‹ Itinéraire descriptif et historique des bords du Rhin, du Neckar et de la MoselleChapitre 70 sur 279 · B R. 9. -BADE.— LA MAISON DE CONVERSATION · texte numérisé non relu

B R. 9. -BADE.— LA MAISON DE CONVERSATION

env. de largeur, une autre magnifique salle de bal et de concert (le salon des fleurs), et quatre ou cinq salons latéraux, tous décorés par Cicéri et richement meublés. Le* deux ailes sont occupées : celle de dr. par la restauration, celle de g. par le théâtre. Sous les galeries latérales se trouvent un café, la librairie de M. Marx et son cabinet de lecture qui reçoit les principaux journaux français, anglais et allemands (un jour, 12 kr. ; une semaine, 1 fl. ; un mois, 3 fl. 36 kr. ; trois mois, 8 fl. 6 kr.j. Enfin, devant la façade, des deux côtés d'une double allée de beaux arbres , de nombreuses boutiques de bois offrent aux étrangers tous les objets dont ils peuvent avoir besoin, et donnent à. cette partie de la promenade l’aspect d’un champ de foire per. pétuelle. La Promenade proprement dite s’étend : devant la Maison de Conversation, jusque sur la rive g. de l’Oosbach ; derrière, sur les pentes du Friesenberg d’où l’on découvre des points de vue délicieux, et à g. jusqu’à la Cour de Bade.

Des bals, dits de la réunion, ont lieu plusieurs fois par semaine à la Maison de Conversation. Les abonnements sont de quinze jours, d’un mois ou d’une saison, et les prix varient selon le nombre des personnes dont se composé une famille. Le billet d’entrée coûte 1 fl. 24 kr. par soirée. On paye : pour quinze jours , 4 fl. 40 kr. ; pour un mois, 7 fl. 48 kr. ; pour toute la saison, 21 fl. 5 kr.

Le théâtre, desservi par une troupe allemande ou française, donne trois représentations par semaine. On y joue deux fois l’opéra, et une fois la comédie. L’entrée simple coûte 30 kr.

Les concerts n’ont pas lieu à des époques déterminées. Chaque fois qu’un artiste célèbre vient à Bade, le fermier des jeux, M. Bénazet, s’empresse de mettre à sa disposition, gratuitement, ses salons tout éclairés, ses employés et son orchestre, composé de trente musiciens, qui font chaque jour de la musique, soit dans la grande salle, soit dans le kiosque de la Promenade.

Les salons de la Maison de Conversation s’ouvrent tous les matins à 11 h., et ne se ferment que fort avant dans la nuit. L’entrée en est publique. On y joue, dans la grande salle, à la roulette, et, dans la salle voisine, le trente-et-un. Le fermier des jeux, M. Bénazet, paye à la ville 45,000 fl. par an.

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De 3 à 5 h. et de 7 à 9 h. un excellent orchestre fait de la musique (ouvertures, valses, polkas, pots-pourris) devant le café de la Maison de Conversation, sous un kiosque couvert à la chinoise.

La saison de Bade commence le 10 mai et ne finit qu'avec les derniers jours d’octobre.

Au nord de la Maison de Conversation et plus près de l’Oos s’élève la nouvelle Trinkhalle, commencée en 1839, d'après les plans de Hübsch et achevée en 1843 (220,000 fl.). Elle se compose d’une colonnade ou portique de 90 mèt. de long sur 12 mèt. de large, et d’un bâtiment dont l’entrée se trouve placée au milieu de cette colonnade qui, formée par seize colonnes de l’ordre corinthien en grès blanc, s’ouvre du côté de l’E. Quatorze fresques, par Gœtzenberger le directeur de la Pinacothèque de Munich, décorent cette galerie 1 ; ces peintures, qui n’ont pas une égale valeur artistique, représentent des légendes de Bade etde ses environs : 1° l’Image de Keller ; 2° le Mummclsee; 3° le Wildsee ; 4° la Chaire du Diable; 5" le Saut du Comte; 6° le Vieux Château d’Eberstein ; 7° le Couvent de Fremersberg ; 8° le Neu-Windeck ; 9° le Baldreit ; 10° les Rochers; II0 le Château de Windeck; 12° Allerheiligen ; 13° Hohenbaden; 14° Lichtenthal. Le fronton placé au-dessus de l’entrée principale est orné d’une belle sculpture par Reich de Hufingen, — la nymphe de la source, auprès de laquelle se pressent une foule de malades ; — au-dessus des portes du nord et du midi (à l’intérieur) des tableaux peints en noir représentent : — ceux du midi, l’assujettissement des Allemands par les Romains, le séjour de ces derniers à Bade, et leur expulsion ; — ceux du nord, l’entrée triomphale à Rastatt du margrave Louis, le vainqueur des Turcs, et l’ébauche du plan de Carlsruhe. C’est dans le bâtiment contigu h cette belle galerie que se trouve la Trinkhalle, proprement dite, vaste salle qui a 17 mèt. de long sur 17 mèt. de large, ornée de peintures à fresque et dont la voûte est soutenue par une forte colonne de marbre bigarré d’où jaillit , de deux robinets, dans deux bassins de fonte, l’eau minérale amenée des sources (F. ci-dessous.) Une jeune fille est chargée de remplir les verres des buveurs.

1 On trouvera chez M. Marx, uue brochure contenant l’explication des légendes que représentent ces fresques.

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De chaque côté s'ouvrent deux autres petites salles où M. Marx expose des tableaux à vendre. Dans l’une se tient un fromager d’Appenzell qui donne à boire du petit-lait; dans l’autre se trouve un assortiment des principales eaux minérales de l’Europe dont les prix sont fixés par un tarif.

Derrière la Trinkhalle, des sentiers faciles conduisent à l’ex-cafcane de Socrate, remplacée par une table massive, entourée de bancs, et sur les pentes du Friesenberg, transformées en jardin anglais, d’où l’on découvre de charmants points de vue.

Cette première exploration terminée , avant d’entreprendre de plus longues promenades, on va généralement visiter, outre la ville, l’église collégiale et les sources.

LES SOURCES, LES MONUMENTS PütlUCS, LE NOUVEAU CHATEAU.

En entrant dans la ville par le pont le plus rapproché de l’hôtel d'Angleterre , on laisse à g., avant d’atteindre la place Léopold, le palais de la grande-duchesse Ste'phanie, bâti en 1809, par Weinbrenner, et dont le joli jardin s’étend jusqu’à l’Oos. A la place Léopold commence le Graben ou la rue de Sophie, plantée, au milieu, de marronniers à fleurs rouges, et bordée de magnifiques hôtels et de charmantes maisons, parmi lesquelles on remarque à dr. à l’angle de la rue Stéphanie, le pavillon et le jardin que la duchesse Stéphanie a cédé à sa fille, la marquise Marie de Douglas. Le Graben conduit à l’allée des Soupirs et à l’ancienne route de Gernsbach (F. ci-dessous, 3). Si l’on veut aller visiter les sources et le nouveau Château, il faut prendre à g., près de l’Hôtel Victoria, la rue du Prince héréditaire (Erbprinz Strasse), et, passant 4evant la cour de Darmstadt, monter par la rue des Jésuites à la place du Marché. Là s’élève l'église collégiale, bâtie au vu® siècle, détruite en 1689 par les Français, qui dispersèrent les ossements des margraves, après avoir violé leurs tombeaux. Reconstruite en 1753, et réparée en 1837, cette église servait de lieu de sépulture aux margraves de Bade, et renferme quelques-uns de leurs monuments (dans le style rococo), que le feu grand-duc Léopold a fait réparer il y a quelques années. Celui du margrave Louis-Guillaume, le vainqueur des Turcs, mortenl707, est de Pigalle.

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Au nord de l’église collégiale, est l’ancienne Galerie des Buveurs (îrinkhallo), portique à deux rangs de colonnes d’ordre dorique, qui a 48 mèt. de long, et qui offre un joli point de vue. On y a réuni une collection d’antiquités romaines trouvées à Bade et dans les environs.

En face de la Galerie des Buveurs on a construit, il y a peu d’années, le Dampfbad (bains de vapeur), bâtiment qui renferme la principale des douze sources thermales de Bade, appelée tJrsprung (origine), parce qu’on la regarde comiad le point de départ des autres qui jaillissent tout autour (on en montre surtout une qui sort en bouillonnant d’un rocher, sous une planche que l’on soulève, dans une petite impasse voisine). L’Ursprung a une température de 63 degrés centigr. Elle est claire et limpide, et sa saveur n’a rien de désagréable ; on l’emploie surtout en bains, qui sont administrés dans les hôtels, où la conduisent des tuyaux. Les malades peuvent la boire actuellement à la nouvelle Trinkhallej près de la Maison de Conversation (7". ci-dessus). Les anciens bains romains couvraient presque toute la place du Marché. Malheureusement on n’a pas su conserver et restaurer les fragments qui en ont été trouvés à diverses époques; au contraire on les a comblés ou démolis. On peut voir seulement dans la maison n° 477 , les restes assez bien conservés d’une ancienne construction romaine.

Les eaux de Bade, eaux salines chaudes, sont, à ce qu'assurent les médecins, des eaux fort complaisantes ; on peut leur demander la guérison de presque toutes les maladies. Comme elles sont très-faibles, si elles font moins de bien que d’autres de la même nature mais plus fortes, celles de Wiesbadc , par exemple, elles font aussi moins de mal dans le cas où on les prendrait à tort. Les personnes bien portantes peuvent donc s’en passer la fantaisie, sans s’exposer h de graves inconvénients. Du reste elles sont véritablement efficaces dans le traitement (surtout pour les individus doués d’une grande irritabilité nerveuse) des rhumatismes, des névralgies, des maladies de la peau, de l’estomac, des intestins, etc. Mais quelles que soient leurs propriétés réelles ou supposées, ce ne sont pas elles qui attirent chaque année à Bade un si grand nombre d’étrangers, ce sont les beautés de la vallée à laquelle elles ont donné leur nom, et, faut-il l’ajouter? c’est léjeu.

Derrière le bain de vapeur, dans la rue à’Enfelr (Etœlleh-

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