ROUTE 54. DE LUZ A BARÉGES
butte qui le domine du côté de l’E. porte encore les ruines d'un ermitage que saint Justin, premier évêque de Tarbes, habitait au commencement du v' siècle (V. R. 56.) Plus loin, on laisse à dr. le vallon de la Justé, qui descend, dans la direction du N. O. , de la base du Néouvieille, et, gravissant une petite côte, premier contre-fort du pic d’Ayré, on passe devant les sources thermales de Pontis, abandonnées aujourd’hui.
Ici le tableau change totalement.
« Au paysage riant de la plaine, dit M. Taine , succède une affreuse gorge de rochers. Le flasc de la montagne est crevassé d’éboulements blanchâtres; la petite plaine ravagée disparaît sous les grèves; la pauvre herbe, séchée, écrasée, manque à chaque pas ; la terre est comme êventrée , et la fondrière, comme une plaie béante, laisse voir jusque dans ses entrailles ; les ©bûches de calcairt: jaunâtre sont mises à nu; on marche Sur des sables et sur des traînées de cailloux roulés; le Gave lui-même disparaît à demi sous des amas de pierres grisâtres, et sort péniblement du désert qu’il s’est fait. Ce sol défoncé est aussi laid que triste^ ces débris sont sales et petits ; ils sont d’hier ; on sent que la dévastation recommence tous les ans. Pour que des ruines soient belles, il faut qu’elles soient grandioses pu noircies par le temps; ici les pierres viennent d’être déterrées; elles trempent encore dans la boue ; deux ruisseaux fangeux se traînentdans les effondrements; on dirait une carrière abandonnée. »
Enfin, après avoir dépassé l’établissement thermal de Barsun, on entre à
3 ktl. (7 kil.) Baréges (V. R. 5G).