‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 141 sur 384 · A TARBES PAR PAU · texte numérisé non relu

A TARBES PAR PAU

proclamés les Fors, véritable charte constitutionnelle consentie à la fois par la noblesse, le clergé et le peuple ; sous la protection de cette charte où le mot de serf n’est pas même prononcé , le Bigorre et sa capitale jouirent d'une paix relative.

Malgré tes protestations des Bigorrais, leur pays avait été cédé à l’Angleterre par la France dans le traité de Bretigny. En 13b0,leprince Noir fit son entrée à Tarbes accompagné de la princesse de Galles sa fe mme et du comte de Foix, Gaston- Phcebus qui, héritier de la maison de Béarn , devait bientôt recommencer les guerres contre les Anglais.

Quand le Bigorre eut été délivré de l’occupation étrangère, grâce au courage de ses habitants, la couronne de France le rendit à ses souverains naturels , les prinoes de Béarn.

Au xvi* siècle, les doctrines des huguenots se répandirent rapidement dans le Bigorrais , et la tranquillité du pays n’en fut d’abord aucunement troublée; les églises étaient même communes aux deux cultes. Mais, lorsque les armées catholiques de Montluo et de Terride vinrent attaquer le Bigarre, le fanatisme religieux éclata, et bientôt le pays fut couvert de ruines.

Montgommery, général des protestants, occupa la ville, en chassa les habitants, brûla les églises et les couvents. Après son départ, lesTarhais revinrent et commencèrent à rebâtir leurs maisons, puis, â la nouvelle que le vicomte de Montamat, autre chef huguenot, venait les attaquer, ils s’enfuirent de nouveau dans la campagne. Huit cents d’entre eux seulement osèrent résister, mais ils furent tués jusqu’au dernier sur les barricades qu’ils

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

avaient construites. Pendant trois ans après cette bataille, la ville resta complètement inhabitée, et ses places se couvrirent d’herbe comme des prairies. Si en 1570, la paix de Saint-Germain permit aux habitants d’y rentrer, quand les hostilités eurent recommencé, elle fut de nouveau prise et reprise quatre fois par les parties belligérantes, et les campagnes voisines furent tellement ravagées, qu’après ces brigandages les paysans de Bigorre abandonnèrent la culture des terres à cause du manque de bétail, et la plus grande partie d’entre eux prirent la route d’Espagne.

Henri IV confirma les fors et privilèges particuliers du Bigorre , lorsqu’en 1607 il prononça la réunion de ses anciens États à la couronne de France. La Révolution transforma le Bigorre, réuni aux quatre vallées et à une partie du Nébouzan , en un département qui reçut le nom des Hautes-Pyrénées.

En 1814 , il se livra près de Tar- .

bes un combat très-vif entre les Anglais et les Français , dans lequel les Français eurent le dessous.

Tarbes est la patrie du conventionnel Barrère de Vieusac, né en 1755, et mort dans sa ville natale en 1841.

La cathédrale de Tarbes, appelée aussi église de la Sède (siège) est une « œuvre romane ou plutôt timidement gothique du xn* et du xm* siècle : » elle occupe l’emplacement de l’ancien château des comtes de Bigorre. « Son chevet, à trois absides inégales , dit M. Cénac- Moncaut, s’ouvre sur le transsept par trois arcades ogivales très-accusées , celle du centre ayant une hauteur double de celle des bas côtés.

La grande nef est formée de quatre

travées sans nefs latérales ; elle se distingue par l’absence complète de toute sculpture : point de chapiteaux historiés, point d’archivoltes, point de voussures à chevron ou à palmettes ; les clefs de voûte ellesmêmes ne se composent que d’un simple tourteau évidé portant l’écu de Bigorre. La charmante coupole du transsept rappelle le style le plus pur de la première époque ogivale ; elle est de forme octogone et reçoit la lumière par quatre ogives élégantes, situées aux quatre points cardinaux. Le maître autel est soutenu par six belles colonnes de marbre d’Italie, œuvre du sculpteur Ferrère , citoyen de Tarbes.»

L’église de Saint-Jean date du xiv* siècle ; mais l’énorme tour carrée du N. É. , percéede meurtrières à ses cinq étages , a dû être certainement construite vers la fin du xn* siècle. Les chapiteaux carrés et grossièrement sculptés qui couronnent les douze pilastres intérieurs de l’église, doivent probablement avoir appartenu à un édifice antérieur.

L’église des Carmes, ou de Sainte- Thérise, fut fondée par le baron Vital de Bazillac en 1282, puis brûlée par Montgommery en 1559; elle n’a conservé de cette époque qu’un clocher simple, carré jusqu’à la hauteur du toit de l’église, et octogone dans la partie supérieure. Ce clocher supporte une aiguille avec huit arêtes ornées de fleurs volutées, et se trouve flanqué jusqu’à la hauteur de sa galerie par une petite tourelle carrée destinée à l’escalier et terminée en pyramide. L’église nouvellement construite à côté de cette tour a été décorée de tableaux peints par M. Lagarrigue.

L’ancien Palais épiscopal est

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aujourd’hui transformé en préfecture. Dans le jardin de cet hôtel, on retrouve encore les ruines d’une chapelle et d’un cloître, des inscriptions et deux statues romanes.

Le Palais de Justice est de construction moderne. Le grand dépôt d’étalons a été entièrement reconstruit en 1852. La Caserne de cavalerie est aussi l’une des plus belles de France. Le Lycée et l’hospice civil n’ont droit qu’à une simple mention.

Du château de Marguerite de Béarn, il ne reste aujourd’hui qu’une tour qui fait partie de la prison et qui est classée parmi les monuments historiques.

Tarbes possède plusieurs belles promenades : la place du Maubourguet au centre de la ville, bordée par les principaux hôtels et cafés ; le Prado , le long du canal ; et les Allées Napoléon. Les jardins qui entourent la ville sont charmants. M.

Massey, ancien directeur général des parterres de Versailles, a dessiné un magnifique jardin au centre duquel s’élève une tour d’architecture presque mauresque, d’où l’on jouit d’une vue admirable sur la plaine de l’Adour et sur les Pyrénées , que domine le Pic du Midi de Bigorre.

Les courre* de Tarbes sont les plus célèbres et les plus fréquentées du midi de la France. Tous les ans, au mois d’août, les étrangers descendent en foule des villes thermales de la montagne pour assister aux courses de l’hippodrome de Laloubère, situé à une petite distance au S. de Tarbes. L’élève des chevaux est une des industries principales du département.

Tarbes possède un bel établissement industriel dirigé par MM. Sa-

laignac, Bordes etClarac, comprenant une fabrique de papier, une fonderie de métaux, un atelier de construction mécanique et une filature avec carderie pour les laines et pour les lins.

Les marchés et les foires de Tarbes méritent la visite des étrangers qui y verront rassemblés tous les costumes des pays.

De Tarbes à Caulerets (V. R. 42); — à Saint-Sauveur (V. R. 47); — à Baréges (V. R. 55); - à Bigorre (V. R. 59) ; — à Lucbon (Y. R. 63).

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