SITUATION. — ASPECT GÉNÉRAL
l’établissement.
Le village des Eaux-Chaudes
est situé sur le Gave d’Ossau ou de Gabas, à une hauteur de 675 mèt.
au-dessus du niveau de la mer, dans une gorge sauvage et pittoresque , qui s’étend du N. au S. , tellement étroite que les maisons ont trouvé à peine la place nécessaire pour s’y construire des deux côtés de la route.
La nature n’y est pas riante, mais âpre et grande , car elle y règne en souveraine. Partout où le regard peut atteindre, on n’aperçoit que des rochers et des forêts.
Les montagnes sont trop escarpées pour que la culture humaine ait pu jusqu’à ce jour y laisser ses traces vulgaires. Aussi l’auteurd’un Voyage dans les PyrfyiSes les a-t-il qualifiées de montagnes inutiles. Si toutefois elles ne produisent rien , comme le leur reproche M. D. Nisard , elles sont belles à contempler. La gorge des Eaux-Chaudes est assurément un des paysages pyrénéens qui rappellent le plus les Alpes.
La température annuelle des Eaux-Chaudes est de 10* C. Le docteur Izarié a recueilli avec soin la moyenne de l’été de 1851, du 1" juin au 30 septembre, et il l’a trouvée de 17* C. o Sans doute, dit-il, il y a une grande différence
aux Eaux-Chaudes entre la température de la journée et celle du matin et du soir; l’humidité peut même se faire sentir, surtout le soir, avec une certaine force; mais n’est-ce pas la condition de tous les pays appartenant soit au système des Alpes, soit au système des Pyrénées? Avec quelques précautions recommandées par les médecins et prises par les malades , tous les inconvénients disparaissent. Ils sont d’autant moins redoutables que la modération de la chaleur dans la journée, produite par la fraîcheur du vent régnant, rend la transition beaucoup moins forte, et son influence moins sensible sur l’organisation impressionnable des baigneurs. Une brise fraîche s’élève avec le soleil, c’est-à-dire règne principalement lorsque la chaleur commence à se faire sentir; elle diminue et s’éteint quand la chaleur elle-même décline et tend à s’éteindre. Aussi la brise souffle généralement vers 9 h. du matin ; vers 3 h. elle décline et devient presque insensible. C’est alors que les montagnes commencent à projeter leur ombre sur le fond de la vallée. *
Les Eaux-Chaudes, ainsi nommées, sans doute, parce qu’elles sont parmi les moins chaudes des Pyrénées, étaient connues des Romains.
Sous les rois de Navarre , elles devinrent célèbres; Henri IV y mena la belle Mlle de Fosseuse; mais comme, grâce à lui, la belle demoiselle avait besoin d'un chaperon, il voulut la faire accompagner par sa femme. « Il me dit, raconte la reine Marguerite, que sa fille (car il appelait ainsi Fosseuse) avait besoin de prendre les eaux pour un mal d’estomac. » Ce n’était pas un
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
mal d’estomac, et Marguerite refusa ; sur quoi il am,ena, avec « sa fille, s la gouvernante et Mlle de Rebours , sa précédente maîtresse.
On ne pouvait mieux choisir.
« Quelques années après, Catherine, sœur du bon roi, vint aux Eaux- Chaudes. j> Nous avons déjà rapporté l’inscription de la chapelle du Hourat, qui devait éterniser le souvenir de cette visite mémorable.
Au-dessus de la source de Larresecq (Voy. page 227), on grava une autre inscription qui n’est pas encore effacée :
A DAME CATHIS (CATHERINE)