‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 661 sur 865 · PAR LA TR1NSER FURCA · texte numérisé non relu

PAR LA TR1NSER FURCA

t» h. 30 m. à 7 h. — Route de voitures jusqu'aux Bains de PfœHers. 45 min.

en montant , 30 min. en descendant, I fr. 50 c. Voitures particulières, 5 fr.- Sentiers des Bains à Reichenau. — Une excursion aux Bains — très» recommandée — demande 2 à 3 h., séjour compris.

A. Par les bains de Fteffers.

6 h. 30 m. — Route de voitures jusqu'aux Bains. — Chemin de mulets, des Bains à Reichenau.

.Une belle route de chars, taillée en partie dans le roc, construite de 1838

à 1839, conduit dans la gorge môme de la Tamina, sur la rive g. du torrent de Ragatz, jusqu'à (1 h.àpied), l'établissement des bains de Pfaeflers situé à 691 mèt. Durant ce trajet, les tableaux les plus pittoresques se succèdent sans interruption sous les yeux •du voyageur charmé.

I es sources thermales de Pfœffers n'étaient pas connues des Romains.

On prétend qu elles fuient découvertes en 1038 par un chasseur du prince-abbé, qui, étant descendu dam la gorge de la Tamina à la pounAjfr d'une pièce de gibier, remarqua U colonne de fumée qui s'en èc* sans cesse. Quoi qu'il en soit, l'an 1300, les archives de Ti en font souvent mention; maiér qu'au commencement du xv* $3Êk malades prenaient leurs bains/4/i source môme ; ils étaient obli( passer sept jours consécutifs coucher, à cause des dangers quels ils s'exposaient en se (a descend! e et remonter avec des des. La première maison nnfr construite n'eut pendant longtemps d'autre porte qu'un*, ouverture pff& quée dans le toit, car on y arrivait toujours par le ciel. Ce nefut qMi milieu du xvn« s. que Ton fonda on premier établissement sur l'emplacement qu'occupent les bain? actuels, grands bâtiments réunis ensemble par une chapelle et construits sur un banc très-étroit de rochers, élevé seulement de quelques mèt. au-de la rive g. de la Tamina, que nent, sur l'autre rive, des paroi* ticales de rocs nus de 220 met* # haut. En juillet et en août, le soleil ne luit dans ce gouffre que de H n.

à 3 h. Pendant la saison des natfcs, le thermomètre n'y descend jamais au-dessous de 12° et n'y monte>jbmais au-dessus de 25*.

Les Bains de Pfaeffers (hôtel me table d'hôte, billard, cabinet dé lecture, bain l fr.) , ont l'aspect grave et sombre des anciens monastères. «Devenus la propriété du canton depuis

Source de Pfeflers.

la clôture des couvents suisses, c'est-àdire vers 1840, on les a affermés comme établissement thermal. En réalité, dit M. Éd. Charton', c'est un hospice plutôt qu'une maison de bains ordinaire. Le fermier ne s'est pas mis en frais pour en égayer l'apparence, et il a eu raison, c'eût été là chose impossible. » A l'intérieur, ce sont de vastes corridors avec des murailles énormes, sur lesquelles viennent s'ouvrir les chambres (m'habitent les malades. On se baigne, soit dans des cabinets particuliers, soit dans des piscines, qui peuvent contenir vingt personnes, et où l'eau est constamment renouvelée. — La buvette, située à l'extrémité du bâtiment, se compose de quatre petites fontaines qui jaillissent dans une vaste pièce servant de promenoir. On boit autant d'eau que l'on veut. Ou prend deux bains par jour, chacun de 30 min. à 1 heure. Ces bains sont extrêmement agréables; ils calment sans affaiblir; ils vivifient.

IWMUde Pfaeffer», thermales,salioes, connues vers le xni« s. , émergent d'un terrain calcaire , où l'on rencontre en même temps des granités, des schistes alumineux, du grès et du gneiss.

Il y a trois sources : 1° le Kessel (chaudière), source principale et la plus employée^» le Gu m pen (réservoir) ; 3° le Herrenbad(bain des seigneurs). Elles débitent en 24 h. : (s. principale) environ itooo hectol. ; leur température est de ; source principale au griffon 37*,37;à la buvette, à Pfsffers 37*,25 ; aux bains 36*, 85 ; à Ragatz 36*; dans les piscines de Ragatz de 34*, 50 à 34*,75. C'est une eau limpide, sans odeur ni saveur spéciale, ne donnant aucun dépôt, en un mot parfaitement analogue à l'eau pure.

Elle s'emploie en boissons, en bains et en douches, et se supporte très-bien à la dose de 3 à 10 verres. Le climat est rude, inhospitalier; l'air pur, mais frais et humide, saturé de vapeurs et embaumé de l'odeur résineuse des forêts voisines. Le

(1) Voir le n° 242 du Tour du Monde, consacré entièrement A RagaU et À Pfaeffers, par MM. Edouard Charton et Jean Reynaud.

climat de Ragatz est beaucoup plus doux, abrité des vents, mais l'air y est souvent humide. L'eau de Pfeffers , comme beaucoup de celles que leur faible minéralisation fait nommer indifférentes par les Allemands, a une action très-marquée sur l'organisme ; .elle est sédative du système nerveux, et agit d'une manière heureuse sur les fonctions digestives et sur la muqueuse des voies urinai res. Depuis qu'on ne prend plus de bains aussi prolongés qu'autrefois, on n'observe plus guère la poussée ; la fièvre thermale se développe et cède facilement.

Les sources, que tous Us voyageurs ne devront pas manquer de visiter, sont situées à six cent quatre-vingts pas environ des bains (on paye 1 fr.

par personne). On s'y rend par un chemin assez étroit, avec une faible rampe à hauteur d'appui (aucun danger n'est plus à craindre) , en partie taillé dans le roc, en partie supporté par des barres de fer, élevé do 10 à 12 met. au-dessus de la Tamina. Les deux parois de l'abîme, au fond duquel le torrent se brise et mugit, s'inclinent l'une contre l'autre et finissent par se rejoindre. On nomme Beschluss (la clôture), ce pont naturel sous lequel on est obligé de passer, et où, de raidi à 2 heures, le soleil forme, avec la-vapeur de l'eau, des arcs-en-ciel d'un effet magique. (V.

ci-dessous.) Au delà, les rochers s'écartent de nouveau et laissent apercevoir le ciel. La vapeur qui s'élève des sources en fait reconnaître de loin l'emplacement.

Les travaux de fouille exécutés en 1857-1858 par un ingénieur ont amené la découverte d'une grotte à plusieurs compartiments pleine de stalactites et remplie de la vapeur dégagée ]>ar le ruisseau d'eau thermale qui y coule. Cette grotte, dont on a aménagé les eaux, est fort curieuse :

deux énormes tuyaux, semblables à des serpents, sortent des rochers et vont porter l'eau, l'un au couvent, l'autre à Ragatz.

Si, des bains, on veut se rendre à Reichenau par Vœttis, on rejoint,

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