‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 643 sur 865 · COIRE · texte numérisé non relu

COIRE

dominent encore tous les points importants du pays. Après avoir longtemps souffert , les opprimés suivirent enfin l'exemple des Suisses confédérés et s'insurgèrent. En 1396 , Jean de Werdenberg, l'évèque deCoire, qui était constamment en guerre avec les nobles, et toutes les communes des vallées d'Oberhalbstein, de Schams , de Domlesebg, d'Avers, de Vatz et de Bergùn , formèrent une alliance oui prit le nom de hgue Caddie ou de la .W ai non- Dieu (Gotteshausbund). En 1400, toutes les communes ressortissant à l'abbaye de Dissentis conclurent avec Glaris une alliance à laquelle accédèrent leur abbé, Ulrich de Rauuns , Albert de Sax, et toutes les communes voisines d'Uanz et de Lugnetz, dans la vallée du Rhin-Antérieur. Les communes des vallées du Rhin-Antérieur et du Rhin-Supérieur, jusqu'à Reichenau. opposèrent à cette ligue celle qui fut nommée Supérieur* ou Grise , et qui se rassembla pour la première fois aTrons en 1424. Quant à la ligue des D tac- Juridictions, elle se forma, en 1436. par la réunion de toutes les communes situées depuis les Monts Scaletta et Flûela jusqu'au Rhstikon et à la Plessur. Enfin, au mois de mars 1471, ces trois associations fédérales conclurent entre elles , dans la ferme de Vatserol, juridiction de Bel fort, une alliance générale et perpétuelle.

Dès lors, la haute Rhétie, que, pendant le moyen âge, on appelait Kurisch-Rhaetien, Churwallen ou Churwalchen (c'est-àdire les vallées de Coire), prit le nom de pays des Grisons, en ail. : Grau-Bundner , en franç. Ligues-Grues i ; et ses habitants devinrent un peuple libre et indépendant, dont la constitution est encore plus populaire que celle des autres démocraties suisses. Mais, dès son origine, cette constitution donna naissance à de longues et sanglantes dissensions intestines.

Avant la fin du xv« s., les Grisons s associèrent à la Confédération helvétique, qui les reçut au nombre de ses alliés (xug'wandte Orte). En 1499, ils combattirent dans les rangs des Suisses, pendant la sanglante guerre de Souabe -, en 1525, ils s'emparèrent de la Valteline et du pays de Cbiavenna et de Bormio, dont, peu de temps après, la possession leur fut cédée à perpétuité par les ducs de Milan. Depuis ce temps, les habitants de ces trois pays ont été sujets des Grisons. En 1797 seulement, ils passèrent sous une autre domination. Jusqu'en

1798, les Grisons ont formé une république indépendante; mais, depuis l'acte de médiation , leur pays est Tan des vingt-deux cantons de la Suisse. Il se divisait en trois ligues , savoir : la ligue Grise, la ligue Caddée ou de la Maison- Dieu , et la ligue des Dix-Juridictions. Ces ligues se subdivisaient en vingt-cinq juridictions et demie, qui, partagées en juridictions secondaires, constituaient autant de petites républiques, différant entre elles par leur constitution , leurs lois et leurs franchises. La nouvelle constitution les a supprimées. L'autorité suprême du canton est le grand-conseil , compose de soixante-cinq membres.

Le canton des Grisons (GraubUnden) est le quinzième par l'ordre de son admission dans la Confédération, le deuxième par son étendue ( 1 13 mil. car.), le dixième par sa population (90 71 S hab. . dont 50 760 réf. et 39 945 cath. et juifs). Sa plus grande longuenr est de 18 à 20 mil. geogr. ; sa plus grande largeur de 12 à 14 mil. Il touche : — au N. , aux cantons de Glaris et de Saint-Gall et à l'Autriche; — à TE. , à l'Autriche ; — au S., à la Lombardie et au canton du Tessin ; — à l'O., j aux cantons du Tessin et d'Un.

Considérés au point de vue du langage, les habitants des Grisons forment trois groupes bien distincts. 42 070 hab. parlent le roman, 36 670 l'allemand et 12 205 l'italien. La langue romane, qui s'étendait i autrefois sur le Tyrol, où elle ne se parle plus que dans les deux vallées de Groden et d'Enneberg,et sur le reste des Grisons, est aujourd'hui particulière à ce dernier | pays, et ne se retrouve dans aucun autre. Elle est de souche latine , mais elle s'est ( corrompue par le mélange de plusieurs i mots allemands ou italiens. On la divise ! en plusieurs dialectes, dont trois sont très- ' distincts : 1° le ladin, parlé dans la basse i Engadine et les vallées de Munster et d'Albula, ressemblant au latin: 2* le romansch de l'Engadine supérieure, des vallées de Bregaglia , de l'Oberhalbstein, de Schams, etc. ; 3° le patois des mon- ' tagnards, dans les vallées du Vorder et : du Hinter Rhein. Toute la littérature ro- I mane se compose d'environ cinquante ouvrages, la plupart religieux. Un ecclésiastique, nommé Conrad i, a publié , en 1820 et 1823, à Zurich, la première grara- I maire et le premier dictionnaire connus de cette langue curieuse; enfin, en 1836, j a paru, à Coire, un journal roman, appelé ; Il Grise hum Romansrh.

I La Satiété d h ittoire du rantan des Gri-

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