DE BARÉGES DANS LÀ VALLÉE
d’aure.
7 à 8 h. Sentier de montagnes. Un guide est nécessaire.
De Baréges au col d’Aure, 3 h. 1/2 (V. R. 56.) Au sommet du col d’Aure,
on n’est plus qu’à 1 kil. en droite ligne de l’extrémité septentrionale du lac Débet t; mais il faut descendre .avec précaution par une pente rapide et en pariie couverte de neige , sur laquelle d’énormes blocs de granit roulent souvent des flancs du Néouvieille jusque dans les eaux du lac. Le lac Dobert , presque toujours gelé , est situé à 2160 mèt. audessus de la mer; il a une forme allongée et remplit un bassin de i kiL de longueur sur 200 mèt. de largeur moyenne. Au S. et à l’E. , ses bords sont facilement accessibles et couverts de gazon ; des bouquets de pins y sont parsemés çà et là, mais partout ailleurs on ne voit que des neiges et des rochers; à l’O. , un petit îlot se montre au-dessus de l’eau.
A 200 mèt. à l’E. du lac Dobert, et séparé de lui par un isthme peu élevé, s’étend un autre lac à peu près de même forme et d’égale superficie ; c’est le lac Domar, situé à 2202 mèt. , et dominé du côté de l’E. par les escarpements boisés d’Estibère-Mas.
Eti suivant le ruisseau qui s’échappe du lac Dobert par l’extrémité méridionale, on arrive en 10 min.
de marche à un petit lac ou laquct quadrangulaire, dont les eaux limpides se déversent dans une autre pièce d’eau très-étroite, mais longue d’environ 500 mèt., et bientôt après (30 m. du lac Dobert) on atteint le bord septentrional du lac boredom, qui déploie de l’E. à l’O., au pied de montagnes boisées, sa superficie de 30 hect. Le déversoir de ce lac n’a guère plus de 6 mèt. de large, et on peut le fermer à volonté par des vannes. De cette manière, on retient pendantquelques heures toutes les eaux fournies par les glaciers
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
du Néouvieille; puis, si l’on ouvre les vannes, une énorme quantité d’eau s’en échappe pour aller augmenter le volume de la Neste. On se servait de cet expédient lorsqu’on exploitait les forêts de la vallée d’Aure pour le service de la marine et qu’on avait besoin d’une assez grande abondance d’eau pour le flottage.
En longeant la rive septentrionale du lac Doredom , et en remontant une gorge étroite qui s'ouvre du côté de l’O., on peut atteindre en 1 heure par un sentier escarpé le lac de Cap-Longue, étendu en forme de croissant à la base méridionale du Néouvieille. Ilestentouré comme d’un mur à pic, et les sommités qui le dominent n’offrent que des flancs déchirés. C’est en vain qu’on essayerait d’escalader de ce côté l’énorme masse du Néouvieille.
Au-dessous du lac Doredom, la valide de Couplan descend par d’énormes ressauts dans la direction du S. E. , et le torrent forme de magnifiques cascades, entre autres celle de la Grange d’Arligues, et celle que l’on connaît sous le nom de cascade du Couplan. Là, le ruisseau tombe du haut d’un rocher de plus de 300 mèt. d’élévation, et flotte comme un grand ruban d’argent au-dessus des sapins au sombre feuillage épars sur les rochers ; d’après M. de Laboulinière , cette chute ne le cède en beauté à aucune cascade des Pyrénées.
Bientôt on abandonne la région des sapins et des pâturages pour entrer dans celle des hêtres, et, après avoir laissé à g. un sentier qui remonte par une gorge latérale vers VOule-de-Vielle au pied du Port-Viel , et communique par le Port-Madamelte avec le vallon d’Ay-
guecluse et celui d’Escouhous (V.
R. 56), on entre dans une forêt de hêtres qui recouvre toutes les pentes, presque sans interruption, ne laissant à nu que les ravines oit passent les torrents et les avalanches. Au delà des bergeries de Couplan, le sentier, qui suivait la rive dr. du torrent, passe sur la rive g., et, se dirigeant au S. dans la même direction que la vallée , longe la rive g. pendant 2 kil. environ , puis repasse sur la rive dr. par le pont du Badet, un peu en amont de la cascade du même nom.
A peu de distance de cette cascade, on rejoint le chemin de la vallée d’Aure, à 1 kil. en aval d’Aragnouet, v. situé à 3 heures de marche du lac Dobert, et à 7 h. env.
de Baréges. (V. R. 61.)