‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 570 sur 865 · ROUTE 167] BALE. — MONUMENTS · texte numérisé non relu

ROUTE 167] BALE. — MONUMENTS

d'Aesch ; — ' le jardin botanique , en dehors de la porte d'Aesch ; — l'institut des Missions; — et enfin le pont du Rhin y à l'extrémité duquel s'élevait, du côté du grand Mie, la tour (démolie en 1839) dont tous les étrangers ne manquaient pas d aller contempler la téte grotesque, appelée Lxllenkœnig, qui, adaptée à l'horloge, tirait la langue et roulait de gros yeux à la rive opposée, huit ou dix fois par heure.

Afin de se venger d'une pareille injure , les habitants du petit Baie avaient élevé, de leur côté , un poteau surmonté d'une statue insolente, qui affectait de tourner le dos h la rive ennemie avec le geste le plus effronté.

Au milieu du pont, en aval, s'élève une tourelle gothique triangulaire en grès rouge de construction récente. Sur le devant de cette tourelle on voit une table synoptique des poids et des mesures, dans les angles les médaillons en bronze de Jacques, Daniel et Jean Bernouilli et de Bernard Euler, à dr. un thermomètre, à g. un baromètre avec une petite copie en bronze du Lxllenkœnig, et l'inscription suivante en vers allemands :

«< Chassé de mon trône élevé,1 on ne m'a laissé que cette modeste place, où je me moque de tous ceux qui ne savent pas deviner quel temps il fera. »

Porte Saint-Paul, à Bàle.

Bàle, 1859.— Vis-à-vis se trouve une chapelle appelée Knrppelin Joch.

« Les vins y sont fort bons, écrivait Montaigne en 1580 ; mais les Bàlois ont cela que leur horloge, dans la ville, non pas aux faubourgs, sonne toujours les heures une heure avant le temps. S'il sonne dix heures , ce n'est à dire que neuf; parce, disent- Us, qu'autrefois une telle faute de leur

horloge fortuite préserva leur ville d'une entreprise qu'on y avait faite. »

D'autres écrivains assurent que cette singularité devait son origine au dernier concile de Baie, pendant lequel on s'était avisé d'avancer les horloges pour faire lever les évôques et les cardinaux, « gens assez indolents, et qui ne se pressaient jamais de se rendre à l'assemblée. * Quelle que soit , au reste, l'origine de cet usage, les Bàlois y étaient si attachés qu'il ne put être aboli qu'à la fin du xviir* s. En 1778, il avait été convenu secrètement, entre un certain nombre des chefs de la ville, que l'on avancerait tous les jours l'aiguille du cadran d'une demi-minute pour la ramener insensiblement à l'heure véritable...

Mais le complot fut découvert ; le peuple s'insurgea , et les magistrats se virent obligés de remettre les choses dans leur ancien éiat.

DE PARIS A BALE

Toutes les collections scientifiques, artistiques et littéraires de Bâlc, disséminées autrefois dans divers bâtiments, se trouvent aujourd'hui réunies dans le nouveau muséum (rue des Augustins).

On peut y visiter : — 1" la bibliothèque (prof. Gerlach) ouverte tous les jours au public de 1 h. à 3 h. ; elle renferme 80 000 volumes et 4000 manuscrits , parmi lesquels on remarque : un manuscrit unique de Velleius Paterculus , les Actes du concile de Bdle , 3 vol. , avec des chaînes attachées à la couverture, un manuscrit grec des Évangiles, du vin* s., quelques livres et le Testament original d'Érasme , un exemplaire de son Eloge df la Folie, couvert à la marge de notos écrites par Érasme lui-mime, et de charmants dessins à la plume par Holbein ; des autographes de Luther , Mélanchthon, Erasme, Reuchlin et Zwingle; — 2° la collection des antiquités romaines (prof. Vischer) découvertes à Augst (on y voit aussi des antiquités grecques, celtiques, germaniques et autres), et la collection ethnographique (antiquités mexicaines et égyptiennes) ; — 3" le cabinet des médailles (12 000 euv.); — 4W le musée a" histoire naturelle (prof. Merian) , riche en oiseaux de la côte de Guinée, en minéraux et en pétrifications (le jardin botanique, situé près de la porte d'Aesch, est bien entretenu et possède de curieux herbiers) ; — 5° un cabinet d histoire naturelle et de physique; — 6° Fauta qui contient les portraits des plus célèbres professeurs de l'université; — 7W le musée proprement dit (Kunstsammlung, collection d'objets d'art, directeur Wackernagel, conservateur Falkeîsen), dont le catalogue se vend 50 cent. On y remarque surtout :

Cage de l'escalieh. — Cornélius. Carions des fresques de l'église Saint-Louis, à Munich. — Schnorr. Carions.

Vestibule. — Tableaux de Holbein.

Salle des dessins. — ao dessins à la

plume, par Hans Holbein le jeune. — Deux dessins de Mans Graf. — La mort de Marie, par Hans Baliuug Grùn. — Dessins d'Albert Durer. ~ Le jugement dernier, par Cornélius, carton de U fresque de Munich. — Descente de croix, par H an» Baldung Grtin.

Dans la collection des estampes , nou> signalerons les illustrations de Virgile, par Sebast. Brant, Strasbourg, 1502, les figures de la Bible, de Hans Bocksperger. Francfort, 1564; 2 volumes de Jacques Callot, de belles épreuves d'Edelink, d'après Rubens, etc.

Salle de Holbein. — (On y compte S6 tableaux de Holbein le jeune, I498-1S54).

— Holbein père. La Cène. — Le même.

Portrait d'un jeune homme. — Sigmund Holhein. La Conception. — Hans //uj/xtr. le jeune. Enseigne de maître d'école, j JI6

— Portrait d'Ammerbach. — Portrait do bourgmestre Meyer. — Portraits d'Érasme.

— Le cadavre du Christ, d'une effrayante vérité. — La famille du peintre. — Uoe demoiselle Offenburg en Lais et eu Vénus.

— La Passion, en 8 parties , par Holbein le jeune; son chef-d'œuvre au musée de Baie. L'électeur Maximilien en offrit, diton, Si ooo florins — L'imprimeur Frœben.

— Un négociant de Londres. -Tous ces tableaux sont de la première manière de Holbein. C'est à Bàle et a Londres qoe l'on peut surtout apprécier l'œuvre de cet artiste.— Statue de Jason, p»r Scblœtn.

Salle allemande. — Fragments de la Danse des morts (détruite en tw, et faussement attribuée a Holbein; eile a été retouchée par Rlauder. — Hans lialdtmg OrUn. La Mort embrassai!', une femme. — Albert Durer. L'Adoration des trois rois. — Lucas Cramack.

Les onze mille Vierges. — Mëlanchtuoo.

— Israël de Alerkenen. La Paque. — Pierre Breughel (le vieux). Saint Jean préchant dans le désert.

Salle slmsse. — Calame. Le Schreckhorn et le Wetterhorn.

SALLE baloise. — H. Hess. Bataille de Saint-Jacques , aussi mauvais d'exécution que de composition. — Burkharit.

Forêt. — Alb L'tnderer. Entrée a Baie des envoyés de la Confédération en 1501.

— Hans iioch. Portrait. — SaabrUck.

Portrait. — Aur. Robert. Intérieur de leglise^Saint-Marc À Venise. — Kolter.

Chevaux. — Brand M aller, portrait.

Quatrième SALLE. — Jea>* de Habttje.

Madone, etc. — Tenter*. Joueur de luth, intérieur d une cabane. — An ibal Car-

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rache. Le sommeil, image de la mort. — Quentin Mes&iê. L'anabaptiste Jorris. — Stuckelberg. Le jour de l 'Assomption dans les montagnes Sabiaes.

Cinquième salle. ( Collection Birmann). — La tranc. Réve de Jacob. — Poussin. Paysages. — Ann. Carrache.

Naissance du Christ. — Jean de Mabuse.

Adoration des trois rois. — Huysdait.

Cavalier dans un bois. — Swanefeld.

Rêve de Joseph. - Darid Tenter» Les fumeurs — E. ran Ilemskerk. Danses et chants de paysans. — Au milieu de cette salle est la statue de Psyché, par Schlœlh.

Le cabinet anatomique , fondé en 18*25, est une dépendance de l'université. On y remarque une collection de plus de cent crânes ayant appartenu à des hommes de races diverses ; les restes d'un squelette préparé par André Vésale, etc.

L'institut des missions (près du Spahlenthor) possède une collection curieuse d'armes, de vêtements, etc.

des peuples de 1' nde orientale et de l'Afrique occidentale.

Les collections privées sont nombreuses et assez riches. M. Berlepseh cite celles de MM. Vischer, Sarasin (Léonard de Vinci et beaux flamands), Bachofen-Merian (Kuysdaël, Vouvermans, Metzu, Mieris, Teniers, Berghem, etc.), Magtin, etc.

Industrie et oonunerce.

Considérée au point de vue du commerce et de l'industrie, Bàle occupe une des premières places parmi les villes de la Suisse. Elle doit cett^ supériorité incontestable à l'activité et à la patience persistante et calculatrice de ses habitants , ainsi qu'à son heureuse situation sur les limites de la Suisse, delà France et de l'Allemagne. Ses capitaux sont immenses, et l'Alsace leur a fait des emprunts qui lui ont été fort utiles. Parmi ses 38000 habitants, on compte, assurct-on, plus de 60 mi lionnaires. Du reste, il est juste de reconnaître que les fonds bâlois sont, en général, empruntes à un taux inférieur à l'intérêt

légal en France. Dans ces dernières années, l'établissement des chemins de fer d'Alsace et du grand-duché de Bade ont donné une nouvelle impulsion à son commerce et à son industrie. Elle a une banque. Il s'y tient, à la lin d'octobre , une foire trèsconsidérable. Ses fabriques de rubans de soie sont surtout rcuommées.

Promenades et excursions.

La place de la Cathédrale et le pont du Rhin sont à peu près les seules promenades intérieures de Bâle ; mais les excursions que l'on peut faire en dehors de ses murs sont :iussi nombreuses que variées. On doit recommander surtout : (10 min.) le Casino d'été, voisin du champ de bataille de Saint-Jacques (V. R. 191) ; — (30 min.) le Xeubad (nouveau bain); - (30 min.) Klein- Huningt-n ; — (30 min.) le llœrnli ; — (1 h.) le Wartenberg; (1 h.) le Grenzachrrhorn, d'où l'on découvre la chaîne des Alpes et le Jura (Panorama de Hoffmann, 1845); — (30 min.) le Bruderholx et tes hauteurs de Sainte- Marguerite (belles vues).

A 1 h. 30min. se trouve Àrlesheim, h. de 936 h. c; on y remarque la cathédrale de l'ancien chapitre de Bâle, qui y s ajourna depuis 1678 jusqu'à 1792, et les jardins anglais du ministre badois d'Andlau , de Fribourtf, situés sur une colline qui domine le château de Birseck, près de l'entrée d'une vallée étroite. Ces jardins, ou plutôt ce parc, achevé en 1785, Tut dévasté par les Français à l'époque de la Révolution ; mais les traces de ces dégâts ont disparu aujourd'hui. On peut revenir par Dorneek B. 189).

L'ascension de la Gempelfluh^ (762 mèt.), au S. E. , est également recommandée. Du point culminant on découvre un magnifique panorama (5 h. aller et retour).

De Baie à Soleure par le Paaswang, R. 190 ; — à Bienne par Délémont et le

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