Au château
7. An Kœnigislulil, pour 2 personnes, 5 fl. 30 kr., pour plus de 2 personnes, 8 fl.
Pour le Kœnigsstuhl on ne prend que des voitures à 2 chevaux.
Aux courses 3 , 4 et 6 , dans une voiture i un cheval , on ne reçoit que 2 personnes. Il n’esl dû aucune rétribution particulière pour un séjour ordinaire à l’un des endroits indiqués.
axes : Au château, 24 kr.; au château et au Wolfsbrunnen, 1 fl. ; au Kœnigsstuhl, 1 fl. 45 kr. On trouve ordinairement des ânes avec leurs conducteurs sur le sentier qui conduit de la place de Charles au château.
Heidelberg;, située et comme réfugiée au milieu des arbres, à l’entrée de la vallée du Neckar, « entre deux croupes boisées plus fières que des collines et moins âpres que des montagnes» — le Kœnigsstuhl sur la riv. g. et le Heiligenberg sur la rive dr., — V. de 15,000 h. dont 5000 cath,, s’étend le long de la rive g. du Neckar et à la
U. iii.— HEIDELBERG.
base des derniers escarpements du Kœnigsstuhl , sur une. longueur de 30 min., de l’O. K l’Ë., ou de la porte de Mannheim à la porte de Charles. Elle ne se compose pour ainsi dire que de deux rues parallèles ; la Haupt Strasse ou rue principale , et le Ploclc Strasse derrière laquelle s'étend une jolie promenade bien plantée et bordée de charmantes maisons. Les embarcadères des chemins de for sontsitués près de la porte de Mannheim, qui donnait seule autrefois accès dans la Haupt Strasse, et que la route tourne aujourd'hui des deux côtés. La Haupt Strasse, — comme la promenade et la Plock Strasse, — mène au château, vers lequel se dirigent, dès leur arrivée, tous les étrangers.
Il fut un temps où la colline sur laquelle s’élève lé château n’était couverte que de heidelbeeren ou myrtilles. D’abord des bergers s’y établirent ; puis les Romains les en chassèrent pour s’y fortifier. Plus tard, des maisons ou plutôt des huttes se groupèrent autour et au-dessous des murailles qu’ils avaient dû abandonner aux Barbares. Elles finirent par former un bourg, où vint se fixer, vors le milieu du xiii* siècle, le comte palatin Conrad. A dater de cette époque, jusqu'en 1Y2Û, le bourg, devenu une ville, fut la capitale du palatinatdu Rhin. Cet honneur lui coûta cher, comme on le verra ci-dessous en lisant l'histoire de son château. En 1780, Charles-Philippe transporta à Mannheim le siège de son gouvernement. Depuis 1802, Heidelberg appartient au grand-duché de Bade.
Heidelberg est une ville entièrement moderne. De ses anciennes maisons, les hommes et les éléments n’en ont épargné qu’une, bâtie sur la place du marché, en 1592, en face de l’église du Saint-Esprit. C’est aujourd’hui une auberge. On l’appelle Au Chevalier Saint^Qeoryes, Zum Ritter Saint-Georges. «Figurez-vous, dit Victor Hugo, trois étages à croisées étroites supportant un fronton triangulaire, à grosses volutes bouclées à jour ; tout au travers de ces trois étages deux tourelles-espions à faîtages fantasques, faisant saillie sur la rue ; enfin, toute cette façade en grès rouge, sculptée, fouillée, ciselée, tantôt goguenarde, tantôt sévère, et couverte du haut en bas d’arabesques, de médaillons et do bustes dorés. Quand le poète qui bâtissait cette maison l’eut terminée, il écrivit en lettr d’or, au milieu du frontispice, ce verset obéissant et religieux : Si Jehova non ædificet domum, frustra laboranl ædificantes eam. >
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R. lb.— HEIDELBERG.
L’église, près de laquelle on va contempler cette curiosité,— l’église du Saint-Esprit , — bâtie à la fin du xiv' siècle, renfermait les tombeaux de plusieurs princes et électeurs palatins. Ces tombeaux ont été en partio détruits par les Français, en 1793. Divisée en deux parties, elle sert actuellement aux deux communions qui célèbrent leur culte sous le même toit. Une autre église de Heidelberg, l'église de Saint-Pierre, rappelle un souvenir de la Réforme. C’est à, se» portes que Jéréme de Prague, l’ami et le disciple do Jean Huss, afficha ces thèses célèbres qu’il soutint en plein air, devant la foule rassemblée, pour l’ontendrc, dans le cimetière voisin.
L 'Université de Heidelberg, la célèbre Rup&rta-Carolina, doit surtout sa réputation à ses Facultés de droit et de médecine. Quelques-uns de ses professeurs, Gmelin, Tiedemann , Mittermeyer , jouissent d’une réputation européenne. Le nombre des étudiants varie de 600 à 700 (F. Introduction). C’est l’une des plus anciennes de l’Allemagne, car sa fondation remonte à. l’année 1386. Les bâtiments où elle est établie (place de Louis, h peu près au milieu de la ville) n’ont rien de remarquable ni à l’extérieur ni h l’intérieur, mais ils renferment une magnifique bibliothèque (ouv. t. les j. de 10 h. à midi, mercredi et samedi de 2 h. à 4 h.) de 130,000 vol., 50,000 dissertations et 1800 manuscrits. Les Bavarois, qui prirent et pillèrent Heidelberg, en 1620, avaient fait cadeau au pape Grégoire XV, qui la plaça à Rome, au Vatican (on la nomma bibliotheca Palatina), de la plus grande partie de cette bibliothèque (ils en avaient détruit beaucoup de volumes)- Le pape Pic VII l’a rendue, en 1815, H Heidelberg. Des manuscrits précieux, transportés de Rome à Paris, ont également été restitués après la conclusion de la paix. On distingue, parmi ses Curiosités bibliographiques, une anthologie grecque, beau manuscrit du xi* siècle, des manuscrits de Thucydide et de Plutarque, des Xe et xi' siècles ; la traduction d’Isaïe, de la main de Luther, son exhortation contre les Turcs, une édition du Catéchisme annotée de sa main ; le livre de prières de l’électrice Elisabeth, orné de miniatures par Dentzel d’Ulm (1499). L’Université possède aussi un excellent jardin botanique (près de la porte de Mannheim) un musée zoologique, une collection trèsriche d’anatomie; un cabinet de physique, un laboratoire
de chimie, etc. Enfin, les savants visiteront avec intérêt les collections des professeurs Bronn et Leonhard.
Avant de monter au vieux château , élevé de 104 mèt. au-dessus du Neckar, et de 204 mèt. au-dessus de la mer, on ne doit pas oublier de descendre la rue qui conduit, à g. de l'église du Saint-Esprit, au pont du Neckar. Ce pont de pierre , long de 233 mèt., et orné des statues d’un électeur— Charles-Théodore — et de Minerve, offre un beau point de vue sur la vallée du Neckar, la ville, les ruines du vieux château et les montagnes boisées qui les dominent.
Deux chemins montent au château ; un chemin de piétons et une route de voitures. La route de voitures part de la porte de Klingen (c’est là que stationnent les ânes); le chemin de piétons, de beaucoup préférable, car il est ombragé tandis que la route de voitures est une vilaine rue mal pavée, s’ouvre à l’extrémité d’une petite rue qui continue le cété E. de la place Charles. La route de voitures aboutit par les jardins à la grande porte (F. le plan), qui donne accès dans la cour principale. Le chemin de piétons monte à la plate-forme (Alton), et pénètre dans cette même cour par un passage voûté. Toutes les portes du château sont ouvertes k tout venant. Seulement on paye (le tarif est affiché sur tous les murs); — pour voir la galerie Graimberg, 12 kr. par personne; — pour voir le grand tonneau, 6 kr. par personne ; — pour monter (par l'église) dans la Tour fendue, et visiter cette curieuse partie des ruines, 12 kr. par personne. — N. B. Les femmes qui conduisent les étrangers parlent français.
Le château de Heidelberg, fondé on ne sait pas à quelle époque1, est, comme on s’en aperçoit au premier aspect, une véritable mosaïque de châteaux et de tours. On Ta surnommé l’Alhambrade l’Allemagne. « Il y a de tout, » a dit un poète artiste. L’histoire de ses vicissitudes, — reconstructions et démolitions, — remplirait un volume. Le plan ci-joint aidera les étrangers à s’y conduire et k en distinguer les principales parties. La colline sur laquelle il s’élève s’appelle le Jettenbuhl, parce que, selon la tradi-
1 Un chitean avait etc btli dans les temps les plus reculés sur le petit Geissliers , qui domine la colline du ehlteau. Vers le commencement du lire siècle, ce château, habité jusqu’alors par les comtes pqlatins. fut abandonné pour le nouveau et transformé en arsenal. La foudre, qui q tomba, le fil sauter en 1537, avec la poudrière. Il n’en reste presque aucun vestige aujourd'hui.
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tion, une magicienne nommée Jetta(F. ci-dessous la Fontaine du Loup) y révélait en vers mystérieux les arrêts du destin. •
La partie la plus ancienne des ruines actuelles est celle que l’on remarque à g. dans la cour, en entrant par la grande porte. L’électeur Robert III la fit construire dans les premières années du xv” siècle. On l'appelle Ruprechtsbau. On croit cependant qu’il reste par derrière des débris d'un plus ancien château, commencé en 1300 par l’électeur Rodolphe. A dater du xv' siècle, chaque électeur ajouta une tour ou un palais aux tours et aux palais dont il héritait. La Tour fendue date du règne deFrédéric Ier, dit le Victorieux ; à Louis le Pacifique appartiennent la terrasse, la Tour octogone et les bâtiments qui l’environnaient. Otbon -Henri fit construire le palais qui porte son nom (1555-1559). A côté du palais d’Othon-Henri, Frédéric IV éleva (1583-1610) une autre merveille architecturale. L’infortuné Frédéric V, le roi de Bohême (F. Prague), 1610- 1621, acheva la Tour de la bibliothèque, et éleva aussi son palais, appelé le Palais Anglais, en l’honneur de son épouse Élisabeth d’Angleterre, fille de Jacques Ier et petite-fille de Marie Stuart. Cette collection de palais «ut beaucoup à souffrir de la guerre de Trente ans. Après la paix de Westphalic, qui lui rendit les États de ses aïeux, l’électeur Charles- Louis répara tous les dégâts de la guerre. Malheureusement pour son royaume et pour Heidelberg, en 1671, il donna sa fille unique, Élisabeth-Charlotte , à Philippe d’Orléans , frère du roi de France Louis XIV, car à la mort de son fils Charles, sans héritier mâle direct (1685), Louis XIV réclama son héritage, au nom de sa fille. La guerre éclata, guerre de vengeance et d’extermination, qui a voué à l’exécration de la postérité le nom de Louvois, ce ministre orgueilleux et cruel auquel Louis XIV eut le tort de laisser usurper une trop grande autorité. Deux fois, le château de Heidelberg fut pris par les Français (1688-1693). Mélac et de Lorges en firent, pour obéir à Louvois, la ruine que l’on voit aujourd'hui. Le désastre cette fois semblait irréparable; et ccpendantCharles- Théodore entreprit la reconstruction des palais de ses ancêtres. Mais, le 23 juin 1764, la veille du jour où il devait venir habiter le château, le feu du ciel tomba sur la Tour octogone, mit le feu à la toiture, et l’incendie, se com-
muniquant aux parties réédifiées, compléta en quelques heures l’œuvre des canons français.
« Lorsqu’on est entré dans la cour du château de Heidelberg, par la grande porte, on a devant soi, dit M. Y. Hugo, les deux hauts frontons triangulaires do cette façade touffue et sombre du palais de Frédéric IV, à entablements largement projetés , où se dressent, entre quatre rangs de fenêtres, taillés de ciseaux les plus fins, neuf palatins, deux rois et cinq empereurs. A sa dr., on a l’exquise devanture italienne d’Othon - Henri, avec ses divinités, ses chimères et ses nymphes, qui vivent et qui respirent, veloutées par do molles ombres poudreuses, avec ses césars romains, ses demi-dieux grecs, ses héros hébreux, et son porche qui est de l’Arioste sculpté. A sa g. on entrevoit le frontispice gothique du palais de Louis le Barbu, furieusement troué et crevassé par les coups de corne d’un taureau gigantesque. Derrière soi , sous les ogives d’un porohe où s’abrite un puits à demi comblé, on a les quatre colonnes de granit gris données par lé pape au grand empereur d’Aix-la-Chapelle, qui vinrent, au vin* siècle, de Ravenne aux bords du Rhin, et, au xv* siècle, des bords du Rhin aux bords du Neckar, et qui, après avoir vu tomber le palais de Charlemagne àlngelheim, regardent orouler le château des palatins à Heidelberg... Tout le pavé de la cour est obstrué de perrons en ruine, de fontaines taries, de vasques ébréchées... Étrange destinée des chefsd’œuvre de marbre et de pierre 1 Un stupide passant les défigure, un absurde boulet Iob anéantit, et ce ne sont pas les artistes, ce sont les rois qui y attachent leurs noms... Personne ne sait aujourd’hui comment s’appelaient les divins hommes qui ont bâti et sculpté Heidelberg... Bientôt ces poëmes de marbre mourront, les poètes sont déjà morts... »
Pour jouir d’un beau point de vue sur Heidelberg, la vallée du Neckar, la plaine du Rhin, et les ruines du château, il faut se faire conduire (12 kr. par personne) par la chapelle, et le bâtiment anglais, au sommot de la grosse tour, bâtie par l’électeur Louis V, achevée en 1533 et ruinée par les Français en 1689, malgré l’épaisseur (7 mèt.) do ses murailles. En revenant dans la grande cour, à travers des souterrains, des casemates, des salles, des cachots, des cours envahis par une végétation luxuriante , on s’arrête
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quelques instants dans une sallo du rez-de-chaussée où sont rassemblés divers objets, armes, boulets, pierres, etc., sans intérêt. J1 vaut encore mieux traverser la cour et aller dans le palais de Frédéric IV visiter (12 kr. par personne ) le musée Graimberg, bien que ce ne soit qu’un amas trop considérable de mauvais tableaux qt d'antiquités fastidieuses (il y a un catalogue imprimé, mais les gardiens donnent avec complaisance tous les renseignements demandés). On y remarque, entre autres choses, de nombreuses porcelaines des fabriques du Palatinat ; un tableau de Lucas Cranach ; un diplôme manuscrit d'Arnolpho , petit-fils de Charlemagne, de 896; une bulle manuscrite d’Alexandre IV (1255); le masque de Kotzebue pris un instant après qu'il eut succombé sous le poignard de Sand; le portrait et une boucle des cheveux du meurtrier; un grand nombre de plats sur bois avec de belles peintures; les portraits de Mélanchtlion, de Luther et de sa femme; de précieux émaux; des peintures de Wohlgemuth et de ses disciples; des sceaux, des armes, des ustensiles de ménage ; une épée trouvée dans le Neckar ; la bague de Luther, un plan en liège et de jolis dessins du château,
La curiosité du château de Heidelberg, que les étrangers ne manquent pas de se faire montrer (6 kr. par personne) , c'est son tonneau ou plutôt ce sont ses tonneaux (en ail. Fass). L’entrée des caves est dans la grande cour, dans l’angle formé par le palais de Frédéric IV et celui de Frédéric V. On paàse d’abord devant le petit tonneauj bel assemblage de douves en bois de chêne, qui ne contient que le cinquième du gros , avant d'entrer dans le caveau où le gros tonneau « présente l’aspect d’un navire sous la cale. » Il a 8 met. de diamètre et 11 mèt. de long. Il peut contenir 283,000 bouteilles de vin. Il a été rempli trois fois , la dernière fois en 1769. C’est l’électeur Charles- Théodore qui l’a fait construire en 1751. Il porte à sa face extérieure un écusson rocaille où est sculpté le chiffre do cet électeur. l)eux escaliers à deux étages serpentent alentour et montent jusqu’à une plate-forme posée sur son dos. La première fois qu’il fut rempli de vin, l’éleotour dansa avec toute sa cour sur cette plate-forme.
A côté ou plutôt en face du gros tonneau est une espèce de petit vieillard en bois , grotesquement accoutré près duquel est accrochée une horloge en bois d’où sort une
ficelle. Si l’on tire cette ficelle , l’horloge s’ouvre brusquement et il en sort une queue de renard qui vient vous frapper au visage. Cette horloge a été fabriquée par ce petit vieillard, le fou ou le bouffon du palatin Charles-Philippe. Ce fou s’appelait Perkeo. Il était haut de 1 mèt. 30 cent., comme sa statue au-dessous de laquelle son nom est gravé. Il buvait quin2e doubles bouteilles de vin du Rhin par jour.
On jouit de belles vues : 1° de l’alian (galerie), avec deux pavillons à quatre faces, bâtis en 1346, au-dessous du château de Frédéric IV;
2° Du stückgarten , jardin des canons, établi par Frédéric V, sur le grand rempart élevé par l’électeur Louis V, et s'étendant jusqu’à la grosse tour. On y entre par la porte Élisabeth , gracieux arc de triomphe élevé par l’électeur Frédéric V, en 1615, en l’honneur d’Élisabeth d’Angleterre, qu’il venait d’épouser. Les quatre colonnes représentent des troncs de chêne entourés de lierre avec des touffes de feuillage pour chapiteaux , et ornés de fleurs, de fruits, d’oiseaux et d’animaux divers. Adr. delà porte, en entrant, on aperçoit, de l’autre côté du grand fossé, la petite tour de l'électeur Louis V, construite en 1540, détruite après la seconde prise du château en 1693, et connue généralement sous le nom de la tour jamais vide ;
3° Des jardins (et surtout de la grande terrasse) où l’on remarque : — à dr. la fontaine des princes, ou la fontaine de Charles-Philippe, son fondateur ( 1738 ), et, au-dessus de la pépinière, le café restaurant ; — au fond, des débris de la grande grotte ; — la grande terrasse, bâtie sous Frédéric V, et qui domine le Friesenberg, au bas duquel était autrefois l’ancienne ménagerie des animaux du prince. C’est de ces charmants jardins que l’on découvre le mieux la partie orientale du château et les trois tours appelées la Tour fendue, la Tour de la bibliothèque et la Tour de la cloche. La tour fendue , construite par Frédéric le Victorieux , en 1450, servait de magasin à poudre ; les Français l’ont fait sauter en 1689. Une moitié de ce colossal cylindre de maçonnerie gît dans le fossé. « D’autres blocs lézardés se détachent du sommet et auraient croulé depuis longtemps, mais des arbres monstrueux les ont saisis dans leurs griffes puissantes et les retiennent suspendus au bord de l’ablme. » La tour de la bibliothèque, appelée plus tard tour
R. 16. — HEIDELBERG — LE K0ENIGSSTUHL. 165 de Y apothicairic, fut construits en 1550, elle devint la proie des flammes en 1764. Cette tour formait un des principaux moyens de défense du château. Elle a renfermé la Bibliothèque palatine du Vatican dont, en 1622, les manuscrits grecs et les missels byzantins servirent de litière, faute de paille, aux chevaux de l’armée impériale. La tour octogone ou de la cloche , bâtie en 1525, en partie détruite pendant laguerre deTrente ans, et par les Français en 1689 et en 1693, avait été rebâtie depuis; la foudre y tomba en 1764, et l’incendie, qui s’y alluma, se communiqua au reste du château.
Du château de Heidelberg, on peut monter au Wolfs brunnen, au Geissberg, au Kœnigsstuhl.
Pour aller du château au Wolfsbrunnen, il faut de 45 m. à 1 h. Une bonne route de voitures y conduit. Cette route offre de beaux points de vue, d’un côté sur Heidelberg et la vallée du Rhin, de l’autre sur la vallée du Neckar, dont les montagnes sont couvertes de champs et de forêts. On remarque sur la rive droite de la rivière le monastère de Neuburg et Ziegelhausen (F. R. 21). Après avoir dépassé une petite terrasse plantée d’arbres , on descend dans un vallon latéral où coule, près d'une auberge, sous des arbres épais, la Fontaine du loup (Wolfsbrunnen), ainsi appelée parce que, selon la tradition, la magicienne Jetta aurait été dévorée en cet endroit par un loup. Les réservoirs voisins nourrissent un grand nombre de truites, dont on peut se régaler à l’auberge.
A l’endroit où la route du Kœnigsstuhl se détache à dr. de celle du Wolfsbrunnen (il y a un poteau indicateur), un chemin nouvellement établi monte aux ruines du vieux château (F. ci-dessus), situées sur le Geissberg, à 371 mèt. On y jouit d’une belle vue, mais le panorama est plus beau et bien plus étendu au sommet — (574 mèt.) — duKœiiijft»stuhl (1 h. 30 m.), couronné par une haute tour et appelé Kaiserstuhl, depuis l’ascension de l’empereur François, en 1815 et d'où l’on découvre non-seulement les vallées du Rhin et du Neckar, mais encore l’Odenwald, le Haardtgebirge, le Taunus et la Forêt Noire jusqu’à Ebersteinburg et Strasbourg. Le sentier est plus court, mais plus roide que la route. On peut aussi , sur la rive g. du Neckar, monter au Riesenstein ou Pierre du Géant, d’où l’on découvre également une belle vue.
106 R. 16.— HEIDELBERG.— SCHWETZINGEN.
Les promenades de la rive dr. ne sont pas moins intéressantes. Au delà du pont du Neckar, s'ouvre (à 25 pas environ à g.), entre deux murs de jardins, un sentier, appelé le chemin des Philosophes , d’abord escarpé, puis bien moins roido, qui monte à g., en offrant de beaux points de vue, au v. de Nmienheim, dont la dernière maison servit de refuge à Luther, en 1521, et, à dr., à un carrefour sur la lisière d’une forêt. La route de g. aboutissant à ce carrefour, monte au Heili genlierg (où conduisent d’ailleurs des sentiers plus courts), une des montagnes les plus célèbres de l’Allemagne. Les Romains, qui y avaient élevé un fort, l’appelaient Pirus. Ce fort fut détruit par les Barbares, les rois franks bâtirent un palais sur ses ruines. Plus tard (de 863 à 875), l’abbé de Lorsch y fit construire un couvent et une église. Le Pirus se nommait alors Aberinesberg. Ce couvent , dédié à saint Michel , commençait à décliner, quand le 21 juin 1622, Tilly l’occupa pour canonner Heidelberg. Après huit jours de combats inutiles, les assiégeants passèrent sur la rive opposée, et allèrent établir leurs batteries au Kcenigsstuhl. Les bâtiments élevés au haut du Heiligenberg n’étaient plus que des ruines. Depuis lors, ils ont servi de carrières, et il n’en reste aujourd’hui que de rares débris. Le sommet du Heiligenberg (383 mèt.) offre un beau panorama. Parmi les maisons de campagne bâties à sa base ou sur ses pentes, on remarque celle du professeur Gervinus, appartenant aujourd’hui au professeur Wclcker.
Les bords du Neckar offrent de charmantes excursions surtout à Neckargemünd et à Neckarsteinach décrites dans la R. 21.
Une agréable promenade , plus souvent faite de Heidelberg que de Mannheim, est celle de JSchwetzfngen ( 2 h. 30 m. à pied , 1 h. 45 m. en voit-, 1 mil. 1/2. (F-, plus haut le tarif des voitures). Schwetzingen , — (Hôt. : Erbprins, Hirsch) est une petite V. insignifiante de 2700 h., mais on va y visiter ses magnifiques jardins ( V . le plan), toujours ouverts aux promeneurs. Ces jardins, construits à grands frais par l’électeur Charles-Théodore, sont encore entretenus avec un soin suffisant. 11 faut 2 h. environ pour les visiter en détail (un guide est inutile), car ils ont 188mor<7en d'Allemagne. Leurs principales curiosités sont: en commençant par la dr., le château bâti par l’électeur