le premier homme était déjà à Muotta que le dernier n'avait pas encore quitté Altorf. Les précipices étaient couverts d'équipages, de chevaux, de soldats mourant de faim et de fatigue. Arrivé dans la vallée de la Muotta, Souwarow pouvait déboucher par Schwyz, non loin du lac de Zurich, ou bien remonter la vallée, et, par le Pragel, se jeter sur la Linth. Mais, à Muotta, il apprit la défaite de Korsakof et de l'armée russe à Zurich (R. 192). Il n'ajouta d'abord aucune foi à cette nouvelle, et, sans l'intercession de la supérieure, il eût fait fusiller, comme espion et traître, le paysan qui la lui apportait; mais bientôt il ne lui fut plus possible d'en douter. Il se trouvait alors enveloppé de tous côtés : du côté de Schwyz, Masséna arrivait avec la division Mortier, et de l'autre côté du Pragel, était Molitor qui occupait le défilé du Klœnthal et le cours de la Linth. En vain il essaya de se frayer un passage par la vallée ; un détachement de troupes fraîches, sous le commandement du général Lecourbe, le repoussa, près du pont de la Muotta et de Schœnenbûbl. Il se vit forcé de battre en retraite par la montagne du Pragel. Le 8 vendémiaire ( 30 sept.), il se mit en marche : Masséna l'attaquait en queue, tandis que de l 'autre côté du Pragel Molitor lui tenait téte au défilé du Klœnthal. Rosenberg résista bravement à toutes les attaques de Masséna, mais Bagration en tête fit de vains efforts pour repousser Molitor. Il s'ouvrit la route de Glaris, mais ne put percer celle de Wesen.

En 45 min., on atteint, au N. E., le pied de la montagne, et on s'élève, en 1 h. 25 min., de gradins en gradins, par des pentes roides {Staldcn) , jusqu'à la Croix (Ober-Kreus), d'où 1 h.

suffit à peine pour monter jusqu'au col du Pragel (1543 raèt.), qui forme les limites des cantons de Schwyz et de Glaris, entre le Schwarzstock (2203 mèl.) au N. U. et le Silberen (2314 mèt.) à TE. Ce passage n'offre rien d'intéressant. La vue est bornée ;\ dr. et à g. par des montagnes couvertes de pâturages nu d'éboulements de pierres grises. La descente est d'aiKh'd plus insignifiante et plus maré-

A ALTORF, ETC. [ROUTB 176]

I cageuse que la montée. La montagne, pleine de sources, est tellement imbibée d'eau que l'on n'y marche, le plus souvent, que sur des troncs de sapins couchés en travers du sentier, et il semble que le roc même s'y convertisse en éponge. — Cependant, en approchant (1 h. 30 min.) de Riehisau,X)ù une petite auberge a été bâtie, on retrouve des pierres, puis, à 1070 mèt., on traverse de belles prairies et de belles forêts jusqu'à ce que l'on atteigne la délicieuse vallée du Klœn, aperçue depuis longtemps, et à l'extrémité de laquelle (1 h. 15 min.) on trouve les auberges de Yorauen (Weber, Clans Kble).

Le Klœnthal, dit Raoul Rochette, n'offre qu'une surface unie comme celle d'un lac, et Ton aperçoit, en effet, un petit lac, le plus calme, le plus joli qu'on puisse voir, et que l'on distingue à peine de la prairie qui l'encadre, car ses eaux ont la couleur de l'herbe qui le borde, et n'ont pas plus de mouvement que le sol qui l'environne (il a 45 min. de long, 15 min. de large et 130 mèt. de profondeur; il nourrit d'excellents poissons.

On peut le traverser en bateau en 50 min. pour 1 fr. 50 cent.). Ce torrent môme, dont on va bientôt redescendre le cours, hérissé de cataractes, et dont le tonnerre retentit déjà à vos oreilles, il sort de ce lac immobile, comme il le traverse, sans en troubler Tonde, sans en rider la surface. Je n'ai pas encore vu en Suisse de solitude plus séduisante, plus empreinte d'images douces et riantes que ce petit vallon de Klœn.... Des amis de Gessncr y ont écrit, sur un rocher, au pied du Glaerniscb, et à côté d'une cascade, le nom du poète pastoral, auteur de la Mort d'Abeli qui avait l'habitude d'y venir passer l'été dans les chalets. »

Le Glsernisch, montagne remarquable par sa hauteur et par sa forme, qui domine à dr. et au S., le Klœnthal, est composé de trois groupes principaux : le Vorder-GUrmisch (an-

[ROUTE 176] LE KLŒNTHAL. — LE GLuERNISCH, ETC. 575

térieur, haut de 2331 mèt. et séparé, par la Guppenalp, du MiUel-GUernùch (du milieu), ou Ruche, haut de 2913 mèt., et le llinter- GLrmisch (postérieur) ou Baechistock, de 2720 mèt. D'immenses glaciers couvrent le versant opposé des deux premiers.

Entre le Vorder-Glaernisch et le Mittel- Glaernisch, se trouve une saillie de rocher, presque quadrangulaire, couverte d'une épaisse couche de glace et nommée Vrenelisgaertli ou le jardin de Sainte-Vérène (2906 mèt.).

Bien qu'elles paraissent offrir des difficultés en apparence insurmontables, les deux plus hautes sommités du Glœrnisch peuvent être escaladées en partant de Vorauen. C'est une ascension qui demande environ 14 h., 8 h.

à la montée et 6 h. à la descente. Des guides sont absolument nécessaires.

On gravit de préférence le pic le plus élevé, c'est-à-dire le Baechistock.

Quant à l'ascension de la Vrenelisgaertli elle est plus difficile; on ne l'a jusqu'à présent tentée avec succès que par la Guppenalp à 3 h. de Schwaendi (R. 220). Des sommets du Glaernisch, on découvre un admirable panorama; d'un côté sur la chaîne des Alpes, de l'autre, sur la Suisse centrale et septentrionale. — Pour l'ascension du Vorder-Glaemisch, V. Glaris.

Le Wiggis, qui s'élève en face du Glaernisch, est un rameau qui, détaché du Deyenstock , présente ses flancs nus et escarpés depuis Nettstall jusqu'à Nieder-Urnen. Ses principaux sommets se nomment Rctutispits (2284 met.) et Scheyen (2261 mèt.).

L'ascension (4 h 30 min. à 5 h.) en est facile, et on découvre au sommet une vue magnifique.

IL faut environ 40 min. pour atteindre de Vorauen l'extrémité du Klœnthalsee, et une bonne route de chars conduit, en 35 min., aux magnifiques pâturages et chalets de Seerùti, situés au pied du Wiggis, que Ton côtoie, en descendant par une pente assez roide, le long de la gorge pittoresque, hérissée de blocs énormes,

creusée souvent à une profondeur considérable, et parcourue par le torrent de Lœntsch qui fait une suite non interrompue de cataractes et de cascades.

1 h. Riedern, village situé sur une colline à l'endroit où le Lœntsch débouche dans la vallée de la Linth. La route se bifurque : le bras de g. conduit à Nettstall le bras de dr. à

20 min. Glaris (R. 218).

B. Do Sohwys a Stachelberg, par le Bisithal.

12 à 13 h. env. — Guide nécessaire. — On peut venir coucher à MuotUu

2 h. 45 min. Muolta (F. ci-dessus).

De Muotta, on suit un bon chemin

de mulets jus ju'à (2 h. 1/2) Eigen, ham. De là un mauvais chemin, praticable seulement pour les piétons, remonte le Bisithal qui prend un aspect de plus en plus sauvage. Le sommet de la montagne est formé par un plateau aride, presque entièrement dépourvu de végétation. En certains endroits, le chemin n'est indiqué que par de petits tas de pierres. Du côté du Linthtbal, ce plateau est borné par d'effroyables précipices qui dominent les bains. La descente jusqu'aux bains est rapide et fatigante.

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