‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 100 sur 384 · ROUTE 28. DE PAU A SARAGOSSE · texte numérisé non relu

ROUTE 28. DE PAU A SARAGOSSE

thermal de Saint-Christau et reparaît à ciel ouvert, près de Barescou, dans la vallée du Gave d’Aspe. Entre la station de Barescou et celle d’Aydius, les difficultés se multiplient à mesure qu’on s’avance vers le faite de la chaîne centrale. Huit petits tunnels, de 80 à 460 mèt. d’étendue, parmi lesquels on en remarque un de 360 mèt. , destiné à franchir l’arête rocheuse, en apparence si menaçante, désignée sous le nom de Pêne d’Escot , et deux grands souterrains , l’un de 730 mèt., vis-à-vis de Sarrance, l’autre de 3240 mèt. , sous la montagne d’Aydius , tels sont les ouvrages d’art nécessaires sur cette section. Puis on entre dans le bassin de la vallée; là les difficultés sont moins nombreuses; cependant, 11 faudra percer un tunnel de 1700 mèt. en face d’Accous, jeter un viaduc sur la Berthe et percer la Pêne d’Esquit sur une longueur de 410 mèt.

De la station de Cette-Eygun à la frontière on compte 22 kil. seulement; mais c’est là que se trouve la région des avalanches. Du village de Cette au village d’Etsaut, on n’en compte pas moins de huit. Cependant M. Boura ne s’en effraye pas.

D’après lui , « les avalanches de la vallée d’Aspe ne sont formées que de simples glissades de neige, se mouvant suivant une vitesse peu considérable sur des plans assez inclinés, et ne déplaçant que de faibles colonnes d’air. Pour en neutraliser les effets, il no sera même pas nécessaire de creuser des souterrains, comme sur le chemin de Gavamie : des ponts à couronnement inclinés, suivant la pente naturelle du terrain, et formant cuvette pour éviter la dispersion des

neiges, suffiront pour protéger a voie contre les avalanches supérieures, auxquelles ils livreront passage, tandis que les avalanches inférieures à la ligne s’écouleront par l’ouverture de ponts à large baie, solidement fondés sur le rocher. »

Viennent ensuite plusieurs travaux d’art moins importants, jusqu’au ravin du Sescoué au pied du fort d’Urdos. M. Boura propose de construire sur ce point un pont en tôle comme celui de Saltash dans le Devonshire, ou bien d’élever un viaduc en maçonnerie, précédé par deux tunnels de 460 mèt. et 230 mèt.

de longueur, sur la rive dr. du Sescoué, et suivi d’un troisième souterrain de 1600 mèt. sur la rive g. de ce torrent.

D’Urdos au Lazaret, le tracé ne rencontre plus que des obstacles relativement faciles à vaincre; trois tunnels de 200 , 330 et 600 mèt., sont cependant échelonnés dans ce trajet. En amont du Lazaret, le passage du ravin de l’A mousse, où vient déboucher une avalanche exceptionnellement menaçante , oblige à percer un tunnel long de 380 mèt. , rattaché, par un pont jeté sur le torrent l’Amousse, à un autre souterrain de 780 mèt. , au sortir duquel la voie se développe librement, à travers les rochers de la Pêne d’Aret, jusqu’au plateau de Sansane.

C’est là que la voie entre pour la dernière fois en souterrain du côté de la France, à la hauteur de 1305 mèt., pour en sortir à celle de 1352 mèt. sur le territoire espagnol.

Le tunnel a 4150 mèt. de long; 970 mèt. en France, 3180 mèt. en Espagne, et traverse le laîte des Pyrénées au-dessous du plateau de Cousia, situé un pou à l’O. du Sqm-

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

port, dont le point le plus bas est à | 1640 mèt. au-dessus du niveau de la mer.

Ainsi, entre Pau et la frontière, le chemin compterait 41 tunnels d’une longueur totale de 23 390 mèt . ; la rampe moyenne serait de 0",012; la rampe maximum de 0",018, et la dépense évaluée à 762189 fr. par kil. Un grand avantage du tracé serait de ne rencontrer nulle part de roches granitiques ou porphyriques, mais simplement des calcaires, des ardoises ou des grès. Près de Bédous seulement, on effleurerait quelques roches d’ophite.

Le trafic entre la France et l’Espagne n’est pas encore très- considérable sur ce point; mais on peut dire que les chemins créent les trafics. En 1854 , lorsqu’il y avait encore 82 kil. de lacune sur la route de Pau à Saragosse, voici quel fut le mouvement des entrées et des sorties par le bureau d’Urdos, sans compter la contrebande :

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