‹ Itinéraire descriptif et historique des bords du Rhin, du Neckar et de la MoselleChapitre 24 sur 279 · R. U.— DE STRASBOURG A BALE— SCH LEST ADT · texte numérisé non relu

R. U.— DE STRASBOURG A BALE— SCH LEST ADT

le Giesen, qui sort de la riche vallée deSainte-Marie-aux- Mines, avant d’atteindre la station de

45 kil. Schlestadt, — (restaurant à la station. Hôt. : le Bouc), sous-préfecture du Bas-Rhin, V. de 10,365 h., située sur l’in, à 5 kil. des Vosges et 10 kil. du Rhin, et dont les remparts, — c’est une place forte, — ne laissent apercevoir que la tour de son église paroissiale. Elle est trèsancienne. Les rois franks y eurent un palais construis diton, par Frédéric II. En 775, Charlemagne y célébra les fêtes de Noël. Au xi” siècle c’était un fief dépendant de la maison de Hohenstaufen. Sous Frédéric II, 1216, elle fut élevée au rang de ville impériale. En 1403, lors du premier soulèvement des paysans, ce lut un habitant de Schlestadt, Jean Ulhmann, d’une famille de magistrats de cette ville, qui se mit k la tête des révoltés et les conduisit dans les gorges de l'Ungersberg. Occupée tour à tour parles Impériaux et les Suédois dans la guerre de Trente ans, elle tomba en 1634 entre les mains des Français, qui l’acquirent définitivement par le traité de Westphalie. C’est Vauban qui l’a fortifiée. Grâce k ces fortifications, elle a pu résister deux fois, en 1814 et en 1815, aux puissances coalisées. — Au xme siècle, l’art de vernisserla poterie y fut inventé. Au xv' siècle , un seigneur allemand, Rodolphe Agricola, y fonda une école qui devint célèbre. On y comptait plus de 900 élèves ; Érasme lui-même vint assister aux cours de ses professeurs. Mais en 1521 le Magistrat la fit fermer, parce que le professeur Sapidus avait adopté la Réforme. Elle est la patrie du célèbre réformateur Bucer, de Wimpheling , le rénovateur de la scolastique, àeMentelin , qui dispute k Guttemberg l’honneur d’avoir découvert l’imprimerie. Ses édifices les plus remarquables sont l’église Sainte-Foy, bâtie en 1094 (style roman), l'église Saint-Georges (paroissiale), du xive siècle, le cowvmt du Sylo, transformé en hôpital, l’église des Récollets (abandonnée) surmontée d’une jolie flèche; le collège, établi dans upe commanderie de l’ordre de Malte ; la halle, construite en 1845; le palais de justice (ancien couvent des jésuites), etc. Du haut de ses remparts on jouit de beaux points de vue.

Au delà de la station de Schlestadt, on laisse k dr. le château de Kintaheim enfermé dans un beau parc et restauré en 1802 ; plus haut s’élève celui du HohKœnigsburg , pris et détruit en 1633 par les Suédois (belle vue).

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51 kil. Saint-Hippolyte, pet. V. de 2500 li.

55 kil. Rilioauvlllé, — (Hôt. : l’Agneau), V. de 8000 h., le berceau de la puissante et célèbre famille de Rappolstein, appelée Ribeaupierre depuis la réunion de l’Alsace à la France. — Dominée par une montagne que couronnent les ruines de trois châteaux : le Rappolstein, le Girsberg et le Saint-Ulrich, elle est située à 1 h. env. du chemin de fer, à l’entrée d’une jolie vallée (V. les Vosges et leurs eaux). — A g. de la station , est la pet. V. de Gemar, 1574 h., dont le château doit avoir été bàii par Rodolphe de Habsburg. On laisse ensuite à dr. la pet. Y. de Zellevberg, entre Ribeauvillé et

58 kil. Ostheim, 2000 h., sur la Fecht.

G2 kil. Benmchir. 1100 h., v. au N. O. duquel on aperçoit Kientzhcim, à l’entrée de la vallée de Kaiserberg.

68 kil. Colmar, — (Hôt. : les deux Clefs, l’Ange', chef-lieu du dép. du Haut-Rhin, V. de 20,000 h., située sur la Lauch et la Fecht, à peu de distance des Vosges, dans une plaine fertile arrosée par de nombreux cours d’eau qui y tournent les roues de nombreuses usines.

Fondée au vii' siècle, Colmar s’appelait Columbaria à l’époque où les fils de Louis le Débonnaire rencontrèrent dans les environs leur père contre lequel ils s’étaient révoltés, et le contraignirent parla force â se démettre de la couronne de son père Charlemagne (833). Incendiée en 1106, elle fut bientôt rebâtie. En 1226 l’empereur Frédéric II l’éleva au rang de ville; en 1282 elle devint ville impériale; mais ce ne fut qu’en 1552 qu'elle s’entoura de murs et de tours; elle avait Cependant, en 1474, résisté heureusement à Charles le Téméraire. Prise par les Suédois, en 1632 — ses citoyens favorables à la Réforme se soulevèrent pour forcer les Impériaux qui l’occupaient à capituler, — elle fut remise en 1634 aux Français ; en 1673, Louis XIV jeta bas ses fortifications actuellçment transformées en promenades. Depuis 1670 elle fait partie de la France.

Quelques heures suffisent pour visiter Colmar. Certains quartiers, la rue Saint-Jean surtout, plairont aux amateurs de l’architecture pittoresque. Parmi les monuments publics, la cathédrale mérite seule une visite. Elle date de 1360. Derrière le maître autel on remarque un tableau de Martin Schœn, la Vierge et l’Enfant Jésus dans un bosquet

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de roses. La flèche de cette église a été construite en remplacement de celle qu’un incendie avait détruite en 1572.

— L’ancien Couvent de dominicains (belle église) a été transformé en halle. — Le Musée (dans la bibliothèque publique) possède cinq grands tableaux à division représentant la vie de Jésus-Christ et attribués à Martin Schœn, né, dit-on, à Colmar; des tableaux attribués a Albert Dürer et à Grunewald ; des sculptures sur bois provenant du couvent d’isenheim ; la tête de Pierre de Hagenbach, momifiée et conservée sous verre ; des instruments de torture, des armures, etc.; le portrait de Schœpflin, etc. Parmi les curiosités de la bibliothèque, se trouve la première bible imprimée en allemand, à Strasbourg , par Eggenstein, en 1466 , et un Math, de Cracovia, Tractatus rationis et conscientiæ, que l’on croit avoir été imprimé par Gutlemberg lui-même, ou du moins par Nicolas Beoklermunze, l'acquéreur de son atelier typographique.

Colmar est la patrie de Pfeffel le fabuliste , né en 1736, aveugle à 21 ans et mort en 1809 ; du conventionnel Rewbel et du général Rapp. .

De Colmar on peut allerl Freiburg en Britgau, par : — 15 kil. — Ne uf-Brisach,\.àe 1800 h., rur la rive g. du Rhin , bâtie cl fortifiée par Vaubàn, et à 30 m. de laquelle s’élève le Tort Mortier, qui menace le Vieux-Bri«acli , que son feu ruina en partie pendant les guerres de la Révolution; — 6 kil. Vieux-lirisach , R. 3. — 3 mil. 1/î, Freiburg, R. 3. - Dilig. t. les j. de Colmar à Freiburg, en 6 b.

Presque en face de la station de Colmar est la Y. de Turckheim, où, le 5 janvier 1675, Turenne gagna une importante victoire sur les Impériaux. A l’entrée de la vallée de Saint-Grégoire, on aperçoit les magnifiques usines du Logelbach (toiles peintes et filatures de coton), situées audessous du château de Plixbourg, què domine le HohLandsberg, une des plus belles enceintes fortifiées qui soient restées debout en Alsace.

72 kil. Eguisheim, pet. V. de 2200 h. De son château, où est né, dit-on, le pape Léon IX, et qui fut bâti parle comte Eberhard, le petit-fils du duc Athic, il ne reste aujourd’hui qu’une tour hexagone et des vestiges de fossés servant d’abreuvoirs. A l’O., sur la montagne, se dressent les tours de ses trois autres châteaux, qui avaient chacun un nom. On les appelait, celui du S., Wahlenbourg, celui du milieu Wechmund, et le troisième Dags- B. dd Rhin. 2

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bourg. Ils ont été bâtis par le premier comte d’Eguisheim, le petit-fils du duc Athic, et le fondateur de plusieurs races princières et royales. De cette célèbre et puissante famille, qui s’est éteinte vers le milieu du xne siècle, descendent, en effet, les ducs de Zæhringen, les princes de Teck, les comtes de Habsburg, la maison de Lorraine, etc. Robert le Fort, le bisaïeul de Hugues Capet , avait épousé une comtesse d’Eguisheim. Enfin Brunon d'Eguisheim , qui devint pape sous le nom de Léon IX , après avoir été évéque de Toul , était le fils du comte Hugues IV. Dans son intéressant ouvrage intitulé Voyage pittoresque en Alsace , M. Th. de Rouvrois raconte ainsi la destruction de ces châteaux : >•

« C’était en 14(56. L’année d’avant, les nobles, que les villes ne supportaient plus avec autant de patience qu’au siècle précédent, avaient été bannis du sénat de Mulhouse. Outrés de cette rébellion, ils n’attendaient qu’un prétexte pour ressaisir leur ancienne prépondérance et se venger des bourgeois de cette ville. Un garçon meunier de Mulhouse le leur fournit. Chassé par son maître, et se prétendant lésé pour une misérable somme de six oboles que celui-ci refusait de lui payer, il alla se plaindre près des seigneurs; et l’un d’eux, Pierre de Iteguisheim , lui acheta sa créance. Fort de ce titre , et se posant en redresseur de torts , il s’empara de plusieurs bourgeois de la ville, et les fit jeter dans un cul de basse-fosse. Mulhouse s’adressa à ses alliées , et une guerre , que l’on appela depuis plappert-krieg , la guerre des six oboles, s'engagea sur ce puéril motif. Les gentilshommes, s’étant ligués de leur côté, se fortifièrent dans les châteaux d'Eguisheim, et remirent le commandement à Hermann Klée, le meunier qui aVait été la première cause des actes de cette guerre. L'attaque des châteaux fut bientôt décidée par les villes , et , sous la conduite d’un nommé Stützel , ils s'en emparèrent le jour de la Fête-Dieu (1466), et les brûlèrent entièrement. Hermann Klée, et trois gentilshommes y furent pendus.

« Il parait assez certain, ajoute le même auteur, que ces trois forteresses ne se relevèrent jamais de cet assaut , et qu’on ne les habita plus; car, en 1568, on fit le procès à une prétendue sorcière, accusée d’avoir marié sa fille au diable et célébré sa noce aux ruines d'Eguisheim. Les

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