‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 647 sur 865 · A EINSIEDELN. [ROUTE · texte numérisé non relu

A EINSIEDELN. [ROUTE

Au sortir de Richterschwyl , on quitte le canton de Zurich pour entrer dans celui de Schwyz, et on monte par une pente roide à (:10 min.) Hro/lerau, v. de 127 hab. cath., d'où l'on découvre une belle vue, — plus belle encore près de

(30min.) Schindellegi (hôt.fltm/i), v. situé à 757 mM. sur la Sihl, à l'entrée d'une vallée sauvage et boisée. — Excursion sur TEnzenau, 30 min.; sur le Hohe-Rhonen, 45 min.; sur l'Etzel (1102 met.), 1 h. 15 min.

Le paysage change complètement de caractère. On passe sur la rive g.

de la Sihl par un pont couvert, entre l'Etzel (R. 214), et le Hohe-nhonen, (1232 met.), appelé aussi DreiLmderstein '(pierre des trois pays), à cause de la borne qui s'y trouve, marquant les limites des cantonsdeZurich, de Zug et de Schwyz; puis, traversant une contrée solitaire et boisée, d'où l'on découvre les Mythen, ou passe devant la fontaine de Meinrad, on laisse à dr. la route de Schwyz, on traverse la Biberbrûcke (aub.

Poste) , (4/8 p. de Richterschwyl) et on laisse à g. (1 h.) le v. de Bennau.

45 min. (4/8 p. de la Riberbrûcke) . Einsiedeln ou Waldstatt, en latin Monasterium eremitarum. (Le nombre des auberges et des cabarets s'élève à près de 1 50 ; les meilleurs sont le Soleil,\e Pfau, les DreiKœnige, le Capricorne, Sainte-Catherine, les Trois Coeurs, Adam et Ève), b. et abbaye de Bénédictins situés sur une plaine élevée de 974 m*t. , entourée de hautes montagnes, anMs«'*e par la Sihl et l'Alp, et où l'on ne trouve aucun arbre fruitier. La paroisse, divisée en huit sections, compte 7235 hab. cath.

Entre le bourg et le couvent, s'étend une vaste place bordée de boutiques,où se vendent des chapelets, des vierges, des images, des petits livres, du pain, des parapluies, etc., et qui est décorée de la fontaine sainte en marbre noir, dont les quatoree tuyaux placés en rond, versent l'eau dans un nombre égal de canaux. Les pèlerins

boivent une gorgée à chaque tuyau, car l'eau passe pour avoir une vertu miraculeuse. Au-dessus des arcades qui terminent la place, s'élèvent les deux statues des empereurs Othon Ier et Henri I", protecteurs de l'abbaye.

Les histoires publiées par les moines racontent ainsi l'origine de l'abbaye dTinsiedeln : Sous le règne de Charlemagne, un saint anachorète , nommé Meinrad, de la noble maison de Hohenaollern , se retira au fond de ce désert appelé alors Finsterwald, pour finir sesjoura dans la solitude en consacrant sa vie à garder une petite image noire de la Vierge, qui lui avait été donnée par sainte Hildegarde.

abbesse de Zurich. Ce saint homme fat assassiné par deux voleurs en $61 (en 186' l'abbaye a célébré son tooo* anniversaire sacré, et, & cette occasion, le roi de Prusse et le prince de Hohenzollern-Sig mariage lui ont envoyé deux tableaux de Muckede Duflseldorf, saint Meinrad préchant sur l'Etzel, et Hildegarde donnant la sawî Vierge à Meinrad); mais leur crime i* tarda pas à être découvert. Deux corbeaux qu'avait apprivoisés leur victime les poursuivirent en croassant et en bai tant des ailes jusqu'à la ville de Zurich où les voleurs furent arrêtés , juges, condamnes à mort et exécutés sur 1 /emplacement qu'occupe aujourd'hui l'hôtel du Corbeau (Rahe). Mais bien qu'inhabitée la cellule de saint Meinrad continua d'être visitée par les dévots du voisinage. Vers l'an 9<>7 , un autre ermite, nommé Bennon, s'y établit, la répara, et en éleva d'autres pour ses compagnon.

Eberhard , prévôt de la cathédrale <jc Strasbourg , fit construire en pierre »* chapelle de Meinrad, une église, de> cellules, et devint le premier aobe au couvent de Bénédictins ( Einsiedlcrnj qu'il venait de fonder. La légende monacale et une bulle du pape Léon VIH a'ujment que, la veille du jour où l'évoque ae Constance devait consacrer l'église, c es à-dire le 14 septembre 948, il fut eveme à minuit par les sons d'une musique angélique, et informé le lendemain par un voix venue du ciel qu'il n'avait pas ne so défaire la dédicace de l'église *c,°" * rites sacrés, parce que Jésus-Chnst lu même , assiste des anges et d^ • s'était acquitté de ce soin. En faveur ce miracle, le pape accorda de» indigences plénières à tous les pèlerins qui viendraient visiter la chapelle de Notre

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