‹ Itinéraire descriptif et historique des bords du Rhin, du Neckar et de la MoselleChapitre 178 sur 279 · H 45. — DE MAYENCE A BINGEN.— LE JOHANNISBERG · texte numérisé non relu

H 45. — DE MAYENCE A BINGEN.— LE JOHANNISBERG

pereurs, d’électeurs et de princes. La chapelle, bâtie au xne siècle et restaurée récemment, renferme un monument élevé par le prince de Metternich à son précepteur, l’historien Nicolas Vogt, né h Mayence en 1756 , mort à Francfort en 1836. — La terrasse offre une vue magnifique sur le Rheingau, le Rhin, le Niederivald, le Hundsrilcketle Mont Tonnerre. Les caves sont remarquablement grandes, elles s’étendent sous une partie de la colline.

Ce sont des moines qui ont planté les premières vignes du Johannisberg. D’après d’ancicnneachroniques, Ruthard, archevêque de Mayence, fonda, en 1009, sur cette colline, un prieuré, converti vingt et un ans plus tard en un monastère, sécularisé, en 1567, après avoir été incendié, en 1552, par le margrave Albert de Brandebourg. Dans la guerre de Trente ans, les Suédois détruisirent les débris que les flammes avait laissés debout. En 1716, l’abbé de Fulda, s’étant rendu acquéreur de la colline, y rebâtit non plus un couvent mais un château, et y fit replanter delà vigne. Il y récolta bientôt un vin excellent. On ne vendangeait jamais sans un ordre écrit de sa main; une année, soit maladie, soit oubli, l’ordre n’arriva que lorsque les raisins étaient déjà à moitié pourris; on n’en vendangea pas moins, et le vin s’en trouva meilleur. Depuis lors, la vendange s’est toujours faite au Johannisberg quinze jours plus tard que partout ailleurs. —Les meilleurs crus sont ceux qui avoisinent le château; on appelle le vin qu’ils produisent Schloss Johannùberger; les autres sont inférieurs en qualité. Aussi, quand on vendange, on ramasse avec Une fourchette particulière tous les grains qui se détachent des grappes, et on verse dans des cuves distinctes les raisins soigneusement triés. — La propriété a une étendue d’environ 63 arpents. Année commune, elle rapporte de 75,000 à 80,000 fl. Un fût de 1350 bouteilles a été vendu une année, — c’est le prix le plus élevé qui ait été atteint — 18,000 fl. , c.-à-d. plus de 27 fr. la bouteille. Les acquéreurs étaient pour moitié, le roi d'Angleterre et le roi de Prusse. Le vin est toujours livré en bouteille avec le cachet du prince. — En 1802, le prince d’Orange (le roi des Pays-Bas, Guillaume Ier) avait acheté cette importante propriété. Mais, èn 1805, Napoléon en fit don au maréchal Kellermann (düc de Valmy) qui la conserva jusqu’à l’époque où l'empereur d’Autriche en gratifia le prince de Metternich.

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