‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 592 sur 865 · LA CHUTE DU RHIN · texte numérisé non relu

LA CHUTE DU RHIN

A. Par le chemin de fer.

56 kil. - Chemin de fer. — 5 convois par jour. — Trajet en t h. 50 min., 'Z h. et

2 h. 30 min — Prix : 6 fr.. 4 fr. 2i» c,

3 fr. — Billets aller et relour. — JV. tt. Se mettre à g. pour voir lachuteduRhif».

Au sortir de Zurich on franchit la Sihl et la Limraat, puis on traverse un tunnel long de 1000 mèt.

5 kil. Oerlikon (v. de 1*298 hab.).

— On franchit la Glatt en deçà de

8 kil. Wallisellen (café-restaurant) ' (v. de 600 hab.), station où vient \ s'embrancher le chemin de fer de | Rapperschwyl et de Coire (R. 211).

18 kil. Effreiikon.

. 21 kil. Kempthal — A dr. sur une t

colline s'élèvent, à 630 mèt. , les ruines du château de Kyburg, manoir de la puissante famille des comtes de ce nom , qui , après a voi r, du ix* au xm* s. , étendu sa domination, d'un côté du lac de Constance au-dessous de Kaiserstuhl, et de l'autre, au delà des sources de la Glatt, comptait parmi ses vassaux plus de cent possesseurs de petits châteaux. Le village actuel , ou Vorburg (aub. Hirsch), était fortifié et fut plusieurs fois assiégé. A l'extinction de la famille de Kyburg, 1264, le château passa à Rodolphe de Habsbourg, et Zurich le prit à l'Autriche en 1452. Les baillis zuricois y résidèrent jusqu'en 1798, et les préfets jusqu'en 1831. C'est aujourd'hui une propriété particulière.

On franchit ensuite la Tœss en amont de Tœss, v. industriel de 2010 hab. réf. sur la Tœss que traverse un pont couvert. — Bons vins dans le> environs. — A g., sur une colline, on voit les ruines du château de Alt-Wùlfflingen. Vers l'an 1233, Euphemie de Herten fonda tout pr*s de Tœss, avec l'autorisation du comte Hartmann de Kyburg, un petit couvent appelé das Schwehternhaus in den Wyden zu Tœss, qui ne tarda pas à devenir un riche et puissant monastère dominicain, où se retira, après le meurtre de son père Albert d'Autri che, l'impératrice Agnès (R. 191,1), et où la belle-fille d'Agnès, sainte Elisabeth de Hongrie, prit le voile, eu 1310- Ce couvent est une manufacture.

26 kil. Winterthur (buffet à la gare hôt. : Adlery bon, Wilder Mann, Sonne), V. de 6523 hab. réf., dans une plaine arrosée par l'Eulach et entourée de collines en partie boisées, en partie couvertes de vignes ; une des villes de la Suisse les plus belles, les plus propres et les plus importantes au double point de vue industriel et commercial. Parmi ses édifices, on remarque : 1 église paroissiale avec deux tours et un orgue d'Alovs Mooser; l'hôtel de ville; l'hôpital, l'ancien hôtel baillival ; les bains de

[route 196] winterthur. — daghsen-

Lœhrii , dont la source jaillit au Limberg, etc.; l'école des garçons et des filles (1840), où se trouvent la bibliothèque, fondée en 1660 (collection de plus de 4000 médailles et de pierres gravées, découvertes dans les environ*) , un cabinet d'histoire naturelle et un musée ; le gymnase ; la maison des pauvres, etc. Les vins des coteaux voisins, surtout de Neftenbach , sont estimés.— Promenades et excursions au Bruderhaus (30 min.);— à Veltheim (15 min.) ; — à Mœrsburg ( 1 h.

15 min.);» à Kyburg (1 h. 15 min.).

Fondée, en t tto, par le comte Hartmann de Kyburg, qui, à l'extinction de leur famille Avait hérité des propriétés des comtes de Winterthur, Winterthur devint bientôt lt capitale de la Thurgovie , dont le comte Hartmann était le souverain. De la domination des comtes de Kyburg, elle passa

Château de Kyburg.

sous celte de Rodolphe de Habsbourg, qui lui accorda, en 1264, de grands privilèges. Puis. les ducs d'Autriche la possédèrent jusqu'en 1415, année où elle fut déclarée ville impériale. Enfin, en 1442, elle se donna de nouveau à l'Autriche. Aucune ville ne fut plus longtemps et plus profondément attachée à la maison d'Autriche ; aussi eut-elle cruellement à souffrir dans les guerres de cette puissance contre les Suisses. En 1476, elle se vit forcée, tout en se réservant de grands privilèges, de se soumettre aux Zuricois, qui l'achetèrent 10 eoo florins à 1 archiduc Sigismond.

De Winterthur à Romanshom, R. 199 ; — à Saint-Gall, R. 20t.

On laisse à dr. les chemins de fer de Romanshom et de Saint-Gall. (R.

199 etîOI).

33 kil. Hetilingen, v. de 495 hab.

35 kil. Henggart, v. de 265 hab.

40 kil. Andelfingen (736 hab.), village au delà duquel on franchit, sur un pont métallique à 3 pile3 de pierre, la Thur, encaissée dans un Ht de rochers.

47 kil. Marthalen, v. de 1400 hab.

— Au sortir d'une tranchée, on traverse une forêt et on aperçoit à g.

le Rhin que l'ou domine à une assez grande hauteur.

Après avoir laissé à droite Ben ke n dans les environs duquel les armées française , russe et autrichienne se livrèrent deux combats en 1799, on atteint

52 kil.

Dachsen (hôt.: lFttxig, recommandé) , station à laquelle il faut descendre, si Ton veut visiter la chute du Rhin, sans y revenir de Schaffhouse (F. cidessous).

Du haut d'un remblai élevé on aperçoit bientôt la chute du Rhin, avant de s'enfoncer dans un tunnel que domine le château de Lauffen (F. ci-dessous) et au sortir duquel on franchit le Rhin au-dessus de sa chute sur un pont bas (système américain), puis on remonte la rive dr. du fleuve que dominent des coteaux couverts de vignes et parsemés de maisons de

campagne. Le château de CharlottenfeU attire surtout Les regards. hnfin on traverse fie prorondes tranchées en partie taillées dans le roc.

56 kil. Schaffhouse, ail. Schaffhavsen.— (Hôt. : le Faucon (Faike), la Couronne (Krone), Lœwe, Hirsch, a Keuerthalen, en face de Schaffhouse, Schiff, au débarcadère des bateaux.

— Hôtel et pension ïchweizerhof près de la chute du Rhin ( V. ci-dessous) ; Hôtel BeUtvue, à côtr du précédent.

En Tace, sur la rive g., bons hôtels à Lauffen (Schloss-Lauffen, et a Dachsen, Witzig) : — ch.-l. du district et du canton de ce nom, est une ville de 8637 hab., dont 931 cath., située sur la rive dr. du Rhin, à 392 mèt.

au-dessus de la mer, dans la vallée du Durach ou Tannerbach Ses murailles, percées de six portes, sont tlanquées de distance en distance de hautes et vieilles tours qui, -de loin, lui donnent un aspectpittoresque. Bien qu'elle ne mérite pas une longue visite, cette ville offre cependant un assez grand intérêt au voyageur. Aucune autre, ni dans la Suisse ni même dans touie l'Allemagne, excepté peutêtre Nuremberg, n'a mieux conservé la physionomie et le caractère qu'elle avait au moyen âge. Quelques-unes de ses maisons, remarquables par leur architecture, leurs tourelles qui avancent au milieu de leurs façades, leurs noms et leurs sculptures, sont encore entièrement couvertes à l'extérieur de | eintures à iresque. Depuis quelques années, on a commencé à élargir ses rues et à remplacer ses fortifications par des jardins.

Dès le vui« s., il s'établit, dans le lieu qu'occupe aujourd'hui Schaflhouse , diverses habitations de bateliers , et des hangars (Schiff-tiaus'n , maison de bateaux) , pour servir de dépôt aux marchandises dont la chute du Rhin nécessitait le débarquement. Feu à peu ce hameau devint un bourg. Vers le milieu du xi» s., Eberhanl, comtr de Nellenburg, fonda dans le voisinage an vaste couvent auquel il donna des revenus considérables, avec le nom de l'abbaye de Tous-les-Saints.

L'abbé de ce couvent obtint ta souveraineté de Schaffhouse et des terres voisines. Alors le bourg devint une ville qui s'accrut rapidement, fut entoure- de murs et de fo&sés dans le xm* s. , et qui, déclarée à celte éuoque vil e impériale, obtint des privilégesco sidérables. En 133 \ l'empereur Louis de Bavière l'engagea à PAatriche; mais l**s habitants, profitant de la proserip ion du duc Frédéric, recouvrèrent leurs anciens droits en payant la somme pour laquelle elle avait été et gagée. Déjà, en 141 L elle avait adopte la constitution qui a subsisté jusqu'en 17*S L'alliance qu'elle contracta, en 1454. avec Zurich, Berne. Lucerne, Zuir, schwyz etGlaris, assura s.1 liberté. Klle aida les Suisses dans plusieurs de leurs guerres, et fut reçue en 1501 , comme douzième canton, dans la Confédération helvétique. Son territoire provient principalement des achats qu'elle a faits à la noblesse du voisinage. Ea 1 529, elle a iopta la Réforme, ce qui éloigna d'elle un grand nombre de nobles et de seigneurs. De I7y8 à tamt elle fut occupée tour à tour par les Français elles Autrichiens: du 7 au 10 octobre 1799, l'armée russe la traversa dans sa retraite — Tels sont les faits principaux de son histoire.

Sa constitution est démocratique.

Le - canton de SchafThouse est le douzième par Tordre de son admission dans la Confédération , le vingtième par son étendue t'i lieues carrées) , le dix-huitième.par sa population (35500 hab., dont 33 < 69 réf. et ?059 rath.). Il parle la langue allemande et professe la religion réformée. — Sa plus grande longueur est de & h. 45 min., sa plus grande largeui de 3 h. 45 min. — Il touche à 1*E.. au N.. à 10. et un peu au S. , au grand-duché de Bade ; au S., aux cantons de Zurich et d'Argovie.

Schaffhouse est une ville peu industrielle et peu commerçante; on y trouve cependant des maisons de commission considérables, des fabriques de limes, de savon, de chandelles, de tuyaux de fontaine en terre cuite, des tanneries, des filatures, deux imprimeries, une lithographie, des brasseries.

« A Schaffhouse nous ne vîmes rien de rare, » écrivait Montaigne, en 1580, à son passage dans cette ville. Cette observation de Montaigne est encore vraie aujourd'hui. — On

SCIIAFFHOUSE.

peut visiter toutefois parmi les édifices publics ei les institutions de SchafThouse : — V église de 1 ancienne abbaye de Tous-les-Saints (Allerhetligen)% fondée en I0.V2. achevée en 1101 , mais fort mal restaurée en 1753, maintenant la cathédrale. On y voyait, avant la Réformation, une figure colossale appelée le Grand Bon -Dieu, et visitée par de nombreux pèlerins.

La chaire isolée ressemble à une pelite tour. La grosse cloche, fondue

en 1486, porte cette inscription : Vtvos roco, mortuos plango, fulguro franga, qui a inspiré à Schiller un admirable poème. IV s de cette église est un cloître gothique qui renferme les monuments funéraires des principaux magistrats et des familles patriciennes; — l'église paroissiale de Saint-Jean, bâtie en 1120, mais tellement agrandie depuis, qu'elle est devenue la plus grande église de la Suisse; — V hôtel de tille, où l'on voit

Scbaffhouse.

une salle ornée de boiseries curieuses; — le fort Unnoth (ohne Noth, sans nécessité, car on le construisit pour procurer du pain aux pauvres) et non M unnoth, comme on l'appelle vulgairement, qui ne fut pas termine avant l'an 1 564. Ses murs ont 6 mèt. d'épaisseur, et ses voûtes sont à l'épreuve de la bombe ; du haut de la tour on découvre une belle vue (50 c. de pourboire); — la bibliothèque de la ville (20 000 vof.), qui contient la ri-

che collection de livres amassés par le célèbre historien suisse Jean Mol- 1er (né à SchafThouse en 1752, et mort à Cassel en 1809) ; — la bibliothèque ministérielle, qui possède de précieux manuscrits et incunables, et un module de l'ancien pont du Rhin, que l'on regardait comme l'un des chefsd'œuvre du fameux Appenzellois Gru- 1 tourna un ; ce pont, d'une seule arche, et long de 111 mèt, fut brûlé, le 13 avril 1799, par le général français

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