‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 132 sur 384 · ROUTE 35. LES BAINS DE PANTICOSA · texte numérisé non relu

ROUTE 35. LES BAINS DE PANTICOSA

renfermée dans un bel édifice qu’on appelle Casa de las Herpes (Maison des dartres) ; une autre se nomme del Estomago ; la troisième , la plus fréquentée, est la fontaine del Higado , ou du foie ; une autre est celle del Purgante, ou purgatif.

LES EAUX

A. Eau thermale, saline.

B. Eau thermale, sulfureuse.

Connues depuis longtemps, exploitées depuis une trentaine d’années seulement.

Émergence : Du granit.

Quatre sources : S. del Higado (du Foie) , saline; S. de las Herpes, saline; S. de l’Estomac , sulfureuse; S. de la Lagune , de l’Etang ou de l’Ibon. Ces sources sont peu éloignées les unes des autres. Celle de l’Estomac est à 60 mètres audessus de l’établissement. Une cinquième S. coule près de là dans la montagne, S. de la Jaqueca (S. de la Migraine), sulfureuse.

Débit en 24 h. : Ensemble des sources, 882 hectol.

Densité : 1002 (S. Higado), 1005 (S. Estomac).

Température : 2G“,4, S. Herpes et Laguna; 27', 5, S. Higado; 31', 2, S. Estomago; 20°, S. Jaqueca.

Caractères particuliers : Eau des sources salines limpide, inodore, d’un goût agréable (Higado , Laguna), très-légèrement amère (Herpes) ; dégage beaucoup de bulles de gaz (Higado) ; eau de l’Estomac limpide, odeur et saveur d’œufs gâtés, disparaissant par l’exposition à l’air libre, dépose un sédiment blanc et onctueux.

Établissement : Comprend plusieurs bâtiments construits sur les sources. L’un de ces bâtiments

(Herpes) renferme huit baignoires dans autant de cabinets; sept autres , installées dans le bâtiment de l’Estomago, portent à quinze le nombre total des baignoires. La plupart des malades logent dans les bâtiments de l’établissement, qui peuvent contenir 120 à 140 personnes.

Emploi : Boissons, bains, aspirations d’azote.

Climat doux et agréable par comparaison avec celui de la plaine.

Le thermomètre ne s'élève pas audessus de 30*; dans la plaine il monte jusqu’à 35* et 40“ (Rubio).

Classification chimique : A. Eaux sulfatées sodiques avec forte proportion de chlorure alcalin et de gaz azote. B. Eau sulfurée sodique.

Analyse (Herrera 1845.)

F.au î kil.

S. Higado. S. Estomago.

gr-

gr-

Sulfure de sodium

Sulfhydrate de soude. .

Carbonate de soude....

de chaux....

Chlorure de sodium....

» de magnésium.

Acide silicique

Sulfate de chaux

Giairine ou mat. végétoanimale

Gaz azote

Acide aulfhydrique

Effets physiologiques : Les S.

Higado et Herpes agissent comme hyposthénisantes sédatives du système nerveux. Elles assouplissent la peau et réussissent dans certaines dermatoses. L’eau de la Laguna ne s’emploie qu’en boisson ; elle est purgative , excitante de l’appareil digestif et de l’organisme en géné-

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

ral , elle paraît avoir dans ses effets de l’analogie avec les eaux purgatives d'Allemagne. L’eau del Estomago , excitante , active , modifie les sécrétions et agit comme les eaux, sulfureuses en général.

Ces eaux se transportent en Espagne jusqu’à Saragosse et même à Madrid.

Bibliographie : P. M. Rubio, Tratado completo de Us fuentes minérales de Éspafla.,,. Madrid 1853, in-8.

La seule promenade de Pantioosa est un simple chemin de 200 mèt. devant la maison de Abajo ; on peut aussi tourner avec une barque sur le petit lac qui, dans son plus grand diamètre, offre une largeur d’environ 1T0 mèt.

La saison des bains est très-courte ; elle dure du 1er juillet au 20 septembre seulement, et cela ne doit étonner personne , car l’établissement est à 16 ifi mèt. au-dessus de la mer. L’établissement del Estomago est à 1779 mèt.

Parmi les Cascades des environs de Panticosa, la plus belle tombe dans l’angle N du cirque : le ruisseau qui la forme sort d’un lac situé dans la région des neiges éternelles, descend à travers un rocher que ses eaux ont creusé à la longue, et jaillit en plusieurs bonds jusqu’au fond du cirque. La hauteur totale de la chute est d’environ 200 mèt. ; mais le peu de largeur de l’entaille à travers laquelle elle se précipite ne per- I met pas de la voir tout entière d’en bas. Pour bien la contempler dans toute sa magnificence, il faut gravir le plateau où se trouve le lac et descendre à travers les rochers sur une saillie située aux deux tiers environ de la hauteur de la

cascade. Une énorme colonne d’eau de plus de 60 mèt. d’élévatidn et de 3 mèt. de diamètre, se brisant avec fracas , fait constamment trembler le roc sous son poids. Si l’on regarde en haut, on dirait que la cataracte va se précipiter sur vous et vous entraîner dans l’abîme ; en bas, on ne voit à travers un voile de vapeurs qu’une masse d’écume plongeant dans de sombres profondeurs ; c’est un des plus beaux spectacles des Pyrénées.

Une autre cascade, également digne d’une visite , tombe à une trèspetite distance des bains. Deux autres moins importantes apparaissent en face de l'établissement, sur la paroi occidentale du cirque ; malgré la hauteur totale de leurs jets successifs, qui s’élève à plus de 330 mèt., elles produisent peu d’effet , à cause de leur petite quantité d’eau.

Ascension de la Punta de Maohimana.

Pas de sentier, 8 h. montée et descente.

Trois beaux sommets s’élèvent à l’O. du lac de Panticosa et forment de ce côté l’enceinte du cirque. Le sommet central , qui se distingue par la hardiesse de son profil, s’appelle Punta de Bondellas, et celui qui continue la crête du côté du N.

est connu sous le nom de Punta de Machimana.

On s’élève d’abord pendant 1 h. 1/2 à travers des rochers de granit écroulés et de petits plateaux marécageux, jusqu’à ce qu’on arrive au pied d’une grande pente neigeuse qui monte au sommet de la Punta de Bondellas , entre deux parois de rochers ; on évite cette pente et op incline sur la dr. pour gravir à

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